Info

Nouvelle adresse Seriatim
@seriatimfr
jeanvin22@gmail.com



Affichage des articles dont le libellé est Kazakstan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kazakstan. Afficher tous les articles

mercredi 25 mars 2020

Le monde d’après ? N°4855 14e année


C’est la semaine de tous les milliards via les plans de relance, les planches à billets des banques centrales. Les bourses font des bons en avant dont Wall Street qui applaudit l’accord entre le Congrès et la Maison Blanche : 2000 milliards de dollars et aussi au discours présidentiel qui affirme que le peuple américain ne sera jamais confiné réactivant le vieux mythe américain du pionnier bravant les calamités. En amont, Donald Trump met le peuple américain en ordre de bataille.
Cette valse des milliards est sympathique à la condition que les hommes puissent aller et venir sans quoi vous pourrez entasser tous les milliards monétaires, ils ne serviront à rien sauf à prendre la poussière.
On est dans un moment de grand travail psychologique, où l’on cherche à conjurer avec les moyens du bord les conséquences d’un grain de sable coronavirus surgit en Chine là où sont les centres de production, c’est tout et cela suffit à semer le désordre sur tous les continents. Bien évidemment si le coronavirus était né au Kazakhstan, le reste du monde serait infiniment moins confiné.
L’originalité de ce virus né au Wuhan (c’est important, on ne connait toujours pas le patient 0) l’est moins par sa létalité que par le prétexte qu’il sert  à nettoyer ou apurer très légèrement les excès des « marchés », à tester la capacité à confiner des populations, en France à prendre des dispositions d’urgence sanitaire où il s’agit plus de rogner et de visser les acquis sociaux au nom de la « patrie » que de remettre en cause les politiques de santé publique : le MEDEF est prioritaire à l’hôpital. Même si on entend quelques appels à la relocalisation, ils sont dans la circonstance, le grand patronat français étant l’un des plus bornés au monde et le moins patriote! Un tout petit bémol : Bernard Arnault a été le seul milliardaire français à offrir des masques aux Français les autres : Bolloré, Pinault, Mulliez, Bouygues….etc silence radio tous claquemurés !( certains agissent dans la discrétion )
On entend ici et là que le monde ne serait plus le même après, que nos croyances les plus anciennes sont remises en cause ou comment allons surmonter cette épreuve, sans oublier les résiliences servies à tous les menus. Bla-bla-bla…
A moins d’événements soudains, la seule chanson que l’on entendra une fois la pandémie passée : produire, ramener les troupeaux de touristes, consommer deux fois plus, adieu réchauffement climatique ? Questions écologiques ? Vite, vite amasser le pognon, refaire des marges, de l’avidité à tous les étages, pleurer de joie à regarder les plages croulantes sous les fesses humaines bref une frénésie pathologique bien davantage que des réflexions, des intelligences et des suggestions.
Un journaliste s’amuse à noter les conséquences positives du coronavirus : moins de pollution, ciel plus clair, l’eau de Venise moins trouble, villes apaisées. Cela ne durera pas, tout redeviendra sale à la vitesse grand V. On devrait entendre les écolos sur ces améliorations mais ils se taisent : étonnant ?
Pourquoi le monde ne sera-t-il pas différent ? Tout simplement parce que le nombre de victimes sera trop peu élevée. Quand la grippe espagnole tue, au lendemain de l’armistice de novembre 1918, autour de 40 millions de personnes, principalement en Europe : des usines entières furent sans ouvriers, des villages vidées, des provinces anémiées. L’absence d’une politique générale de santé commune qui tiendrait compte des conséquences économiques ne put être mise en place car nul n’y songeait. Résultat : une montée générale des aigreurs et des revanches, un changement radical du cours politique de l’Europe.
Combien faudrait-il de victimes absolues (maladie, guerre) pour contraindre à une refonte totale des modes économiques sans remettre en cause le minima de populations dociles et qualifiées pour assurer les plus-values: un demi-milliard d’hommes sur l’ensemble des continents ? Et encore !
Aujourd’hui avec quelques milliers de victimes, je crains plus une accélération un peu comme on force un cheval emballé. En ce jour, en dépit des épreuves pour les soignants et les malades, l’humanité ne connait ni un drame, ni une tragédie, tout juste une perturbation. A suivre.

Jean Vinatier
Seriatim 2020


dimanche 7 décembre 2014

Kazakhstan « Inconséquence, indécence et racisme par Jacques Sapir » N°2073 8e année

« François Hollande s’est rendu le vendredi 5 décembre au Kazakhstan, et il profitera de ce voyage pour rencontrer Vladimir Poutine le 6 dans l’après-midi à Moscou. A cela, rien à dire, si ce n’est le commentaire de rigueur sur la nécessité de développer les relations entre la France et le Kazakhstan. Sauf qu’un premier accroc est venu se glisser sous les ors des relations diplomatiques : François Hollande a été pris en photo avec la magnifique tenue traditionnelle des tribus Kazakhs. C’est un cadeau habituel pour les chefs d’Etat. Or, voilà que François Hollande semble surpris et exprime même sur cette photographie une gêne qui fait contraste avec la mine réjouie de son hôte, Nursultan Nazerbaiev. L’inadéquation de l’attitude de François Hollande frappe, et elle est renforcée quand on apprend que l’Elysées a cherché à faire supprimer la dite photo du site Instagram de la Présidence Kazakh où elle avait été installée. D’où certaines interrogations.
[…..]
La suite ci-dessous :
http://russeurope.hypotheses.org/3110

Jean Vinatier
SERIATIM 2014

 
Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto-Rico), Equateur, Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Panama, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

jeudi 30 mai 2013

« Union eurasienne et problèmes européens » par N°1370 6e année par Fedor Loukianov

« La réunion des Etats membres de l'Union douanière Russie - Biélorussie - Kazakhstan s'est achevée à Astana. Comme ce projet se construit de manière empirique, chaque sommet suscite de l'intérêt: qui sait, les présidents pourraient tomber d'accord sur quelque chose de complètement nouveau. Mais l'affaire avance très lentement pour l'instant. C’est normal: l'Union douanière, appelée à se transformer en Union eurasienne dans deux ans, est un projet d'envergure. Cette initiative est destinée à changer considérablement les règles du jeu pour les pays membres, contrairement à toutes les tentatives précédentes qui se limitaient à des slogans et des serments de fraternité. »
La suite ci-dessous :
http://fr.rian.ru/tribune/20130530/198428618.html

 
Jean Vinatier
SERIATIM 2013

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Equateur, Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 7 octobre 2009

Kazakhstan : le vol Paris-Paris fait escale à Astana –N°544-3e année

Hier le vol Paris-Paris s’est posé juste quelques heures dans la nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana afin d’y signer 24 accords de partenariats industriels et énergétiques : un record !
Les deux plus importants sont : premièrement, le rachat par Total & GdF de la part détenue par la société publique Kazmunaigaz (1 milliard de dollars) dans l'exploitation du gisement gazier offshore de Khvalinskoye en mer Caspienne ; deuxièmement la signature d’un protocole d’accord par le consortium d’entreprises (Spie, Manesmann-France, Europipe, GTS, Arcelor-Mittal) assorti de « négociations exclusives » pendant un an pour la construction et la pose d'un oléoduc sous-marin reliant le champ pétrolifère géant offshore de Kashagan à Bakou.¹
Au cours de cette escale, la France entendait marquer son intention de faire du Kazakhstan un allié stratégique, pays situé au cœur de l’Asie ou de l’Eurasie. Le Kazakhstan a des frontières au Nord et à l’Ouest avec la Russie, à l’Est avec la Chine, au Sud avec l’Ouzbékistan et le Turkménistan et borde la mer Caspienne source de vastes enjeux énergétiques.
De prime abord cette pluie d’accords au sens général impressionne: Paris débarque presque à l’improviste dans un pays qui a déjà noué un certain nombre de partenariats puissants avec la Chine, la Russie, les Etats-Unis sans compter la foule de sociétés et de compagnies pétrolières et gazières ; les citer toutes seraient fastidieuses.
On peut, cependant, relever que les antagonismes « monde Atlantique »/Asie restent bien présents. D’un côté la Russie par la construction de l’oléoduc ESPO qui ira de la Sibérie orientale au Pacifique en 2012 entend bien que la société d’Etat kazakh, Caspian Pipeline Consortium (CPC) lui confirme l’acheminement du pétrole de Kashnagan. Si cela se faisait, la Chine en serait la grande bénéficiaire.
De l’autre côté, « le monde Atlantique » via le projet de gazoduc Nabucco, sous contrôle anglo-saxon et de l’Union européenne, attirerait vers lui le maximum de gaz ce qui affaiblirait la Chine et la Russie ! Mais, la Russie et l’Italie -ô unité européenne- se sont entendues pour construire le gazoduc South Stream qui drainerait le gaz antant russe que kazakh. La Turquie, bien évidemment, sollicitée de tous les côtés penche en faveur de la Russie.
Les Etats-Unis qui ont financé moult révolutions de différentes couleurs dans le Caucase et dans l’espace turcophone éprouvent de sérieuses difficultés à maintenir la pression dans cette aire géographique. En effet, le contrôle géopolitique de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan et du Kazakhstan permettraient le contrôle de tous les itinéraires d’oléoducs entre la Chine et l'Asie centrale, tout comme l'encerclement de la Russie faciliterait le contrôle d’oléoducs et d'autres liens entre elle et l'Europe occidentale, la Chine, l'Inde et le Moyen-Orient. Les ouvrages de Zbigniew Brzeziński qui servent de bréviaires à la Maison Blanche insistent fortement : L’Eurasie est
« un super continent axial » ! « Un pays dominant en Eurasie – écrit-il - contrôle presque automatiquement le Moyen-Orient et l’Afrique. »²
Quel est le poids de la France dans ce grand jeu ? Avec Nicolas Sarkozy, il est toujours aventureux de dire si telle ou telle initiative est la conclusion d’une pensée réfléchie ou bien la joie de faire un coup comme au Brésil dernièrement !
Le Président tout puissant et fort peu démocratique du Kazakhstan, Noursoultan Abichevitch Nazarbaïev, s’il ne peut rivaliser avec le Chef d’Etat brésilien faute d’une économie solide, jouera autant qu’il le pourra sur les rivalités des différentes puissances. Cependant, membre de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai), il a une marge de manœuvre plus étroite : la Chine, la Russie, la Turquie étant trois voisins immédiats et proches.
Lors du 2e forum économique d’Astana les 11 & 12 mars 2009 intitulé « Sécurité économique en Eurasie dans le système des risques globaux », le Président Noursoultan Abichevitch Nazarbayev appelait à l’établissement d’une nouvelle monnaie :

« Il faut passer à un système monétaire global qui doit se fonder sur une unité de compte commune et obligatoire pour tous les pays. Tous les pays doivent également participer à son émission et contrôler sa circulation »³
Plus nous nous rapprocherons des années 2012/2015, les batailles pour le contrôle de l’Eurasie ou de la Route des Huiles seront sources de grandes tensions et l’Iran sera aussi de la partie !



Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2009
Tous droits réservés

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources :
1-
http://www.lematin.ch/flash-info/economie/energie-total-gdf-gaz-rachetent-50-khvalinskoye

2-F William Engdahl :”Revolution, geopolitics and pipelines” (2005):
http://www.atimes.com/atimes/Global_Economy/GF30Dj01.html

M K Bhadrakumar : “US standing in Caspian drips away » (2008) :
http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/JJ11Ag01.html

3-
http://fr.rian.ru/world/20090310/120489547.html

Autre:

http://www.unesco.org/most/kazakfr.htm


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzegovine, Brésil, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Haïti, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Sénégal, Serbie, Somalie, Suisse, Thaïlande,Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 7 juillet 2009

Turkestan Oriental ou le Xinjiang entre Ouïgour, sunnisme et pétrole – N°497- 2e année

Les dernières émeutes intervenues dans plusieurs villes du Xinjiang dont la capitale Urumchi, ont été violentes, sanglantes -Pékin annonce 156 morts et des arrestations massives-.
Les « Ouïgours » du Xinjiang ex-Turkestan oriental, s’insurgent contre le pouvoir chinois, impérial puis communiste depuis des lustres. Pékin encourage l’installation de l’ethnie chinoise majoritaire Han au détriment des habitants du Xinjiang appelés « Ouïgours » depuis 1921. Lors du congrés soviétique des nationalités tenu à Taskhent en 1921, Sergej Efimovitch Malov désigna par l’ethnonyme « Ouïgour » l’ensemble des populations du Xinjiang. Depuis cette date, les « Ouïgours » désignent tous ses habitants.
Cette précision historique rapportée par l’éminente anthropologue Françoise Aubin dans un passionnant numéro de la revue
CEMOTI consacré à cette question¹ rappelle à point nommé que les Ouïgours du XXIe siècle sont de lointains descendants du peuple Ouïgour de l’empire des steppes qui occupait la Mongolie jusqu’à sa destruction par les Kirghizes au IXe siècle. Ce peuple migra vers l’ouest, s’installa dans les oasis du Turkestan. Devenu sédentaire, pacifique, curieux en croyance, il passe successivement au cours des siècles, de la religion manichéenne au bouddhisme et au christianisme nestorien puis enfin, à l’islam sunnite grâce aux Turcs de culture iranienne. Acceptant la suprématie mongole (plus tard turco-mongole), les Ouïgours se fondirent parmi les différents peuples du Turkestan. Les dynasties chinoises tentèrent, après les Tibétains de conquérir le Turkestan. Ce n’est qu’en 1759 que Pékin parvint à ses fins mais sans réussir à contenir toutes les révoltes qui éclatèrent périodiqument. En 1863, un royaume du Turkestan vit le jour, reconnu par la Russie, l’empire Ottoman et le Royaume-Uni. Mais Londres – qui tentait d’entrer également en Chine par le Tibet – craignant que Saint-Peterbourg n’annexe ce royaume décide la Chine de le reconquérir en 1877. C’est donc seulement en 1884 que le Turkestan prit le nom de Nouveaux territoires ou Xinjiang.
Entre cette date et aujourd’hui, l’identité « Ouïgoure » a fait son chemin au détriment du Turkestan ou « Route de la Soie » dénomination crée au XIXe siècle par le géographe allemand, Ferdinand von Richthofen.
Au-delà de la question « Ouïgoure » interviennent la géographie et son sous-sol.
Le Turkestan Oriental, région d'Asie centrale délimitée au nord par les steppes du Kazakhstan et le massif de l'Altaï, à l'est par la Mongolie et le Tibet, au sud par l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran enfin à l'ouest par la mer Caspienne, est la région autonome chinoise la plus grande devant le Tibet, la Mongolie intérieure et le Guanxi.
Le sous-sol du Turkestan Oriental est très riche avec ses gisements pétrolifères de 410 790 km², une réserve de pétrole de 8,2 milliards de tonnes et 2,5 millions de m3 de gaz naturel !
En 1913 le consul russe Sokov n’écrivait-il pas dans un rapport adressé au gouvernement de Nicolas II:
« Parmi les minéraux que l'on peut extraire ici, il faut noter l'or, l'argent, le cuivre, le plomb, le fer, l'alun, le soufre, le sel, le charbon, l'albâtre, l'asphalte, et diverses sortes de marbre. On trouve aussi presque partout du charbon de terre. Il faut aussi signaler le naphte en assez grande quantité…On peut dire sans exagérer qu'il y a beaucoup de ressources minières et, si des entrepreneurs hardis, disposant de capitaux comme mise de fonds, se rendaient dans la région, ils pourraient tirer du sous-sol des richesses qui par leur quantité étonneraient le monde » ²
Le Xinjiang devient l’enjeu d’intérêts géostratégiques. La Chine joue la carte du pétrole et accorde une attention toute particulière aux collaborations « harmonieuses » avec les puissances régionales. Le Japon propose d'établir une nouvelle Route de la soie pétrolière du XXIe siècle. La Russie essaie de placer sur un même plan le pérole du Xinjiang et celui de la Sibérie. Le Kazakhstan noue des partenariats entre Pékin et Moscou. Le Pakistan entre dans la danse ainsi que l’Inde. En fait, le parti communiste chinois espére construire tout un réseau de distribution inter-asiatique qui lui assurerait une suprématie et une indépendance énergétique plus forte. N’est-ce pas le vœu de toutes les nations asiatiques d’être indépendantes de celles de « Ouest ou de l’Occident » ?
Les sociétés pétrolières occidentales ont longtemps rechigné à investir dans le Xinjiang dont l’infrastructure est à construire de A à Z. Ajoutons un bémol, Pékin n’a accepté de « dévoiler » le secret du pétrole du Xinjiang que depuis les années 1990.
L’instabilité de la région du Xinjiang a depuis longtemps interessé Washington : il y a sur son sol un parti du Ouïgouristan libre. L’arme ethnique peut être considérable mais à double tranchant. Les Etats-Unis mesurent avec plus de prudence l’usage de cette dernière depuis l’Irak, le Pakistan et l’Aghanistan.
Il est certain que les Chinois et les Russes comprennent très bien que le Xinjiang et la Sibérie, par leurs richesses additionnées doivent les conduire à élaborer des coopérations audacieuses.
Qu’en sera-t-il des Ouïgours ? Les Ouïgours, par leurs combats, ont permis que se forme une identité commune à l’ensemble du Turkestan avec un islam sunnite trés influencé par le soufisme ce qui éloignerait, a priori, toute radicalité. Quelque part, les Ouïgours ne recréent-ils pas l’antique Turkestan ?
L’Ouest fait le lien entre le Tibet et le Xinjiang, deux régions stratégiques majeures chinoises et encouragé par certains cercles néo-conservateurs, croit possible d’affaiblir la Chine. L’Ouest ne devrait pas oublier que le jeu de go est chinois……


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2009
Tous droits réservés
Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Cartes :


Population et richesses du Xinjiang :

http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/chine200202


Route de la soie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Seidenstrasse_GMT_Ausschintt_Zentralasien.jpg


Sources :

1-In Françoise AUBIN, «L'arrière-plan historique du nationalisme ouïgour. Le Turkestan oriental des origines au XXe siècle*», in Cemoti, n° 25 - Les Ouïgours au vingtième siècle, URL :
http://cemoti.revues.org/document42.html

In les Ouïgours au vingtième siècle :
http://cemoti.revues.org/sommaire789.html

2- In Hamide Khamraev :
http://cemoti.revues.org/document58.html



Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Bénin, Bolivie, Brésil, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Haïti, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Sénégal, Serbie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam