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lundi 29 avril 2024

Écrire l’histoire du sport et des Jeux olympiques - Les Jeux au Collège de France N°5774 18e année

 « Cycle de tables rondes pour accompagner l’arrivée des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 

Conférence du 25 avril 2024 : Écrire l’histoire du sport et des Jeux olympiques 

 Intervenants : 

Patrick Boucheron, Professeur du Collège de France 

Julien Sorez, Maître de conférences à l’UFR Staps de l’Université Paris Nanterre, spécialiste de l’histoire sociale du sport en France 

Emmanuel Laurentin, Journaliste et historien, producteur de l'émission "Le Temps du débat" sur France Culture 

Codifiés en Angleterre à partir de la fin du XVIIIe siècle, les sports modernes apparaissent en France à la fin du XIXe siècle. En dépit d’une pratique qui se diffuse et se spectacularise dans la première moitié du XXe siècle, il faut attendre les années 1990 pour que les historiens français commencent à s’emparer d’un tel objet d’étude. Ce retard français est d’autant plus surprenant que la France est avec Pierre de Coubertin l’un des épicentres du développement du Mouvement olympique. À l’heure où la France se prépare à accueillir une nouvelle édition des Jeux olympiques, cette conférence a pour ambition de retracer la trajectoire historiographique du sport en France depuis les années 1990 en identifiant, sources et archives à l’appui, les voies académiques et les objets scientifiques par lesquels l’histoire du sport a conquis en France une légitimité dans le domaine de l’histoire contemporaine. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

vendredi 26 avril 2024

Histoire de la France contemporaine - Maurice Agulhon (1986) N°5771 18e année

 « Leçon inaugurale de Maurice Agulhon prononcée le 11 avril 1986. Maurice Agulhon fut professeur du Collège de France, titulaire de la chaire Histoire de la France contemporaine. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

dimanche 21 janvier 2024

Apprendre les langues aux machines par Benoît Sagot N°5731 18e année

« Leçon inaugurale de Benoît Sagot prononcée le 30 novembre 2023. Benoît Sagot est professeur invité sur la chaire Informatique et sciences numériques. Depuis une dizaine d'années, le terme d'« intelligence artificielle » est revenu partout sur le devant de la scène, des magazines grand public aux créateurs de start-up et aux décideurs politiques. Des progrès dans la recherche sur les réseaux de neurones, une technologie pourtant ancienne, mais aussi l'augmentation de la puissance de calcul et de masse de données disponibles, ont permis d'accélérer de façon spectaculaire les performances des systèmes d'intelligence artificielle. Au cœur de cette révolution, le traitement automatique des langues (TAL) joue un rôle central. Connu depuis longtemps au travers de la correction orthographique et de la traduction automatique, ce domaine de recherche consacré à l'analyse, la génération et la transformation de données textuelles a récemment fait la une à plusieurs reprises, notamment avec l'arrivée de ChatGPT. Pour donner quelques clefs sur ces enjeux, je présenterai brièvement plusieurs étapes importantes du développement du TAL, en montrant quels objectifs, quelles approches et quels obstacles ont jalonné l'histoire du domaine, une histoire aussi ancienne que celle de l'informatique. Cela nous permettra d'illustrer l'évolution des approches à l'œuvre au fil des décennies, symboliques puis statistiques et désormais neuronales, mais également de mieux comprendre les spécificités des données textuelles et les difficultés qu'elles ont posées au fil des décennies, et qu'elles posent souvent encore aujourd'hui. Nous nous attarderons sur les avancées les plus récentes en nous appuyant sur le cas de ChatGPT, en nous attardant sur certains des enjeux, notamment éthiques, liés à ces avancées. Nous montrerons également que ces techniques en développement si rapide renouvellent la question des places respectives de la recherche, de l'innovation et de l'ingénierie, tout en interrogeant les scientifiques sur ce qu'elles peuvent nous apprendre sur les langues et sur nous-mêmes. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

Faut-il avoir peur de l’art indien ? par Vincent Lefèvre N°5730 18e année

Dommage que le son soit si médiocre ! 

« Pour les Occidentaux, la production artistique du monde indien suscite, bien souvent, soit fascination soit incompréhension, ou encore un mélange des deux. Dans leur regard sur l’Autre, si souvent empreint de préjugés ou d’idées préconçues, ils ne retrouvent en effet ni l’exotisme simplement décoratif attribué à l’Extrême-Orient ni le «primitivisme», source d’inspiration pour la modernité, associé aux arts d’Afrique et d’Océanie. À l’exception peut-être de la période moghole qui, parce qu’elle relève en grande partie de l’Islam, semble un peu plus familière, l’art indien, de par son extraordinaire diversité, sa richesse iconographique et son exubérance (ou ce qui est perçu comme tel), déroute bien souvent un spectateur qui pense, à tort ou à raison, ne pas disposer des codes nécessaires pour l’apprécier. Pourtant, pour peu qu’on veuille bien s’en donner la peine, découvrir et comprendre les arts du monde indien et indianisé ne s’avère pas si difficile. De ce point de vue, il n’a pas semblé nécessaire de proposer un nouveau manuel présentant une histoire de l’art indien et de son développement dans le temps et de l’espace. «Le Génie de l’art indien» s’attache plutôt à donner, suivant une approche volontairement synthétique, un certain nombre de clés de lecture afin de faciliter l’appréhension globale de cette production. » 

Jean Vinatier 

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dimanche 1 octobre 2023

“Rome et les mondes barbares aux IVe et Ve siècles”par Bruno Dumezil N°5701 17e année

 « 11 avril 2022 conférence historique du 8 mars donnée par Bruno DUMÉZIL, Professeur d’histoire médiévale à Sorbonne Université, sur “Rome et les mondes barbares aux IVe et Ve siècles” à Draguignan lors de la Semaine départementale de l'Histoire et de l'Archéologie. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

lundi 3 avril 2023

Réception de la philosophie et des sciences arabo-musulmanes par l’Occident médiéval pat Abdelmajid Baakrime N°5662 17e année

 

Conférence d’Abdelmajid Baakrime, professeur d’Histoire de la philosophie et des sciences à l’ENS de Meknès. 

« La conférence porte sur les rapports qui ont prévalu au Moyen Âge, en matière de savoir philosophique et scientifique, entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien. Mais, vu l’étendue du sujet, on se limitera à la problématique qui a secoué les deux civilisations, à savoir, la nécessité de concilier la Foi et la philosophie, et plus précisément, la philosophie aristotélicienne. Dans ce contexte, on retiendra le nom d’Avicenne (Ibn Sina) et sa philosophie première, ainsi que sa théorie de l’âme, tout en intégrant le nom du savant Alhazen (Ibn Al haytham), et sa théorie de la vision, pour avoir servi de base aux théories de la connaissance qui ont fleuri au XIVe siècle, en particulier, chez les nominalistes anglais. Ces données, conjuguée avec des éléments de la philosophie dite néo-platonicienne, fraîchement traduits de l’arabe en latin, fourniront la feuille de route de la solution de notre problématique. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

jeudi 23 février 2023

Réalité virtuelle : l’histoire autrement ? par Estelle Doudet N°5638 17e année

 

« Conférence d’Estelle Doudet, professeur de langue et littérature française des XIVe, XVe et XVIe siècles à l’Université de Lausanne (Suisse) 

Technologie usuelle dans l’industrie du divertissement et dans la médiation culturelle, la réalité virtuelle immersive est aujourd’hui couramment utilisée par les archéologues pour reconstituer des espaces historiques endommagés ou disparus. Ses enjeux sont tout autres pour les historiens qui travaillent sur des objets fragiles, tels que les écrits, sur des arts éphémères, comme le théâtre, ou sur les interactions sociales, dont les traces archivistiques sont en général lacunaires pour les périodes anciennes. Faut-il pour autant renoncer à l’outil virtuel pour faire l’histoire des livres, des spectacles, du sensible ? Quels sont les apports épistémologiques et les limites de cette technologie pour la recherche historique ? Les nouvelles approches de l’histoire du théâtre médiéval serviront d’exemples à la réflexion. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

mercredi 15 février 2023

Retraite : parlement pour, la nation contre ? N°5632 17e année

Secret de polichinelle : les Républicains qui ont désormais une mentalité de macron-centriste, voteront massivement en faveur de la réforme des retraites. Dés lors l’exécutif assuré, grâce aux Républicains, d’une majorité à la Chambre et au Sénat, disposera d’une arme lourde face aux défilés prévus au mois de mars. Où sera la légitimité/légalité ? Le parlement face à la rue…Pascal Bruckner disait que les Français étaient plus moroses que révoltés.Ce n’est pas faux..

Les répressions contre les Gilets jaunes et les interdits terribles lors du Covid ont fait que pendant presque 4 années, les Français subirent les anathèmes du pouvoir et de ses obligés scientifiques et médiatiques. Pour une population vieillissante qui n’a plus connu la guerre ou les épreuves, le combat et la fermeté dans sa volonté ne sont plus les mêmes que pour leurs parents qui baignèrent dans un environnement politique très engagé et dans des événements historiques mondiaux. Certains attendaient une mobilisation des jeunes mais à 15 ou 20 ans la retraite est-elle un sujet ? Non et heureusement mais cette seule espérance est l’indication d’un dérèglement sociétal. Les jeunes savent pertinemment que leurs retraites seront plus imaginaires que réelles sauf à se constituer son propre capital et ne comprennent pas que leurs aînés qui firent mai 68 et jouirent de tous les avantages sociaux possibles favorisèrent par des votes successifs les politiques démolisseurs du modèle de protection sociale issu de la Résistance en viennent à les solliciter alors même que la jungle est devant eux !

Alain Minc, l’oiseau noir, s’est plu à dire simplement que cette réforme (je dirai contre-réforme) du fait même de l’endettement de la France obligeait l’État à obéir à ses créanciers (Black Rock et les autres) lesquels ne rêvent que de happer le marché de la protection sociale et de la retraite. L’Union européenne étant sur cette longueur d’onde, il faut donc au nom de l’Europe que la France sacrifie son modèle.

Tout le système anglo-américain repose sur la dette, c’est leur modèle. Toute sa vie un citoyen américain passera son temps à rembourser pour chacun de ses actes : de la nourriture à l’éducation en passant par la santé. Pas un seul secteur n’est épargné…. C’est une façon de tenir les gens. L’endettement étant un marché au même titre que la philanthropie, il est de l’intérêt du capitalisme actuel de le garder, de l’accroitre. L’endettement est une arme également politique, de politique étrangère. A la différence du Japon propriétaire de sa dette, la France ne l’est pas, elle est entre les mains qui ne sont pas les siennes. Emmanuel Macron a  endetté incroyablement la France à la suite des Gilets jaunes et du Covid : la paix sociale et la tranquillité sanitaire se firent via un endettement record. Et cette année la France veut emprunter aux marchés je crois 240 milliards ! Tout créancier demande une garantie, celle apportée par la France est la déconstruction de la santé et du régime des retraites. Bien des économistes ont démontré que les milliards étaient là pour pérenniser les retraites mais ce n’est pas là le point essentiel. Le point essentiel est que nous nous devons aux exigences des fonds de pension et autres qui grâces aux accommodements des banques centrales ont l’assurance du flux continu de l’argent et ont donc une puissance financière colossale. Être entre leurs mains, c’est signer et entrer en servitude.

Pour revenir au face à face parlement/rue, on peut se demander si les députés et les sénateurs sont à la hauteur des enjeux. Les débats parlementaires se limitent aux invectives et aux intimidations quand les vies des Français sont en jeu. On s’affole des progrès de l’inculture et des bas niveaux scolaires, il faudrait aussi pointer du doigt le quasi-évanouissement parlementaire. En ce sens, le parlement aide-t-il les français opposés à cette réforme ? Ne les abandonne-t-il pas à l’infamie à savoir de devenir des anti-légalités et donc être illégitimes ?  Pour Macron et Borne, tout dérapage dans les rues pourra être sanctionné le plus tranquillement du monde. Reste à savoir, ce que feront les syndicats : poursuivre le mouvement ou bien poser les armes…Reste à savoir également ce que feront les Français : avec ou sans les syndicats ?

Cette réforme des retraites montre aussi que le champ régalien de la santé et des retraites (les deux vont ensemble) ne l’est plus, il deviendra celui d’autres acteurs  presque pas nationaux. C’est donc une dépossession qui s’opère sous nos yeux. Le pouvoir est habile, les partis font du vent, les médias font la bonne musique et les Français sont les bras ballants. L’État n’est plus et ne veut plus être le père protecteur et nourricier et ne le redevient que quand il s’agit de donner des gages à d’autres « puissances », c’est en cela qu’il n’est plus qu’un Ordre.

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

samedi 11 février 2023

Renaissance italienne et démocratie d’en bas par Julien Le Mauff N°5631 17e année

 

“À propos de : Samuel K. Cohn, Jr., Popular Protest and Ideals of Democracy in Late Renaissance Italy, Oxford University Press, 2021

Sous le tumulte des guerres d’Italie, la Renaissance est aussi un temps de révoltes sociales et de résistances collectives. Par l’élaboration de concepts et idéaux démocratiques, la contestation serait-elle le creuset de notre modernité politique ?

En près de trois décennies, Samuel Cohn a fait sien le thème de la révolte et de la rébellion à la fin du Moyen Âge et pendant la Renaissance, avec une demi-douzaine d’ouvrages relatifs au sujet, consacrés tant à l’Angleterre qu’à l’Italie, à la France ou la Flandre. Le sujet était plus à la mode dans les années 1960 à 1980 – notamment en France avec quelques ouvrages devenus classiques comme les Fureurs paysannes de Roland Mousnier, les Ongles bleus de Michel Mollat et Philippe Wolff, ou les Croquants et Nu-pieds d’Yves-Marie Bercé. Puis il avait souffert d’un certain enfermement dans la querelle entre historiens marxistes et non-marxistes, mais aussi de diverses relectures sous l’influence des sciences sociales, de la psychologie et des « représentations mentales », rarement accompagnées d’un véritable approfondissement des sources.

L’arrière-plan social des guerres d’Italie

 

À l’inverse, Cohn s’est efforcé de refonder l’étude des révoltes, en débutant par le Moyen Âge, pour dresser ouvrage après ouvrage une histoire sur la longue durée, s’émancipant de la distinction classique entre un « modèle » moderne – la révolution – et des formes prémodernes, forcément inabouties. Il s’est aussi éloigné, dès l’origine, des études n’éclairant les mouvements contestataires que sous l’angle social et ne voyant souvent là que des phénomènes structurels, dépourvus d’organisation réelle comme de revendications pleinement politiques, au-delà du règlement d’une situation momentanée de crise (difficultés alimentaires, résistances à l’impôt).

Samuel Cohn aborde les révoltes populaires italiennes de la Renaissance à l’intérieur d’un cadre strict : celui des guerres d’Italie (1494-1559), période propice aussi bien aux résistances contre les incursions étrangères, qu’aux soulèvements face à l’impact économique et social des conflits. Sur le plan méthodique, Cohn se saisit d’une collection de sources aussi vaste que possible. Le propos est ainsi fondé sur le démontage minutieux d’archives diplomatiques et judiciaires, en particulier les suppliques adressées aux gouvernants, ou encore les registres criminels mentionnant certains rebelles et leurs actes. S’y ajoutent les sources narratives, d’une incomparable richesse pour la période : chroniques, mais aussi correspondances publiques et privées, journaux et mémoires, émanant souvent de l’important personnel administratif et diplomatique des cités et républiques italiennes (p. 7-10).

Le travail quantitatif réalisé à partir de ce corpus a permis à l’auteur de recenser pour la période 751 événements sur la péninsule italienne, dont témoigne au moins une source (on peut cependant regretter l’absence de tableau récapitulant les données). Une analyse fine met aussi en évidence leurs facteurs principaux, et leur localisation (p. 18-21). La répartition géographique des événements corrige d’ailleurs quelques a priori : si Milan ou Naples sont les principaux théâtres de révoltes sur la péninsule (respectivement 63 et 54 pendant la période), il en va presque tout autant de Modène (49). À l’inverse, Florence, surexposée dans l’historiographie des révoltes populaires du fait du caractère éminent des événements la concernant (le renversement des Médicis et l’avènement de Savonarole en 1494, puis l’établissement de la République, le rétablissement des Médicis en 1512, et ainsi de suite) connaît en réalité comparativement assez peu de troubles à la même période (p. 18).

Repolitiser la révolte”

La suite ci-dessous :

https://laviedesidees.fr/Renaissance-italienne-et-democratie-d-en-bas.html

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023