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mardi 14 mai 2024

Comment l’Europe du Sud a préparé sa propre submersion par Tawfik Bourgou N°5784 18e année

 

« La création d’un « Hot Spot » en Tunisie et la labellisation de pays « sûrs » mises en œuvre par les pays européens, ou ceux de l’Union européenne, ne sont qu’un indicateur des impacts négatifs et dévastateurs des politiques occidentales dans sa proche périphérie au cours des treize dernières années. En agissant à la remorque des États-Unis,les Européens ont créé les conditions de leur propre submersion. Car en effet, s’il n’y avait pas eu ingérences destructrices dans la proche périphérie de l’Europe, les « Hot spots » n’auraient jamais été nécessaires.

Ce tragique aboutissement s’explique par une suite de fautes stratégiques commises par les occidentaux en dépit du bon sens, qui ont produit un effet boomerang auquel ne croyait pas les auteurs des ingénieries dévastatrices. Cet aboutissent augure d’un épisode encore plus dangereux pour l’Europe du Sud.

Immigrations massives déjà à l’œuvre, terrorismes, arrivée au pouvoir dans les pays de la périphérie des islamistes proches des Frères musulmans notoirement anti- occidentaux… tous ces évènements sont, au moins partiellement, les contrecoups de mauvaises politiques occidentales, principalement américaines, dans la proche périphérie de l’Europe, spécialement sur son flanc sud et sur sa frontière orientale – au Moyen-Orient, du Liban au le croissant fertile, jusqu’à la frontière de l’Iran.

Tout au long d’une dorsale qui va du Golfe arabo-persique jusqu’à la Mauritanie, on assiste à une suite de déflagrations dues à des ingérences souvent volontaires, mal calculées, et mal maitrisées. Certaines répondaient à une stratégie d’homogénéisation d’espaces que les « grands » stratèges occidentaux ne connaissaient même pas, ou à peine à travers de simples lectures de vulgarisation. Ce fut le cas au lendemain des évènements de 2010-2011, lorsque, sous influence des Frères musulmans, les États-Unis entreprirent de créer une zonz contrôlée par la confrérie de l’Égypte à la Tunisie, supposé faire jonction symboliquement avec la Turquie de l’AKP.

A l’arrière de ce corridor qui n’a jamais pu se concrétiser, on observe un espace se caractérisant par des guerres, de destructions d’États, l’affaiblissement de sociétés et de remparts politiques annonçant une possible submersion de l’Europe du Sud à brève échéance.

Des fautes stratégiques certes, mais aussi certains agissements calculés ont produit ces effets dévastateurs et ont conduit à affaiblir durablement des alliés et à faire disparaitre d’anciens supplétifs et vassaux.

Pendant que les regards sont dirigés vers l’Ukraine et le Moyen-Orient, une montée des troubles subsahariens est en train d’avaler l’Afrique du Nord et le Maghreb, en particulier deux pays situés à quelques encablures de l’Europe : la Libye et la Tunisie. Les ingérences calculées, entre 2010 et 2024, sont l’action la plus immorale de l’histoire diplomatique et militaire de ces vingt-cinq dernières années. Elles sont à la source d’un dangereux processus qui va impacter l’Europe du Sud. »

La suite ci-dessous :

https://cf2r.org/tribune/comment-leurope-du-sud-a-prepare-sa-propre-submersion/

 

Jean Vinatier

Seriatim2024

jeudi 21 décembre 2023

Loi immigration, pacte européen migratoire : la pantalonnade française N°5728 17e année

 Quand la France s’enflammait autour de la loi sur l’immigration, à Bruxelles les Vingt-sept, dont la France, s’entretenaient sur un pacte migratoire et s’accordaient sans défaillance ni italienne (Meloni) ni hongroise (Orban)… A moins de deux heures de train, le Palais-Bourbon était un théâtre des variétés mélodramatiques sous les rires narquois du RN qui s’amusait de la façon dont il avait emmené le « en même temps » présidentiel dans une nasse…Une nasse mais de comédie.

En fait, il s’agissait de faire croire aux Français que notre Etat avait encore la main sur les flux migratoires, de masquer le choix européen et de nous rejouer comme à l’époque du mariage pour tous, une illusion de souveraineté.

Que le Conseil Constitutionnel tacle ou pas cette loi votée non promulguée, nous savons tous qu’in fine, le dernier mot reviendra à l’Union européenne. Regardons bien ce qu’il en sera pour le nouveau parlement néerlandais qui a voté la reprise de sa maitrise des flux migratoires… : Bruxelles ne restera pas les bras croisés

Bien des commentateurs ont dit la victoire tactique du RN (exact), la défaite nette d’Emmanuel Macron (exact) et les sondages placent évidemment le parti de Marine Le Pen très haut (il en est ainsi à chaque fois) le sera-t-il en avril 2024 ?

Il faut bien convenir que la majorité française a acté l’acceptation du cadre fixé par l’Union européenne, seuls les partis souverainistes s’y opposent et ne recueillent que des suffrages mineurs faute de proposer un autre projet européen. Il y a les souverainistes partisans d’un FREXIT pur et dur (UPR), ceux qui mélangent problématiques migratoires et incurie européenne mais sans proposer une sortie (pas davantage de l’OTAN) (Eric Zemmour, Marine Le Pen…etc). En réalité, la situation est bloquée, la marge de manœuvre bien ferrée.

Le retournement de veste de Giorgia Meloni sans oublier les discours bonimenteurs de Viktor Orban qui manœuvre tel un Erdogan pour obtenir des choses que le public ne connait pas, ne prédispose pas l’électeur français à des sauts dans l’inconnu. Aujourd’hui, la voix souverainiste ne pourrait être entendue que dans une géographie européenne.

Tout ce brouhaha politico-médiatique avec une démission ministérielle d’Aurélien Rousseau qui a visiblement oublié la réalité bruxelloise, ne débouchera pas sur de grands changements hormis la mise en évidence de la fragilité du « en même temps » et d’un Chef de l’Etat qui enrageant de ne pas pouvoir se représenter en 2027 « attendrait » des tragédies pour avoir une modification constitutionnelle. Convenons que cela donne une ambiance mauvaise avec tout de même le mérite de faire sortir les loups des bois, ainsi, les ONG qui profitent des largesses étatiques pour « manager » les migrants (terme qui devient général puisqu’il met dans le même sac, les exilés comme les étudiants), de remontrer une gauche et une droite qui du fait européen, de l’Otan, de la doxa, libéralo-sociétale tendance wokiste sont en définitive très proche…là encore bien des illusions pour les électeurs !

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

lundi 21 mars 2022

Quelques regards réflexions via l’Ukraine N°5836 16e année

 J’hésitais à écrire, ce matin, sur les présidentielles françaises, j’y renonçais ensuite tant elles ne sont pas confisquées mais évidées de leur fonction racine, que la démocratie y reçoit des coups terribles qui ne la feront pas disparaitre mais la métamorphoseront en une institution odieuse de servitude ficelant le citoyen….

La liquéfaction institutionnelle en France, ne me fait pas omettre que le second conflit en Europe depuis 1945 est aussi un éclairage singulier.

A des centaines de kilomètres plus haut où l’Ukraine affronte dignement la Russie, le débat de savoir qui perd qui gagne revient comme un leitmotiv. Si l’on se contente de voir la bataille entre ces deux nations désormais bien distinctes, on  arriverait à l’erreur de croire que cette invasion est un tout limité géographiquement alors même que le 24 février Vladimir Poutine enclenchait une guerre dont le champ est infiniment plus vaste, rendant par là-même difficile une cessation rapide des hostilités,  la Chine maintenant son masque et derrière elle (cela ne veut pas dire avec elle), cette Asie qui cherche à se détacher des confrontations occidentales aussi bien quand on leur demande de sanctionner la Russie que lorsque les États-Unis leur demandent d’isoler la Chine pour son bénéfice exclusif. Ce mouvement diplomatique ou géopolitique est une nouveauté. Je le regarde comme une étape supplémentaire après la fin des colonisations et protectorats euro-américains sur ce continent. De cela, nous avons du mal à l’appréhender tant nous sommes binaires, cartésiens et surtout persuadés que le centre du monde est nous. En réalité, il y a plein de centres, tout dépend où l’on se place. La Chine est aussi fondée que l’Union européenne à se regarder au centre.

Certains auteurs comme Anatol Lieven affirment péremptoirement que l’Ukraine a gagné la guerre (pas la bataille) : guerre des images, de la communication oui. Les pauvres irakiens, des victimes, n’eurent pas cette chance, sans doute parce que les envahisseurs étant américains (voir sur Arte, Irak destruction d’une nation) ils n’actionnèrent évidemment pas leur softpower en leur faveur. Les ukrainiens, eux « bénéficient » de toute la machine propagandiste américaine. C’est un rouleau compresseur, impressionnant, atomique. Rien n’est négligé et même une fausse nouvelle ukrainienne est vue comme justifiée parce que l’Ukraine est une victime. On remarquera aussi, que les médias français accordent une place aux ukrainiens du Donbass qui fuient les combats alors qu’ils n’eurent pendant huit années pour les russophones séparatistes de cette région aucune compassion : 1 million d’entre eux migrèrent en Russie. Le message subliminal étant de dire aux opinions publiques que le Donbass lui-même est ukrainien. Il y a donc le bon et le mauvais exode.

Cette façon de déifier, de porter au firmament est neuf par son intensité, de voir chez les « Atlantique » la certitude que de toute façon, la raison, la justesse sont de leur côté. On peut parler de violence propagandiste lors de ce conflit russo-ukrainien : les citoyens russes hors Russie étant sommés de rejeter Vladimir Poutine au risque de la mise en quarantaine, de l’expulsion sociale. A quand, un signe distinctif ?

Cette violence-là, tout comme les combats actuels en Ukraine sont d’autant plus odieux qu’officiellement, nul n’est en guerre contre la Russie…pas même les Ukrainiens qui ont toujours un ambassadeur à Moscou. Cette façon de procéder remonte, peut-être à l’éclatement de la Yougoslavie. Ainsi, l’Irak après 2003 n’a pas connu de traité spécifique, les États-Unis se contentant de remettre le pouvoir à des autorités…

Doit-on penser que cette façon de procéder est une évolution positive ou bien une liquéfaction supplémentaire de notre monde ?

Cette actuelle suprématie communicationnelle devrait éclairer d’autres pays et bien pas du tout. Ni la Chine, ni la Russie, ni les Européens (je veux dire par eux-mêmes, en ce jour, ils obéissent à une tierce puissance) ne comprennent pas cette propagande qui est, ici, une guerre en soi avec ses tacticiens, ses stratèges, ses généraux, ses soldats. Les Etats-Unis propagent leur pensée à travers le monde pour assurer l’avenir de leur système quand la Chine veille à ne la répandre qu’en interne pour conserver son mode politique. Quand bien même la Chine via les routes de la soie prend des assurances géostratégiques, elles gardent toujours un côté intérieur, à l’inverse des États-Unis qui par leurs centaines de bases militaires et annexes universitaires installent leur monde à l’extérieur.

Pour terminer, ce modeste tour d’horizon, les millions de réfugiés/migrants ukrainiens nous rappellent la Seconde guerre mondiale qui pèseront demain dans l’acceptation des futurs flux migratoires. Il est assez cynique d’entendre bien des commentateurs dirent que les ukrainiens étant chrétiens et blancs, ils seront reçus les bras ouverts. Que je sache, les migrations, polonaise, italienne, espagnole, portugaise, dans les mines du Nord et de l’Est de la France ne furent pas du tout un moment d’Arcadie. Ne nous leurrons pas, le bon accueil par la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie obéissent aussi à des revendications territoriales sur l’Ukraine (et pour Varsovie en plus sur la Biélorussie). Il y a peut-être selon que le conflit durera longtemps ou pas, des bombes à retardement autour de la viabilité de l’Ukraine….

 

Jean Vinatier

Seriatim 2022

 

 

jeudi 9 décembre 2021

Olaf Scholz : l’Europe germanisée ?N°5765 15e année

 L’installation du nouveau chancelier, déjà membre de la coalition Merkel, ne changera pas la constante allemande depuis l’année zéro (1945) : se rebâtir, se placer, s’implanter, perdurer.

Jean-Dominique Merchet titre son article de ce matin, Emmanuel Macron doit appuyer les ambitions allemandes…au moment où la France s’apprête à présider l’Union entre janvier et juin 2022. Emmanuel Macron souhaite une Union européenne pleinement en France pendant cette période autant pour des calculs électoraux que par la conviction que celle-ci est par-dessus notre pays.

Au fur et à mesure que le projet européen prenait forme, déployait ses ailes, les deux pays prirent deux chemins différents pour être dans cette Europe de demain tout en tenant des discours en apparence pro-européens avec ce résultat : l’Allemagne s’est reconstruite grâce à elle quand la France se déconstruisait du fait de l’émergence de l’Union (avant la CEE).

L’Allemagne a gardé le maximum de son outil industriel sur son sol et à portée de main grâce aux liens ancestraux (pas souvent pacifiques) avec les pays de l’Europe centrale quand la France délocalisait au fin fond de la Chine. De ce point de vue, Berlin a été un gestionnaire averti, constant, silencieux, patient quand Paris se lançait dans des plaidoyers de Schuman à Macron en passant par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Delors, Chirac, Sarkozy..etc qui tous avaient pour point commun la candeur. A l’exception du Général de Gaulle (germanophone) qui pressentait bien la course contre la montre et mesurait parfaitement le danger de l’atavisme pour les États-Unis et le Royaume-Uni si chéri dans les salons parisiens, il a du convenir, en réalité, avec l’échec du traité de l’Élysée (1963) que les décennies suivantes ombrageraient la France au profit notamment de l’Allemagne. Du traité de l’Elysée, on ne garde que le refus du Bundestag de s’éloigner du parapluie américain alors que l’objectif révolutionnaire était éducatif : faire en sorte que tous les Allemands apprissent le Français, que tous les Français apprissent l’Allemand. Ce bilinguisme de deux pays économiquement égaux aurait formé une masse considérable de presque 150 millions de locuteurs franco-allemands barrant là l’hégémonie américaine et son redoutable soft power. Par ce biais, aurait, qui sait, surgit une autre Union par les conséquences « bilinguistiques » forcément importantes sur tout le continent.

Ces lignes pour écrire que nous fûmes à la fois à la croisée des chemins et qu’ensuite, nous vécûmes dans des illusions portées, actuellement, au plus haut degré par Emmanuel Macron qui se rêve Président d’une Fédération européenne, aucune puissance ne dominant les autres. Du côté allemand, ce rêve est utile car il sert ainsi les idées hanséatiques : pourquoi pas un coq gaulois sur un pavois allemand ?

Le nouveau chancelier, Olaf Scholz, d’un gouvernement constant face à un Président français en fin de mandat dans une France fractionnée en marche cahin-caha, aura toujours cette supériorité sur nous. Nous ne sommes plus souverains : l’arme atomique et notre armée sans la souveraineté deviennent des impuissances ce que les Allemands comprennent très bien en prenant des parts significatives dans des entreprises françaises stratégiques liées à notre Défense nationale. Il serait pénible que les prochains défiles de notre armée se fissent au Puy du fou…..

Ces lignes ne sont pas là pour reprocher aux Allemands d’œuvrer à la pérennité de leur terre mais pour que l’on prenne conscience en France qu’avec un tel décalage nous ne ferons rien de bon avec Berlin. La grande faute d’Emmanuel Macron est de croire que pour être européen, il ne faut plus être français, une attitude que la gauche (sauf Mélenchon partagé) reprend en chœur via toutes les idées déconstructivistes (wokisme, indigénisme, mouvements no borders…etc) et qui explique, au passage, son effondrement électoral.

La déterminisme allemand fait que le déséquilibre entre sa démographie défaillante et la puissance de ses avoirs et de ses industries, le conduit à n’être demain que dans le cadre européen, une région géopolitique. La France n’a, ni cette constance, ni cette clarté de vue, ni cet aveu, elle pérore et se disperse dans les émotions. Même sur le plan migratoire, les Allemands ont compris que sans les « réfugiés », ils perdraient de leur vigueur quand les Français voient les mêmes « réfugiés » comme un colonialisme inversé. Ce que les Allemands appellent le grand investissement, nous le dénommons grand remplacement. Les Allemands sont avant tout des marchands peu doués historiquement pour coloniser (voir Guillaume II et Hitler) à l’inverse, par exemple, des Français, des Anglais, des Espagnols, ces derniers ont gardé les uns le Commonwealth, les autres l’hispanité quand les premiers ne savent quoi faire de la francophonie collée à la francafrique (fric)

Si l’Europe n’est pas germanisée, elle s’y dirige via l’Allemagne au fédéralisme bien inscrit dans son histoire dont on trouve les trace via les princes-électeurs et les princes médiatisés. Ainsi dire que la France, Présidente six mois de l’Union européenne ,devrait appuyer les ambitions allemandes apparait dangereux sauf à considérer cette nécessité comme l’aveu du non-choix parce que pour la première fois la centralité européenne serait le territoire allemand.

 

Source :

Jean-Dominique Merchet : UE: Emmanuel Macron doit appuyer les ambitions allemandes

https://www.lopinion.fr/edito/ue-emmanuel-macron-doit-appuyer-les-ambitions-allemandes?actId=ebwp0YMB8s3YRjsOmRSMoKFWgZQt9biALyr5FYI13Op4x_yGXLpALxR8nw116tr5&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=502459

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021