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samedi 13 avril 2024

Une histoire de l'Algérie par les sources arabes par Augustin Jomier N°5766 18e année

« Rencontre avec Augustin Jomier, auteur du livre Islam, réforme, colonisation : une histoire de l'ibadisme en Algérie (1882-1962) 

En partenariat avec les Éditions de la Sorbonne 

 Comment écrire une histoire des temps coloniaux à partir de points de vue d'Algériens et comment penser le réformisme musulman, problème majeur de l'histoire contemporaine de l’islam ? C’est à ces deux questions connexes, aussi centrales qu’irrésolues, que s’attaque simultanément Augustin Jomier dans son étude sur l’ibadisme contemporain, qui vient de paraître aux Éditions de la Sorbonne. 

La rencontre sera animée par Benjamin Guichard, directeur scientifique de la BULAC, qui présentera en préambule les collections ibadites de la BULAC. 

L'intervenant : 

Docteur et agrégé d’histoire, ancien élève de l’École normale supérieure de Lyon, Augustin Jomier a enseigné aux universités du Mans, de Paris-Est-Créteil, à l’EHESS et à l’EPHE. Il a été pensionnaire de la Fondation Thiers (2013-2016), puis lauréat d’une Chaire d’excellence de l’Université Sorbonne-Paris-Cité (2016-2019) et Visiting research fellow au Near Eastern Studies Department de l’Université de Princeton, USA (2018). Il est actuellement maître de conférences à l’Inalco en histoire du Maghreb aux périodes moderne et contemporaine et chercheur au CERMOM. À la jonction entre l’histoire coloniale et l’histoire de l’islam, il s’intéresse aux mutations sociales et culturelles du Maghreb à la période contemporaine, histoire qu’il écrit à partir de sources en langue arabe et en langues européennes. Son premier livre, Islam, réforme et colonisation : une histoire de l’ibadisme en Algérie (1882-1962), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020, enquête sur la question du réformisme musulman parmi les populations ibadites du Mzab, dans l’Algérie coloniale. Le chantier principal auquel il s’attèle à présent porte sur l’histoire sociale et culturelle du livre et de la lecture au Maghreb (XVIIIe-XXe siècle). Il est aussi investi dans un projet intitulé « L'orientalisme en train de se faire », mené à l'EHESS autour des archives de René Basset (1855-1924), fonds d’archives dont il est le responsable scientifique. » 

Jean Vinatier 

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samedi 24 février 2024

L’Occident : seul refuge - Kamel Daoud N°5743 18e année

Entretien par Stephan Bureau de Contact

 « Faut-il venir d’un pays qui a traversé la guerre civile et obtenu l’indépendance au bout du fusil pour chérir, sans mauvaise conscience, l’héritage de notre civilisation ? Kamel Daoud est Algérien, journaliste, romancier et un observateur unique de ce déclinisme qui nous gangrène. “ La figure la plus fascinante en Occident, c'est le crucifié, le martyr. Vous êtes une culture à la fois de l'agression et de culpabilité, et c'est pour ça qu'on vous culpabilise très facilement, que vous êtes une société divisée en deux.” Pourtant, avons-nous déjà vu des réfugiés, illégaux, partir de Syrie ou de Libye pour cogner à la porte de l’Arabie Saoudite, de la Russie ou de la Chine ? Comment expliquer que ceux qui nous livrent la guerre sainte rêvent aussi d’envoyer leurs enfants vivre et étudier en Allemagne ou en France ? Des questions fécondes, fascinantes qui émergent dans un des dialogues les plus musclés et exigeants de la courte aventure de Contact. Une conversation sur la crête d’un volcan entre un “arabe” et un “chrétien”, identités courtes et trompeuses qui portent en elles les germes du malentendu. Kamel Daoud a remporté le Goncourt du premier roman en 2015 avec Meursault, contre-enquête. Il écrit, chaque semaine, un texte éditorial dans le magazine Le Point. Dans notre entretien, il nous parle aussi de son envie de briller, de son respect de l’argent, “toute liberté se paye” et des risques de la pensée commune ; “ce qui nous dispense de penser, c’est d’être avec le troupeau.” Il refuse d’ailleurs, sur la question palestinienne et des attentats du 7 octobre, de se laisser enfermer dans le discours…attendu. » 

Jean Vinatier 

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mardi 30 novembre 2021

Afghanistan: quelle stratégie pour la Chine ? N°5759 15e année

Conférence du 29 novembre à l’INALCO

 « Le 28 juillet dernier, alors que les talibans fonçaient sur Kaboul, la Chine accueillait très officielle-ment une délégation du mouvement islamiste dans la ville de Tianjin. Une façon pour Pékin de préparer la nouvelle ère, celle d'un Afghanistan sous contrôle taliban, affranchi de toute présence américaine. 

 La Chine, comme la Russie, a maintenu son ambassade ouverte à Kaboul et multiplie depuis les prises de contact avec le nouveau pouvoir. Elle promet 30 millions de dollars d'aide humanitaire à l'Afghanistan et appelle les grandes institutions internationales à débloquer les fonds de la banque centrale afghane. 

Les enjeux sont avant tout économiques et sécuritaires, à l'heure où Pékin promeut tous azimuts son gigantesque projet de « Nouvelles routes de la soie ». La Chine, qui partage 76 kilomètres de frontière avec l'Afghanistan, compte s'appuyer sur les talibans pour lutter contre le développe-ment de cellules de combattants ouïghours réfugiés sur le sol afghan. 

Cette conférence tentera de définir la "stratégie chinoise" en Afghanistan et d'analyser si le gouvernement taliban peut constituer un partenaire crédible pour Pékin. Plus largement, elle aborde-ra la place centrale occupée par l'Afghanistan dans les ambitions chinoises sur l'ensemble de l'Asie centrale. 

Avec : 

- Shahrbanou Tadjbakhsh, professeure à l'Institut d'études politiques (Sciences Po) de Paris et spé-cialiste des enjeux sécuritaires en Asie centrale et Afghanistan.

 - Emmanuel Véron, géographe, spécialiste de la Chine contemporaine et chercheur-associé à l'école navale et à l'Inalco. 

- Mathieu Duchâtel, sinologue et directeur du programme Asie à l’Institut Montaigne. 

Modération : Baptiste Fallevoz, rédacteur en chef à France 24, journaliste à Asialyst et ancien correspondant en Chine. » Jean Vinatier 

Seriatim 2021

 

vendredi 19 novembre 2021