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dimanche 9 juin 2024

Comment Jean Sobieski se prépare à la prise de Vienne par Florian Schaffenrath N°5798 18e année

 « À propos de l’ekphrasis dans la Viennis de Ioannes Damascenus (1717) par Florian Schaffenrath, professeur associé à l’Université d’Innsbruck

Pour la littérature polonaise néo-latine des XVIIe et XVIIIe siècles, les événements de 1683 ont constitué un moment central : le roi de Pologne s’est précipité au secours de l’empereur et a sauvé l’ensemble de l’Europe chrétienne de l’invasion turque – c’est du moins le récit qu’en ont fait de nombreux auteurs polonais de l’époque. »

Le piariste Jan Kaliński (Ioannes Damascenus), qui était prédicateur de la cour et recteur du collège piariste de Dąbrowica, est l’un d’entre eux. Son œuvre épique majeure, la Viennis (Varsovie, 1717), narre le deuxième siège de Vienne par les Turcs en 1683.

Comme tant d’épopées néo-latines, elle comporte une ekphrasis. La particularité de celle-ci est de ne pas décrire une œuvre d’art plastique, comme un relief ou une tapisserie, mais un livre qui captive longuement le héros du poème, le roi polonais Jean III Sobieski, héros de la guerre contre les Turcs : à la fin du chant IV, Sobieski s’arrête au château de Juliusburg et se voit présenter par son hôte un livre dont il est dit : codex iste [...] cuncta docebit. Le roi en lit quatre livres entiers pendant toute une nuit, et ce n’est qu’au début du neuvième livre qu’il laisse tomber sa lecture et retourne à sa tâche. La conférence portera sur la place de cette ekphrasis dans l’ensemble de l’œuvre, et tout particulièrement sur la signification que peut avoir le fait que le déclencheur en soit un livre, et non une œuvre d’art.”

Jean Vinatier 

Seriatim2024

samedi 24 février 2024

L’Occident : seul refuge - Kamel Daoud N°5743 18e année

Entretien par Stephan Bureau de Contact

 « Faut-il venir d’un pays qui a traversé la guerre civile et obtenu l’indépendance au bout du fusil pour chérir, sans mauvaise conscience, l’héritage de notre civilisation ? Kamel Daoud est Algérien, journaliste, romancier et un observateur unique de ce déclinisme qui nous gangrène. “ La figure la plus fascinante en Occident, c'est le crucifié, le martyr. Vous êtes une culture à la fois de l'agression et de culpabilité, et c'est pour ça qu'on vous culpabilise très facilement, que vous êtes une société divisée en deux.” Pourtant, avons-nous déjà vu des réfugiés, illégaux, partir de Syrie ou de Libye pour cogner à la porte de l’Arabie Saoudite, de la Russie ou de la Chine ? Comment expliquer que ceux qui nous livrent la guerre sainte rêvent aussi d’envoyer leurs enfants vivre et étudier en Allemagne ou en France ? Des questions fécondes, fascinantes qui émergent dans un des dialogues les plus musclés et exigeants de la courte aventure de Contact. Une conversation sur la crête d’un volcan entre un “arabe” et un “chrétien”, identités courtes et trompeuses qui portent en elles les germes du malentendu. Kamel Daoud a remporté le Goncourt du premier roman en 2015 avec Meursault, contre-enquête. Il écrit, chaque semaine, un texte éditorial dans le magazine Le Point. Dans notre entretien, il nous parle aussi de son envie de briller, de son respect de l’argent, “toute liberté se paye” et des risques de la pensée commune ; “ce qui nous dispense de penser, c’est d’être avec le troupeau.” Il refuse d’ailleurs, sur la question palestinienne et des attentats du 7 octobre, de se laisser enfermer dans le discours…attendu. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

dimanche 21 janvier 2024

Faut-il avoir peur de l’art indien ? par Vincent Lefèvre N°5730 18e année

Dommage que le son soit si médiocre ! 

« Pour les Occidentaux, la production artistique du monde indien suscite, bien souvent, soit fascination soit incompréhension, ou encore un mélange des deux. Dans leur regard sur l’Autre, si souvent empreint de préjugés ou d’idées préconçues, ils ne retrouvent en effet ni l’exotisme simplement décoratif attribué à l’Extrême-Orient ni le «primitivisme», source d’inspiration pour la modernité, associé aux arts d’Afrique et d’Océanie. À l’exception peut-être de la période moghole qui, parce qu’elle relève en grande partie de l’Islam, semble un peu plus familière, l’art indien, de par son extraordinaire diversité, sa richesse iconographique et son exubérance (ou ce qui est perçu comme tel), déroute bien souvent un spectateur qui pense, à tort ou à raison, ne pas disposer des codes nécessaires pour l’apprécier. Pourtant, pour peu qu’on veuille bien s’en donner la peine, découvrir et comprendre les arts du monde indien et indianisé ne s’avère pas si difficile. De ce point de vue, il n’a pas semblé nécessaire de proposer un nouveau manuel présentant une histoire de l’art indien et de son développement dans le temps et de l’espace. «Le Génie de l’art indien» s’attache plutôt à donner, suivant une approche volontairement synthétique, un certain nombre de clés de lecture afin de faciliter l’appréhension globale de cette production. » 

Jean Vinatier 

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samedi 28 octobre 2023

Que sont devenues les « religions africaines » ? N°5719 17e année

 13 janvier 2021

 « Dumbi Fakoly, chercheur en Histoire et écrivain malien, président du rassemblement pour la réhabilitation de la #religion négro-africaine (3 RNA-Maaya). Mbog Bassong, égyptologue et planétologue initié dans la confrérie du Mbog des Bassa du Cameroun. Jean Philippe Omotunde, chercheur en Histoire, spécialiste des sciences et mathématiques africaines et des humanités classiques africaines, Fondateur de l'institut d’Histoire Anyjart » 

« Peut-on véritablement parler de « religions africaines » ? Pourquoi adopter le christianisme ou l’islam alors que l’Afrique a ses propres traditions ? Et d’ailleurs, quelles sont-elles et quelle importance ont-elles encore aujourd’hui sur le continent ? Quelle place pour le divin ? Peut-on véritablement parler de « religions africaines » ? (Rediffusion) » 

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-d%C3%A9bat-africain/20231020-que-sont-devenues-les-religions-africaines

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

jeudi 26 octobre 2023

Israël : l’agonie d’une démocratie par Charles Enderlin N°5718 17e année

 14 octobre 2023

 « Rencontre avec: Charles Enderlin, journaliste, grand reporter et auteur franco-israélien. Il a été correspondant à Jérusalem pour la chaîne de télévision France 2 de 1981 à 2015. Auteur de nombreux ouvrages dont notamment "Au nom du Temple: l’irrésistible ascension du messianisme juif en Israël, 1967-2012" (Le Seuil, 2013), "Les Juifs de France entre République et sionisme" (Le Seuil, 2020), "De Notre Correspondant à Jérusalem. Le journalisme comme identité" (Le Seuil, 2021). Il vient de publier "Israël. L’agonie d’une démocratie" (Coll. Libelle, Seuil 2023) Modération : Jean-Paul Chagnollaud, président de l’iReMMO » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

mercredi 18 octobre 2023

Israël - Palestine, la paix impossible par Henry Laurens N°5716 17e année

 « Hors les murs - Israel - Palestine : complexité et enjeux Vendredi 11 décembre 2015

 Journée de décryptage organisée par l'iReMMO et la Cimade, Montpellier Introduction et perspective historique Israël - Palestine, la paix impossible Rencontre avec : Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe, il avait auparavant été Maître de conférences à l’Université de la Sorbonne (Paris IV) et professeur des Universités à l’INALCO. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence, dont "La Question de Palestine", en cinq tomes, parus chez Fayard entre 1999 et 2015. Modératrice : Chloé Fraisse-Bonnaud, directrice-adjointe de l'iReMMO. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

dimanche 15 octobre 2023

La géopolitique du pape François est-elle un défi à l’ordre atlantique ? par François Tanase N°5713 17e année

 

L’auteur

« Docteur en histoire, ancien membre de l’École française de Rome et diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris. Maître de conférences à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne en histoire médiévale, il est également membre de l’UMR 8167, Orient et Méditerranée. Ses recherches portent en particulier sur l’histoire de la papauté et ses relations avec les mondes orientaux et asiatiques. Il est notamment l’auteur d’une Histoire de la papauté en Occident publiée dans la collection Folio Histoire »

Présentation par Diploweb des deux parties de l’article :

« Thomas Tanase développe de façon très docmentée une analyse des dix années du pontificat de François, pour comprendre comment celles-ci, au-delà des qualités personnelles du pape argentin, ont débouché sur un échec stratégique majeur, aggravant l’impasse du monde catholique.

Cette étude commence par observer dans une première partie comment le Vatican du pape François reste inséré dans les réseaux de la mondialisation, luttant à l’Ouest contre les « populismes », c’est-à-dire contre un ensemble de mouvements très divers mais nourris d’un discours anti-élites et anti-système, qui, depuis le Brexit et l’élection de Donald Trump en 2016, menacent de remettre en cause les règles du système international telles qu’elles se sont développées depuis les années 1990. T. Tanase montrera ensuite dans une seconde partie comment, pour compenser, la papauté se tourne vers des pôles extra-occidentaux d’équilibre, et notamment vers l’Eurasie de la Russie de Vladimir Poutine et de la Chine de Xi Jinping, politique mise en difficulté par la relance de la guerre russe en Ukraine depuis le 24 février 2022. »

LE PAPE François, dix ans après son élection au trône pontifical en 2013, reste une figure populaire. Son avènement a suscité beaucoup d’espoir, et a donné l’impression d’un vent de renouveau, avec l’arrivée pour la première fois au sommet de l’Église catholique d’un pasteur venu des grandes métropoles du Sud – c’est-à-dire non seulement un pape venu d’un autre horizon que celui de l’Occident, avec son histoire et ses habitus mentaux et sociaux, mais aussi un pape habitué à côtoyer dans son quotidien toutes les religions et les communautés du monde. Cependant, les choses ne se sont guère améliorées pour l’institution pontificale depuis une dizaine d’années. Populaire en dehors, le pape François a de nombreux adversaires au sein du monde catholique. Il est souvent critiqué pour ses prises de position, tandis que la crise du catholicisme s’est aggravée. Surtout, à l’heure où l’affirmation de la Chine et le retour de la Russie ont finalement débouché sur un véritable conflit qui remet en cause les règles de la globalisation posées dans les années 1990, conflit dont la première grande bataille se joue actuellement en Ukraine, la diplomatie pontificale semble ne plus savoir quoi faire.

Pourtant, on ne peut pas reprocher au pape François de ne pas avoir vu venir les choses : le pontife parlait déjà en août 2014 d’une troisième guerre mondiale « a pezzi », par morceaux, expression reprise solennellement lors des commémorations pontificales du centenaire de la Première Guerre mondiale [1]. Elle a été utilisée à de nombreuse reprises par le pape François, et notamment lors de la relance de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, même s’il a fini par se demander s’il ne faudrait pas « à présent parler de guerre totale » [2]. Il n’en reste pas moins que le pape François s’est retrouvé complètement débordé par l’invasion de l’Ukraine par la Russie de 2022 et l’accélération des événements qu’elle marque. Toute la diplomatie qu’il a mise en place depuis dix ans pour prévenir cette situation a été entièrement prise à contre-pied. Plus encore, le pape François se retrouve piégé par une contradiction fondamentale : celle entre le centre institutionnel, historique de l’Église catholique, qui reste situé dans un Occident de moins en moins chrétien, recompacté, au moins pour le moment, par la guerre en Ukraine, et la réalité d’un cœur du monde catholique qui bat de plus en plus du côté des pays du Sud et dont François est si bien le représentant. Or l’Amérique latine, l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Inde ou la Chine se sentent peu impliqués émotionnellement dans le conflit ukrainien, alors qu’ils se rappellent encore très bien, sans même remonter jusqu’au colonialisme, le bilan des coups d’État, des changements de régime ou des guerres « humanitaires » promues par l’Occident. Plus encore, nombre de ces pays semblent voir dans les événements actuels la possibilité de secouer l’ordre de la globalisation atlantique telle qu’elle a été imposée depuis les années 1990, et qu’ils n’ont souvent accepté que de manière contrainte et forcée. Une réalité que les pays occidentaux se sont efforcés de ne pas voir, mais dont le pape argentin avait fait un axe majeur de sa géopolitique jusqu’à l’invasion russe de 2022.

L’article suivant fera donc une analyse des dix années du pontificat de François, pour comprendre comment celles-ci, au-delà des qualités personnelles du pape argentin, ont débouché sur un échec stratégique majeur, aggravant l’impasse du monde catholique. Cependant, il s’agit ici d’aller au-delà des analyses habituelles se contentant de suivre le cours des événements et d’appliquer en permanence à l’Église une grille de lecture reposant sur l’opposition entre « progressistes » et « conservateurs », qui n’est pas fausse mais qui reste à la surface des choses. Faute de s’articuler avec une réflexion sur la diversité géographique, culturelle du monde catholique, elle finit par ressembler souvent à une analyse opposant les « gentils » et les « méchants », pour reprendre le langage du pape François. Cette étude commencera donc par regarder dans une première partie comment le Vatican du pape François reste inséré dans les réseaux de la mondialisation, luttant à l’Ouest contre les « populismes », c’est-à-dire contre un ensemble de mouvements très divers mais nourris d’un discours anti-élites et anti-système, qui, depuis le Brexit et l’élection de Donald Trump en 2016, menacent de remettre en cause les règles du système international telles qu’elles se sont développées depuis les années 1990. Cette étudemontrera ensuite dans une deuxième partie comment, pour compenser, la papauté se tourne vers des pôles extra-occidentaux d’équilibre, et notamment vers l’Eurasie de la Russie de Vladimir Poutine et de la Chine de Xi Jinping, politique mise en difficulté par l’actuelle guerre en Ukraine.

L’étude de la géopolitique de l’Église du pape François se devra de la sorte d’illustrer comment les difficultés actuelles du catholicisme s’articulent avec les problématiques engendrées par la crise des pays occidentaux et la transformation de l’ensemble du système mondial. Le pape François mène en effet cette politique d’équilibriste parce qu’il doit lui aussi faire face à des repères qui se brouillent avec l’ouverture d’un nouveau cycle historique, lequel verra probablement à terme l’émergence d’un système international très différent de celui d’un monde dominé par la seule globalisation anglo-saxonne. Or ce nouveau cycle risque d’entrainer par la force des choses au moins en partie un changement de vision du monde, d’organisation des sociétés, un bouleversement porté par les nouvelles puissances en train d’émerger – un mouvement auquel l’Église catholique, en raison de son caractère mondialisé, est très sensible. En ce sens, le pape François rencontre vraiment une époque, qu’il incarne aussi à travers ses tâtonnements et ses hésitations, annonciatrices des nouvelles recompositions à venir. »

1-Première partie Le pape François face à l’Occident 16/09/2023

https://www.diploweb.com/La-geopolitique-du-pape-Francois-est-elle-un-defi-a-l-ordre-atlantique-Premiere-partie-Le-pape.html

2-Seconde partie. Le pape François, l’Orient, l’Eurasie et la Chine 15/10/2023

https://www.diploweb.com/La-geopolitique-du-pape-Francois-est-elle-un-defi-a-l-ordre-atlantique-Seconde-partie-Le-pape.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023