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mardi 28 décembre 2010

Georges Moréas : « Quel avenir pour la gendarmerie ? » N°814 4e année

Ci-dessous le lien vers l’excellent site du commissaire principal honoraire, Georges Moréas. Il publie un texte sur l’avenir « soluble » de la gendarmerie au sein de la police nationale.
Rappelons pour l’histoire, que la première fusion gendarmerie/police fut l’œuvre du gouvernement de Vichy en 1942. A la Libération, le gouvernement provisoire dirigé par le général de Gaulle la supprima.


Jean Vinatier
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Vladimir Bukovski : « J’ai vécu votre futur et ça n’a pas marché » N°813 4e année

Ci-dessous, via le site de l’ancien député Paul-Marie Coûteaux, cet extrait d’une vidéo de l’ancien dissident soviétique devenu britannique, Vladimir Boukovski. L’auteur compare l’Union européenne à une nouvelle URSS, thèse qu’il développa dans un ouvrage éponyme publié par les éditions du Rocher en 2005.





Jean Vinatier

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Sources :

http://for-interieur.over-blog.fr/article-vladimir-bukovski-ex-dissident-de-l-union-sovietique-j-ai-vecu-dans-votre-passe-63231651.html

http://for-interieur.over-blog.fr/

http://www.bukovsky2008.ru/ (en russe)

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lundi 27 décembre 2010

Des Etats-Unis à la Russie l’état de droit en pointillé N°812 4e année

L’annonce par la justice russe de la nouvelle condamnation de l’ancien PDG de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski a suscité les réactions négatives de l’Union européenne et des Etats-Unis. Ainsi Hillary Clinton affirmait, sans rire que « cette affaire, et d'autres du même type, ont un impact négatif sur la réputation qu'a la Russie de respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme et d'améliorer son climat d'investissement », le ministre allemand des Affaires Etrangères montrait « sa haute préoccupation » tandis que Catherine Ashton insistait sur l’état de droit.
On se bornera à souligner que la chute du magnat russe intervint au moment où ce dernier s’apprêtait à céder à un consortium anglo-américain son empire énergétique, un acte qui aurait placé la Russie dans une situation de dépendance réelle. Le Kremlin a-t-il eu tort de défendre la souveraineté du pays ?

Ô ironie, le même jour, on apprenait que le Président Barack Obama s’apprêtait à légaliser la détention illimitée dans la prison de Guantanamo, une prison qu’il promettait, en 2009, de fermer ! Rappelons qu’un grand nombre de prisonniers sont détenus sans le moindre jugement mais subissent des interrogatoires. Ne sont-ce pas les Etats-Unis qui ont fait enlever, à travers le monde, des hommes suspectés de terrorisme et obtenu de les interroger (torturer ?) dans des prisons secrètes avec l’accord de pays alliés dont la France ? Personne n’a oublié le scandale d’Abou Ghraib (Irak) de même que quelques-uns craignent un scénario identique dans des prisons afghanes ! Où est donc cet état de droit ? De qui se moque-t-on ?
Le constat est triste : l’état de droit vacille de partout et met, ainsi, en danger autant les simples citoyens que celles et ceux qui seraient impliqués dans des activités politiques. On comprend qu’un Julian Assange redoute plus que tout une extradition de l’autre côté de l’Atlantique.
A voir les démocraties atlantiques s’ériger de cette manière en gardiennes de l’état de droit seulement chez les autres, on ne peut qu’être anéanti par autant d’aveuglement et de partialité.


Jean Vinatier
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vendredi 24 décembre 2010

Noël

                                    JOYEUX NOËL

mercredi 22 décembre 2010

Michel Collon : WikiLeaks et Cantona servent-ils à quelque chose ? N°811 4e année

Le fondateur belge du site Investig’Action, Michel Collon, fait un utile tour d’horizon autour de WikiLeaks et Cantona:




Wikileaks et Cantona servent-ils à quelque chose?
envoyé par babaluccio. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Jean Vinatier
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Source :

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« Vers une nouvelle société sans argent et sans pauvreté » N°810 4e année

Une lectrice de Seriatim qui tient, pour des raisons professionnelles, à garder l’anonymat m’a demandé de publier un article utopique. Je le fais bien volontiers et pour la seconde fois. Il est temps, en effet, de rouvrir la porte aux écrits singuliers, aux idées généreuses, audacieuses et peu importe leur degré de réalisation ou d’impossibilité, l’essentiel n’est-il pas que les citoyens se réinstallent dans la sphère politique et ce même entre deux élections ?
Vous pourrez entrer en contact avec l’auteure en cliquant sur cette adresse : salival2@wanadoo.fr

"Un jour, une personne inventa l'argent et les salaires.Elle ne se doutait alors pas que se créerait une société inégalitaire et inhumaine, où le temps c'est de l'argent.
A sa naissance, chaque individu possède actuellement un capital de zéro euros (voir même une dette plus ou moins importante suivant le pays de naissance) et il gagnera sa vie plus ou moins bien en fonction de son travail,lui-même fonction de sa santé et de ses capacités,de son héritage familial.Ce qui génère de facto une inégalité de base entre les individus.

Et si nous inversions celà ?

Supprimons l'argent par un coup de baguette magique.(Peut-être qu'un jour un conseil de sages de chaque pays se réunira pour en décider,on peut toujours rêver)

Nous émettons alors cette hypothèse :

Chaque personne naît avec un capital de points , par exemple, 150000 points .(en supposant qu'un être humain vit au maximum 150 ans).Tout le monde a donc le même capital de points.Chaque individu possède une carte bleue sur laquelle sont crédités ces points.
En fonction de ses besoins, il achète sa nourriture (pour un mineur, il va sans dire que c'est son tuteur légal qui aura en charge la gestion de sa carte bleue jusqu'à sa majorité) par exemple 5 points,ses vêtements 10 points, sa voiture 1000 points ou une autre somme variant suivant le type de véhicule , 50000 points pour une maison etc.Bien sûr, il existerait des garde-fous pour éviter qu'une personne ne croque tous ses points de nourriture (ou autre) trop rapidement.Par exemple, en instaurant un certain laps de temps avant lequel il ne pourrait à nouveau consommer ses points de nourriture.
Dans cette société, chaque individu a un travail de six heures par jour suivant ses possibilités et ses désirs définis par des personnes appartenant au ministère de l'orientation professionnelle.Il va sans dire que ce ministère sera le plus important de cette société.L'individu travaille pour la collectivité et ne perçoit aucun salaire.
L'éducation et la santé ,la justice et la police seraient des droits acquis à la personne et non consommatrice de points.Il existerait bien sûr une armée mondiale au cas où nous serions envahis par des extraterrestres.
Ainsi, le chômage n'existe plus, la pauvreté disparaît , le temps humain et l'individu peut à nouveau se projeter dans l'avenir.
Vous pouvez me dire :pourquoi un capital de points ? et pourquoi ne pas tout simplement autoriser chaque personne à se nourrir, se vêtir, avoir un toit ,pouvoir se déplacer librement sans pour celà utiliser une carte bleue?
Le fait d'utiliser une carte bleue permet plus aisément de passer d'une société utilisant l'argent à cette nouvelle société et permet de coter les différents besoins de l'individus en se basant sur les prix actuels.Dans un premier temps, chaque personne garde son poste de travail, et sont placés en priorité les chômeurs sur un nouveau poste de travail.L'âge de la retraite serait fonction de la santé du travailleur et de la pénibilité de son travail.
Celà risquera peut-être de mécontenter les plus riches encore qu' il soit toujours possible de fixer le montant du capital de points de telle sorte que la plus grosse fortune mondiale ne perde aucun acquis matériel personnel.Par contre , ses société morales seraient en quelques sortes nationalisées mais on redevient un pourrait laisser en place les dirigeants et les salariés .
Que faisons-nous des banques ? on pourrait les reconvertir en gestionnaires de points.Pour passer en douceur d'une société de l'argent à cette société à points, les banques pourraient mettre des priorités de traitement des besoins des individus en fonction de l'écart entre le montant du capital de points et la fortune actuelle de chaque personne: ainsi serait traité en priorité les besoins en nourriture,santé, vêtements et hébergement des personnes aujourd'hui les plus nécessiteuses dans le monde ,en même temps que les besoins de base de toute la population.

Les bourses disparaîtraient,plus de dictature financière.
Dans ce monde, les impôts n'existeraient plus non plus et les agents des impôts pourraient travailler avec les banquiers (après tout, ce sont bien eux qui connaissent l'état des finances actuelles de chaque citoyen).
Les gens éliraient démocratiquement pour une durée limitée les personnes chargées de les orienter professionnellement.
L'enseignement et la recherche , la police , la justice pourraient être renforcés sans plus aucune contrainte budgétaire.

En conclusion, nous y gagnerions en fraternité et en égalité dans cette forme de société. Chaque citoyen du monde verrait sa liberté encadrée par les lois votées démocratiquement et non plus réduite par les contraintes économiques.Nous pouvons observer que dans ce genre de société , le vol entre individu serait moins courant que dans notre société actuelle car il serait très aisé de vérifier l'utilisation des cartes bleues.
Cette nouvelle société repose sur l'expansion et l'utilisation de l'informatique à grande échelle.
On peut supposer que cette société limiterait une certaine forme de violence car elle garantie un maximum de droits (entre autres économiques) à chaque personne.Bien sûr, les formes de violences liées à un déséquilibre mental ne pourront être évitées que lorsque la recherche sur le cerveau aura trouvé le moyen d'y remédier.
Cette société qui vous est proposée peut prétendre à tendre vers l'âge d'or , que l'on pourrait concevoir comme étant une société dans laquelle chaque personne aurait acquis l'équivalent des biens matériels de la plus grosse fortune actuelle, mais aussi grâce aux progrès de la médecine, une santé à toute épreuve.Plus aucune personne ne vivrait isolée, cloîtrée dans une solitude personnelle.
Dans cette perspective, le Bonheur nous tend à nouveau les bras."




Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Sources:

http://www.salival.jimdo.com/
http://www.seriatimonline.com/2010/10/patrick-dieudonne-pour-une-nouvelle.html

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mardi 21 décembre 2010

De la Côte d’Ivoire à la Biélorussie N°809 4e année

De la Côte d’Ivoire à la Biélorussie, les élections sont mises à rude épreuve. A Abidjan, Laurent Gbagbo refuse de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara ; à Minsk le Président Loukachenko a tout simplement fait arrêter les candidats à la magistrature suprême et a ordonné le matraquage des Biélorusses protestataires. Dans le premier cas, l’ONU, l’Union européenne dont la France tonnent de la voix pour ordonner le départ de Laurent Gbagbo, dans le second cas, les chancelleries et les organisations internationales font profil bas. Ne se taisent-elles pas à l’égard de l’Egypte qui vient de renouveler son Parlement d’une manière plus que discutable ? Ne sont-elles pas discrètes pour saluer la transition pacifique en Guinée ?
La politique internationale est à géométrie variable. En Irak, en Afghanistan, les Européens et l’ONU se contentent de s’applaudir à l’émergence de la vie démocratique en pensant que leurs vœux pieux successifs modifieront comme par enchantement une situation politique épouvantable.
La France plus que l’ONU se retrouve en première ligne dans la complexe vie politique intérieure ivoirienne. La France peut-elle réclamer le respect des résultats du scrutin présidentiel alors que l’actuel Chef de l’Etat a déchiré le référendum de 2005 pour accoucher d’un traité de Lisbonne, tout juste en voie de modification et en veillant à éviter la voie référendaire en contradiction avec les articles dudit traité? Le peu de popularité dont jouit Paris dans l’ensemble des pays francophones d’Afrique et la volonté de Nicolas Sarkozy de remettre à plat la Francafrique en réduisant au minimum notre présence militaire ( à la grande joie des Américains selon WikiLeaks) tentent un homme comme Laurent Gbagbo. En actionnant la fameuse ivoirité, il s’oppose à Alassane Ouattara présenté comme l’homme appuyé par des puissances extérieures et aussi, par sa qualité d’héritier avec son frère, du royaume de Kong dont le territoire s’étendait, notamment, sur tout le nord de l’actuelle Côte d’Ivoire. La sagesse voudrait qu’on laisse à l’Organisation des Etats africains et à l’ONU le soin de trouver la solution la plus juste mais le contentieux entre Gbagbo et la classe politique française (Villepin, Sarkozy) risque bel et bien d’exacerber les tensions sans oublier que le vaincu électoral d’Abidjan et l’actuel locataire de l’Elysée sont des experts en chicanes.
En Biélorussie, le Président Loukachenko mécontente autant la Russie que les Etats européens par son comportement. Moscou cherche depuis de longues années à ramener dans son giron la Biélorussie tout comme elle parvint, non sans mal, avec l’Ukraine. Mais elle se heurte à un Loukachenko intraitable, hanté par son seul maintien au pouvoir. Les multiples révolutions financées par des organisations américaines du temps de Georges Bush au lendemain de la disparition de l’U.R.S.S n’eurent raison de lui. Le rapprochement politique cahin-caha américano-russe d’une part et la toute puissance russe énergétique sur l’Union européenne avec un rôle considérable tenu par l’Allemagne d’autre part obligent tout le monde à faire patte de velours quitte à laisser dans un coin la rhétorique démocratique.
Cependant, la mondialisation étant une spirale qui entraîne tout le monde sans exception, les démocrates comme les apprentis tyrans, Laurent Gbagbo et Alexandre Grigorievitch Loukachenko auront la part belle en montrant les ondulations des puissances « vertueuses ».
Ainsi, même si Julian Assange s’insurge contre la censure opérée par les cinq journaux dont Le Monde qui avaient promis d’éditer les câbles diplomatiques publiées par WikiLeaks, il apparaît clairement en sus de la duplicité des Etats-Unis le peu de cas, en réalité, qui est fait de la démocratie. En fait, tous les Etats sont bel et bien dévêtus de leurs ornements, ne restent que les intérêts et les stratagèmes, c’est-à-dire les secrets et les vices aux dépens des vertus de la Res Publica. C’est dire toute la froideur de notre époque.

Jean Vinatier
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Deux flics anti-stic interpellent François Fillon N°808 4e année

Bakchich vient de mettre en ligne la lettre rédigée par deux policiers, l’un le commandant Pichon, l’autre Sihem Souid, adjoint-administratif, tous deux auteurs d’ouvrages.
Depuis l’indigne cortège policier (avec leurs armes de service) dans la ville de Bobigny protestant contre la condamnation à de la prison ferme pour 7 de leurs collègues convaincus par le tribunal d’avoir, non seulement tabassé un citoyen mais plus grave d’avoir commis des faux en écriture par des agents dépositaires de l’autorité publique dans l’exercice de leurs fonctions. Le préfet de Seine Saint-Denis et le ministre de l’Intérieur ont soutenu contre tout bon sens ces policiers contestataires qui faisaient fi de leur obligation de réserve.
Cette lettre n’est évidemment pas le seul acte de deux policiers isolés, un bon nombre de leurs collègues les soutient tout comme des gendarmes reprochent amèrement à Nicolas Sarkozy d’avoir radié Jean-Hughes Matelly, chef d’escadron, coupable d’avoir seulement donné un avis dans le cadre d’une intervention universitaire.
Un exécutif affaibli mais toujours à l’affût de la séduction de tel ou tel corps électoral se compromet sous les yeux mêmes des Français et place les forces de maintien l’ordre en porte-à-faux.
Cette lettre est un nouveau signal d’alarme !

« Philippe Pichon et Sihem Souid, respectivement commandant de police et agent administratif, ont écrit des livres qui leur ont valu d’être suspendus pour manquement à l’obligation de réserve. Ils ont écrit une lettre au Premier Ministre, que Bakchich publie
« Si nous nous adressons directement à vous, Monsieur le Premier ministre, c’est que, dirigeant la politique de la Nation, et disposant pour ce faire de l’administration (art. 20 de la Constitution), vous êtes l’organe majeur de l’appareil administratif de l’État. Ce faisant, vous avez compétence pour assurer le bon ordre qui doit régner dans notre démocratie pour que la continuité normative de l’État soit assurée. Cette responsabilité exclusive dans la conduite de la politique de la Nation entraîne également l’existence d’une responsabilité politique, exercée constitutionnellement devant le Parlement, bien plus sûrement que devant le président de la République.
La dignité humaine est une valeur fondamentale de notre société qui mérite à ce titre la protection du Droit. Il est malgré tout difficile de définir précisément la dignité qui apparaît plutôt comme une notion permettant d’en englober de nombreuses autres. On peut, en conséquence, porter atteinte à la dignité de nombreuses façons. Ce qui semble pouvoir faire l’unité de la notion de « dignité », c’est en réalité la notion même « d’humanité ». Porter atteinte à la dignité d’un individu, c’est nier son caractère d’être humain.
En ce sens, Monsieur le Premier ministre, les atteintes portées à deux policiers à travers le rôle qu’ils remplissent dans la République des citoyens, en leur déniant ce rôle par exemple, peuvent aussi réaliser une grave atteinte à la dignité de ces fonctionnaires.
En effet, l’un (commandant de police) et l’autre (adjoint administratif) sommes aujourd’hui accablés par des procédures contentieuses, dont le but véritable d’atteindre à notre dignité sociale permet à certains de nos chefs de lâcher des coups dirigés en réalité contre notre statut de policier républicain, impartial et diligent.
Les agissements répétés et insistants du ministère de l’Intérieur, sous la tutelle de M. Hortefeux, ont eu pour objet et pour effet une dégradation de nos conditions de travail telle qu’elle compromet gravement notre avenir professionnel. Or, nul ne peut apporter aux droits des personnes au travail et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché, si l’on en croit quelques décisions du Conseil constitutionnel.
Malgré ce harcèlement moral, nous réaffirmons que le « devoir de réserve » ne crée pas un privilège, une prérogative, ou une protection pour certains chefs policiers indélicats vis-à-vis de collaborateurs indociles. Il s’agit avant tout d’une obligation qui est faite au policier de neutralité et d’objectivité dans ses relations avec les usagers et ne concerne donc pas ses rapports avec les chefs. Le « devoir de réserve » viserait même, selon nous, à garantir aux policiers une pleine liberté de conscience sans craindre des reproches, voire des représailles, sur le plan disciplinaire !
Car ces quelques chefs policiers indignes ne sont pas « couverts » mais « soumis » au même « devoir de réserve » auquel sont « astreints » leurs subordonnés. Hélas, aujourd’hui, ce « devoir », qui n’est ni une obligation absolue de se taire ni une interdiction générale de s’exprimer publiquement, est devenue une arme de dissuasion massive pour certains chefs policiers contre des collaborateurs jugés trop « progressistes ».
Ainsi, devant de graves dysfonctionnements dans son institution, dans quelles circonstances un policier peut-il parler, doit-il parler, peut-il se taire, doit-il se taire ? L’on mesure là la prudence avec laquelle un policier doit examiner les intérêts en présence, avant de prétendre bénéficier de la permission légale de dénoncer ces dysfonctionnements. Le policier qui est confronté à la délicate situation d’avoir à choisir entre respecter le « devoir de réserve » et dénoncer les dérives de son institution est placé devant ce qu’il est convenu de nommer : une option de conscience.
Mis en cause pour « violation de secret professionnel », nous allons être contraints, Monsieur le Premier ministre, à démontrer que cette obligation statutaire et le « tas de petits secrets » (selon l’expression de Malraux) qui l’accompagne a une portée plus large que la seule protection de faits qui ne doivent pas être révélés et le voile pudique que le policier doit conserver pour que les informations qu’il détient sur les dysfonctionnements graves de son institution ne soient pas connues des citoyens.
Il y a très longtemps que nous avons fait fi des pratiques coutumières de l’institution « Police ». Seule la légalité nous guide, policiers auxiliaires d’une Justice indépendante. Nous rendrons compte à celle-ci d’informations dont nous avons eu connaissance dans le cadre de l’exercice de notre métier et serons jugés à cette aune. Car pour contrer les allégations déshonorantes de nos hiérarchies respectives, la production en Justice de documents de nature à jeter le doute sur nos accusateurs est incontestablement nécessaire à un procès équitable et au principe de la contradiction. C’est d’ailleurs là le sens même de nos deux ouvrages récemment parus.
Croyez bien, Monsieur le Premier ministre, que nous vivons comme un échec d’avoir à dénoncer nous-mêmes et publiquement le comportement parfois déviant et peu honnête de certains de nos chefs. S’ils sont si peu nombreux, pourquoi sont-ils si puissants ?
Au procès d’une certaine flexibilité du « devoir de réserve », l’égalité procédurale d’agents publics se trouvant dans une situation semblable pourrait aussi relever de désagréables surprises : pour un manquement au « devoir de réserve », un officier ici fait l’objet d’un blâme pour avoir écrit un livre et, là, un autre est nommé sous-préfet pour avoir défendu l’État-UMP…
Le « devoir de réserve » tel que nous le pratiquons n’est pas incompatible avec l’exigence démocratique d’une police transparente et moderne ou les débats publics. C’est ainsi que nous nous sommes toujours jurés de remplir nos fonctions avec impartialité et diligence, en toute loyauté, intégrité et dignité, dans le respect du secret professionnel. Avec cette seule réserve : avant d’être au service du carnet d’adresses de nos chefs, l’être à celui de la Loi et de nos concitoyens.
Quoiqu’il nous en coûte, soyez assurés Monsieur le Premier ministre, que nous resterons attachés à ce que la Police Nationale demeure l’outil privilégié de l’État pour garantir aux citoyens l’exercice des droits, devoirs et libertés réaffirmés par la Constitution de la Vème République, dont le préambule est empreint de la noblesse et de la légitimité des principes fondamentaux de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’août 1789.
Philippe PICHON, commandant de police, auteur du Journal d’un flic (Flammarion, 2007) et co-auteur, avec Frédéric Ocqueteau de Une mémoire policière sale (éd. Jean-Claude Gawsewitch).
Sihem SOUID, adjoint administratif, auteur de Omerta dans la police (Le Cherche Midi, 2010)."

Jean Vinatier
SERIATIM 2010

Source :

http://www.bakchich.info/Deux-flics-anti-stic-interpellent,12701.html

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

lundi 20 décembre 2010

Jacqueline de Romilly : « Comment penser » N°807 4e année

Une grande dame s’est éteinte à la veille de Noël. La presse lui rend hommage et les journaux télévisés ont bien voulu lui consacrer quelques instants, dimanche soir, entre le football et la météo. Elle aurait mérité plus d’attention.
La classe politique ne manquera pas d’user de tous les superlatifs et, protocole oblige l’Elysée se fendra d’un communiqué. Mais cette Dame qui combattit si fortement pour l’enseignement du Grec, la juste connaissance des hommes de cette grande Antiquité et le maintient du savoir classique a souffert terriblement d’observer qu’année après année, les actions politiques de droite comme de gauche, tendaient à défaire, à amoindrir, à placer dans un coin ce qu’elle considérait comme fondamental, à savoir la bonne possession de la langue sans laquelle il ne serait plus possible de poser l’interrogation qu’elle proposait devant ses pairs en 1989: « Comment penser ? »
Reposez en paix auprès de vos chers savants et érudits de cette belle Grèce que vous ne cessâtes pas de rendre, à nouveau accessible, au plus grand nombre. Votre combat n’a pas été vain parce que vous avez posé de nouveaux relais qui, un jour, seront ressaisis par de nouvelles générations plus émancipées de cette dictature économique du monde « Babelien » si négative pour les hommes contemporains.
Vous avez ranimé une flamme, elle ne s’éteindra pas.


Ci-dessous trois discours de Jacqueline de Romilly :



Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

In Seriatim :


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 14 décembre 2010

Georges Corm « Le nouveau gouvernement du monde » N°806 4e année

Ci-dessous l’entretien accordé par Georges Corm à Lina Kennouche journaliste au quotidien francophone Al-Balad à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Le nouveau gouvernement du monde, Paris, La Découverte :
Avant lire cet entretien vous pouvez lire sur le site de Georges Corm un autre échange pour la revue Afrique/Asie

« Interview paru dans le quotidien francophone Al Balad à Beyrouth le 2 décembre 2010.
Entretien Georges Corm « Le Nouveau Gouvernement du Monde »

« Un caractere utopique nocif au coeur de l’ideologie de la globalisation » Dans son dernier ouvrage, « Le Nouveau Gouvernement du Monde », l’économiste historien et professeur d’université, Georges Corm, explique, par une analyse brillamment conduite, les origines de l’immobilisme alarmant des décideurs politiques et économiques mondiaux. Au fonctionnement pervers d’une économie globalisée, il substitue des alternatives viables et préconise une démondialisation pour assurer « la paix future du monde »

Dans votre ouvrage récent, vous déconstruisez la thèse centrale des néo libéraux considérant que celle-ci est le produit de choix politiques résultant d’une adhésion massive des élites aux dogmes néolibéraux. Comment ces dogmes sont devenus hégémoniques ?

Les dogmes néo libéraux ont été très séduisants pour toute une génération d’intellectuels qui étaient auparavant engagés dans diverses formes de marxisme et de socialisme, mais également pour les hommes d’affaires et les responsables politiques. Ces dogmes venaient annuler les tensions idéologiques fortes, qui avaient caractérisé la pensée économique et politique depuis le milieu du 19eme siècle en Europe, relatives aux causes de la pauvreté, à la nécessité de supprimer l’exploitation de l’homme par l’homme, d’aboutir à une répartition équitable des revenus, de réparer les dégâts causés par la colonisation. Toutes ces grandes querelles idéologiques s’achèvent avec l’effondrement de l’URSS et le triomphe de la culture anglo-saxonne très axée sur les thèses du « doux commerce » de Montesquieu et d’Adam Smith ainsi que celles de Max Weber qui avait idéalisé le système capitaliste et l’avait lié à tort à l’émergence du protestantisme.
Brusquement, tout redevient simple: l’intervention de l’Etat dans l’économie ainsi que le désir d’une société plus juste, voire égalitaire, sont considérés comme la source de tous les totalitarismes (fascistes ou communistes). La stabilité monétaire constitue le bien suprême de l’humanité et il convient désormais que
les banques centrales n’aient plus qu’un seul objectif : celui d’assurer la stabilité des prix par un instrument unique, le maniement du taux d’intérêt, seul capable de lutter efficacement contre l’inflation ; pour cela il faut assurer une indépendance absolue des banques centrales par rapport au pouvoir politique. La libéralisation du commerce et du mouvement des capitaux et de l’investissement étranger devient la voie la plus adéquate pour la prospérité de toutes les nations. L’esprit humain sans cesse à la recherche de solutions faciles à trouver son bonheur dans ce credo simpliste qui vient remplacer de façon opportune les recettes marxistes léninistes ou la théorie de l’Etat providence, chère à la sociale démocratie européenne d’après la Seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi nous avons assisté à la conversion de tellement d’intellectuels marxistes non seulement au néo libéralisme, mais au credo du néo conservatisme politique occidental qui l’accompagne. L’idéologie néolibérale n’est en fait que l’envers des formes aigue d’idéologie marxiste léniniste.

Ne pensez-vous pas qu’une sorte de novlangue néolibérale est devenue la dominante dans beaucoup de milieux académiques et surtout dans les medias et que celle-ci a contribué grandement à renforcer l’hégémonie susmentionnée ?

J’ai repris l’expression de Marie France Perrot, une remarquable universitaire française, qui parle de « langue de coton » dans son analyse d’un rapport des Nations Unies sur la pauvreté. Le coton est doux, il ne pique pas, à la différence des autres langues, celles qui analysent la dureté des réalités économiques et sociales. Les médias et les décideurs parlent cette nouvelle langue reposante.
Cela permet de ne plus se poser de questions existentielles qui ont déchiré l’esprit humain depuis le XIXè siècle et provoqué des révolutions en série en Europe, comme hors d’Europe.

Vous évoquez le nom de plusieurs auteurs que vous estimez être des précurseurs visionnaires oubliés de l’alter mondialisme. Quels ont été lesapports théoriques critiques qui demeurent d’actualité dans la pensée de
ces auteurs ?

J’ai commencé par rappeler et citer l’oeuvre de grands sociologues français comme Jean Baudrillard qui, il y’a 50 ans avait déjà dénoncé de façon claire et convaincante les méfaits de la société de consommation ; mais j’évoque également les travaux d’avant-garde du Club de Rome qui au début des années 70 avait lancé un cri d’alarme sur l’exploitation irresponsable des ressources de la planète. J’ai aussi évoqué d’autres économistes éminents, entre autres l’Américain John Galbraith qui a pour sa part dénoncé la société d’affluence, le Français Gabriel Tarde, malheureusement oublié aujourd’hui, et qui à la fin du 19eme siècle avait déjà analysé les dangers et méfaits de la publicité. J’ai souhaité montrer que nous ne manquions pas d’analyse critique profonde de l’évolution désastreuse du système économique qui se mondialise et que je
qualifie d’inefficace et de gaspilleur et ayant entraîné l’effondrement de l’éthique et de la morale.

Vous dites que les sciences économiques dominantes auraient perdu leur sens éthique et la centralité de la quête d’une forme de justice sociale. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Oui, la science économique a voulu singer les sciences dures, dites exactes, en créant un appareil mathématique abstrait pour saisir des réalités beaucoup trop complexes pour être mises en équations. Le monde de l’économie n’est pas celui d’un « homo economicus » rationnel et impersonnel qui, libre de toute
régulation et encadrement, livré à ses seuls désirs, assurerait le bonheur et la prospérité de l’économie. Ce qu’ont cherché à démontrer de nombreux économistes s’étant vus attribuer des prix Nobel d’économie et qui sont donc devenus très influents. Au contraire, c’est un monde de passions, d’émotions, de luttes pour l’appropriation des richesses, et donc de l’imprévu. Cette domination de l’abstraction mathématique a rendu l’enseignement de l’économie imperméable à toute considération de nature éthique. Tout le pan de l’économie politique classique qui tendait à montrer comment il fallait assurer une distribution équitable des revenus a disparu de l’enseignement universitaire.
Par ailleurs, les systèmes judiciaires qui ont voulu réagir à l’effondrement de l’éthique des affaires ont été malmenés par les pouvoirs politiques, y compris dans les pays les plus démocratiques. La crise de 2008-2009 nous a montré à quelles aberrations ces absences de contrôle sur le monde des affaires ont mené le système bancaire des Etats-Unis et de certains pays européens.

Comment l’économie s’est elle financiarisée et quelles sont les conséquences de ce processus ?

L’énorme masse de capitaux spéculatifs s’est formée grâce à ce que la belle langue de coton du néolibéralisme a appelé la « dérégulation ». Cette dérégulation s’est déroulée au moment même où les politiques nouvelles du néolibéralisme ont créé un monde de l’incertitude par les grandes mesures américaines, d’abord de décrochage de la valeur du dollar par rapport à l’or (1971), puis de la flottaison générale de la valeur des monnaies entre elles (1976). A partir de là s’est développé le marché des produits financiers dérivés censés atténuer les risques pris dans les transactions de l’économie réelle, mais ces produits ont été transformés en source de profits spéculatifs et n’ont donc fait qu’amplifier les risques, au point de provoquer la crise que les économies des pays anciennement industrialisés traversent, car les économies émergentes ont su résister à ce déchaînement de spéculation.

Le titre de votre ouvrage est le nouveau gouvernement du monde. Quelles sont les forces dominantes au sein de celui-ci et quelles sont ses structures ?

J’ai mené une analyse poussée de la structuration d’un pouvoir mondialisé dont les composantes principales sont les bureaucraties des grandes FMN et des grandes banques, celle des Nations Unies et de ses agences spécialisés, des « think thank » américains et européens qui servent ce pouvoir mondialisé, certaines grandes ONG et certaines institutions d’intégration régionale avec à leur tête l’UE qui promeut la recette néolibérale. Enfin au sommet il y’a le G 8 devenu aujourd’hui le G 20 mais dont l’organe principale d’action reste le FMI
lequel est au coeur de l’expansion de l’idéologie néolibérale et de la mise en pratique de ses recettes.

Les néolibéraux avaient pour habitude d’opposer à leurs critiques une réponse standard désignée par son acronyme : TINA, There is no alternative. Au regard des conséquences désastreuses de ces politiques, quelles sont les alternatives viables existantes ?

Il est frappant de voir qu’au Liban au début des années 90 à chaque critique des projets de reconstruction et notamment celui du centre historique de la capitale, on rétorquait qu’il n’y avait pas d’autre alternative, cela ressort d’un terrorisme intellectuel fort qu’il est indigne d’accepter, car il s’agit d’une démission de l’esprit
humain libre et créatif. Mais tous les terrorismes ont une fin et je pense que nous sommes entrés dans une période particulièrement instable du fait que la bureaucratie du pouvoir mondialisé s’obstine sur ses positions et son langage, alors qu’une agitation sociale forte se développe en Europe et que des formes de contestation diverses émergent ici ou là et qui s’expriment à travers les manifestations du Forum social de Porto Allègre qui regroupe les courants très divers de l’alter mondialisme. J’ai montré les différents visages de la contestation qui ne viennent pas seulement de différents radicalismes, mais aussi de personnalités qui ont fait leur carrière dans ce pouvoir mondialisé et qui estiment qu’il doit se reformer. Des figures emblématiques comme l’économiste américain Joseph Stiglitz, ancien chef des conseillers économiques de la Maison Blanche et l’ancien directeur de l’UNESCO Federico Mayor, le célèbre diplomate Français en retraite Stéphane Hessel ou Jean Baptiste de Foucault, ancien Commissaire au Plan en France aussi.
Pour moi, il est clair que ce courant réformiste présente la bonne alternative à condition que son influence soit acceptée à l’intérieur de la bureaucratie mondialisée, ce qui ne me parait pas être le cas jusqu’ici. C’est pourquoi je crains des radicalisations de plus en plus fortes qui aboutiraient à encore plus de tensions, voire de répressions. Le problème demeure celui de la prédominance des fondamentalistes néolibéraux dans le fonctionnement du système et la production de centaines de milliers de jeunes universitaires étudiants en
économie ou en business administration dont le cerveau est formaté pour constituer l’armée des purs et durs dans la globalisation néolibérale.

Certains défenseurs du néolibéralisme n’hésitent pas à puiser dans les valeurs religieuses pour justifier l’ordre social inégalitaire qu’il génère. Pour votre part vous affirmez que la résistance aux néolibéraux peut se fonder aussi sur des valeurs religieuses musulmanes ou chrétiennes. Lesquelles ?

Quand on puise dans l’éthique aussi bien musulmane que chrétienne on s’aperçoit que les questions économiques et sociales, avec en leur centre la justice sociale, sont essentielles dans la doctrine de ces deux religions. Elles condamnent, en effet, tout enrichissement sans cause et bénissent le travail productif au service de la société et non pour exploiter la société. Elles ont aussi très tôt développé la notion de bien public, centrale dans l’oeuvre de Saint Thomas d’Aquin et de beaucoup de juristes musulmans. Enfin, elles ont la même attitude en vertu de laquelle tout progrès économique doit être mis au service de la société ; de plus l’accumulation des richesses privées ne peut être un but de l’existence. Ce qui a amené les deux religions à préconiser beaucoup de limitations à la propriété privée, en considérant que seul Dieu est propriétaire des
richesses qu’il a crées dans ce monde et, qu’en conséquence, il convient d’en faire un usage modéré au service du bien public. Malheureusement aujourd’hui les religions sont d’avantage tournées vers l’affirmation fondamentaliste de l’identité que vers les questions de système économiques conciliant rationalité et éthique.

Ne pensez-vous pas que malgré la globalisation militaire, économique et financière, nous assistions à l’émergence d’un monde multipolaire. Quelles conséquences économiques à cette nouvelle configuration internationale ?

Je suis extrêmement réservé sur cette illusion d’un pouvoir multipolaire qu’entretiennent les médias et beaucoup d’écrits, car le fait de céder des parts de pouvoir aux Etats des pays émergents importants ne veut pas dire que la réalité de ce pouvoir change. Au contraire, il en sort renforcé. L’analyse que je fais dans mon ouvrage des communiqués du G20 qui comprend 12 pays émergents montre bien qu’il n’y aucune différence de langage, ni d’approche par rapport aux communiqués du G8. Ceci est d’ailleurs logique puisque le développement accéléré de pays comme l’Inde, le Brésil, la Chine se fait sur les mêmes bases que celles des pays anciennement industrialisés, à savoir le déchaînement de l’appétit de consommation de nouveaux groupes sociaux qui s’enrichissent. Nous sommes très loin d’un système économique différent qui repartit avec plus de justice les revenus et qui casse cette frénésie de consommation qui met en danger la planète par ses conséquences désastreuses sur les ressources naturelles et la pollution de l’environnement.

Faut-il souhaiter une autre mondialisation ou une dé-mondialisation ?

Je préconise une dé-mondialisation en développant un argument clé pour assurer la paix future du monde, à savoir le nécessaire rétablissement de la cohérence des espaces économiques totalement éclatés et désarticulés par l’effet de la globalisation, ce qui empêche l’existence de l’harmonie sociale et de modes de vie paisibles et stables. J’ai d’ailleurs bien montré dans mon ouvrage les excès auxquels aboutissent les délocalisations massives, la flexibilité des salaires et les vagues migratoires. Tout ceci entraîne les malaises identitaires et les replis sur des fondamentalismes ethniques ou religieux, terreau des phénomènes terroristes. A mon sens, il est urgent d’y mettre un terme en montrant le caractère utopique nocif qui est au coeur de l’idéologie de la globalisation néolibérale et qui empêche la société d’être elle-même. Pour se sentir citoyen du monde il faut d’abord être solidement ancre dans son terroir, sa culture et sa civilisation et non pas devenir une espèce de mutant qui a perdu son identité de base sans avoir acquis une autre identité. Le monde de la
globalisation n’est qu’un monde du déracinement, de l’anxiété, de gaspillage économique et de privilèges matériels sans aucun ancrage de légitimation autre qu’une idéologie qui ne manquera pas de s’effondrer également parce qu’elle s’use très vite. »



Jean Vinatier
SERIATIM 2010

Sources :

http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=al_balad_dec2010.pdf
http://www.georgescorm.com/personal/index.php?lang=fr
http://www.georgescorm.com/personal/nouveau-gouvernement.php
http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=3781661.pdf

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

Bhadrakumar : Moscou intervient pour contrer l’Otan N°805 4e année

L’équipe de Questions critiques a traduit un fort intéressant article de l’ancien ambassadeur indien, M.K Bhadrakumar paru dans Asiatimes ce 14 décembre.


Si vous désirez aller sur le site de Questions critiques cliquez ici :
Pour la version orginale cliquez ici :

« Beaucoup de gens ne doivent pas savoir que la phrase-signature de l’ancien président US Ronald Reagan, « trust, but verify » [aie confiance, mais vérifie] est en réalité la traduction d’un proverbe russe - doveryai, no proveryai. Vingt ans après le début de l’après-guerre froide, Moscou veut récupérer cette phrase contradictoire du répertoire américain et l’appliquer à la « réinitialisation » de ses liens avec les Etats-Unis.
La défaite cinglante que le Président US Barack Obama à connue au Congrès lors des élections de mi-mandat, les révélations de WikiLeaks sur les plans de défense de l’OTAN contre une « possible agression russe », l’annonce de la décision américaine de déployer une unité de l’US Air Force à la base aérienne de Lask, en Pologne, le discours belliqueux, la semaine dernière, du Sénateur John McCain, remettant en cause toute la philosophie derrière la remise à l’heure des liens avec la Russie – tout cela a créé un sentiment d’inquiétude à Moscou.
Comme l’on pouvait s’y attendre, le message qui est sorti de la réunion au sommet de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) à Moscou samedi dernier est que Moscou veut que sa propre alliance soit encore renforcée en tant « qu’élément clé pour assurer la sécurité de l’espace post-soviétique » et que son image soit rehaussée sur le plan mondial. Les pays de l’OTSC sont : l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.
A la suite des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, la Russie, à l’instar de nombreux autres pays, se demande si les profonds espoirs placés dans Obama pour qu’il fasse naître cette « réinitialisation » ne sont pas, en fait, essentiellement chimériques. Le discours que John McCain a donné, vendredi dernier, à l’Ecole John Hopkins des Etudes Internationales Avancées signale que cette réinitialisation va très certainement rencontrer une ferme opposition du Congrès, lequel est dominé par les Républicains.

McCain a mis en doute la nécessité même d’une réinitialisation alors que « la Russie devient de moins en moins capable d’être une grande puissance mondiale partenaire des Etats-Unis » ; alors que les intérêts américains et russes sont surtout divergents ; alors qu’ils [les Russes] ne partagent aucune de nos valeurs ; alors que le système politique russe, présidé par un « syndicat dirigeant quasi-criminel » qui « vole, par les mensonges, et assaille ses propres citoyens avec une immunité quasi-totale », est « peu réceptif et hostile ».
Citant les désaccords continuels avec la Russie sur la défense anti-missiles en Europe, la supériorité écrasante de la Russie en ce qui concerne les armes nucléaires tactiques et les approches divergentes sur l’ouverture des marchés de l’énergie, McCain a appelé l’administration Obama à être « plus assurée dans la défense de nos intérêts et de nos valeurs » et de lier l’admission de la Russie à l’OMC à son adhésion à la séparation constitutionnelle de la justice et du pouvoir.

La fausse bonhomie montrée lors du sommet de l’Otan à Lisbonne, le mois dernier, s’est presque entièrement dissipée. Pendant ce temps, les révélations de WikiLeaks fait planer des doutes sur la sincérité de l’Otan quant à une « réinitialisation » avec la Russie. Selon les câbles diplomatiques américains, l’Otan a dressé des plans en janvier dernier pour défendre les Etats Baltes contre une possible agression militaire de la Russie. Et la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton voulait que ces plans soient gardés secrets vis-à-vis de Moscou.
Moscou dit que ces plans ont été approuvés lors du sommet de Lisbonne, alors même que l’alliance a déclaré rechercher un « nouveau partenariat stratégique » avec la Russie, basé sur des intérêts de sécurité partagés et la nécessité de répondre à des « défis communs, identifiés econjointement ».
Moscou est agacée. Le Ministre des Affaires Etrangères [russe] Sergueï Lavrov a déclaré : « D’une main, l’OTAN… négociait avec nous des actes importants visant à un partenariat commun, tandis que l’autre main prenait dans notre dos des décisions sur la nécessité de se défendre contre nous… Nous avons posé ces questions et nous espérons obtenir des réponses. Je présume que nous avons le droit de le faire. »
De même, à la suite des discussions à Washington mercredi dernier entre Obama et le président polonais, Bronislaw Komorowski, en visite, les deux pays ont annoncé un renforcement de leurs liens militaires dans l’esprit de la Déclaration Américano-Polonaise de 2008 sur la Coopération Stratégique, qui inclut la coopération entre les deux armées de l’air et l’installation d’un détachement américain en Pologne.

Le ministère russe des affaires étrangères, liant la décision américano-polonaise aux révélations de WikiLeaks et au déploiement en 2009 de systèmes de défense Patriot en Pologne, a réagi ainsi : « Le véritable objectif de tout ceci soulève également des questions ». L’ironie, c’est que Komorowski a accueilli Medvedev à Varsovie juste avant son voyage à Washington. C’était la première visite d’un dirigeant russe en Pologne depuis 10 ans et les médias occidentaux ont claironné que c’était un tournant historique dans la sécurité européenne.
« Il semble que nous assistons à un vieux réflexe de l’Otan, incité par la recherche du pouvoir au détriment de la sécurité des autres pays – et le plus étrange dans cette histoire est que cela se produit après les résultats positifs du conseil au sommet entre la Russie et l’Otan et les déclarations de cette dernière que la Russie n’est pas considérée comme un adversaire… nous [la Russie] seront obligés de prendre en considération ces plans américano-polonais lorsque nous exécuterons nos propres programmes en vue d’établir des forces armées en collaboration avec nos alliés », a déclaré Moscou.

Ainsi, samedi, le sommet de l’OTSC à Moscou s’est déroulé dans un environnement politique compliqué. A l’origine, l’ordre du jour était de mettre l’accent sur l’amélioration du mécanisme de réponse de l’alliance aux crises « afin de renforcer le potentiel de l’OTSC pour répondre aux menaces et aux défis en matière de sécurité ».
Dit simplement, en juin dernier, l’Ouzbékistan a quasiment empêché l’OTSC d’intervenir dans la crise au Kirghizstan et le sommet officieux de l’alliance à Erevan, en août, avait entériné le fait que des modifications dans les statuts de l’OTSC soient apportées, « pour améliorer l’efficacité… dans le domaine de l’urgence de la riposte ». Chose intéressante, Moscou avait réussi à persuader Tachkent d’accepter la révision des statuts de l’OTSC et le président ouzbek, Islam Karimov, a participé à la réunion au sommet de samedi.
Ce sommet a approuvé une déclaration sur la coopération dans l’arène internationale. L’intérêt de Moscou est clairement de renforcer le rôle de l’OTSC au niveau international, pour contrer l’auto-projection de l’Otan, lors de son sommet de Lisbonne, d’unique organisation de sécurité mondiale. Moscou s’est également tourné vers une force collective de maintien de la paix qui pourrait mener des opérations « hors zone », sur le modèle suivi par l’Otan en Afghanistan.
Ainsi, les pays membres de l’OTSC ont exprimé la volonté d’accomplire non seulement des tâches de maintien de la paix mais aussi de « mettre à disposition, sous certaines conditions, ces forces collectives de maintien de la paix pour des opérations conduites sur décision du Conseil de Sécurité des Nations-Unies ». Le sommet de Moscou à mis l’accent sur la « coordination de politique étrangère » entre les pays membres de l’OTSC, similaire au système de l’Otan.

Il est clair que l’OTSC a pris en compte les résultats du sommet de l’Otan à Lisbonne. La participation de l’Ouzbékistan au sommet de samedi renforce la main de Moscou. Un refroidissement distinct est visible dans les relations entre l’Ouzbékistan et les Etats-Unis. Clinton, durant sa visite à Tachkent le 2 décembre, a publiquement tancé le gouvernement ouzbek. Elle a déclaré que l’Ouzbékistan devrait « mettre les déclareations en pratique » afin d’améliorer sa situation en matière de droits de l’homme.
S’adressant à un groupe de dirigeants d’ONG à Tachkent, Clinton a déclaré : « Je lui conseille vivement [à Karimov] de démontrer son engagement à travers un ensemble de mesures, afin de garantir que les droits de l’homme et les libertés fondamentales sont véritablement protégés dans ce pays. » Clinton a révélé qu’elle avait abordé avec Karimov les questions de restrictions sur la liberté religieuse, de torture et du travail des enfants en Ouzbékistan. « Nous soulevons ces questions… et nous continuerons de faire de l’amélioration des droits de l’homme en Ouzbékistan une partie intégrante de l’extension de nos relations bilatérales. »

Washington a des raisons d’être mécontente de Tachkent. Karimov a fait équipe avec la Russie pour étouffer la manœuvre étasunienne de faire de l’OSCE (Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe) la garante de la sécurité en Asie Centrale. Qui plus est, Tachkent critique désormais ouvertement la stratégie de guerre des Etats-Unis en Afghanistan.
Lors du sommet de l’OSCE à Astana, le 1er décembre, (auquel Karimov n’a pas participé) le ministre ouzbek des affaires étrangères, Vladimir Norov, a vilipendé l’OSCE et ses structures pour son « échec à avoir joué un rôle positif dans la prévention et la neutralisation des événements sanglants » au Kirghizstan en juin dernier. C’était une mise en accusation de la tentative de Washington de parachuter l’OSCE au Kirghizstan comme un substitut de l’OTSC dans la région.
La critique de Norov à propos de la stratégie d’Obama de montée en puissance [en Afghanistan] fut encore plus directe. « Il est de plus en plus clair qu’il n’y a aucune solution militaire au problème afghan et que la stratégie de règlement choisie par les forces de la coalition n’apporte pas les résultats escomptés. »


Norov a réitéré la proposition de Tachkent de trouver des solutions alternatives pour un règlement pacifique en Afghanistan au moyen de pourparlers multilatéraux sous l’égide de l’ONU. « Le contexte de l’initiative ouzbek est basé sur la reconnaissance que les affaires internes afghanes doivent être résolues par le peuple afghan, avec l’assistance des pays dont les intérêts en matière de sécurité incluent de parvenir à la fin de la guerre et d’encourager la stabilité en Afghanistan », a-t-il déclaré. Norov a insisté sur le fait que ces pourparlers devaient se tenir avec « tous les principaux camps ennemis ».

Bref, voici ce qui ressort du sommet de l’OTSC :
Premièrement, il existe un soupçon tacite et sous-jacent à Moscou sur les intentions de l’Otan. Cette appréhension se traduit par une nouvelle détermination à construire l’OTSC comme une organisation rivale, remettant en cause la tentative de l’Otan de se projeter dans l’espace post-soviétique et sa prétention à être l’unique organisation mondiale de sécurité.
Deuxièmement, les pays d’Asie Centrale sont profondément concernés par la situation qui se détériore en Afghanistan et l’échec de la stratégie de guerre des Etats-Unis. Ils se tournent vers Moscou comme garante de la sécurité régionale. Ceci s’est traduit par l’empressement à étoffer la force de déploiement rapide de l’OTSC et à rationaliser les processus de prise de décision au sein de l’alliance, afin de répondre aux urgences des situations de crise.

Troisièmement, les intentions des Etats-Unis en Afghanistan sont loin d’être transparentes et une présence militaire américaine à durée indéterminée est fort possible. Le tableau reste flou en ce qui concerne la situation exacte sur le terrain, qui se développe à la frontière entre l’Afghanistan et le Tadjikistan. En effet, les services de renseignements américains ont passé des accords secrets avec les partisans de la lutte armée d’Asie Centrale, qui opèrent à l’extérieur de l’Afghanistan, et il y a une grande méfiance vis-à-vis du projet américain de démocratie dans la région.
Quatrièmement, le sommet de Moscou a porté une grande attention sur les activités de l’OTSC dans le domaine de l’application de la loi, de la sécurité frontalière et de la politique militaire. L’empressement de l’OTSC à jouer un rôle en Afghanistan dans le scénario de l’après 2014 coule de source. Le président afghan, Hamid Karzai, se rend à Moscou la semaine prochaine. L’OTSC se tourne également vers le Pakistan, pour tisser des liens en matière de lutte contre le trafic de drogue.
Enfin, le sommet de Moscou a mis l’accent sur le renforcement du rôle de l’OTSC dans la politique étrangère. Les tentatives des Etats-Unis d’accentuer les différences entre les pays d’Asie Centrale et de jouer le rôle d’un frein diplomatique pour saper le processus d’intégration mené par Moscou dans la région ont été prises en compte. Il devient nécessaire pour les pays membres de l’OTSC de coordonner leurs politiques étrangères, s’ils veulent prendre en main les opérations de maintien de paix dans les points chauds de la planète. L’OTSC se fait l’émule de la culture de l’Otan.

En résumé, la Russie a confiance dans le fait qu’une « réinitialisation » des liens avec l’Otan est nécessaire, mais elle se sent obligée de « vérifier » sa sincérité. Ainsi que Lavrov l’a formulé, « de sérieuses questions se font jour » à la suite des tendances contradictoires de la posture de l’Otan envers la Russie. Moscou a décidé de maintenir l’OTSC comme une contre-alliance efficace – juste au cas où l’école de pensée de McCain gagnerait du terrain à Washington.


M K Bhadrakumar »



Jean Vinatier

SERIATIM 2010


Sources :
http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Russie_OTSC_Otan_Obama_Clinton_John_McCain_131210.htm
http://atimes.com/atimes/Central_Asia/LL14Ag01.html


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

samedi 11 décembre 2010

La France Marine-t-elle ? N°804 4e année

N’étant, ni un sympathisant du FN, ni pour le rétablissement de la peine de mort et ne diabolisant pas la religion musulmane, j’écris très simplement que Marine Le Pen a réussi son intervention télévisée dans l’émission animée par le tandem Chabot/Duhamel. Elle a doublement réussi à juger par les réactions de l’UMP et du PS qui n’ont plus d’autres arguments que de s’employer à répéter sa non-différence avec son père. Les ténors de l’UMP et du PS révèlent une double faiblesse d’abord parce que la rattacher à son père dont les discours souvent prémonitoires, notamment, sur l’émigration et l’insécurité se trouvent amplement confortés ; ensuite, n’avoir comme seul argument que cette filation constitue un aveu assez terrible de dépassement pour les deux partis précités.
Fâcheuse attitude dans un climat de plus en plus malsain.
Les nombreuses affaires (Karachi, frégates saoudiennes, Bettencourt/Woerth, le sursis de Jean-Paul Huchon, la gestion Delanoë…etc) qui impliquent autant l’UMP que le PS, les manœuvres et manipulations de l’opinion publique autour des candidatures ou pas de Nicolas Sarkozy et de Dominique Strauss-Kahn sont autant de sujets d’énervement. Jean-François Copé, tout brillant homme qu’il est, sait que l’unité de l’UMP est très fragile de même que l’ambiance interne au PS où les ego ne parviennent pas à fusionner. Les Français voient bien que les efforts déployés tant par le parti présidentiel que celui socialiste ne reposent pas sur une opposition de fond; la preuve étant apportée par le moment mondain organisé par BHL au Café de Flore où il célébra le 20e anniversaire de sa revue « La règle du jeu » (quel cynisme !). Il a réuni autant la droite que la gauche avec en son milieu tous les journalistes bien pensants ceux-là mêmes qui nous ont martelés de dire « Oui » lors du référendum de 2005. De là à dire que tous ces invités de la «règle du jeu » sont aux petits soins du capitalisme financier et ne jurent que par leur fascination pour la Rome américaine, il n’y a qu’un pas rapidement franchi : ce sont des vassaux !
La popularité tranquille de Marine Le Pen fait le contrepoids aux désorganisations de tous les autres acteurs. Le fondateur de Parti de gauche, le sénateur Mélenchon, qui jouit, pourtant, d’une bienveillance médiatique plus grande même lorsqu’il secoue vertement David Pujadas est un protestataire en quête d’alliances et d’une puissance qui lui font défaut alors qu’il dénonce avec plus de virulence que Marine Le Pen les errements de l’oligarchie au pouvoir. Les Verts ont les pieds dans la tourbe. Quant aux centristes, misère ! On connaissait ceux du centre-droit, ceux du centre-gauche mais depuis le dîner organisé par Jean-Louis Borloo sur le thème de la République, on a les centristes « auberge espagnole ». Et qu’y vit-on en vedettes ? Bernard Tapie, Bernard Kouchner, Gérard Larcher, Rama Yade, Bernard Accoyer. Autant de noms peu susceptibles de grandir celui qui se flatte de les convier ! Aujourd’hui, Henri Guaino, dans le Monde, s’époumone à parler de la République : s’aperçoit-il que le maître qu’il sert l’a énormément décrédibilisée ?
L’élite UMP/PS qui se trouve d’une manière ou d’une autre au pouvoir et/ou dans les coulisses, formée au même modèle économique se condamne soit par son impuissance, soit par sa morgue et quoiqu’elle fasse, elle n’apparaît que comme une force réactionnaire, agrippée à ses privilèges et prébendes : ne vit-on pas les députés et sénateurs traîner les pieds pour aligner leur régime de retraite sur celui de tous les autres citoyens ?
La France marine-t-elle ? Inconsciemment oui sur fond de chômage, de précarité, de flambée immobilière. Le ras le bol général grandit, l’impatience de même. Les manifestations de l’automne dernier qui n’ont pas profité aux syndicats, eux-mêmes bien souvent complices des réformes qu’ils critiquent et la caisse de résonance des propos de Cantona sur les banques sont-elles des braises qui n’attendent qu’un souffle de vent pour s’enflammer ? Les étudiants londoniens en attaquant la voiture du prince de Galles et de son épouse la duchesse de Cornouailles ont franchi un pas que les germanopratins ump/socialistes et bien des journalistes  ne devraient pas moquer.
En tout cas, les cantonales des 20 et 27 mars 2011 tinteront, sans doute, désagréablement pour bon nombre de conseillers généraux. Les Français marinent dans leur jus et la fille de Jean-Marie Le Pen, par son habileté engrange en silence bien des sympathies. Si l’on regarde bien, en 2012, les Français peuvent tout à fait renverser l’UMP/PS le soir du premier tour des présidentielles, en mettant aux deux premières places, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
La France marine………………………………..


Jean Vinatier
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mercredi 8 décembre 2010

Carla & Nicolas: un couple dinde? N°803 4e année

Les Indiens ont bien compris la courtoisie chinoise : pour que Nicolas Sarkozy ronronne, son épouse doit être vue divinement. Chose faite ! Surfant sur les applaudissements, la communication présidentielle a conseillé à Carla d’annoncer son souhait d’avoir un fils ? Et si ce fils naissait au début de 2012, quelle aubaine pour reconquérir les Français avec à la clef Michel Druker qui ferait une touchante émission (ne partage-t-il pas avec Jean-Pierre Pernaut, les louanges de toutes les maisons de retraite de notre pays et d’un bon nombre de nos concitoyens d’un certain âge ?) !!!
Le Président de la République, pour plaire à ses hôtes indiens et faciliter des projets de contrats a montré une grande violence envers l’Etat pakistanais oubliant que nos soldats servaient sur une bonne partie- et la plus dangereuse- de la frontière avec l’Afghanistan.
 Bref, le Président de la République qui avait consenti à passer quatre jours dans la plus grande démocratie du monde au lieu des 4 heures la dernière fois, a terminé son voyage par l’annonce de contrats fort importants mais dont le total confond, (communication oblige ?) les contrats signés avec les accords-cadres ou projets. Louis Gallois n’a-t-il pas qualifié de « n’importe quoi » la fourniture de 14 Airbus en leasing à deux compagnies indiennes ? Cet empressement est d’autant plus dommageable que du Mistral (Russie) aux avions Rafale (Brésil) en passant par Saint-Nazaire, les promesses sarkoziennes deviennent, malheureusement pour notre pays, souvent des citrouilles.
Si les 17,5 milliards ou 15 milliards de contrats annoncés n’atteignaient que la moitié le résultat n’aurait rien d’insultant tant l’Inde est une puissance où il est très difficile non seulement de conclure et de s’y développer. Mais à trop vouloir montrer qu’il peut dépasser le Président Obama qui le précédait de quelques jours à New Delhi, ne court-il pas le risque de devenir ridicule ? WikiLeaks nous le fera savoir d’ici quelques temps !!!!!!!!!!!!!!!!
Depuis l’Inde, vous avez, ainsi, un aperçu de ce que sera le battage médiatique dans les mois à venir. Rien ne nous sera épargné une fois la machine en route !
Cependant, oserions-nous écrire que comme Mme Grand, l’épouse du prince de Talleyrand, ce couple présidentiel est quelque peu dinde ?

 

Jean Vinatier
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