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dimanche 26 juillet 2015

Grèce : les BRICS sur le mont Pagnotte N°3190 9e année



Les médias ont rapidement balayé les plans B et C d’Alexis Tsipras qui prévoyaient d’en appeler à la Russie (plan B), à la Chine (plan C) afin de soutenir la sortie de la Grèce de la zone euro. Il a été dit que Moscou et Pékin ne donnèrent pas suite à cette demande successive, une déconvenue entraînant le Premier ministre grec dans une acceptation totale des exigences de la Troïka.
Quelle est la part du vrai et de l’inexact ? Faute d’être la petite souris, nous sommes réduits à l’expectative. Si, dans Seriatim il a été suggéré qu’un avenir pouvait se découvrir dans le cas d’une sortie de la Grèce de la zone euro, il ne faut pas oublier que les joueurs d’échec et de go, russe et chinois, ont également leur part respective de vision et de calcul, stratégique, tactique. Il est vraisemblable que la Russie et la Chine ne considèrent pas le plan européen comme solide : Athènes vient de solliciter, une fois encore une aide auprès du FMI ! En Allemagne, nombreuses sont les critiques à l’encontre d’Angela Merkel pour sa faiblesse. Si l’on résumait, seule la France de François l’Audacieux se réjouirait de l’accord intervenu et n’y verrait la moindre défaillance à terme.
A la vérité, l’accord du 13 juillet, fut un non-choix et le fut, initié et commandé par une puissance étrangère, les Etats-Unis, effrayés de voir s’avancer la Russie en Europe orientale via la Grèce. Cet accord ne fut pas européen mais américain. Si Berlin avait gardé sa logique et avec, l’Europe « hanséatique », à tort ou à raison, nous eussions vu ce choix comme le fait d’une puissance de l’Europe avec sa zone d’influence, agissant selon ses intérêts propres. Au lieu de quoi, nous eûmes une soumission. Quant à la Grèce sollicitant l’aide de la Russie et de la Chine, il a manqué une volonté révolutionnaire, ce qu’attendaient précisément les deux puissances, ce franchissement du Rubicon en dépit du danger. En un mot, Alexis Tsipras n’était pas vu comme volontaire mais velléitaire. Ces événements n’empêchèrent pas Vladimir Poutine d’en jouer avec Barack Obama afin d’avancer ses propres pions dans les affaires : iranienne, syrienne, ukrainienne. Comme il a été écrit dans Seriatim, la Grèce est depuis longtemps une boule dans le jeu géopolitique et les BRICS font comme les Rois de France dans la forêt d’Halatte, ils se placent sur le mont Pagnotte d’où ils peuvent regarder la chasse sans y participer…..


Jean Vinatier
 Seriatim2015

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