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mercredi 6 octobre 2010

Grèce, Moldavie, Serbie : apéritifs chinois avant festin ? N°760 4e année

Hier, Arte, a diffusé deux reportages consacrés à la Chine dont le premier rapportait l’installation d’entrepreneurs et de travailleurs chinois dans le port de Hambourg. Le détail intéressant était le suivant : savez-vous comment les Chinois caractérisaient cette ville allemande ? Han Bao ce qui signifie, château des chinois ou place forte. Il serait tout à fait opportun de connaître de quelle manière les autorités pékinoises qualifient des cités comme Paris, Moscou, Londres, New York, Los Angeles…etc.
En décembre 2009, Seriatim notait le soudain intérêt de la Chine pour la Grèce, déjà empêtrée dans les difficultés générées par son déficit. Un an après et à la veille d’une réunion sino-européenne, Rémy Godeau directeur de la rédaction de l’Est Républicain a publié un fort bon édito :
« Parfois, un détail cache un bouleversement historique. Ainsi la Chine s'est-elle dite prête à aider la Grèce, en faillite. À la veille du sommet sino- européen, cette offre tient du baiser du diable. Depuis trente ans, l'Empire du Milieu suit une stratégie de rattrapage économique aussi cynique qu'implacable. Elle se base sur une triple offensive. Un : sécuriser l'accès aux matières premières. Deux : devenir la locomotive de l'Asie, pour mieux disputer aux États- Unis le leadership sur le Pacifique. Trois : détourner savoir-faire et technologies de l'Occident afin de devenir premier exportateur mondial, sans craindre de laminer nos industries. Menée d'une main de fer, sans souci de coopération internationale, la tactique a réussi au-delà des espoirs. Les enfants de Mao sont des capitalistes hors pair. Et d'abord grâce à la sous- évaluation du yuan qui a permis d'inonder le monde de « made in China ». À la tête de 2 400 milliards de dollars, Pékin a beau jeu de proposer son soutien à Athènes. Non sans arrogance, elle exige des contreparties commerciales. Le prix de la survie avant le coup final. Car la volonté de la Chine est bien de diviser l'Europe pour mieux y régner. En chinois, crise (weiji) ,signifie danger et opportunité. »
Un des lecteurs Français de Seriatim installés prés de Pékin m’a écrit au sujet du refinancement de tout ou partie de la dette grecque et il observait ce qui suit :
« (1) Cette fois, c’est entendu, l’Union européenne montre son incapacité à s’accorder sur un apport en ressources à ce pays, ce qui légitime des doutes sur une union monétaire imprécise sur ces objectifs.
(2) Pour l’année en cours, 27 % des Emprunts d‘Etat des pays de l’union européenne ont été souscrits par la Chine. Cette situation n’est pas sans conséquence, notamment, en rapport avec les exigences fixées par Pékin à toute nouvelle souscription d'emprunt :
a) Accélération des transferts technologiques (sensibles) vers la Chine, laquelle situation aggrave la désindustrialisation de la France ;
b) Demande par la Chine de la suppression des quotas (notamment dans le domaine textile et alimentaire) ce qui accroît la détérioration de notre balance commerciale (avec des risques sanitaires) ;
c) Augmentation du cours de l’Euro (même constat) ;
d) Acceptation de la non-réévaluation du Yuan (même constat).
En somme, non seulement notre indépendance économique devient totalement inexistence mais nous sommes peu ou prou soumis au diktat de l’étranger. »
La Serbie, la Moldavie (financement d’un pont sur le Danube déjà surnommé le « China bridge ») concentrent une partie des calculs du pays du Petit livre rouge. Séduire des Etats situés en marge de l’Union européenne et/ou qui attendent leur ticket d’entrée est une politique parfaitement habile et cynique. D’ailleurs, l’ensemble de l’Union européenne est à prendre puisque à défaut d’être une puissance politique, elle est exclusivement mercantile. L’Allemagne a un statut à part. La puissance de son industrie délocalisée juste de l’autre côté de ses frontières alliée à une politique de salaires plus faible par exemple qu’en France lui donne une capacité d’exportation redoutable. Avec tout cela, l’Allemagne pratique consciencieusement une diplomatie de voyageur de commerce, ni plus ni moins. Pour le gouvernement chinois, une semblable nation est la perle rare. Berlin jouera donc un rôle clef, Paris n’étant qu’un wagon parmi les autres…..
Entre le mépris affiché par Washington pour l’Union européenne et les appétits chinois sans oublier la géostratégie énergétique russo-turque, les 27 pays de l’Union ont du souci à se faire. Et l’euro ? A l’instar du Yen, l’Euro est un bas de laine que la banque chinoise peut remplir en convertissant une partie de ses dollars.

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Source :

Sebastian Bruck: “A dragon-tailed Trojan horse?”

In Seriatim:

Grèce : la Chine en sauveur, décembre 2009

Moldavie: débarquement chinois août 2009

Serbie: Pyrrhus victorieux? Février 2008

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