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mercredi 4 décembre 2019

Conséquences africaines « de la mort d’Aboubakr Al-Baghdadi » Laurence AÏDA AMMOURpar N°4746 13e année


« La mort d’Aboubakr Al-Baghdadi, une fausse bonne nouvelle pour l’Afrique Laurence AÏDA AMMOUR
L’attaque menée le 1er novembre contre la base des Forces armées maliennes (FAMA) d’Indelimane a coûté la vie à 54 soldats. Elle a été revendiquée par l’organisation Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), une branche de l’État Islamique (EI), dirigée par Adnane Abou Walid al-Sahraoui[1]. Cette tuerie a été perpétrée une semaine après l’annonce de la mort du leader de l’EI, Aboubakr al-Baghdadi, comme pour signifier que l’organisation reste puissante et opérationnelle.
Ce que nous dit cette attaque meurtrière, c’est que si l’EI a été décapitée, l’organisation n’est pas morte. L’attaque contre les FAMA démontre que l’EI poursuit et intensifie ses activités en Afrique.
L’expérience a déjà montré à quel point les organisations djihadistes font preuve d’une incroyable résilience et qu’elles sont capables de se relever d’un tel évènement. Cette victoire militaire ponctuelle n’est pas une victoire idéologique.
N’oublions pas ce qui s’est passé à partir de 2011.
Cette année-là, les soulèvements populaires nord-africains ont littéralement pris de cours Al-Qaïda central puisqu’ils démontraient que le changement pouvait se faire en son absence.
L’année suivante, l’organisation subit de lourdes pertes en Asie avec l’élimination de Ben Laden en mai à Abottabad, de Abou Hafz Al-Shahri en septembre au Waziristan, de Badar Masour chef d’Al-Qaïda au Pakistan en février, de Tariq Al-Dahab au Yémen le même mois et de Abou Yahia Al-Libi, numéro deux d’AL-Qaïda, en juin au Waziristan. 
Al-Qaïda a alors eu besoin d’une visibilité nouvelle pour survivre et pour conserver sa pertinence.
A l’époque, de nombreux analystes prévoyaient l’affaiblissement des groupes extrémistes violents en Afrique du Nord et au Sahel. C’était sans compter sur l’opportunité qu’a représenté la multiplication des foyers d’instabilité qui a suivi ces soulèvements et la propagation de cette instabilité à des territoires qui ne furent pas directement concernés par ces soulèvements.
L’organisation a eu tôt fait de profiter de ce contexte pour devenir partie intégrante des bouleversements en cours. Un tournant décisif pour al-Qaïda qui a su exploiter la désertion massive de ses militants en Asie pour les acheminer vers l’Afrique.
A commencer par la Libye. »

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019

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