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jeudi 2 février 2023

Le duc de Perth et les Jacobites écossais en exil à Saint-Germain-en-Laye, 1688-1715 N°5621 17e année

 « Conférence de Nathalie Genet-Rouffiac, chef du service historique de la Défense : https://www.chartes.psl.eu/fr/actuali...

À l’automne 1688, Guillaume d’Orange s'empara du trône de son oncle et beau-père, le catholique Jacques II, s’assurant ainsi que les trois royaumes britanniques resteraient dans le camp protestant dans le conflit avec Louis XIV. Cette « Glorieuse Révolution », à l’origine du modèle de monarchie constitutionnelle célébré à Londres, eut de lourdes conséquences pour l’Écosse, entraînant 20 ans plus tard la fin de l'indépendance écossaise scellée par l’Acte d’Union avec l’Angleterre. Pour une partie de l’aristocratie écossaise, elle conduisit à un exil en France et sur le continent, au sein de la communauté des Jacobites rassemblée autour de leur souverain déchu, hébergé par son cousin Louis XIV au château de Saint-Germain-en-Laye. Ce groupe de jacobites écossais, comme leur « exceeding great patron » le duc de Perth, a souvent été victime d’une image d’absolutistes papistes, ou dépeint sous un jour romantique, vicissitude de la Auld Alliance à l’ombre du roi Soleil. Mais l’étude des archives françaises, archives notariales, registres paroissiaux, etc, a permis de remettre en cause cette vision erronée, démontrant, dans la continuité des travaux de M. Duchein, que le regard de l’historien français et l’apport des archives françaises peuvent être déterminants dans l’histoire de l’Écosse, des Ecossais, et de leur place dans l’histoire des relations des îles britanniques et du continent, en un mot, dans l’histoire européenne. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

mardi 26 janvier 2021

"Une élite parisienne" : les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939) par Cyril Grange N°5088 15e année

Cyril Grange, Directeur de recherche au CNRS. Spécialiste de l'histoire sociale des élites françaises aux XIXe et XXe siècles, il a notamment publié « Les gens du Bottin Mondain, Y être c'est en être (1996) » Conférence de 2016 : Jean Vinatier 

Seriatim 2021

mardi 24 novembre 2020

Qu’est-ce qu’une nation en Europe ? Anceau/Temple N°5027 14e année

« Le 11 mars 1882, Ernest Renan prononce en Sorbonne une conférence demeurée célèbre parce qu’il y définit ce qu’est une nation. Historien, professeur à la Sorbonne et à Sciences-Po Paris, auteur de nombreux ouvrages sur le Second empire, Éric ANCEAU a repris la question face à la remise en cause des nations par les partisans de la supranationalité européenne et par les apôtres de la mondialisation. En compagnie d’Henri TEMPLE, spécialiste de droit économique et de philosophie politique, notre invité a dirigé la publication d’un ouvrage collectif que tous deux veulent bien nous présenter : Qu’est-ce qu’une nation en Europe ? Des historiens, géographes, économistes et philosophes s’interrogent sur le destin des nations au XXIème siècle, sur leurs capacités de résistance et sur leur dynamisme propre. Vraiment « dépassées », les nations ? » Jean Vinatier 
Seriatim 2020

 

vendredi 7 décembre 2018

« J’étais empereur de Chine par Danielle Elisseeff » N°4599 12e année

« La vie de Puyi (1906-1967), dernier empereur enfant de la dernière dynastie impériale chinoise, puis souverain fantoche d’un État de Mandchourie que la Société des Nations ne reconnaît pas, traverse de part en part l’histoire tumultueuse de son pays dans la première moitié du XXe siècle. Mes crimes ont causé la mort de millions d'êtres humains, et j'avais cent fois mérité la mort, moi aussi. Au lieu de me tuer, on m'a donné la possibilité de regretter mes fautes et de travailler à la construction du socialisme. Étonnants propos dans la bouche du dernier empereur de Chine. Puyi, monté sur le trône à l'âge de huit ans ; exilé en 1925 à Tientsin par les soldats de la Guerre civile ; rétabli sur le trône du Mandchoukouo comme empereur de paille par les japonais ; enfermé en 1945 dans les prisons soviétiques ; puis dans les prisons chinoises où il subira une rééducation subtile qui fera de lui un fervent partisan de Mao. Emporté dans ce cataclysme, il tente de sauver sa vie et ce qu’il croît toujours être son trône, sans jamais entrevoir, sinon a posteriori et sous la férule de ses instructeurs maoïstes, les enjeux de son temps. Mais cette succession de malheurs et son caractère de anti-héros lui donnent aujourd’hui dans son pays, après plusieurs décennies de mépris, une dimension tragique fascinante. »
Source: https://www.franceculture.fr/conferences/ecole-nationale-des-chartes/puyi-le-dernier-empereur-de-chine 

Jean Vinatier 
Seriatim 2018

lundi 10 octobre 2016

« Genèses du Moyen –Orient (1800-1914) par Guillemette Crouzet » N°4236 10e année



Le Golfe persique à l'âge des impérialismes (1800-1914)
Préface de Christopher A. Bayly

« Au tout début du XXe siècle fut inventé ce « Moyen-Orient » qui aujourd’hui semble se défaire dans le sang sous nos yeux. Or, c’est du côté des Indes que l’on doit chercher l’origine de cette construction géographique, du côté des Indes parce que le « Moyen-Orient » est alors conçu comme l’ensemble des territoires gardant l’approche de l’Empire anglo-indien face aux menaces ottomanes, russes, françaises et allemandes. Mais cette invention ne peut se comprendre à la lumière des seuls enjeux politiques et économiques de l’âge des impérialismes. Elle procède d’une lente genèse qui eut, à partir de 1809, pour cadre l’aventure britannique dans le Golfe Arabo-Persique.
L’impérialisme britannique et anglo-indien, actif tout au long du XIXe siècle dans les eaux et sur les rivages de la péninsule Arabique, de la Perse et du nord de l’océan Indien, est au cœur de l’ouvrage de Guillemette Crouzet. Par la violence mise en œuvre contre des « pirates » accusés de perturber la libre circulation des biens et des hommes, par une politique systématique de traités conclus avec les pouvoirs locaux, par des grandes entreprises cartographiques marquant symboliquement une prise de possession spatiale, par une lutte acharnée contre des trafiquants d’esclaves qui légitimait les patrouilles de croiseurs de Sa Majesté, par le grand projet de création d’un route rejoignant par l’Euphrate la Méditerranée, Londres, Bombay et Calcutta imposent leurs règles, avançant peu à peu du détroit d’Ormuz jusqu’au Koweït. Dans ce contexte, les flux commerciaux, licites et illicites, augmentent, et le Golfe participe à une mondialisation croissante de l’économie ; ce sont alors autant de trafics de perles, de dattes, d’armes, autant de réseaux marchands et de connections multiples avec des espaces plus ou moins lointains qui se découvrent.
Guillemette Crouzet le souligne, certes l’or noir n’est pas encore exploité mais le Golfe Arabo-Persique a déjà acquis une centralité stratégique minorée jusqu’à présent par les historiens. Il s’ensuit que si le « Moyen-Orient » protège le « joyau de la couronne britannique » que sont les Indes, dans la géopolitique mondiale de la fin du XIXe siècle il est déjà en voie de s’autonomiser… »
Source :


Jean Vinatier
Seriatim 2016

mercredi 5 octobre 2016

Jean Delumeau : itinéraire d’un historien du religieux N°4229 10e année

« Au miroir de Clio » de Radio campus Rouen nous fait découvrir ou redécouvrir le grand historien Jean Delumeau…âgé de 93 ans ! Jean Vinatier
 Seriatim 2016

mercredi 18 mai 2016

« Le Brexit en perspective par Jacques Sapir » N°4129 10e année



Jacques Sapir nous propose la lecture de sa préface  qui figurera dans  l’ouvrage anglais « The Great deception de Christopher Booker et Richard North » traduit et publié en juin prochain :

 « [….]
Quel que soit le résultat du référendum du 23 juin 2016, son résultat constituera un choc politique qu’il conviendra d’analyser. Ce livre ne commencerait donc qu’avec le Traité de Rome de 1957 qu’il aurait déjà un prodigieux intérêt. Mais, et c’est là toute l’intelligence des auteurs, ils reconstituent comme on l’a dit toute la généalogie de la construction européenne. Or, l’un des arguments les plus fréquemment avancés dans les cercles européistes est que cette construction est un objet « sui generis », et dont l’origine est relativement récente. Ce mensonge a en partie pour but de masquer des origines plus que discutables à la construction européenne, qu’il s’agisse d’une idéologie profondément anti-démocratique que l’on retrouve chez certains des promoteurs de l’Europe, ou qu’il s’agisse du projet des Etats-Unis de contrôle indirect du continent, et dont l’Union européenne pourrait, alors, bien s’avérer l’instrument. Le rôle des agences de renseignement américaine dans le processus de création des futures institutions européennes y est clairement retracé, tout comme les liens que certains des acteurs européens, dont Jean Monnet, avaient avec ces agences.
On comprend l’importance symbolique de ce mensonge car l’Union européenne se prétend porteuse de « valeurs » (mot qu’il conviendrait de remplacer par celui de « principe ») démocratiques et prétend, surtout en France, se construire pour « défendre » l’indépendance des européens. Il est clair que rappeler les origines nazies du projet (et on sait bien que le thème de la « construction européenne fut important dans la propagande de l’Allemagne hitlérienne) fait désordre. Non qu’il n’y ait eu aussi un courant réellement démocratique, qui fut incarné par de grands résistants, qui porta aussi l’idée de la construction européenne. Mais, même au sein de ce courant émergent dès les années 1940, le thème d‘une grande méfiance envers les peuples et la démocratie. Aussi, la confrontation entre le discours tenu aux différents peuples et la réalité non seulement pose problème à l’historien mais aussi, et surtout, au citoyen. Ce mensonge sur les origines interpelle l’européen « de constat » que je suis. Il doit devenir un objet de réflexion pour tout personne qui cherche à comprendre les dynamiques actuelles de l’Union européenne.
[….]
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim 2016

mercredi 11 mai 2016

« Lettre à la France » N°4128 10e année



Ci-dessous le texte rédigé par des étudiants de la rue saint-Guillaume :

« Le monde est en constante évolution. Notre peuple, vivant autrefois dans la violence et l’isolement, a muté jusqu’à devenir une civilisation consciente et solidaire. Cette transformation s’est effectuée par spasmes brusques et contractions spectaculaires. Cependant, à mesure qu’approche une telle avancée, des forces profondément enracinées surgissent, tentant d’étouffer le mouvement. Ces forces sont attractives, car elles rassurent : rester dans le monde ancien et familier, préférer la stagnation voire le retour en arrière semble plus raisonnable. Ces forces sont puissantes, car majoritaires, elles nous confinent dans une bulle de monotonie, de rituels inconscients, et c’est alors que l’humanité se sclérose, se meurt dans sa vieille peau sans avoir tenté la moindre éclosion.
 La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2016