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dimanche 2 décembre 2018

Macron : la sécession du peuple ? N°4595 12e année


La violence est naturelle à l’homme, la refouler trop la décuple au risque quand elle surgit de ne pouvoir l’endiguer.
Les violences intervenues dans toute la France dont Paris, qualifiées par Le Figaro « d’incidents » atterrent nombre de commentateurs mais, quand on reprend le livre d’images de Paris au lendemain de la semaine sanglante de mai 1871, ce qui est arrivé, hier dans la capitale, apparait faible.
Les images, cependant, témoignent de ce surgissement, de la rencontre des colères légitimes du peuple et des casseurs dont la moitié émargerait à la préfecture ou dans des officines du ministère de l’Intérieur. Les habitants des VIIIe, XVIe habitués à ne regarder les manifestations que comme des humeurs faubouriennes vers la République, la Bastille, se réfugièrent dans leurs caves tétanisés par le bruit du monde réel. Cette morgue si peu masquée de Paris, qui a voté Macron/Hidalgo, pour ces « riens », ces « classes laborieuses » et pourquoi pas dire les « classes dangereuses » que seraient les gilets jaunes, ne tireront pas la leçon de ce qu’ils vécurent un moment, ils s’arc-quebouteront. Une leçon de l’automne 2018 est le retour immédiat, brutal de la haine du bourgeois ou bobo pour celui qui n’est pas son identique. D’un coup, on est sous Louis-Philippe, l’imposteur de 1830. J’ai entendu ici et là, dans les commerces, les rues, et différents lieux des phrases parfois odieuses envers les gilets jaunes, ces Français qui souffrent et peinent. Ces mêmes gens qui couvrent d’éloges les migrants, abominent leurs compatriotes. Il ne faudrait évidemment pas que s’opposent migrants et Français quoiqu’il faille bien remarquer que les Français gilets jaunes sont blancs, sauf à La Réunion et la Martinique où c’est l’inverse. Nous sommes face à une révolte de la France non urbaine, très longtemps silencieuse, patiente, votant pour ceux-là même qui les mettent, aujourd’hui, dans les rues. C’est une France qui a cru malgré les doutes, les interrogations, que le lendemain meilleur arriverait. La politique de la transition écologique ou énergétique qui prend le relai de la politique présidentielle depuis mai 2017 et qui annonce en rafale des hausses, en janvier, juillet 2019 auxquelles s’ajouteront les chocs du prélèvement à la source qui abaisseront les revenus, est un coup de Thor sur les cranes français électrisés.
Sur un plan politique pour reprendre la main, alors même qu’il vient de répéter qu’il ne changerait pas de cap, Emmanuel Macron dispose de peu d’outils. Le renvoi d’Edouard Philippe ne résoudrait rien, pas davantage que la promulgation de l’état d’urgence qui afficherait un état de faiblesse et reconnaitrait aux gilets jaunes une puissance considérable. Une dissolution de l’assemblée nationale ne serait pas davantage une solution car elle remettrait en selle les partis, socialiste, républicain, les mêmes qui firent d’une certaine façon Emmanuel Macron et aboutirait à une cohabitation où seraient anciens partis et LREM. Peut-il renoncer aux taxes ? S’il le fait, il se déjugera. S’il ne le fait pas, il est face à un inconnu, au vide. Quant aux syndicats, ils sont décrédibilisés : la manifestation gilets jaunes de la CGT a échoué lamentablement….
Le surgissement du peuple français en gilets jaunes, les bonnets phrygiens de 2018, ne répugnant ni aux barricades, ni à la violence nécessaire faute d’être considéré, entendu est un fait politique.  Il n’est guère éloigné le moment où s’avancera la question identitaire. La violence avec laquelle Emmanuel Macron qui n’épargna aucune insulte aux Français, pense à la fois complaire à Bruxelles pour les 3%, à Berlin au nom d’un couple abstrait, à l’ONU à Marrakech le 10 décembre  pour mettre au même migration et droit de l’homme tout cela pour un bonheur vert nous amène à la situation présente.
Ce n’est pas le peuple français qui est violent mais bien Emmanuel Macron avec son sourire sardonique qui est le chaos. Que le peuple français inconsciemment ou pas se mette en état de sécession ne peut surprendre historiquement : n’est-ce pas la bourgeoisie libérale qui le berna en 1789, lui chipa 1830, le massacra sous Louis-Philippe, en juin 1848, en mai 1871 ? Une si longue suite d’abus, d’humiliation, de punition use la patience, le Français ne courbe plus l’échine, rompt la servitude volontaire et se rebelle : n’est-il pas souverain ?

Jean Vinatier
Seriatim 2018




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