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dimanche 5 mai 2024

L’invention des bas-fonds parisiens N°5777 18e année

"2015 :2016 : Cycle de conférences organisé par le Comité d'histoire de la Ville de Paris à l'auditorium du Petit Palais. Intervention de Mme Julie Claustre, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne"

1-Paris : les prisons au Moyen-Âge 

 

2-Paris : capitale du crime au XVIe siècle 

 

 3-Paris : brigands et cour des miracles au temps de Louis XIV 

 

4-Paris: une ville sans brigand 

 

5-Paris: le métier de voleur 

 

6-Paris: la prostitution révolutionnaire 

 

 7-Paris 1840: le baptême des bas-fonds 

 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

samedi 10 septembre 2022

Retour après un demi-tour de France à vélo N°5891 16e année

 Avec grand plaisir je pédalais sur une grande partie du territoire français découvrant ici un reste de voie romaine, là quelques coins qui contenteraient un anachorète, ici et là quelques géographies charmantes mais constatant une fois encore le dépérissement des zones rurales incluant même des bourgs contrastant avec les opulences citadines : jamais à Dinard ou à Saint-Jean de Luz on ne vit autant de voitures luxueuses, un tel déferlement d’argent. Certes faut-il distinguer la saison touristique de celle qui ne l’est pas, mais il n’est que de voir à Paris où l’argent dégouline comme si la pierre philosophale y siégeait ou bien est-ce le prélude à la monnaie de singe….

Les moments bucoliques ne barraient pas le bruit du monde à l’extérieur avec le conflit en Ukraine installé pour durer et que l’on cherche à étendre (Balkans, Afrique, Asie), où les acteurs principaux poussent le pas jusqu’au Rubicon qu’ils ne franchissent pas car ils en changent le cours. L’atmosphère générale est la peur comme nous le vîmes avec la centrale nucléaire de Zaporijjia où la Russie qui occupait le site était dénoncée comme maléfique tandis que Kiev n’hésitait pas à y envoyer quelques missiles sans émouvoir quiconque. De même avec l’affaire du blé ukrainien où la Russie ne voulut pas porter le chapeau d’affameur du monde accepta un accord sous égide turc pour s’apercevoir que ce blé là va pour le trois quart en Europe : est-ce étonnant quand l’on sait que des familles et sociétés (américaines, européennes et françaises) y ont raflé des milliers d’hectares !

La presse anglo-américaine ne cesse pas de publier les articles critiques sur les fragilités russes et chinoises oubliant que cette fragilité, du fait même du globalisme, est devenue générale et qu’en plus les tensions intérieures américaines y participent, ce que l’on prend bien soin à ne pas nous informer. Oui d’une façon très générale le monde (un monde clos) liquide se fragilise, la corde mincit…Et au milieu de tout cela, vous avez ce débordement d’argent, ce flot ininterrompu qui fait fi de la vie de la terre entrée dans une phase de réchauffement. Avant le 24 février, on tonnait chaque matin contre le nucléaire et le charbon et bien aujourd’hui, les politiques, écologistes en tête, applaudissent à la fois charbon et nucléaire tout simplement pour convenir aux enjeux géopolitiques et géostratégiques en Ukraine. Rarement dans l’histoire on n’aura vu autant de recul de l’intelligence, de la réflexion. Rien n’y fait, tout s’accélère et comme le disent les « marchés » tout s’intègre : les taux grimpent, pas de souci, combattre l’inflation no problem : les algorithmes suffisent, les réalités s’assèchent…Et pendant ce temps, les gouvernements qui ont rompu avec la Russie pour le gaz et le pétrole, courent comme des canards sans tête pour quémander auprès d’autres fournisseurs inondant les populations de victorieux accords pour lesquels les problématiques du transit ne sont pas considérées… Et l’on dit que Vladimir Poutine proposerait du gaz liquéfié moins cher que celui d’Amérique…Ainsi ce monde occidental crée lui-même sa propre « faim ». C’est du jamais vu !

Et la France ! Que dire d’un pays qui reconduit aux affaires un Emmanuel Macron et une Anne Hidalgo, les deux têtes d’un même corps faisandé ! Au moment de l’échec législatif de juin, j’écrivais qu’Emmanuel Macron ne saurait pas être patelin ce qu’il fait avec ce CNR de comédie révélateur du pathétique présidentiel, renforcé par l’entrée sur scène d’un Frédéric Michel (spin doctor) plus anglo-américain que français qui tire sa gloire d’avoir été auprès de Tony blair, l’homme qui a menti aux britanniques (Irak) et qui s’est mis au service de potentats asiatiques : voilà le Lafayette de Macron. Une question : combien les français paieront-ils pour son « génie » ? Quant à Paris, la ville des JO, jamais on ne vit un tel désordre, de telles violences au Champs de Mars, que l’on y croise de plus en plus de mauvaise têtes qui sentent la ville bonne à prendre où la circulation est une jungle totale selon le souhait d’Anne Hidalgo (« ensauvager Paris » en 2014): chacun va dans son sens…l’inflation des incivilités va de pair avec celle des prix vus dans les magasins d’alimentation.

Se dégage un immense désenchantement sur fond d’un pays qui ne cesse de vieillir et de s’armer : les demandes de permis de chasse et de licence de tir explosent. Mais apparemment tout est calme, les masques reviennent (ainsi à Cancale) du fait même de la 8e vague, du monkey pox : au fait, la grippe comme chaque année sera là….

 

Jean Vinatier

Seriatim 2022

dimanche 3 juillet 2022

Paris jachère N°5879 16e année

 On a une idée de la démence d’une ville, autrefois capitale souveraine, à quelques signes. Ainsi pendant plusieurs jours, les feux de signalisation disparurent de la place de la Résistance (pont de l’Alma) sous les yeux des policiers en charge de la sécurité de la cathédrale russe dont pas un n’eut l’initiative de réguler la circulation. De même pas un ne bougea quand les trottinettes lancées à toute vitesse passèrent au feu rouge (rétabli) manquant de renverser cyclistes et passants….

L’autre signe est la désinvolture qui gangrène tout Paris à laquelle s’agrège la vulgarité pour ne pas dire l’insulte qui assaille le malheureux passant évitant à peine d’être renversé par un vélo, une trottinette : l’utilisateur (parfois à deux) oreillettes enfoncées, le mobile en usage (selfie ou autre) s’empourpre dès que son élan trouve une contrariété dans son monde de glisse, d’isolement, d’autisme. D’ailleurs les voies dites à « circulation douce » sont un concentré de tensions et de je-m’en-foutisme : moi-même cycliste passionné, je préfère la proximité de la voiture infiniment plus prudente tout simplement parce que le conducteur est responsable ce que le deux roues (vélo, vélo électrique, trottinette) n’est pas du tout : je fais ce que je veux, rien à cirer des autres, l’urbanité est pour les chiens…L’habitude prise de prendre les rues, avenues en sens contraire, certaines autorisées mais beaucoup pas, fait que désormais la circulation douce va et vient dans n’importe quel sens : les pistes cyclistes elles-mêmes en font les frais : beaucoup sont à sens unique, il n’est point rare de voir surgir vélo et trottinette, sans parler des bandes adolescentes qui monopolisent toute la piste sous les yeux passifs de la police (nationale, municipale)

L’autre signe également est l’appropriation de l’espace public par des particuliers pour assouvir leur zumba et autres gymnastiques sonores : les quais de Seine, les parcs et jardins de Paris ont font les frais. Il est à voir l’état lamentable du parc Monceau : bancs cassés, pelouses râpées avec des matinées aux musiques puissantes installées par les coachs…On est dans la plaine Monceau, le XVIIe chic et pourtant s’y développe le « moi d’abord »

S’ajoute bien évidemment le bruit ou l’agression sonore : le tam-tam ayant une capacité de nuisance démesurée via la Seine quand il ne pourrit pas tout un bois (Vincennes, Boulogne…etc) : là-aussi passivité de la mairie de Paris, de la préfecture.

On sait depuis Boileau que les embarras de Paris font partie de la vie quotidienne mais avec cette différence entre les bruits liés à un chantier, à un travail et ceux générés par l’égoïsme particulier. Le Paris jusque dans les années 50 était un Paris où les parisiens goutaient les chants qui ne sollicitaient ni micro ni ampli ne rendant pas les sons agressifs.

La mairie de Paris depuis Bertrand Delanoë n’a d’yeux que pour la nuit. J’ai connu les derniers temps de Paris la nuit, où la nuit appartenait aux promeneurs et "baguenaudeurs" : le silence, la merveille de la Seine une fois les bateaux-mouches au lit. Nuit rêvée pour les insomniaques et amateurs de furtives galipettes, il y avait ces moments merveilleux d’être dans un « monde » et d’autant plus que les transports en commun cessant tout fonctionnement, le parisien retrouvait sa ville, c’était ces heures remparts…Aujourd’hui, les errances, touristiques et  banlieusardes telles des sauterelles ont gommé ce Paris là qui ne reviendra plus…..

Il est de voir comment le parisien est passé pour la mairie de Paris au second plan : sont prioritaires les touristes, les étrangers, les multinationales. Pour un peu Anne Hidalgo ferait bien de l’anglais la langue vernaculaire administrative parisienne…L’idée des villes globales dans un monde globale trouve à Paris son laboratoire diabolique servi par une équipe municipale et aussi une sociologie applaudissant le monde connecté. Peu importe les salles de shoot, les chantiers, les laideurs et même les écologistes approuvant les arbres abattus, les parcs et jardins ensauvagés (d’ailleurs en Allemagne les Verts se taisent sur le charbon… !) entre  Tour Triangle et des idées débiles de forêts urbaines  le tout alimenté par la haine du quatre roues : David Belliard est plus dans un taxi que sur un vélo, Anne Hidalgo est plus dans sa tuture électrique et les avions (bonjour le CO2) : il est vrai que certains africains l’entourent d’une aura de génie et d’intelligence (sommet des maires francophones d’Abidjan)  alors même qu’elle affiche son incapacité à faire des phrases, visiblement sa mégalomanie éblouie le chaland ivoirien….

S’installe l’idée que Paris a été extrait de l’Histoire pour n’être plus qu’un espace ou lieu ou endroit au sein d’une géographie nationale qui est, reste encore hexagonale (temporaire ?). Paris n’est plus la ville politique puisqu’elle n’est plus capitale au sens où s’y tenait et s’exerçait la souveraineté, celle-ci déléguée à Bruxelles (Union européenne, OTAN) et aussi aux organisations internationales gouvernementales ou pas. La société parisienne est morte, s’installe et s’y déploient les « va-et-vient ». Autant Londres ou Rome garde son identité, autant Paris la défait avec la complicité de l’État. Ainsi, voir l’Élysée et l’Hôtel de ville, Emmanuel Macron et Anne Hidalgo, deux têtes d’un même corps, deux mégalomanes, se crêpant le chignon pour les Jeux Olympiques de 2024 tout en s’accordant sur le fond : il serait cynique de voir Paris mis sous tutelle par un État lui-même sous la "tutelle" d’autres….

Quand j’écrivais quelques lignes plus haut que Paris n’était plus politique et donc intellectuelle, j’entendais que depuis l’après-mai 68, les exécutifs successifs, par peur d’une secousse nouvelle, entreprirent le déplacement les universités et grandes écoles hors du centre de Paris : c’était la première étape de l’évidement parisien (en même temps que la fin des halles, ventre de la ville) L’intellect est en 2022 dispersé autour de la ville, son émiettement empêche toute coalition. La seconde étape a été avec la disparition progressive de la société issue de la guerre, l’évidence de l’attractivité américaine comme adhésion intellectuelle et économique et géopolitique sur fond d’hédonisme de société du spectacle (divertissement). La troisième étape a été et est ce qu’on appelle la construction européenne. La quatrième étape, est l’appel d’air lancé par la mairie de Paris avec la bénédiction étatique : « migrants du monde venez à Paris ». La cinquième étape dans laquelle nous sommes est cette illusion écologique telle que l’on nous l’expose et nous l’assène qui s’apparente plus à un rêve de bobo aseptisé imaginant la vache à l’étage et le blé sur le toit…De Paris, il ne reste que des parcs aux herbes rares, un bétonnage délirant dont les corollaires sont la saleté, l’insécurité quotidienne…. et le tout à l’avenant.

L’identité parisienne comme celle de l’État est en jachère : les aménagements des Champs-Élysées, du Champs-de-Mars/Trocadéro, des places sont dans cette ligne quand elles ne sont pas sous la houlette d’une multinationale (Champs-Élysées/LVMH) qui n’y voit que son intérêt publicitaire propre et l’impose autant à la mairie qu’à l’exécutif. Les Jeux Olympiques de 2024 devront être le point d’orgue ou le point culminant de la déconstruction de Paris. Paris sera dans Eurodisney, une attraction parmi d’autres, un divertissement plat…

L’arasement identitaire de Paris va de pair avec celui de l’Élysée (siège présidentiel), il fait place à la jachère, c’est un attelage dramatique mais souriant et hédoniste qui n’a plus que le pain, des jeux et des lois de surveillance liberticides

Jean Vinatier

Seriatim 2022

samedi 2 juillet 2022

La prévôté de Paris en tant qu’« acteur linguistique » au XIIIe siècle par Paul Videsott N°5879 16e année

 Conférence du 26 octobre 2021

« Paul Videsott, professeur de philologie romane à l’Université libre de Bolzano (Italie), invité par l’École sur proposition de Frédéric Duval, professeur de philologie romane, donne une conférence intitulée « La prévôté de Paris en tant qu’“acteur linguistique” au xiiie siècle ». Si l’importance institutionnelle de la prévôté de Paris est relativement bien documentée et a été analysée en profondeur dans une perspective historique, les études sur son rôle d’acteur linguistique à Paris (et en France) au xiiie siècle sont encore rares et très partielles. Cependant, la prévôté est – à côté de la chancellerie royale (et plus tôt que celle-ci) – la deuxième grande institution royale parisienne qui, par son utilisation du français, a fortement influencé l’aspect linguistique de ce qui deviendra un jour le français standard. » 

 

Jean Vinatier 

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vendredi 4 mars 2022

Paris sous Philippe le Bel , table ronde N°5820 16e année

Paris sous Philippe-le-Bel. Hommage à Aline Kiner, auteur de « La nuit des Béguines »

« L’École accueille une table ronde intitulée « Paris sous Philippe-le-Bel. Hommage à Aline Kiner, auteur de "La nuit des Béguines"», organisée par la Société des Amis du musée de Cluny. 

Avec Claude Gauvard, professeure émérite d’histoire du Moyen Âge à l’université de Paris 1, Yann Potin (prom. 2007), archiviste et historien, et Caroline Bourlet, ingénieur de recherche au CNRS, spécialiste de la population parisienne et des petits métiers à Paris au début du XIVe siècle. 

 Paru chez Liana Lievi, le roman d’Aline Kiner (disparue début 2019) «La nuit des Béguines» tresse les temps forts du règne de Philippe le Bel et les destins de personnages réels ou fictifs, entraînant le lecteur dans un Moyen Âge méconnu. Une fresque palpitante animée par ses héroïnes, solidaires, subversives et féministes avant l’heure. Les Amis du musée de Cluny ont souhaité lui rendre hommage au cours d’une table ronde où Claude Gauvard, Yann Potin et Caroline Bourlet évoqueront ce Paris sous Philippe le Bel qu’elle avait si bien compris et décrit ». 

Jean Vinatier 

Seriatim 2022

 

mardi 21 septembre 2021

Automne : les feuilles tombent N°5714 15e année

Le communiqué très tardif de Von der Leyen est une petite pièce qui s’ajoutera aux autres au fur et à mesure que la présidence française de l’Europe de janvier 2022 se rapprochera : mettre en scène, par exemple à travers un événement, l’image du protecteur et du discoureur sur la puissance…Le soutien de la Commission européenne s’inscrit dans cet ordre, ni plus, ni moins.

Emmanuel Macron est un contenu vide abondé par ses soutiens, notamment, financiers, à charge pour les collaborateurs de construire un récit, une narration par des « éléments de langage ». Ainsi vont, En même temps et En marche….

Evidemment, Emmanuel Macron savait l’échec du contrat français avec l’Australie. Il laisse pérorer et éructer Le Drian, se réservant le rendez-vous téléphonique d’ici quelques jours avec Joe Biden d’où ressurgira la « profondeur des liens transatlantiques » et tout le blabla : tout ce que voudra le successeur de François Hollande, c’est un « cadeau » qui puisse servir de base aux discours futurs. On en est là : le sous-sol ou descenseur pour l’échafaud n’est pas encore atteint !

Quelle importance qu’Emmanuel Macron soit un candidat tôt ou tard, cela n’a aucune incidence puisque l’on est dans le « en même temps » : le temps n’est plus lui-même acteur, une mesure mais une atmosphère, une ambiance, un récit, un sentiment, une émotion.

Ainsi ne ressent-on strictement rien quand Emmanuel Macron fait réception aux demandes des harkis (harki est une unité combattante et non un peuple) avec une loi et une enveloppe. Que les Harkis soient enfin traités dignement, rien à dire là-dessus. Mais l’on sait bien que le geste présidentiel se sert de cette cause pour poursuivre son chemin de jardinier arroseur de tous les corps français : hier les petits commerçants, les artisans, aujourd’hui d’autres. Le « d’autres » n’est pas péjoratif envers les Harkis qui, malgré leur douleur, n’entrèrent jamais dans des violences envers nous, le « d’autres » désigne les suivants. Anne Hidalgo avec son doublement des traitements des enseignants est sur le registre identique, les deux étant un corps à deux visages ou visage double….Et d’une façon plus générale, la pratique politique a banni l’alternative (projet politique) pour accéder aux visibilités médiatiques. Sur ce point la « candidature » d’Eric Zemmour est instructive…

21 septembre, fin de l’été, début de l’automne, les feuilles jaunissent avant de tomber, la chute encore comme je l’écrivais au sujet de « l’homme tombé », c’est-à-dire de sa perte libre, de son accélération vers la servitude qui l’écrasera, l’atomisera….

Dans cette logique, s’annonce, se prépare, la prolongation du passe sanitaire ce qui devrait poser un problème pour le Conseil Constitutionnel et le Conseil d’Etat qui ont donné un blanc-seing à la condition du temporaire. Mais qu’est-ce que le temporaire quand il n’y a plus de temps acteur ? Rien. La ruse étant de gérer le passe sanitaire localement comme si le virus et ses mutins variants distinguent Argenton-sur-Creuse du Creusot ! Le diable s’amuse du vice des uns et de la lâcheté des autres…

Il est à voir les personnes masquées dans les rues parisiennes, les jeunes surtout, la crainte s’effleurer un passant, les gens font des bons. J’étais hier dans un grand magasin près de la Madelaine : entre j’en foutisme (je passe la tête dans l’écran) et bond dès qu’un autre humain est trop près, les gens se séparent, s’éloignent. Quelque part, je crois que le masque plaît par son invisibilité à l’autre. Au fond le pouvoir qui dédaignait les masques (que nous n’avions plus), s’aperçut assez vite, dès les stocks reconstitués, que ceux-ci étaient de formidables accélérateurs de distanciation….

Je terminerai par la publication du plan de Paris qui interdira dès le printemps 2022, les voitures dans tout son centre nerveux donc historique si cher aux embarras narrés par La Bruyère. Après 1968, on déménagea les Halles (le ventre) puis l’on fit partir progressivement les universités et grandes écoles (le savoir), les sièges des entreprises (économie) avant que l’on restreigne le champ véhiculaire d’abord au nom de la pollution puis aujourd’hui, au nom de la sécurité (même les voitures électriques passent à la trappe), la fin de la voiture à Paris est la clé de voute, celle de la liberté à laquelle la voiture appartient et symbolise ce que sont infiniment moins les circulations douces (je suis cycliste), un ensauvagement (violence des pratiquants, indifférence, égoïsme du « moi »). A la voiture succèdent nous dit-on les transports en commun, absolument pas liés à la liberté mais à une facilité de mobilité conditionnée aux horaires et aux autorités qui gèrent les réseaux. Paris est évidée, les banlieues, elles, récupèrent tout ce que Paris repousse depuis 1968 et annonce que le Grand Paris réduira Paris au rang de village, d’enclos. De Paris cœur historique à Paris pour petits pas, jeux, kiosques à musique…

Voilà les feuilles tombent….

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021