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vendredi 6 décembre 2019

Grève : le lendemain du 5 N°4748 13e année



Près de 3600 trottinettes détruites ou jetées en France dont 2000 à Paris ! Les ultra-écolos et les Bobos s’entredéchirent quand plus d’un million de Français sont dans les rues du pays pour dire non à une « réforme des retraites » appauvrissante pour tout le monde mais voulue par l’Union européenne, le MEDEF et une presse internationale qui feint de s’interroger sur la générosité de nos retraites. «Le calcul du point » concentre la majorité des critiques et Frédéric Lordon le démontra fort bien dans son dernier entretien (Seriatim n°4745).
Emmanuel Macron est-il au pied au mur lui qui usa de l’arme répressive comme jamais depuis la Commune de 1871 ? Depuis plus d’un an, les Gilets jaunes maintiennent une pression jamais affaiblie, au point de s’imposer aux syndicats contraints de mettre au point une manifestation. Donc ce qui s’est fait hier, est à mettre au crédit de l’action continue des Gilets jaunes. La crise générale installée en France depuis novembre 2018 ne faiblit pas, elle se développe, elle prend des formes nouvelles, elle rebondit. L’exploit est d’autant plus grand, que les colères salariales ne se coagulent pas tout à fait. Cependant plus les semaines passent, plus la proximité d’une réunion générale grandit.
Le jeu du pouvoir est de compter sur un essoufflement de la grève, une participation moindre aux manifestations prévues le mardi 10 décembre et les autres, sur des violences…etc comme il le fit avec les Gilets jaunes. Les syndicats, en leur for intérieur, aimeraient bien se placer autour d’une table, un mouvement empêché par la plus que sourde colère de la base et celle de tous les autres. Les syndicats sont la dernière paroi sociale reposant sur des adhérents en nombre très faible mais jouissant encore « d’une légalité de la colère » qu’Emmanuel Macron dénia aux Gilet jaunes.
Cette température sociale est à mesurer avec le climat international de plus en plus agité, les tensions en Europe où les populismes ont de la voilure, avec le déclenchement du Brexit si le 12 décembre Boris Johnson obtenait la majorité absolue, avec la fragilisation de la chancelière Merkel après l’élection de la nouvelle direction du SPD laquelle tentera de revoir le programme de la « Grosse coalition » et si possible éviter une élection anticipée qui rendrait, probablement, Berlin ingouvernable. La France est le dernier carré « mondialiste » européen lequel tarde à succomber parce que les Français ne comprennent pas et/ou ne veulent pas voir que tous leurs malheurs proviennent d’une Union européenne accrochée à sa seule sphère mercantilo-financière, que tous les pans de la souveraineté abandonnée par les Etats-nation ne servent pas à en bâtir une continentale : Bruxelles bannit toute Idée Politique. Sur les réseaux sociaux et sur les plateaux-télé l’accent n’est pas suffisamment mis sur le combat entre les « mondialistes » et les patriotes. Les Français entrent sur un champ de bataille ou sont partis en campagne sans chefs véritables, sans relever que leur mécontentement catégoriel n’était, en réalité, que l’arbre qui masquait la forêt et l’actuel exécutif le craint.
Emmanuel Macron, qui présidait pour la seconde fois une cérémonie funèbre, aujourd’hui à Nîmes, pour les trois secouristes de la Sécurité civile également morts en vol, n’a plus de voix quand il essaie de célébrer la France.  Il avait lancé deux cents invitations aux maires des communes touchées par les intempéries seuls 60 vinrent…..Le vide est là. Emmanuel Macron s’isole en France, ne jouit d’aucune considération à l’étranger sauf à blaguer sur le Président des Etats-Unis. Erdogan a-t-il vraiment tort quand il dit que le successeur de François Hollande est « en état de mort cérébrale » ?
Le 5 décembre était-il la première marche vers la chaos ou bien un énième soubresaut d’une population âgée où les étudiants rechignent à soutenir leurs aînés et parents ?

Jean Vinatier
Seriatim 2019


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