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lundi 11 novembre 2019

La fin des Ottomans N°4706 13e année

Premier volet : les nations contre l’Empire. 
 
Deuxième volet : Avènement de la République turque 

Jean Vinatier
 Seriatim 2019

mercredi 15 juillet 2015

Grèce : Le Potomac entre en scène N°3185 9e année



C’est peu dire que dans l’empire du Potomac, on n’a que très peu goûté le désordre européen qui a amené à l’accord au matin du 13juillet, accord auquel, personne ne croit sauf François Hollande !
Christine Lagarde, qui fut un faucon parmi les faucons contre le gouvernement Tsipras, a évolué depuis le début de juillet et son institution prônerait  un allégement de la dette et pourquoi son effacement ! Derrière Christine Lagarde se trouve le gouvernement américain : candidate à un second mandat, son écoute des recommandations de la Maison Blanche n’en sera que plus grande. Au-delà de cette institution fermement tenue par qui l’on sait, Barack Obama s’inquiète de trois points : l’Ukraine, le Grexit, la ratification du traité transatlantique par tous les gouvernements européens.
Que la Vouli approuve ou non l’accord du 13 juillet, l’on sait qu’en l’état il faudra tout remettre sur le tapis dès le mois de septembre en ayant l’assurance de la constante fixation allemande sur le cas grec. L’empire du Potomac a besoin de l’ordre européen ou à tout le moins de son exacte obéissance pour assurer la réalisation de sa politique étrangère et bien mettre en forme l’affrontement contre la Russie et la Chine. FMI ou pas, le dollar risque bel et bien d’affluer de telle manière que Berlin se taira sauf à opérer un revirement politique en direction de Moscou mais le doute est très permis.
Une fois encore, l’Union européenne et la zone euro auront apporté la preuve de leur incapacité séparée ou commune à gérer de façon positive un dossier. On se souvient de la question du Kosovo qui se termina par l’implantation de la plus vaste base militaire US en Europe (Bonsdsteel), l’ambassadeur américain choisissant lui-même qui sera le chef d’État de cet État fantoche. Rebelote avec l’Ukraine où l’Union européenne n’a pas assumé l’objectif d’attacher ce pays à la sphère occidentale. Aujourd’hui Washington y déploie forces armées, armements, paie les salaires de ses collabos, ainsi à Odessa avec l’ex-président géorgien Saakaschwili. L’Ukraine est en faillite, en pleine décomposition à l’est et depuis peu à l’ouest. Tous les ingrédients sont réunis pour que nous ayons une seconde « Yougoslavie implosée » : un chaos dont les États-Unis s’accommodent bien : regardons l’Irak, l’Afghanistan, la Libye. Pour Washington le contrat gazier entre Athènes et Moscou a été une ligne rouge qu’il convient, désormais, de biffer : en aucun cas une base russe ne devrait s’installer en Grèce, pays membre de l’OTAN.  Donc pas question d’un GREXIT. Parallèlement, la Maison Blanche essaie de balayer toute influence russe dans les Balkans : ainsi, via les partisans de la Grande-Albanie le gouvernement macédonien a été à deux doigts d’être renversé. Son tort, permettre le passage du gazoduc russe. Le territoire européen doit être verrouillé pour les plus stricts intérêts de Washington.
L’Europe se résume à n’être qu’une base ou rampe de lancement géostratégique d’une tierce puissance.

Jean Vinatier
SERIATIM 2015


lundi 29 juin 2015

« Turkish Stream : la bataille ne fait que commencer par Céline Bayou » N°3166 9e année



« Analyste-rédactrice à la Documentation française (revue Questions internationales et site P@ges Europe), Co-rédactrice en chef du site Regard sur l’Est, chargée de cours à l’INALCO et membre du CREE (Centre de recherches Europes-Eurasie, INALCO). »

« Voici une remarquable lecture géopolitique des jeux et enjeux autour des gazoducs à destination de l’Union européenne. C. Bayou – qui suit le dossier depuis longtemps – précise et actualise notre compréhension de ce sujet déterminant. Un texte de référence, à la fois documenté, lucide et clairement rédigé. Illustré d’une carte.

DEPUIS QUELQUES ANNEES, le projet de Corridor Sud et ses concurrents russes focalisent l’attention d’acteurs qui envisagent de faire transiter du gaz par la région de la mer Noire et l’Europe du Sud-Est, puis de l’acheminer vers les marchés d’Europe de l’Ouest [1]. Quelle que soit la voie envisagée, via la Turquie ou via la mer Noire, celle-ci atteste la montée en puissance de cette zone en passe de devenir un nouveau pont gazier entre producteurs (russe, azerbaïdjanais, turkmène, iranien, irakien…) et consommateurs européens. Pour les pays d’Europe du Sud-Est, l’enjeu est d’importance, chacun ayant intérêt à voir passer le futur tube sur son territoire. La situation de la plupart de ces États en matière d’approvisionnement énergétique est en effet loin d’être confortable, ce qu’illustrent par exemple les protestations répétées des populations (Albanie, Bulgarie, etc.), mécontentes du montant de leur facture énergétique ; mais également la crise du gaz russo-ukrainienne de janvier 2009, lorsque la Russie a coupé pendant quelques jours les livraisons transitant par le territoire ukrainien, privant momentanément de gaz quelques pays, parmi lesquels la Serbie, la Croatie, la Macédoine, la Bulgarie et la Grèce. Mais le passage d’un tube sur un territoire, outre qu’il assure au pays concerné un approvisionnement a priori stable et régulier, comporte aussi une dimension géopolitique : il fournit au pays concerné des recettes de transit et lui confère un pouvoir de négociation certain à l’égard de ses voisins, surtout si des branches partant de ce gazoduc sont envisagées.
C’est ainsi que l’annonce, le 1er décembre 2014, par le Président russe Vladimir Poutine de l’abandon du projet South Stream au profit d’un possible Turkish Stream, a fait l’effet d’un véritable coup de théâtre, mais pas seulement pour l’Union européenne [2]. Les pays d’Europe du Sud-Est ont immédiatement compris la portée de ce changement. Leur réaction depuis met en lumière la posture de chacun et les rivalités à l’œuvre dans la région pour la récupération du gaz. De fait, après avoir été longtemps spectateurs de la relation gazière entre Union européenne (UE) et Russie, la plupart des États de la région tentent désormais de devenir de véritables acteurs des recompositions en cours. Avec l’abandon du South Stream, certains d’entre eux semblent avoir perdu une bataille, tandis que d’autres, marginalisés jusqu’alors, se trouvent brutalement projetés sur le terrain du transit. Tous tentent de tirer leur épingle de ce jeu.
[….]
La suite ci-dessous :

Vidéo d’Alexis-Gilles Troude : Actualité balkanique


 




Actualité balkanique, par Alexis Troude par realpolitiktv



Jean Vinatier
SERIATIM 2015