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mardi 27 mai 2025

Les médiocres ont pris le pouvoir et conduisent le monde à sa perte par Alain Deneault N°5718 19e année

 « Alain DENEAULT est professeur de philosophie à l’Université de Moncton au Canada et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris. Il est l'auteur de « La médiocratie » et tout récemment « Faire Que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï » (Lux), mais également de plusieurs essais sur les multinationales et les souverainetés de complaisance. Dans cette interview par Olivier Berruyer, pour Élucid, Alain Deneault montre à quel point notre monde a basculé dans la médiocratie, un régime où les dérives politiques sont conduites par un extrême centre de plus en plus autoritaire. Cette philosophie mortifère a tout corrompu : le savoir, le langage, les liens collectifs, la créativité, et bientôt notre planète. Nous devons faire face à ce système, faire un pas de côté, et résister. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2025

mardi 28 février 2023

Ukraine : La Chine siffle-t-elle la fin de la partie ? N°5641 17e année

 

Sans surprise les douze points avancés par le gouvernement chinois ont été rejetés par l’Otan et les États-Unis qui estiment, défense de rire, que Pékin n’a pas la crédibilité nécessaire…Néanmoins, en Europe, la réception de ces douze points est moins négative, ainsi la Pologne et l’Ukraine, Emmanuel Macron, à peine sorti du crottin du salon de l’Agriculture, annonce son déplacement en Chine en avril : il sollicitera un rôle.

Les douze points chinois sont généraux mais l’un d’entre eux appelle à la fin des sanctions unilatérales. Or c’est précisément sur ce point que se base toute la violence de l’aire Atlantique, décidez qui est bon, qui est mauvais. Ainsi, la Chine fait un pas de plus que les dirigeants israéliens et turcs, en s’attaquant directement à l’emploi unilatéral de l’arme financière américaine. Comme je l’écris depuis un moment, l’Asie , en dépit des méfiances entre des grandes puissances qui y sont, ne veut plus subir les caprices de l’aire Atlantique qui vit déconnectée des réalités et pour l’Europe qui ne pense qu’à travers le dire washingtonien. L’aire Atlantique n’a pas compris que « nos valeurs » ne sont pas les bienvenues en Asie, en Afrique :  nos conquêtes, nos colonisations, les guerres attisées. Stop !

La Chine escompte bien que ses démarches diplomatiques rendront plus difficile toute envie américaine de la présenter comme le prochain méchant. Elle prépare aussi via les douze points la question taïwanaise. La Chine et derrière elle l’Asie, soigne son image. Sur ce point, il serait bon également que nos médias informassent les Français de ce que pensent les Africains, les Asiatiques de ce conflit. Il est ahurissant que les même européens qui nous bassinent avec le monde global se ferment à tout regard autre du monde.

S’ajoute, la prochaine élection américaine en 2024. Traditionnellement, les campagnes politiques mettent en avant l’isolationnisme et le pacifisme, deux éléments historiques qui sont toujours des courants populaires. Or, sans les USA, l’Union européenne ne se lancera pas dans des sanctions supplémentaires et l’ Ukraine s’effondrera. L’idée selon laquelle, ne pas déclarer la guerre mais soutenir l’un des acteurs au conflit a des limites autant logistiques que financières et ce d’autant plus que la Russie, contrairement à l’Ukraine, n’a pas du tout utilisé le maximum de ses capacités militaires et dispose, en plus, de toute l’arrière-cour asiatique pour commercer, notamment, ses hydrocarbures à des pays tiers qui les mélangent à d’autres avant de les revendre aux Européens, contournant ainsi les sanctions : l’Europe est le dindon de la farce, les États-Unis eux ne cessant pas d’acheter, par exemple, de l’uranium à la Russie.

 

Il se pourrait que dans les semaines à venir, l’Inde fasse aussi des propositions. Autrefois, les confits se finissaient dans le cadre d’un ordre, européen puis américain, demain, ce sera en Asie. L’Asie inverse le cours de la mondialisation. Si la fin de la partie du présent conflit n’est pas encore sifflée, la Chine montrerait dans quelle cour elle le serait.

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

mardi 1 juin 2021

La guerre des 6 jours : La victoire de la stratégie N°5713 15e année

Un petit ajout à cet excellent documentaire. C'est pendant cette guerre courte que le navire américain USS Liberty fut attaqué par les israéliens coûtant la vie à de nombreux marins. Cette guerre et cet événement firent que les États-Unis s'engagèrent définitivement auprès d’Israël, jusqu'alors la Maison Blanche se montrait prudente.

JV

« Avril 1967 : le général Nasser, à la tête de l'Égypte, exige le retrait des forces de l'ONU du Sinaï et de la Bande de Gaza. Le 27 mai : il bloque le détroit de Tiran, en Mer Rouge, interdisant aux navires israéliens l'accès à Elath. Le 5 juin - 7h75 : la Knesset décide de passer à l'offensive. Moshe Dayan, ministre de la Défense, donne l'ordre au général Ytzak Rabin d'attaquer. 5 juin au soir : la moitié de l'aviation égyptienne, syrienne, jordanienne est détruite. Du 6 au 10 Juin les chars de l'armée israélienne bousculent leurs adversaires sur tous les fronts. 10 Juin Fin des combats. En moins d'une semaine, l'état hébreu triple sa superficie en occupant la Bande de gaza, le Sinaï, le Golan, la Cisjordanie, la vieille ville de Jérusalem, symbole majeur. » 

 

Jean Vinatier 

Seriatim 2021

 

jeudi 27 mai 2021

Macron Zadig de droite à gauche : freestyle ! N°5709 15e année

 Le 25 mai 2021, jour anniversaire de la fin de la fin de la Commune de Paris (avant celle des 6 autres en France : Lyon, Marseille, Narbonne…etc), les éboueurs et les égoutiers de la ville de Paris envahirent l’Hôtel de Ville, montèrent sur les toits. Certes, ne pensaient-ils pas à ce rappel historique mais ce hasard a bien été perçu par les bicéphales (Macron/Hidalgo), résultat : omerta médiatique totale y compris par l’Humanité…

Quelques jours plus tôt, près de Compiègne, je discutais avec un médecin communiste et nostalgique de la Commune qui me disputait sur le rôle de Jules Ferry dans cette période violente : je lui rappelais que les Communards le surnommaient « la mitrailleuse » et s’il était un républicain, son hostilité au socialisme était avouée. Où étaient les élus parisiens pour commémorer la Commune ?

Ces lignes pour souligner à la fois les confusions et les soucis de bien maintenir la chappe de plomb : tout va bien, il ne se passe rien : « confiance » disait le python Kaa !  

Au début de mai, le bicentenaire du décès de Napoléon Ier, ne se limitait-il pas à des querelles sociétales : esclavagiste ou pas, antiféministe ou pas…. ? Commune et Napoléon : l’Histoire, cette pesanteur ?

En fin de mai, dans cette atmosphère de faux retour à la « liberté » puisqu’on nous contraint au dépistage, au vaccin et que sans problème s’imposerait un passeport vaccinal pour circuler en Europe alors même que l’Union européenne se targue d’abolir les frontières, Emmanuel Macron, après l’épisode McFly/Carlito mais sans Benalla (dommage), se livre dans Zadig au mouvement de balancier sur tous les sujets, évoque une renaissance au sortir d’une période médiévale illustrée par les Gilets Jaunes et la pandémie. Macron serait donc médiéval et renaissant, âge des ténèbres et lumière…etc.

Le rouleau compresseur médiatique se met en place comme en 2016/2017 : Zadig, l’Opinion, France-Inter et les autres à la queue leu leu : qu’est-ce qui est neuf ? Rien.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron, satisfait de l’implosion des Républicains se tourne vers la gauche totalement divisée et chamailleuse pour piocher ici et là des potentats locaux. Macron apporte la soupe et surgissent les convives : sa table d’hôtes…

Certains me disaient que la disparition d’Emmanuel Macron de la scène politique ouvrirait un espace oubliant que les remplaçants sont là : Edouard Philippe, Christine Lagarde, Michel Barnier, Anne Hidalgo, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse auprès desquels je vous défie de dénicher des différences exactes et non des disputes grammaticales.

Dans un Seriatim récent, je voyais une présidentielle comme un non-événement y compris en cas de victoire de Marine Le Pen tant le souci de tous est de ne plus apparaitre comme une alternative. On y va.

Nous sommes dans un carcan étouffant, angoissant d’où l’importance propagandiste des divertissements, des distractions marketings dans lesquels débarquent, aussi, les nouvelles formules du « vivre ensemble ». Ainsi, le mois décolonial lancé par Eric Piolle, maire vert de Grenoble, réélu triomphalement, où sous couvert « d’émancipation, d’écologie et de justice sociale » pour « dépasser l’imaginaire colonial », « défendre un vivre-ensemble véritable, notamment en identifiant les obstacles réels qui gênent sa réalisation » : est bitumée la doxa à une voie animée bien évidemment par la députée LaREM, Rokhaya Diallo, tout juste recrutée par l’université de Georgetown et à l’instant où Joe Biden impose à des ambassades américaines d’afficher la banderole Black Lives Matter….C’est complet !

Décolonial, caractéristique d’une renaissance  quand au Tchad et au Mali, la France précisément se livre à un anti-décolonial bien masqué par une lutte contre le djihadisme à l’appel « officiel » des Etats sahéliens : en réalité, c’est bien plus ambigu et retors ! Idem avec le Rwanda où son Président, Paul Kagamé, sans doute responsable ou acteur de l’attentat mortel contre les présidents, burundais et rwandais qui enclencha le génocide pendant lequel l’armée française aurait eu un rôle sujet à critiques, sait habilement user de la prédisposition élyséenne à la repentance pour se blanchir de tout.

Bref, repentance et vivre-ensemble ont tout d’une bombe à fragmentation mais, nous débuterions une renaissance ?

Depuis les sables africains montent des éléments qui "somaliseront"la France.

Tout va bien….Emmanuel Macron met la France en freestyle, la démocratie est réduite à un shopping ou à un achat en ligne. 

Un moderne Zadig pourrait-il faire son miel d’une satire de notre déconstruction ? Vaincrait-il Moabdar ?

 

 

In Seriatim :

14 janvier 2021 : Hidalgo, Macron ou les bicéphales

http://www.seriatim.fr/2021/01/hidalgo-macron-ou-les-bicephales-n5080.html

 

18 mai 2021 : vers le non-événement présidentiel

http://www.seriatim.fr/2021/05/2022-vers-le-non-evenement-presidentiel.html

 

13 mai 2021 : 10 mai 1981 : fin de la gauche, de la droite

http://www.seriatim.fr/2021/05/10-mai-1981-fin-de-la-gaucheet-de-la.html

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

mardi 25 mai 2021

Pourquoi Macron peut-il babiller et caqueter avec McFly & Carlito ? N°5707 15e année

La diffusion de la séance « anecdotes et pisser de rire sur le tapis élyséen » sur fond de « putain » présidentiel et d’un faux-jeunisme (44 ans pour l’un, 34 ans pour les deux autres) a suscité des ires diverses. A la critique de la méthode ne faudrait-il pas mieux poser la question de savoir, pourquoi Emmanuel Macron peut-il se permettre cette mise en scène ?

Quelques jours après l’ovation de Nevers (Seriatim) prologue au tour de France présidentiel placé sous l’angle festif avec ce qu’il faudra de colifichets, la séance élyséenne avec McFly et Carlito hilares au milieu de sévères maîtres d’hôtel en queue de pie est donc dans une continuité.

On fait croire que seul Emmanuel Macron aurait saisi toute l’importance d’Internet et des réseaux sociaux quand toute la classe politique (et pas elle seule) y est au quotidien, c’est un mensonge. Ce qui ne l’est pas, c’est le soin pris par Emmanuel Macron à s’assurer les bonnes grâces des PDG de Facebook, de Twitter, de Google l’assurant de toutes les facilités quand ses concurrents auront la crainte de la censure !

Le plus important est de situer cette séance élyséenne qui arrive après les tribunes de militaires, de policiers, de magistrats et désormais, mais dans le feutré, celles de la haute-fonction publique mécontente de la fin de l’ENA et du corps préfectoral prélude au corbillard des autres corps.

A une année de la présidentielle, les sondages indiqueraient une tendance d’abord à l’entérinement du duel de second tour Macron/Le Pen à l’avantage du premier (54%), ensuite à l’étouffement des autres concurrents pour le premier tour : aucun n’arrivant à se hisser pour l’étape suivante tant à gauche qu’à droite en passant par le centre. C’est donc le scénario élyséen qui tiendrait la corde alors même que le pays sort groggy de la période pandémique et ne parait plus en mesure de combattre un déroulé communicationnel très bien huilé.

Le déroulé est d’autant mieux huilé que nous voyons bien le champ de l’alternative se réduire comme peau de chagrin et que les deux personnalités susceptibles de ne l’être pas se gardent bien désormais de toute singularité excessive : seule différence entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, la première ne pourrait déraper verbalement quand le second aurait droit (car de gauche) à un pas de deux. A ce rétrécissement s’ajoute le fait que ni La France insoumise ni le Rn ne disposent des réseaux locaux suffisants pour leur garantir de facto une majorité législative, les deux seraient dans l’obligation de coalitions (Vert/PS, Debout la France/Républicains) qui les ficèleraient.

A ce tableau politique, est-ce qu’Emmanuel Macron a besoin des jeunes pour réussir ? L’électorat jeune ne varie guère : mobilisé faiblement ou moyennement, se divise depuis longtemps en trois (1/3 à gauche, 1/3 à droite, 1/3 au lit). Je ne crois pas que c’est cet électorat qu’Emmanuel Macron cherche à avoir mais, il compte, qu’à travers, un accueil positif, son image d’arrogance et de sureté change auprès des autres corps électoraux dont les « vieux » : mémé est toujours sensible à la joie du petit-fils…Et petit détail qui compte, les deux youtubeurs, McFly et Carlito, sont blancs, à avoir des plus basanés, l’Élysée s’exposait à des questions, par exemple, sur la Palestine… !

En fait Emmanuel Macron avance par les divisions qu’il génère ou dont il profite à la fois pour encourager l’abstention (il n’y a pas d’alternative) et bénéficier des applaudissements des « jeunes » pour séduire les « vieux » : il sait qu’il ne peut l’emporter qu’avec une minorité très votante.

Malgré les bouillonnements sociaux, les mutations sociales et sociétales, Emmanuel Macron (et ceux qui l’enveloppent) tel un bon navajo réduit les têtes politiques. Il s’arroge la société du spectacle, du divertissement. Un illustre français avait su se mettre en scène : Louis XIV soit par les Carrousels soit en dansant lui-même devant les Parisiens. Mais c’était pour clore toute fronde et préparer un nouvel âge d’or français année annoncé dés le Ballet de la nuit d'Isaac Benserade (1653). D’âge d’or, aujourd’hui réduit au babillage et au caquetage…

 

In Seriatim :

http://www.seriatim.fr/2021/05/macron-et-lovation-de-nevers-n5705-15e.html

Jean Vinatier

Seriatim 2021