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vendredi 26 février 2010

Pays-Bas : grains de sable dans l’Union européenne ? –N°643- 3e année

La guerre en Afghanistan provoque la première crise politique sur le continent européen. La prolongation du mandat des 1800 soldats néerlandais demandée par l’OTAN a accéléré l’implosion du gouvernement. Samedi 20 février le ministre des Finances Wouter Boset annonce le retrait du Parti travailliste de la coalition gouvernementale ; le lendemain, le Premier ministre, Peter Balkenande, présentait la démission de son gouvernement à la Reine Béatrix.
Peu d’échos et de commentaires autour de ce fait néanmoins important. En France, par accord tacite, tous les partis et plus particulièrement le PS et l’UMP se taisent au maximum pour ne pas aborder ce sujet parmi les Français très majoritairement hostiles à ce conflit¹,
Ce motus vivendi autorise l’Elysée à envoyer des renforts : 400 gendarmes comptabilisés parmi les forces de police et non comme des militaires ainsi qu’une centaine d’hommes en support logistique –vague appellation-.
Les Pays-Bas en allant jusqu’au bout de la logique démocratique seraient-ils le pays empêcheur de tourner en rond ?
D’abord sur le plan militaire.
Le sous-titre du dernier ouvrage des auteurs Matthieu Anquez et Olivier Hubac L’Enjeu afghan, est « la défaite interdite »² : pourquoi pas la victoire impossible ? Dans les deux cas, nous sommes bel et bien dans une impasse. Les forces militaires otaniennes se convainquent de leur mission contre les « forces du mal » alors qu’elles sont pieds et mains liés par le gouvernement américain qui obsédé par la Chine veut y maintenir une armada importante au risque de rallumer d’ailleurs, à tout moment une confrontation indo-pakistanaise. Bref, plus le temps passe, plus les opinions publiques fustigent cette guerre dont les buts dépassent largement ce que les gouvernements font répéter aux médias pour la plupart dociles.
Dans ce climat, la chute d’un ministère néerlandais, dont le pays est depuis des lustres un allié fidèle de la politique américaine, fragilisera un peu plus la cohésion au sein de l’OTAN. Très récemment, le secrétaire d’Etat américain, Robert Gates, s’est exprimé avec une très grande violence contre les Européens incapables de fournir davantage de troupes. Or, que lui a-t-il été répondu ? En gros, les Européens ont rappelé leur indéfectible appui à Washington tout en soulignant leur incapacité à renforcer leurs contingents parce qu’ils avaient atteint leur maximum. Nous sommes très éloignés d’une quelconque critique ou d’un revirement politique de l’Union européenne. Nous avons sous nos yeux des gouvernements bien contrariés que les Etats-Unis doutent d’eux. Voilà, le triste fond du débat !
Ensuite sur le plan politique.
On comprend le peu d’attention accordée à la crise politique néerlandaise : trop de publicité obligerait les politiques des 27 à s’opposer à leurs concitoyens néerlandais. Cependant, les élections législatives anticipées, conséquence directe de l’implosion de la coalition, vont perturber la sérénité européenne en raison de l’audience croissante de l’extrême droite, sur fond de marasme social et économique qui nous concerne tous. L’Union européenne redoute infiniment plus les succès des extrêmes droites très nationalistes, que les partis d’extrême- gauches plus internationalistes. Or, c’est un secret de polichinelle, partout en Europe, les extrêmes droites fourbissent leurs armes. C’est peu dire que le scrutin législatif fera l’objet d’un examen à la loupe.
En toute logique, les pressions ont certainement été grandes sur les travaillistes néerlandais pour qu’ils ne quittent pas le gouvernement de Peter Balkenande. Les autorités politiques du royaume des Pays-Bas et la population se souviennent, comme les Français d’ailleurs, du peu de cas qui a été fait du référendum de 2005 ; elles estiment donc qu’elles courraient un risque majeur en maintenant cette coalition.
La crise sociale et économique s’ajoutant aux difficultés budgétaires des PIIGS, la guerre en Afghanistan ne serait-elle pas un facteur aggravant supplémentaire pour l’Union européenne ? A méditer…..


Jean Vinatier

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Sources:

1-Pierre Jaxel-Truer :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/02/26/l-afghanistan-n-est-pas-un-sujet-de-polemique-en-france-pourquoi_1311694_823448.html

2-
http://www.andreversailleediteur.com/?livreid=761

http://www.rfi.fr/contenu/20100220-le-gouvernement-neerlandais-trebuche-lafghanistan

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