Info

Nouvelle adresse Seriatim
http://www.seriatim.fr

vendredi 26 février 2010

Pays-Bas : grains de sable dans l’Union européenne ? –N°643- 3e année

La guerre en Afghanistan provoque la première crise politique sur le continent européen. La prolongation du mandat des 1800 soldats néerlandais demandée par l’OTAN a accéléré l’implosion du gouvernement. Samedi 20 février le ministre des Finances Wouter Boset annonce le retrait du Parti travailliste de la coalition gouvernementale ; le lendemain, le Premier ministre, Peter Balkenande, présentait la démission de son gouvernement à la Reine Béatrix.
Peu d’échos et de commentaires autour de ce fait néanmoins important. En France, par accord tacite, tous les partis et plus particulièrement le PS et l’UMP se taisent au maximum pour ne pas aborder ce sujet parmi les Français très majoritairement hostiles à ce conflit¹,
Ce motus vivendi autorise l’Elysée à envoyer des renforts : 400 gendarmes comptabilisés parmi les forces de police et non comme des militaires ainsi qu’une centaine d’hommes en support logistique –vague appellation-.
Les Pays-Bas en allant jusqu’au bout de la logique démocratique seraient-ils le pays empêcheur de tourner en rond ?
D’abord sur le plan militaire.
Le sous-titre du dernier ouvrage des auteurs Matthieu Anquez et Olivier Hubac L’Enjeu afghan, est « la défaite interdite »² : pourquoi pas la victoire impossible ? Dans les deux cas, nous sommes bel et bien dans une impasse. Les forces militaires otaniennes se convainquent de leur mission contre les « forces du mal » alors qu’elles sont pieds et mains liés par le gouvernement américain qui obsédé par la Chine veut y maintenir une armada importante au risque de rallumer d’ailleurs, à tout moment une confrontation indo-pakistanaise. Bref, plus le temps passe, plus les opinions publiques fustigent cette guerre dont les buts dépassent largement ce que les gouvernements font répéter aux médias pour la plupart dociles.
Dans ce climat, la chute d’un ministère néerlandais, dont le pays est depuis des lustres un allié fidèle de la politique américaine, fragilisera un peu plus la cohésion au sein de l’OTAN. Très récemment, le secrétaire d’Etat américain, Robert Gates, s’est exprimé avec une très grande violence contre les Européens incapables de fournir davantage de troupes. Or, que lui a-t-il été répondu ? En gros, les Européens ont rappelé leur indéfectible appui à Washington tout en soulignant leur incapacité à renforcer leurs contingents parce qu’ils avaient atteint leur maximum. Nous sommes très éloignés d’une quelconque critique ou d’un revirement politique de l’Union européenne. Nous avons sous nos yeux des gouvernements bien contrariés que les Etats-Unis doutent d’eux. Voilà, le triste fond du débat !
Ensuite sur le plan politique.
On comprend le peu d’attention accordée à la crise politique néerlandaise : trop de publicité obligerait les politiques des 27 à s’opposer à leurs concitoyens néerlandais. Cependant, les élections législatives anticipées, conséquence directe de l’implosion de la coalition, vont perturber la sérénité européenne en raison de l’audience croissante de l’extrême droite, sur fond de marasme social et économique qui nous concerne tous. L’Union européenne redoute infiniment plus les succès des extrêmes droites très nationalistes, que les partis d’extrême- gauches plus internationalistes. Or, c’est un secret de polichinelle, partout en Europe, les extrêmes droites fourbissent leurs armes. C’est peu dire que le scrutin législatif fera l’objet d’un examen à la loupe.
En toute logique, les pressions ont certainement été grandes sur les travaillistes néerlandais pour qu’ils ne quittent pas le gouvernement de Peter Balkenande. Les autorités politiques du royaume des Pays-Bas et la population se souviennent, comme les Français d’ailleurs, du peu de cas qui a été fait du référendum de 2005 ; elles estiment donc qu’elles courraient un risque majeur en maintenant cette coalition.
La crise sociale et économique s’ajoutant aux difficultés budgétaires des PIIGS, la guerre en Afghanistan ne serait-elle pas un facteur aggravant supplémentaire pour l’Union européenne ? A méditer…..


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources:

1-Pierre Jaxel-Truer :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/02/26/l-afghanistan-n-est-pas-un-sujet-de-polemique-en-france-pourquoi_1311694_823448.html

2-
http://www.andreversailleediteur.com/?livreid=761

http://www.rfi.fr/contenu/20100220-le-gouvernement-neerlandais-trebuche-lafghanistan

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

jeudi 25 février 2010

Tintamarre et nominations –N°642- 3e année

Les choix du Président de la République, le socialiste Didier Migaud pour la présidence de la Cour des Comptes et le mitterrandien Michel Charasse au Conseil Constitutionnel font couler beaucoup d’encre sans doute à tort.
Habitués que nous sommes à détecter chez Nicolas Sarkozy une savante stratégie de joueur d’échec ce qu’il n’est pas faute de patience et de calme, dés qu’il choisit untel et untel, nous oublions un peu vite quelques éléments.
D’abord en ce qui concerne la Cour des comptes : entre la nomination du comte de Barbé-Marbois (1807-1814-1815-1834) et celle de Didier Migaud, jamais aucun de ces présidents n’a infléchi la façon de gérer les finances publiques, ni n’a fait revenir l’Etat à de plus justes contrôles de l’usage des deniers publics. La Cour des comptes ne possédant pas d’autorité judiciaire, son rapport n’a d’autre portée que de faire connaître aux citoyens les bons et mauvais usages de nos impôts et taxes. Il serait donc très exagéré de déduire du choix de l’Elysée en faveur du président de la Commission des Finances une quelconque manœuvre. Si Nicolas Sarkozy pense avoir troublé le jeu politicien, affaibli l’opposition et démontré son ouverture d’esprit, il se surestime lui et tous les commentateurs. Evidemment, s’il avait nommé Bernard Tapie, il y aurait eu dispute : pensez-donc, Nanar de Cambon, quelle blague ! Depuis 1807, date de la recréation de la Cour des Comptes¹, tout Président est de facto neutre : à ce jour rien de nouveau sous le soleil…
Ensuite, le cas de Michel Charasse au Conseil Constitutionnel. Il est dit et redit que Nicolas Sarkozy fait entrer un copain au sein des Sages. C’est exact mais que dire de François Mitterrand nommant Roland Dumas à la présidence de ce Conseil ou bien encore Jacques Chirac avec Jean-Louis Debré ? Dans les deux cas précités, nous avons eu des choix politiques décidés par deux anciens Chefs d’Etat à la veille de quitter leurs fonctions et soucieux soit de protéger un ami (Dumas), soit de contrarier un rival aux portes du pouvoir. De toute manière les neuf Sages n’ont que pour seul travail : être les lecteurs attentifs de la Constitution de la Ve République, se montrer des juristes impartiaux. Michel Charasse s’il est par certains côtés un double de Nicolas Sarkozy : physique sans grâce, rancunier, vulgaire, hautain, il pourrait se révéler en raison de son caractère singulier, plus royaliste que le roi.
Conclusion : tout le bruit médiatique autour de ces deux hommes accrédite une habileté présidentielle qui n’existe pas mais tout ce tintamarre donne raison à l’Elysée : quel que soit l’os, vous aurez toujours trop de chiens à aboyer. Et Nicolas Sarkozy aime le bruit !


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Note:

1-Cour des comptes : les premières cours des comptes apparaissent à la fin du XIIe siècle. Elles reçoivent leur « statut » par l’ordonnance de Philippe V le Long en 1323. Par la suite, certaines cours des comptes seront rattachées à la Cour des Aides, d’autres seront des cours souveraines des comptes. Supprimées en 1791 par les Révolutionnaires qui redoutaient l’indépendance des magistrats d’avant 1789, Napoléon Ier "réinstalla" la Cour des comptes en 1807 en la confiant au comte de Barbé-Marbois, éminent diplomate, élève du comte de Vergennes et ancien consul aux Etats-Unis.
La cour des comptes tout comme le conseil d’Etat sont des institutions immémoriales.
Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 24 février 2010

Rwanda-RDC : plate-forme géostratégique –N°641-3e année

Après une journée passée au Gabon, où Nicolas Sarkozy négociera premièrement l’installation d’une base française qui remplacera celle établie au Sénégal et, deuxièmement demandera à l’opposition gabonaise de se comporter vis-à-vis du fils d’Omar Bongo sans nuire aux intérêts d’Areva et de Bolloré ; le Président de la République se rendra, ensuite, jeudi 25 février, au Rwanda.
Le Rwanda n’est plus depuis l’automne dernier un pays francophone, la langue de Molière a été expressément bannie de l’administration et des universités par l’actuel Président Paul Kagame au profit de l’anglais. Rien d’étonnant, ce pays ayant joint dans la foulée le Commonwealth.
Kigali regarde la France comme la grande responsable sinon la puissance complice passive du génocide perpétré par l’armée Hutu contre les Tutsi entre le 7 avril et le 4 juillet 1994. Le déplacement de Bernard Kouchner au Rwanda à la fin de 2009 et la visite présidentielle française de février 2010 pourraient clore une brouille de 15 années.
Pourquoi cette visite ? Nicolas Sarkozy à l’inverse de ses deux prédécesseurs, Jacques Chirac et François Mitterrand, est tout à fait étranger aux événements sanglants de l’année 1994. S’il n’a pu empêcher le Rwanda de quitter l’espace francophone pour le monde anglophone, il considère logiquement, la situation géographique de ce pays comme importante.
Le Rwanda deviendra cette année une plate-forme de services pour la région des Grands Lacs. Cette région comprend deux groupes de pays, le premier, en sus du Rwanda, le Burundi, la RDC (République Démocratique du Congo), l’Ouganda ; le second plus éloigné, composé du Kenya, de la Tanzanie, du Malawi, du Mozambique. Cet ensemble de 9 puissances comprend 7 lacs de tailles différentes : Albert, Edouard,, Kivu, Tanganyika, Kyoga, Victoria, Malawi.
Si l’on regarde bien la carte, on s’aperçoit que les 9 nations africaines précitées vont de l’Océan Atlantique (République Démocratique du Congo) à l’Océan Indien (Mozambique, Kenya).
Coupant l’Afrique, la région des Grands Lacs est d’une importance capitale : tout le réseau routier et ferroviaire n’est-il pas tourné vers l’océan Indien ?¹ Quoi d’étonnant à ce que la Chine, l’Inde, la Turquie investissent sans regarder à la dépense tandis que le Club de Londres, groupe informel de créanciers bancaires privés anglais, belges et français, essaie par tous les moyens de ralentir le poids des pays d’Asie en faisant pression sur Kinshasa.
Le Rwanda, s’il a une superficie moyenne, se trouve, en réalité, au centre de bien des intérêts : ne fait-il pas face au Kivu, la richissime province du Congo ? Comme l’a brillamment exposé
Cyril Musila² que l’un des enjeux de la région des Grands Lacs est de combler « le vide géopolitique » et de travailler à « la recherche du leadership régional ». Le Rwanda serait-il ce pays idéal : ni trop petit, ni trop grand, quasiment établi au centre d’interconnexions routières et ferroviaires ? Certainement ! Le travail de la diplomatie française s’apparente aux douze travaux d’Hercule. En plus de devoir renouer véritablement des liens cordiaux avec Kigali, Paris doit, également, veiller à ce que la République Démocratique du Congo ne quitte pas la sphère francophone. Or, le jeune président congolais, Joseph Kabila Kabange (né en 1971) successeur de son père, Laurent-Désiré Kabila assassiné en janvier 2001, songe sérieusement à rompre les liens avec l’espace francophone (n’impose-t-il pas l’anglais ?) et a signé d’importants contrats avec la Chine en échange de travaux publics colossaux !
Le déplacement français se fait comme d’habitude dans la précipitation : pour une fois, on ne tiendra pas rigueur à Nicolas Sarkozy d’agir aussi promptement quoique les défis à relever soient de taille pour que la France (elle « tient » encore Madagascar) garde une place économique dans cette partie du continent africain captée par la force de frappe financière et industrielle des puissances asiatiques.

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr


Cartes:


1-
http://www.grandslacs.net/doc/3325.pdf : Voir avec attention toutes les cartes de la page 17 à 26.

In Seriatim :
2-
http://www.seriatimonline.com/2009/01/cyril-musila-les-enjeux-autour-des.html

Sources :
http://www.afrik.com/article15463.html
http://www.france-turquoise.fr/voyage-sarkozy.html
http://www.grandslacs.net/doc/3325.pdf
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/conflit-grands-lacs/pillage-ressources-naturelles-rdc.shtml

http://www.diploweb.com/forum/afriquegrandslacs.htm
http://unesdoc.unesco.org/images/0005/000559/055961fo.pdf
http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?Region=GL&Service=FRE
http://www.inter-focus.com/uploads/file/Observatoire%20de%20la%20Reconstruction%20Grands%20Lacs-rd.pdf
http://www.syfia-grands-lacs.info/
http://www.linternationalmagazine.com/article2669.html (Turquie)http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/VDUX-7PKRYM?OpenDocument
http://actualite.portail.free.fr/monde/06-12-2009/le-rwanda-attend-des-explications-du-soudan-sur-le-darfour/
http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-12-16/sarkozy-enrole-les-pays-africains-du-bassin-du-congo-avant/917/0/405531


Rapport du Sénat:
http://www.senat.fr/ga/ga69/ga69.html


Bibliographie :
http://www.bnf.fr/pages/catalog/pdf/rwanda.pdf

http://www.afriqueavenir.org/


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 23 février 2010

William Ritchey Newton : Derrière la façade –Vivre au château de Versailles au XVIIIe siècle –N°640- 3e année

L’historien américain, William Ritchey Newton, est un homme austère, habillé de noir, vivant dans une charmante maison georgienne. Il est réputé pour sa méticulosité, son calme. Il manie sa plume comme un scalpel. En 2000, il avait publié chez Fayard, L’espace du Roi. La Cour de France au château de Versailles, 1682-1789 où il a réussi la gageure de reconstituer l’histoire des 226 appartements pendant la durée de la période royale : travail de bénédictin mené impeccablement au risque de susciter l’agacement de certains conservateurs affectés au château !
Après l’édition de
La Petite Cour : services et serviteurs à la Cour de Versailles chez Fayard en 2006, William Ritchey Newton a poursuivi son voyage introspectif dans l’intérieur versaillais en publiant chez Perrin en 2008, Derrière la façade –Vivre au château de Versailles au XVIIIe siècle. C’est un ouvrage dont chaque court chapitre (30 pages environ) va au cœur : Le logement, La « Bouche de la Cour », L’eau, Le feu, l’éclairage, Le nettoyage, Le blanchissage, Les arrière-pensées.
Pourquoi l’historien prend-il le seul XVIIIe siècle ? Tout simplement parce que Louis XIV a fait corps entre le château et sa façon d’être Roi à l’inverse de ses deux successeurs, Louis XV (1715-1774) et Louis XVI (1774-1789-1792) qui se sont démarqués par leur comportement respectif de l’exercice louis-quatorzien du pouvoir. Mal à l’aise avec le concept de monarchie absolue, les deux Rois tentèrent à leur manière de s’en éloigner. En cela, ils reflétaient l’interrogation de la société française qui n’eut de cesse tout au long des Lumières de proposer des pistes nouvelles afin de faire émerger à côté du Roi, un espace politique compatible avec la monarchie.
Versailles est d’abord un château royal avant d’être une ville au sein de laquelle ne surgit aucune cité administrative, mis à part les deux ministères construits pendant le gouvernement du duc de Choiseul. Versailles est un point majestueux mais isolé ce que les Parisiens ne reprochèrent point à Louis XIV tant que le Grand Dauphin, son fils, vécut (1661-1711) : ce dernier en se rendant régulièrement dans Paris, gardait le contact avec les Parisiens et jouissait –quoiqu’en dise le duc de Saint-simon –d’une popularité importante : le lien n’était pas rompu, il ne le sera définitivement qu’après le séjour parisien de Louis XV (1715-1722). Son fils, le Dauphin (1729-1765) ne se déplaça pas et la famille royale toute entière, hormis les Orléans et les princes de Conti qui résidaient dans le splendide palais dans l’enclos du Temple, ne se rendit dans Paris que le temps d’un opéra, d’une inauguration, d’une courte visite aux Invalides et lors des Lits de Justice. D’une manière générale les Rois se calfeutrèrent dans le château hormis de « courts voyages » dans des résidences de l’Île de France.
Newton place donc sa description de la vie au château pendant un laps de temps assez court : 67 ans qui couvrent des décennies d’un isolement progressif royal non seulement de la vue de ses sujets mais également des courtisans. En effet Louis XV se retire dans les petits appartements, Louis XVI désire vivre en famille, et ils déclinent autant qu’ils le peuvent les apparitions publiques ce qui va rendre le protocole de plus en plus inadapté et in fine démodé ! Les courtisans, eux-mêmes, se décourageront progressivement et n’iront plus à Versailles que contraints. Vivre dans le château n’est pas comme le laissent croire les films et les ouvrages « une vie de château ». Au fur et à mesure que les finances de la monarchie entreront dans une spirale infernale, les courtisans logés dans le château devront supporter de plus en plus de frais. Ils ne furent pas, hors quelques Grands, titulaires de charges, comme on le croit, nourris gratuitement par le Souverain.
Au fil des pages et des chapitres où les petites histoires abondent, nous vivons très bien le délitement lent, progressif de Versailles et par conséquent de la majesté royale, du régime monarchique. Tout se défait quoiqu’on essaie de tout réparer, de colmater les brèches. Les efforts des gouverneurs de Versailles et des surintendants des Bâtiments du Roi sont là mis en avant d’une manière juste et nouvelle.
Dés la fin du règne de Louis XV, plusieurs voyageurs remarquent le délabrement de la construction, le mauvais état des pièces. Le château de Versailles tenta bien de s’adapter aux Lumières en faisant entrer les nouvelles normes d’hygiène - construction de salles de bain, de cabinets de toilette mais ne put satisfaire à l’ensemble des logés des 226 appartements. C’est un moment assez redoutable pour un pouvoir de n’être plus en mesure de donner le ton, l’exemple.
Versailles est en modèle réduit la France que les Rois et leurs ministres ne purent métamorphoser jusqu’à ce que se produisent les événements que l’on sait.
L’ouvrage de William Ritchey Newton est donc riche d’enseignements et si nous nous portons jusqu’à notre temps, nous verrons qu’à bien des égards la période actuelle est aussi bancale et étouffante qu’il y a deux siècles.
Derrière la façade, la réalité!


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Source :

Ritchey Newton (William) : Derrière la façade- Vivre au château de Versailles au XVIIIe siècle, Paris, Perrin, 2008

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

lundi 22 février 2010

France “grande tension nerveuse”...-N°639- 3e année

Le médiateur de la République lui-même, Jean-Paul Delevoye, s’alarme lors d’une interview accordée au Monde de la situation de crise dans laquelle la France et les Français sont entrés. Par ses réponses, il participe pleinement à la question de l’identité nationale proposée par le gouvernement. Et d’ailleurs, Jean-Paul Delevoye n’aurait-il pas été l’homme idoine pour cette tâche ?
Oui la France est en crise. Oui les Français bouillent à l’intérieur d’eux-mêmes. Oui, les Français sont tiraillés entre être des citoyens ou n’être que des consommateurs. Oui entre le citoyen prêt à défendre par tous les moyens les libertés et le consommateur qui n’a que le bonheur à la bouche, il y a un gouffre qui s’entrouvre sous nos yeux
: « une société qui se fragmente, où le chacun pour soi remplace l’envie de vivre ensemble, où l’on devient consommateur de République plutôt que citoyen. Cette société est en outre en grande tension nerveuse comme si elle était fatiguée psychiquement»
Les Français feront-ils partie d’une société d’ici vingt ans ? Ou bien seront-ils classés dans des unités spécialisées ? Pourquoi croyez-vous que la question sur l’identité nationale a été posée ? Nous diviser davantage ou comment vivre ensemble ?
Climat social dégradé et apparente indifférence. Prenons le triste cas de France Télécom : les suicides continuent, 6 depuis le début de cette année: les syndicats réagissent-ils ? Les employés se mobilisent-ils ? Le PDG Didier Lombard s’efface lentement au profit de Stéphane Denis, de Christine Albanel, deux personnes qui devront comprendre que tout salarié à droit au respect, à son intégrité.
Le débat sur les retraites ? L’Elysée annonce que le Président Sarkozy se montrera souple et aussitôt, fait savoir qu’un projet de loi sera déposé à l’automne ; les syndicats, eux, préparent une journée d’action en mars et sans doute une seconde en octobre. Sur un sujet aussi capital, la chape de plomb est placée sur nos têtes : les jeux seraient-ils déjà faits ?
La classe moyenne craint le déclassement : si se hausser devient une gageure, c’est la peur de la descente brutale qui la hante.
On pourrait citer longuement tout ce qui nous assomme, nous étouffe (LOPPSI 2) et manquer de regarder qu’ici et là des femmes, des hommes se regroupent, forment des micro-sociétés établissent des solidarités, des projets en commun. Certains se protégent, d’autres rêvent : les utopies, le retour ? C’est en route, le chemin sera très long et pénible.
Face aux Français, le Système, le rouleau compresseur économico-financier qui broie tout sur son passage, entonne l’air de la mondialisation heureuse, ignorant les souffrances planétaires. En fait, les Français sont face à cette hydre comme ils l’ont été dans l’Histoire face aux tentations impériales temporelles et spirituelles. Ce qui les renfrogne c’est certainement de sentir qu’on les contraint à rentrer dans le rang, à n’être plus que des individus effacés parmi tous les autres, d’appartenir à un pays qui ne secouera plus le monde. Quoiqu’en disent les « intellectuels » et autres « autorités », il y a de la résistance. Elle est désordonnée, hésitante mais rien n’y fait, et dans l’immédiat, le Français courbe l’échine mais tôt ou tard, il ne se soumettra pas.
Oui, si la France est nerveuse, elle ne s’ennuie pas comme en 1968 : en 2010, elle est blessée, malmenée. La société française est fatiguée psychiquement mais prenez garde à ce que l’inconscient collectif ne vous surprenne pas.
La France qui deviendrait anonyme ne serait plus la France. Des Français qui s’abandonneraient, trahiraient leur identité. Ce sont là, semble-t-il, des points de non-retour devant lesquels le pouvoir -et peu importe qu’il se nomme UMP ou socialiste, c’est du pareil au même – sous l’influence de banquiers, de financiers, de « grands patrons » et d’entremetteurs, croit réduire à néant. N’a-t-il pas dénaturé la démocratie, « policiarisé » la vie des Français à rendre presque jaloux le parti communiste chinois et les extrémistes anglo-américains?N’œuvre-t-il pas pour nous défaire de tout référent collectif ?
Tous les citoyens doivent reprendre la main, se réapproprier le champ politique afin de générer un nouveau modèle social, le leur ! Tout citoyen est souverain.


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

vendredi 19 février 2010

Niger : entre putsch et uranium -N°638- 3e année

Le putsch mené par 3 colonels contre le Président Mamadou Tandja au pouvoir depuis 1999 ne surprend pas dans un pays à la recherche de la stabilité politique depuis son indépendance en 1960. Détail, les soldats nigériens ont un armement de plus en plus chinois et sont entraînés par les Américains !
Si l’on ajoute à ce fait, d’abord, les intenses rivalités internationales (France, Chine, Inde, Corée, USA) autour des richesses pétrolifères et de l’uranium nigérian
« Les besoins accrus en combustible nucléaire, ainsi que la perspective de l’épuisement de ses ressources dites « secondaires » (notamment l’uranium militaire reconverti), relancent l’exploration et l’extraction minière de l’uranium naturel. »¹ ; ensuite la rébellion des touaregs, peuple qui occupe presque la moitié du pays (voir carte dans les sources) et qui revendiquent une part accrue des revenus de leur sous-sol, vous aurez un cocktail détonant digne d’un James Bond.
Lors de sa dernière tournée africaine, les 26 et 27 mars 2009, Nicolas Sarkozy s’était arrêté à Niamey pour rappeler au Président Mamadou Tandja, toute la place qu’Areva devait conserver dans la production et l’exportation de l’uranium à Imouraren et Arlit. Un an plus tard, le Président est chassé du pouvoir. En 1974, une délégation conduite par Yves Guéna n’avait pu s’entendre avec le Président d’alors Diori Hamani sur le même sujet…quelques jours plus tard, il était renversé.
La France sait bien toute l’importance de l’ensemble saharien et ne se remet pas de son échec en 1960 de fonder un Etat, l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) qui aurait compris le nord Niger, le nord Mali et le sud Algérien ; au lieu de quoi, ce fut le Niger qui naquit.
L’homme politique nigérien Ibrahim Loutou, décédé en février 2009, avait répondu, lors de son passage à Paris en octobre 2007, aux questions des journalistes au CAPE et accordé une interview à
Solidarité & Progrès, reprise ensuite sur le site belge, Contreinfo.org et dont je vous propose la lecture. Son contenu retient l’attention.

« Ibrahim Loutou : « nous allons conquérir l’indépendance économique » -

Nouvelle Solidarité : Vous étiez présent à la conférence de presse donnée à Paris, le 1er octobre dernier, par deux ministres nigériens - le ministre de la Communication, M. Mohamed Ben Omar, et celui de la Culture, M. Oumarou Hadary - qui avaient fait le déplacement pour évoquer la nouvelle conception du Niger sur l’utilisation de ses matières premières, ainsi que le cas de Moussa Kaka, le journaliste de RFI arrêté par le gouvernement et soupçonné de collaboration avec les rebelles Touaregs actifs dans le nord de votre pays. Au cours de cette conférence de presse, vous êtes intervenu pour rappeler les points forts de l’histoire de la bataille menée par le Niger pour assumer sa souveraineté sur les vastes richesses minières du pays, et notamment sur l’uranium. Cette bataille l’a opposé directement à la France qui exerce un monopole sur l’exploitation de cette ressource depuis les années 60. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Ibrahim Loutou : Merci, je ne pense pas qu’on puisse parler de la fin de la lutte pour maîtriser nos ressources naturelles, il y a encore beaucoup à faire. Mais le récent accord entre le Président de la République du Niger et Areva a cassé une situation qui était là et marque le début du processus qui va nous amener à mieux contrôler nos matières premières. Malheureusement, à la date d’aujourd’hui, aucun pays africain n’est entièrement maître de ses matières premières. Chaque fois qu’ils ont voulu devenir maîtres de leurs ressources, des moyens ont été mis en œuvre par les puissances économiques et par les sociétés de ces Etats pour les mettre au pas, au besoin par la force. Les cas sont, malheureusement, très nombreux.

NS : Pouvez-vous évoquer pour nos lecteurs les termes et la portée de l’accord que le Niger vient de signer avec Areva ?

IL : L’accord a permis de revaloriser le prix de l’uranium qu’Areva enlève dans le quota du Niger, comme je l’expliquerai en détail plus loin. Jusqu’à présent, les accords signés entre les deux parties étaient des accords sur 3 ou 4 ans, au cours desquels le prix restait fixé à 21 000 francs CFA le kilo, c’est-à-dire une trentaine d’euro le kilo. Mais sur le marché spot le prix évolue ; il va et vient, descend et remonte, et à la date d’aujourd’hui, il est à plus de 150 euros. Donc, à la demande du Niger, il y a eu une correction qui nous a permis de doubler le prix. Au lieu de 21 000 francs CFA on en a obtenu 40 000, et ce, avec un effet rétroactif jusqu’au 1er janvier 2007, alors que l’accord a été fait en juillet 2007. Cela fait déjà une importante somme d’argent versée au Niger, qui sera très utile pour le développement d’un pays dont on connaît la situation. Partout on dit que nous sommes les derniers de la planète du point de vue du PNB. En plus, ces accords sont valables uniquement jusqu’en décembre, date à laquelle ils doivent être renouvelés. Je crois que notre pays s’assurera que les négociations seront conduites de façon à ce que chacun y trouve son compte. Une entreprise n’exploite pas ces produits pour nos beaux yeux, elle veut avoir des revenus et c’est légitime, mais il faut aussi que ceux qui sont là trouvent leur avantage. Une fois épuisée, une mine d’uranium est un trou qu’on va laisser. Comment expliquer à nos petits-enfants qu’il n’y a eu aucun développement autour. Ils vont nous dire que nous avons été bêtes, que nous avons laissé enlever l’uranium sans construire le pays avec cela. Nous attendons donc janvier 2008 pour renégocier l’accord et tout faire pour que notre pays puisse bénéficier davantage. Vous imaginez bien que si Areva a consenti à donner 40 000 francs CFA, c’est que les prix du marché sont beaucoup, beaucoup plus élevés.

NS : On a l’impression que la compétition à laquelle se livrent les puissances internationales sur les marchés des matières premières vous donne à vous, pays exportateurs, une liberté plus grande pour imposer de meilleures conditions.

IL : Oui, jusqu’à maintenant, pour l’exploitation des matières premières, il y avait des chasses gardées que les puissances respectaient entre elles, des territoires qu’on s’accordait mutuellement. Mais depuis peu, tout cela est cassé par l’avènement de la Chine sur la scène mondiale. La Chine vient chercher ses matières premières avec ses gros sabots, brisant tous les équilibres que les Occidentaux avaient créé pour se partager les richesses du monde. Et ceci nous donne un peu plus de souplesse pour trouver des partenaires. Même entre Occidentaux, le modus vivendi d’avant a été dépassé : les Américains et les Canadiens viennent eux aussi chercher les matières premières là où la France avait auparavant l’exclusivité.

NS : Pouvez-vous nous donner un sens de comment l’Afrique est divisée du point de vue des chasses gardées des uns et des autres ?

IL : Chacun agissait dans les pays qu’il avait colonisés, la France en Afrique occidentale française, dans les 8 pays de l’AOF et l’ancienne Afrique équatoriale française. Elle agit aussi un peu en Afrique du Nord, bien que là, elle ne peut pas être aussi puissante qu’elle l’est en Afrique de l’Ouest, étant donné que les Etats-Unis entendent faire le Grand Maghreb ou le Grand Moyen- Orient. Les chasses gardées des Anglais sont des pays comme le Nigeria, ceux de l’Afrique de l’Est, l’Ouganda et le Kenya. Les Américains ont, quant à eux, une autre méthode. Ils choisissent des intérêts précis et s’y mettent lourdement, quelle que soit l’ancienne appartenance de ce pays. Quand à la Chine, elle est partout.

NS : La Chine offre-t-elle de meilleures conditions aux pays africains que les anciennes puissances coloniales ?

IL : Il n’est pas question de meilleures conditions, un capitalisme est un capitalisme. Mais c’est nouveau, ça nous change, ça nous donne la possibilité de choisir.

NS : Ils sont peut-être plus orientés vers les projets physiques ?

IL : Ils ont toujours construit des projets. A Abuja, ils ont construit un stade, au Niger, un Palais des congrès. Mais maintenant, ils s’impliquent dans l’industrie et le commerce, et plus généralement, les secteurs économiques. On ne cherche plus seulement à se faire reconnaître par rapport à Taiwan, pour repousser les nationalistes.

NS : La Chine vous donne donc une plus grande liberté de manœuvre…

IL : Plus de choix surtout. Au début de l’exploitation d’uranium au Niger, dans les années 60, on avait un accord presque d’exclusivité avec la France, l’Espagne et le Japon, mais surtout la France. On nous avait expliqué que l’uranium est un produit stratégique et que la quantité exploitée doit rester secrète. Avec la compagnie qui s’appelait SOMAIR, la France enlevait l’uranium confidentiellement. Nous ne connaissions pas la quantité qui était exploitée, ni le prix, et à la fin de l’année, on nous donnait une somme forfaitaire d’un milliard de francs CFA, qui allait dans le Fonds national d’investissement. En 1974, le président Driori Hamani a tenté de changer cela, mais cela ne lui a pas porté bonheur. Il a été renversé avant d’avoir réussi. Un officier du nouveau gouvernement, qui était ministre des Mines et vice-président du Conseil militaire suprême, a tenté lui aussi de faire valoir que l’uranium était pour nous un produit marchand comme un autre. Il n’est pas radioactif quand nous le vendons. Ce sont des cailloux que nous vendons. C’est après, quand les Européens le traitent, qu’il devient dangereux. &ccdil;a ne lui a pas porté bonheur non plus. Celui qui a repris le flambeau de cette bataille a disparu très vite de la circulation et a même été assassiné. Après, il y a quand même eu une évolution. On n’enlevait plus sans nous dire combien et à quel prix. Une nouvelle politique a été mise au point avec un consortium, pour les actionnaires de la nouvelle société, la COMINAK. Plutôt que de faire comme une compagnie commerciale habituelle, où les dividendes sont partagés entre actionnaires à la fin de l’année, en fonction des bénéfices, le système consistait à enlever l’uranium. A la fin de l’année, chaque actionnaire enlevait une quantité spécifique correspondant au montant de sa participation. Mais le Niger n’avait pas le droit de vendre sa partie. Vous savez que même Bush nous a taxé d’Etat voyou, nous accusant d’avoir vendu du « yellow cake » à Saddam Hussein, ce qui était faux. Nous n’avions pas le droit de vendre notre uranium et c’était la France qui enlevait et commercialisait la part d’uranium correspondant à notre capital. C’est cette quantité - la part du Niger que la France enlève - dont le prix vient d’être revalorisé. Mieux, le Niger a demandé et obtenu de pouvoir vendre une partie de son uranium. Que la France enlève sa part, c’est normal, mais nous devons pouvoir vendre notre part au plus offrant et ça, nous l’avons obtenu et nous pensons que les choses iront mieux.

NS : En 1974, le président Driori Hamani avait essayé de connaître la quantité d’uranium enlevé et à quel prix, et vous avez rapporté que Paris avait immédiatement envoyé au Niger une délégation pour s’occuper de cela…

IL : On avait, en effet, commencé des négociations avec une délégation française conduite par M. Yves Guéna, mais celles-ci n’ont pas abouti. Yves Guéna était reparti en France disant qu’il reviendrait le 16 avril, et le 15 avril, dans la nuit, le président Driori Hamani était renversé par un coup d’Etat. Je ne fais pas de rapprochement, ce sont les faits, c’est l’histoire.

NS : Après, vous avez parlé d’une nouvelle tentative par le vice-président du Conseil militaire suprême.

IL : Cette fois c’est lui qui est venu négocier en France pour que le Niger puisse connaître la quantité qui était enlevée et son prix de vente, et pour savoir si une partie supplémentaire de la vente de l’uranium à son prix réel devait revenir au Niger, au-delà de ce qui avait été accordé au Fonds national d’investissement. On n’a pas été compris, malheureusement. A cette époque, la France avait proposé de doubler la somme d’argent donnée : 2 milliards au lieu d’un. Le commandant n’a pas voulu accepter et la délégation est repartie au Niger. Mais par la suite, il a eu des problèmes politiques. Il a été mis à l’écart, emprisonné et assassiné. C’était en 1975.

NS : Après, vous avez tenté d’obtenir une minorité de blocage de 33 %.

IL : Au moment de la création de la COMINAK, en effet, nous avons demandé à avoir une participation d’au moins 30 % de cette compagnie, et la COGEMA de l’époque nous avait fait savoir quel montant cette quantité d’actions faisait en francs CFA. Nous n’avions pas, évidemment, une telle quantité d’argent, mais nous avions demandé à obtenir cette participation en tant qu’apporteurs de la matière première. En concession nous avons reçu les 16 % que nous contrôlons actuellement à la COMINAK, mais sans obtenir le droit de vendre notre part.

NS : Pouvez-vous nous parler maintenant du journaliste de RFI qui a été arrêté, soupçonné de faire parti de la rébellion touarègue.

IL : Cette affaire est actuellement devant la justice, ce sont les juges qui décideront qui a raison et qui a tort. Le gouvernement dit qu’ils ont capté deux ou trois conversations de Moussa Kaka avec les rebelles, qui établissent qu’il n’est pas seulement correspondant de RFI mais qu’il est agent payé de la rébellion pour faire valoir leur cause. Dans l’une de ces communications il aurait réclamé de l’argent : « Ca fait longtemps que je travaille pour vous et vous n’avez encore rien payé ». Ils lui auraient répondu : « Ne t’inquiète pas, va chez un tel. Ton argent est déjà là-bas ». Dès ce moment, le Niger a considéré qu’il n’était plus un journaliste mais un employé, un ami de la rébellion. Tout cela reste à vérifier avec la justice. J’espère qu’il aura de bons avocats, mais personne ne peut empêcher un pays d’arrêter des gens dans une période de troubles comme celle-ci. Surtout que la région de la guerre s’est déplacée.

NS : Il paraît que cette rébellion s’étend sur toute la zone où il y a des régions minières et pétrolières.

IL : La rébellion sévit au Mali, dans le sud algérien, au Niger, au Tchad, au Soudan. Comme par hasard, ce sont ces régions où les pays occidentaux savent depuis longtemps qu’il y a beaucoup de pétrole et de richesse minières. Avant notre indépendance, la France avait déjà essayé de créer dans cette zone un Etat - l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS). Elle voulait découper le nord du Niger, le nord du Mali et le sud de l’Algérie pour faire un Etat englobant toutes ces richesses. A l’époque, la France faisait ses essais nucléaires à Reggane, en Algérie. Les gisements de Hassi Messaoud avaient été détectés, et ils avaient aussi les gisements d’uranium au Niger. Je ne dis pas qu’il y a un rapprochement entre tout cela et la rébellion aujourd’hui, mais c’est curieux que cela se recoupe pour d’autres raisons. Les Touaregs ne sont pas marginalisés. Les vrais Touaregs sont sédentarisés, instituteurs, ministres. Mais il y a une certaine campagne en Occident pour promouvoir les hommes bleus, les hommes nobles, qui ne sont pas aussi nobles qu’on veut le prétendre. Aujourd’hui la région touarègue est beaucoup plus scolarisée, par exemple, que la région de Maradi. Mais depuis Machiavel, tout cela est de bonne guerre.

NS : Vous aviez mentionné les revendications, un peu étonnantes, du MNJ.

IL : Le discours politique est le même pour tous les partis d’opposition, qui attaquent les insuffisances réelles du gouvernement en matière de scolarisation, de points d’eau, de routes… Puis vous avez toutes sortes de demandes du type « il faut nous donner des généraux de brigades, des colonels dans l’armée, des sous-officiers, des commandants de douanes, des officiers des eaux et forêts - en plein désert ! Mais s’ils n’ont pas été à l’école pour cela, à l’école de guerre ou à l’école militaire, il est impossible d’exercer ces positions. Vous ne pouvez pas venir du jour au lendemain en disant je suis chef de guerre dans le maquis, donc il faut qu’on me donne telle ou telle position.

NS : Avez-vous une idée de qui soutient les Touaregs ?

IL : Non.

NS : Le ministre parlait d’un journal qui soutient systématiquement les Touaregs mais il nous a laissés sur notre faim, sur son identité…

IL : Moi aussi, je vais vous laisser sur votre faim. Ce qui est clair, c’est que personne au Niger, Touarègue ou pas, ne peut soutenir seul une armée dans le désert, avec des armes sophistiquées, des véhicules 4/4. Puis nourrir les hommes, les loger, les payer.

NS : Et vos voisins du Nord ?

IL : C’est trop facile de voir la Libye ou l’Algérie derrière. Ce n’est pas non plus une question de mercenaires en tant que tels. Par exemple, Areva a commandé une douzaine de 4/4 tous neufs, qu’ils ont garés à Arlit. Comme par hasard, les rebelles les ont tous volés. Areva avait aussi donné une avance de plusieurs millions de francs CFA à ses gardes… Les rebelles sont partis avec les véhicules et avec cette avance. Ce n’est peut-être pas voulu, mais là, il y a un petit problème !

NS : Hugo Chavez, le Président du Venezuela, est allé en Algérie où la Russie et la Chine jouent désormais aussi un rôle très important. En Amérique latine aussi, Chavez, Kirchner, Correa, Morales, tous ces chefs d’Etat sont en train de faire comme vous : rétablir leur souveraineté sur leur matières premières, y a-t-il un lien ?

IL : Non, c’est une étape politique. A une époque, nous étions une colonie. On nous faisait faire ce qu’on voulait, on nous envoyait des administrateurs, des commandants qui géraient tout. A un moment donné, on a dit : c’est fini ! Et le droit de chaque peuple à l’autodétermination a été reconnu. Mais après, les économies ont continué à être soumises aux grandes puissances. Souvent, on vient avec des menaces, ou avec la corruption. De grandes compagnies comme Texaco, Exxon, Total, Elf, viennent exploiter les minerais parce que nous ne sommes pas capables de le faire. Jusqu’à aujourd’hui, nous ne savons pas où se trouve l’uranium ! Nous sommes arrivés à un stade où on se dit : ça suffit ! D’accord, vous êtes exploitant de la matière première, mais vous êtes un prestataire, vous n’avez pas la propriété de la matière. C’est une autre étape politique, aujourd’hui on va conquérir l’indépendance économique. L’Amérique latine a été dans le même cas que nous et on se suit. Il faut que l’Occident s’apprête à connaître des jours très difficiles pour ce qui concerne l’enrichissement facile.

NS : Une évolution que nous regardons avec intérêt est le retrait de la plupart des pays sud-américains du Fonds monétaire international et leur tentative de créer une banque, la Banque du Sud, qui utilisera les revenus des matières premières pour lancer de grands projets d’infrastructures utiles à toute la région.

IL : Le FMI, malheureusement, a donné des directives à nos pays pour des politiques qui ont été un échec, une catastrophe. Aujourd’hui on doit lui faire un procès, car c’est catastrophique. Il nous a mis dans des impasses, et si nos pays se trouvent là où ils sont, la responsabilité du Fonds monétaire international est grande. Il faut mettre fin à cette politique du FMI, selon laquelle le paiement des dettes est plus important que les projets, et où les dettes s’étirent à l’infini, nous faisant payer 400 dollars pour un pont qui en a coûté 10…

Christine Pierre »²

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Cartes :

Niger :

http://www.intute.ac.uk/worldguide/html/976_map.html

Touaregs :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Tuareg_area.png

Sources:

1-Anna Bednik :
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/06/BEDNIK/15976

2-
http://www.solidariteetprogres.org/sp_article.php3?id_article=3427&var_recherche=niger
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1375

Sites à consulter:

ASRP (African Security Research Project)
http://concernedafricascholars.org/african-security-research-project/

New Uranium Mining Project :
http://www.wise-uranium.org/upne.html


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

jeudi 18 février 2010

Dubaï : death squads non grata –N°637- 3e année

Le chef de la police de Dubaï, le général Dahi Khalfan, rapporte l’agence de presse israélienne francophone Guysen¹, a tenu des propos sévères suite à l’élimination d’un haut responsable du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh par une équipe du Mossad le 20 janvier dernier :
« S'il est avéré que le Mossad est derrière ce crime, ce qui est à présent très vraisemblable, Interpol devrait émettre une notice rouge pour le chef du Mossad car cela en ferait un meurtrier »
L’affaire Mahmoud al-Mabhouh fait des vagues en Israël et en Europe exceptée en France Pourquoi ? 11 des 12 membres du commando du Mossad étaient munis de faux passeports dupliquant ceux de personnes réelles à savoir, notamment, 6 Britanniques (également citoyens israéliens), 3 Irlandais, 1 Allemand et 1 Français. Deux officiers palestiniens seraient impliqués dans cette expédition……
Fait extraordinaire, personne ne s’offusque de l’assassinat (et dans le cas présent de la torture) de personnes d’une façon discrétionnaire et illégale.
Si les gouvernements concernés ont tous protesté de l’innocence de leurs ressortissants, la France garde, comme le souligne justement
l’ancien commissaire Georges Moreas, un silence complet ! Peut-être parce que le chef de ce commando aurait usurpé l’identité d’un de nos compatriotes un certain « Elvinger » ?²
Ce n’est pas la première fois que les services secrets israéliens prennent des identités mais jusqu’à présent, les gouvernements préféraient garder le silence. Cette fois-ci, un Etat arabe passe outre et le scandale éclate.
Le Premier ministre anglais, Gordon Brown³, ne voulant ni déplaire à Tel-Aviv, ni paraître hausser les épaules devant les Anglais, devient acrobate parce qu’il sait les liens très étroits du MI6 avec le Mossad. Soucis qui s’ajoutent à celui pour le gouvernement de Sa Majesté, déjà gêné par les mandats d’amener délivrés par des juges contre des dignitaires israéliens liés à la bataille de Gaza (Plomb durci)
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanhayou, s’efforce d’empêcher la formation d’une commission d’enquête alors que le Shin Bet, l’autre service secret du pays, ne se gêne pas pour dénoncer les agissements du Mossad !
Bref, d’une manière assez spectaculaire et audacieuse un Etat arabe qui entretient des relations commerciales avec Israël, ne veut plus d’escadrons de la mort (death squads) sur son territoire. Rappelons tout de même, que les pays européens ont accepté que la CIA procèdent à des détentions et dans certains cas à des tortures, d’individus sur leur sol…
D’une manière générale, on est écœuré que les Etats Américain Israélien et Européens se moquent éperdument des règles internationales et ne gênent absolument pas pour dénoncer les faux-pas de certains pays…..
Qu’aurait-on dit si le commando avait été d’une autre nationalité ?


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources :

1-
http://www.guysen.com/news_Dubai-appelle-a-l-arrestation-du-chef-du-Mossad-si-le-service-est-responsable_264432.html
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1150754.html

2-
http://moreas.blog.lemonde.fr/2010/02/18/les-tueurs-de-dubai-pieges-par-les-cameras-de-surveillance/

3-
http://www.guardian.co.uk/world/2010/feb/17/uk-israeli-ambassador-dubai-killing
http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/death-in-dubai-the-plot-thickens-1902987.html


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

« Le Parlement européen a t-il arrêté l’intégration UE-USA ? »-N°636- 3e année

Le 11 février le Parlement européen a rejeté à une large majorité (378 voix sur 605) le projet SWIFT en fait un programme de surveillance de la CIA.
Seul le PPE (dont est membre l’UMP) a voté pour. Ce vote est important : il oblige la Commission Barroso II et l’ensemble des gouvernements de l’Union européenne à reprendre les négociations. Bravo aux élus européens!
Le député européen luxembourgeois
Robert Goebbels justifie ce rejet : « L'accord SWIFT, sous sa forme actuelle, est très loin de trouver à la fois le juste équilibre entre le besoin de lutter contre le terrorisme international et la protection de droits fondamentaux. Il est inadmissible que des millions de données personnelles non-filtrées de personnes innocentes soient envoyées aux autorités américaines. Que ces données puissent, sous droit américain et à l'encontre du droit communautaire, être mémorisées jusqu'à 90 années, n'est pas acceptable",
Ci-dessous édité sur le site
www.Voltairenet.org, l’article de Jean-Claude Paye qui avait déjà alerté l’opinion publique en décembre 2009 sur le danger que constituait cet accord SWIFT.

« L’intégration de l’Union européenne, dans une entité politique transatlantique sous direction états-unienne, vient de connaître un premier revers et cela après une vingtaine d’années d’un mouvement univoque, pendant lesquelles s’est développé un processus de fusion politique.
Celui-ci s’est d’abord concrétisé au niveau de la coopération policière communautaire, organisée directement par le FBI depuis la fin des années 80. La deuxième étape de l’intégration a débuté par le contrôle états-unien de la coopération judiciaire. Les accords d’extradition signés entre les USA et l’Union européenne [
1] constituent une pièce maîtresse dans la constitution d’un « espace de liberté, de sécurité et de Justice » transatlantique [2]. Ce deuxième procès est sous tendu par une saisie de plus en plus importante des données relatives à la vie privée.
La capture des informations personnelles, justifiées au niveau pénal, est avant tout une accumulation économique primitive devant aboutir à l’installation de nouveaux rapports de propriété, consacrant la fin de la propriété de soi [
3]. La saisie des données privées résulte d’initiatives états-uniennes et se sont accompagnées de leur transfert massif vers les USA. Des accords signés entre le Conseil de l’Union européenne et les Etats-Unis ont légitimé une capture de fait, qui, dans un premier temps, s’est d’abord imposée comme un pur rapport de forces violant le droit européen [4].
En ces matières, le Parlement européen avait seulement une compétence d’avis. Cependant le Traité de Lisbonne a accordé à cette assemblée de nouvelles compétences en matière police-Justice. Le Parlement a étrenné ses nouveaux pouvoirs en refusant un projet d’accord de transfert des données financières des citoyens de l’Union vers les USA. Plusieurs accords « Swift », justifiant les saisies états-uniennes, avaient déjà été signés par le Conseil. Ce refus est donc une première. Ce faisant, il constitue une rupture dans la légitimation constante du rapport de domination exercé par les USA sur les populations européennes. Il ouvre ainsi une possibilité de coupure entre rapport de domination et hégémonie, entre pur rapport de forces et consentement.

Le Parlement européen refuse l’accord transitoire

Ainsi, malgré les pressions du Conseil européen, de la Commission et de nombreux Etats membres [
5], qui avaient multiplié les promesses tardives pour convaincre les députés, l’assemblée plénière du Parlement européen à Strasbourg a refusé, ce 11 février, de ratifier l’accord « Swift » signé par la Commission européenne avec les autorités états-uniennes [6]. Il s’agit là d’une réaction du Parlement face à une évolution structurelle des relations transatlantiques, qui donne à l’exécutif états-unien une souveraineté directe sur les populations européennes. Si la réaction des députés n’a pas les moyens de remettre en cause le rapport de domination qui préside à ces relations, il marque cependant un cran d’arrêt dans l’exercice de l’hégémonie états-unienne, dans le processus de reconnaissance par les Européens du droit que s’est donné Washington d’organiser leur existence.
Le texte soumis aux députés accordait aux services US le droit de capturer, sur le sol européen, les informations liées aux transactions financières transnationales des ressortissants des pays membres de l’UE. Par une large majorité, l’assemblée a ainsi suivi l’avis de la Commission des Libertés civiles et de la Justice qui, le 4 février, avait demandé à l’assemblée de rejeter l’accord avalisé le 30 novembre 2009 par le Conseil des ministres de l’Intérieur de l’UE [
7].
Cet accord permettait aux autorités états-uniennes de se saisir, sur les serveurs de la société Swift placés sur le sol de l’ancien continent, des données financières des citoyens européens. Selon la Commission des Libertés du Parlement, le texte n’offre pas suffisamment de garanties pour la protection de ces informations personnelles transmises à l’administration US. De plus, elle s’était insurgée contre le caractère unilatéral du texte, puisque les Etats-uniens sont les seuls à exploiter ces informations. Les enquêteurs européens n’ont, quant à eux, pas accès aux données US placées sur le serveur situé aux USA.

Un point d’arrêt à l’hégémonie états-unienne ?

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Swift, société américaine de droit belge a transmis clandestinement, au département du Trésor US, des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients. Malgré la violation flagrante des droits, européen et belge, de protection des données personnelles, ce transfert n’a jamais été remis en cause. Au contraire, l’UE et les USA ont signé plusieurs accords destinés à légitimer cette capture. C’est le dernier de ceux-ci que vient de refuser le Parlement. Cet accord fait suite à une réorganisation du système Swift afin que les données inter-européennes ne quittent plus le sol de l’ancien continent, au lieu d’être envoyées sur un second serveur aux Etats-Unis. Ce changement impliquait que les autorités états-uniennes aient accès directement aux données placées sur les serveurs européens. Ce qui implique la reconnaissance d’un transfert de souveraineté à l’exécutif états-unien.
L’opposition du Parlement à ce transfert unilatéral des données financières des Européens constitue un cran d’arrêt dans le processus de reconnaissance de l’hégémonie US sur les citoyens de l’ancien continent. Cependant, le rapport de domination états-unien reste intact, puisque les Américains n’ont jamais cessé d’avoir accès aux données européennes, même lorsque la violation du droit de l’Union avait été révélée et qu’aucun accord légitimant la capture des informations n’avait encore été signé. C’est encore le cas actuellement. Le nouveau serveur placé sur le sol européen est opérationnel depuis fin 2009 et les autorités états-uniennes y ont directement accès en justifiant leur action par l’urgence de la lutte antiterroriste. On peut supposer que cette situation de fait ne sera pas modifiée par le vote du Parlement européen.
Les conséquences de la réaction du Parlement européen doivent être lues sur un autre plan, celui de l’évolution de l’ensemble des relations USA-UE et notamment du projet de création d’un grand marché transatlantique, véritable acte d’intégration de l’Union européenne dans une structure politique impériale organisée par Washington. Dans ce projet, il est notamment prévu la création d’une assemblée transatlantique destinée à légitimer l’action en cours. A la lumière de la dernière réaction du Parlement, ce dernier objectif pourrait bien ne pas être le long fleuve tranquille espéré tant par les autorités états-uniennes que par la Commission et le Conseil de l’UE.

Jean-Claude Paye¹
Sociologue. Derniers ouvrages publiés :
La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007

Notes:
[
1] « Europe-Etats-Unis : un rapport impérial », par Jean-Claude Paye, Le Monde, le 24 février 2004, in Réseau Voltaire, le 25 février 2004.
[
2] « Un nouvel ordre politique : Le futur grand marché transatlantique », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, le 4 février 2009
[
3] Ibidem.
[
4] « L’Empire transatlantique en construction. Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien » et « Affaire Swift : Un nouvel abandon de la souveraineté européenne », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 28 avril 2008 et 14 décembre 2009
[
5] « Nous sommes déçus de ce revers dans la coopération antiterroriste avec l’UE », Interview de William Kennard, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, Le Monde, le 13 février 2010.
[
6] Pour le détail complet du débat, consulter le site du Parlement européen. « Accord UE/États-Unis d’Amérique sur le traitement et le transfert de données de messagerie financière de l’UE aux États-Unis aux fins du programme de surveillance du financement du terrorisme ». Texte déposé : A7-0013/2010. Débats : PV 10/02/2010 - 13 et CRE 10/02/2010 - 13. Votes : PV 11/02/2010 - 6.4 et CRE 11/02/2010 - 6.4. Texte adopté : P7_TA(2010)0029.
[
7] « Swift : le Parlement européen irrite Washington », Le Soir, le 4 février 2010 »

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources:

1-
http://www.voltairenet.org/article164133.html

http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2010/02/pe-swift-fiscalite-scanners/index.html

http://www.cnil.fr/nc/es/la-cnil/actu-cnil/article/article/85/swift-nouvelle-donneapres-le-rejet-de-laccord-par-le-parlement-europeen/

Blog du député Robert Goebbels :
http://www.eurosocialistes.lu/

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/12/jean-claude-paye-affaire-swift-un.html


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 17 février 2010

Adieux de Fontainebleau chez les démocrates ? –N°635- 3e année

Le président Barack Obama ne paraissait guère réjoui récemment en appuyant sur le bouton réactivant une centrale nucléaire civile. Il faut bien noter que le parti démocrate ne lui épargne quasiment rien. D’abord au début de février, la mort du Représentant ou Député de Pennsylvanie John Murtha qui implique une élection partielle à haut risque au mois de mai ; ensuite, l’annonce « groupée » de trois sénateurs, Robert Byrd, 92 ans (Virginie-Occidentale), Franck Lautenberg, 86 ans (New Jersey), Arlen Specter, 80 ans (Pennsylvanie qui fut Républicain), de renoncer à un nouveau mandat lors des élections de la mi-novembre prochain.
Les médias français ne répercutant quasiment rien de la vie intérieure des Etats-Unis sauf pour nous parler en long et en large des malheurs conjugaux de Tigger Woods, de Brad Pitt et d’Angelina Jolie ; on a l’air toujours alarmiste et faux quand on répète craindre de grands maux américains.
Pourtant, la fragilité de l’actuelle présidence est inquiétante. Mais qui est donc Barack Obama ? A cette question,
Philippe Grasset deDefensa.org, répond par « l’énigme était vide ». Sans aller jusque là, ce Président semble tétanisé comme effondré par le désespoir de voir partir en fumée la réforme de santé. Il suit en tous points la politique étrangère belliciste de son prédécesseur : les bruits de bottes raisonnent terriblement. Au lieu de prendre à témoin le peuple américain, il manœuvre et oscille. Hanté par la crainte d’une présidence néfaste à la grandeur de son pays, n’ose-t-il plus agir et apparaît-il comme une marionnette agitée par ses conseillers. Quand bien même serait-il prisonnier de clans, pourquoi ne procéderait-il à la manière de Dwight Eisenhower qui alerta, en janvier 1961, officiellement du danger de l’hydre du CMI (Complexe-militaro-industriel) ?
Les départs des sénateurs Byrd, Specter, Lautenberg nés en 1918, 1924, 1930, dont le long parcours politique témoigne sans peine du vécu de toutes les crises et conflits du XXe siècle signifient-ils que quelque chose de tragique est en cours aux Etats-Unis ? Si les événements du siècle passé n’ont pas affaibli le mythe américain, peut-être que ceux du XXIe siècle ne donnent pas d’espoir aux jeunes générations : le rêve américain cesserait-il ?
Barack Obama serait-il dans le même abattement que ces trois sénateurs ? L’émergence du Tea party avec ses cris de révolte et son grand désordre, sans véritables chefs mais auxquels adhèrent les classes populaire et moyenne, serait-il le prélude à des craquements intérieurs ?
En tout cas, jamais on a vu, un sentiment aussi défaitiste au sein d’un parti dont le chef exerce la magistrature suprême depuis plus d’un an !
Les Républicains s’engouffrent dans ce qu’ils croient être une voie romaine mais, ils feraient bien de rester prudents, de cesser de jouer les boutefeux. Si par malheur, il y avait un « doomsday » il le serait pour tout le monde.


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 16 février 2010

Garde à vue pyjama –N°634 –3e année

A raison, les Français se sont indignés d’apprendre qu’une jeune fille de 14 ans, pour des faits mineurs (une bagarre d’école) ait été emmenée dés potron-minet au poste de police en pyjama, menottée.
Les députes protestent également suivant sur ce point les magistrats, tandis que les syndicats policiers hurlent à l’hypocrisie et jurent la main sur le cœur qu’ils ne font qu’appliquer les textes votés par le Parlement. Le gouvernement embarrassé aux entournures laisse la Garde des Sceaux et ex-ministre de l’Intérieur suggérer une nouvelle formule de garde à vue. De son côté, Brice Hortefeux qui venait tout juste de se flatter de constater, en 2009, une hausse de 51% des gardes à vue assure que désormais elles ne figurent plus dans les statistiques et délègue à un de ses collaborateurs le soin de recevoir derechef les syndicats policiers.
Bienvenue dans l’usine à gaz législative ! Si, comme l’expose avec netteté Serge Portelli, président de la 12e chambre correctionnelle à Paris dans son dernier essai,
Le sarkozysme sans Sarkozy (j’en ferai la recension prochainement), le nombre de gardes à vue (GAV) augmente sans discontinuer depuis 2002, il est vrai que toutes les lois répressives votées depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, au nom de la sécurité et pour complaire à un électorat, âgé et aisé, ne pouvaient que déboucher sur une sévérité accrue.
Les policiers n’ont pas tort de dire qu’ils ne font qu’appliquer les textes législatifs ; ils ont raison de rappeler que leur hiérarchie leur impose la pratique des quotas, du rendement. Le nombre de délits pouvant entraîner une peine de prison et qui impliquent la banalisation de la garde à vue ayant augmenté en flèche, pourquoi s’étonner de ce qui arrive ? Nicolas Sarkozy et Rachida Dati ont mis en place une police d’interpellation, elle interpelle donc sans se soucier des dommages collatéraux ! La police pourrait tout de même se rappeler qu’elle est d’abord au service des citoyens avant d’être aux ordres de l’exécutif.
Ces mêmes députés protestataires qui voici trois ans applaudissaient à tout rompre toutes les lois de sévérité ne peuvent susciter que dédain : pourquoi n’assument-ils pas les conséquences de leurs votes ? Sont-ce les Français qui les rabrouent dans leurs circonscriptions qui les font blêmir ? Certains élus UMP veulent que très vite le gouvernement légifère sur la garde à vue…pour que la France ne soit plus condamnée pour la Cour européenne : c’est tout !
Les Français se choquent de noter cette violence policière, cette dureté judiciaire : mais n’ont-il pas voté pour qu’elle grandisse tant ils tiennent au cocon sécuritaire ? Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, ne faisait guère mystère de ses projets pendant la campagne présidentielle : il allait être le Président Père Fouettard. Chose promise, chose faite !
Aujourd’hui, Français regardez-vous ! Assumez ce que vous avez cautionné ! Souvenez-vous qu’en moins de trois ans, le nouveau Président a initié 12 fichiers supplémentaires, rempli les prisons, étendu les peines jusqu’aux pré-adolescents le tout sur fond d’une remise en selle d’une certaine forme de l’eugénisme.

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

lundi 15 février 2010

Afghanistan : zone tampon sino-américaine –N°633- 3e année

Afghanistan : quinze mille otaniens et américains poursuivent les talibans qui se sont quasiment évanouis dans un pays sans secret pour eux !
Pourquoi ces soldats et ces mercenaires se battent-ils ? Début février à Munich, le secrétaire général de l’OTAN, Fogh Rasmussen, a dit que l’Afghanistan n’était pas une île. Autrement exprimé, la solution pour que la paix revienne serait que toutes les puissances régionales s’accordent à soutenir le régime installé à Kaboul. Les Etats-Unis martèlent qu’ils tiennent à laisser en juillet 2011, l’Afghanistan assagi, pacifié. Le ministre chinois des Affaires Etrangères, Yang Jiechi, a soutenu, lors de la conférence de Londres fin janvier, à quel point la Chine tenait à ce que la concorde revienne.
Bref, tout le monde n’a que l’irénisme en tête !
En réalité, l’Afghanistan n’est pas une cause mais un prétexte. Tous les esprits avisés savent que la présence euro-américaine n’a pas tant pour but final d’éradiquer les talibans, un moment, financés par la CIA, mais de se placer en Asie centrale et, entre autre chose, de fixer la Chine. Pour rester, comme dirait Monsieur de La Palice, ne faut-il pas justifier sa présence ? N’est-il pas de meilleure manière que de se proclamer en guerre contre une force X (taliban) de confession lambda (musulmane) et la mystérieuse Al-Qaida ? On me répondra, le Président Obama a promis que les marines quitteraient le sol afghan au début du second semestre de l’année 2011. Si ses soldats se retirent comme ils ont quitté la Mésopotamie (l’Irak) c’est-à-dire qu’ils se sont retranchés dans des villes-camps, verrons-nous un changement, les populations souffriront-elles moins et la paix civile s’imposera-t-elle?Depuis leur « départ » combien d’attentats et de victimes civiles ?
De son côté, la Chine redoute naturellement une instabilité et une insécurité afghanes tant pour des raisons religieuses que politiques : elle à l’œil fixé sur le Tibet et le Xinjiang(sunnites ouighours). On la croit sincère quand elle plaide véritablement en faveur d’une fin des hostilités. Elle a tout à gagner à une fin de guerre rapide, son intérêt est de poursuivre son chemin.
Du côté Américain, ne trouve-t-on pas opportun de maintenir un climat d’insécurité, donc de légitimer une présence armée? Si le Président Obama tient sa promesse, croit-on sincèrement, que les cerfs-volants de Kaboul ne pâtiront plus des roquettes et des drones ? Au contraire, en annonçant un retrait n’escompte-t-il pas une hostilité permanente des talibans et des chefs de guerre contre le Président Karzaï ? Oui mais, me rétorquera-t-on, lors de la réunion internationale tenue à Londres voici quelques jours, les Anglais n’ont-ils pas suggéré de créer un fonds monétaire spécial pour récompenser les talibans qui quitteraient le camp de la rébellion ?C’est une initiative déjà repoussée par la majorité écrasante des combattants afghans.
Le Pentagone, les lobbies regardent en direction de Pékin : l’Afghanistan n’a-t-il pas un corridor allant jusqu’à la frontière chinoise ? Le soutien affiché de l’ancien vice-président républicain, Dick Cheyney au successeur de Georges Bush peut-il nous rassurer ?
Evidemment, par delà la Chine, l’Asie centrale concentre tous les enjeux, toutes les combinaisons : n’est-elle pas le poumon planétaire ? Le maillage énergétique en cours est impressionnant. Le monde Atlantique (Etats-Unis/Europe) essaie bien de se faire une place dans tous les Etats de cette Asie centrale alors qu’ils se heurtent de plus en plus fortement à la Russie, à la Chine, à l’Iran, à l’Inde et même tout au bout à la Turquie. Doutons-nous que Moscou et New Delhi soutiennent le discours chinois sur l’Afghanistan ?
La bataille afghane prend tout son sens si l’on écarte la propagande. Ne nous trompons pas, la majeure partie des discours entonnés contre le terrorisme ne forment qu’un arbre qui masque la forêt : nous sommes bel et bien au cœur d’une bataille décisive mais pour qui ? Pour qui tombent les soldats français ? Pour nous sauver des « forces obscures » ? Ou pour des intérêts mercantiles, financiers de multinationales, de géants bancaires, de hedge funds, d’une puissance étatique…etc ? L’Afghanistan n’est-il pas le seul pays d’Asie (exception faite des bases US au Japon, Corée du Sud et dans les Philippines ) où les USA peuvent, au nom d’une lutte acharnée contre le Mal, rester au cœur de ce continent ?
Les otaniens (européens) ont-ils les mêmes motivations que les Etats-Unis ? L’intérêt de l’Europe est-il véritablement de se lier à Washington alors que des alliances naturelles avec des pays asiatiques dont la Russie devraient nous conduire vers d’autres raisonnements ?


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

dimanche 14 février 2010

Val d’Aoste : A la tête d’Alpes-Méditerranée - N°632- 3e année

Les 22 & 23 janvier 2010, la région autonome du Val d’Aoste (126 000 habitants) a inauguré dans un fort bel immeuble sa représentation touristique à Paris au 3 rue des Deux boules. Le Président de la région valdotaine, Augusto Rollandin, ainsi qu’une partie de son gouvernement avaient fait le déplacement marquant de cette façon l’importance de la France pour mieux la faire connaître en Europe. Détail qui compte, la présence de Jean-Robert Reznik, à la forte renommée dans le secteur touristique et à la tête du fonds d’investissement Nirvana (200 millions d’euros) soulignait que la région du Val d’Aoste retenait l’attention des investisseurs pour promouvoir un tourisme plutôt haut de gamme.
Au-delà de la mise en avant des
« affinités historiques et culturelles » avec le monde francophone, Aoste préside pour six mois l’eurorégion Alpes Méditerranée instituée en 2006 et officialisée en 2007 dans sa capitale éponyme ; elle regroupe 5 régions outre Aoste, le Piémont, la Ligurie, PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et Rhône-Alpes. Rappelons que cette eurorégion est la quatrième de l’Union créée après celle de Meuse-Rhin (1976), des Carpates (1993-1997-1999) et Pyrénées-Méditerranée en 2004.
La présidence valdôtaine à la tête d’un ensemble de 17 millions d’habitants, pendant six mois, représente une opportunité pour son gouvernement désireux de développer d’une part l’éco-tourisme en séduisant les adeptes d’activités sportives (Courmayeur, Pré Saint-Didier, Mont-Blanc) en préservant son environnement réellement majestueux au pied des Alpes et au sud de la Suisse via le Valais, par la mise en valeur de son riche patrimoine, de ses vins et d’autre part de se consacrer à l’éducation et à la formation.
Les Italiens sont passés maître dans l’art de préserver leur habitat, de recevoir les visiteurs sans que ceux-ci ne les forcent à changer ni leurs habitudes, ni à modifier les parcours des villes. Dés lors, est-il surprenant que la région du Val d’Aoste inaugure une nouvelle phase dans le repositionnement du tourisme ? Le « tourisme de masse », si malheureusement encouragé, par exemple, par le maire de Paris, ne laisserait-il pas la place, petit à petit, à un tourisme plus exigeant et plus respectueux des pays et contrées visités, parcourus ? La vallée d’Aoste accueille déjà 2 millions de visiteurs par an : c’est beaucoup et pour le président Augusto Rollandin, ce chiffre constitue sans doute, un quasi maximum au-delà duquel, l’équilibre environnemental valdôtain serait compromis.
C’est là que l’intérêt de l’eurorégion Alpes Méditerranée entre en jeu : Lyon, Marseille, Gênes, Turin sont des villes métropolitaines. Les Alpes et la Méditerranée à l’exemple de l’eurorégion Pyrénées-Méditerranée, forment un ensemble parfaitement équilibré alliant, outre une vie historique ancienne, une puissance économique et financière, des universités dotées de pôles de recherche, à l’attractivité touristique pour un ensemble géographique de toute beauté dont le Val d’Aoste serait en quelque sorte, la perle.
Le Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) confère depuis 2007 à cette eurorégion une existence juridique indispensable pour mener à bien les cinq thématiques retenues et relayées par des émissions diffusées sur le réseau franco-italien TV8 Mont-Blanc :
Accessibilité et transports (Région Piémont), Innovation et recherche (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Environnement, prévention des risques et développement durable (Rhône-Alpes), Culture et tourisme (Ligurie) Education et formation Région (Vallée d’Aoste)
Ainsi, l’inauguration de la Maison du Val d’Aoste à Paris à la fin de janvier dépasse-t-elle le simple événement ; elle augure des projets ambitieux qui en feront un lieu d’accueil et de projets innovants et constitue, enfin, qu’une antenne touristique ne se résumera plus à la seule remise d’un dépliant.


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources :

http://www.euroregion-alpes-mediterranee.eu/
http://www.regione.vda.it/default_f.asp
http://www.regione.vda.it/default_i.asp


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen