Info

Nouvelle adresse Seriatim
http://www.seriatim.fr

mardi 14 janvier 2020

« Puissance et impasse de l’européisme en France par Éric Juillot » N°4791 14e année


« Dans l’ordre idéologique, la situation actuelle de la France relève d’un paradoxe : l’européisme domine de manière hégémonique les mondes politique, médiatique et académique, il creuse depuis plus de trente ans un profond sillon dans la vie politique nationale — jusqu’à en déterminer au grand jour le cours et même la finalité —, alors même qu’il est minoritaire au sein du corps électoral et que les choix politiques auxquels il a conduit se sont tous révélés néfastes, sinon catastrophiques pour notre pays [1].
À quoi tient donc la force de l’européisme, pourquoi est-il encore l’idéologie dominante, largement imperméable à ses échecs ?

Un noyau dur : « L’Europe » salvatrice et rédemptrice

Comme toutes les idéologies, l’européisme repose sur un certain nombre de croyances, érigées en certitudes absolues et rationnellement étayées par des arguments supposément objectifs. L’ensemble ne produit pas vraiment un système, où chaque idée s’agencerait dans un tout cohérent et hiérarchisé, mais ce n’est pas là une exigence indispensable à la solidité de l’édifice idéologique. En fait, le flou des contours et l’incertitude quant aux tenants et aboutissants du discours idéologique contribuent à le renforcer ; il prospère bien plus sur des éléments de croyance que sur des arguments passés au feu de l’examen critique distancié.
La domination actuelle de l’européisme en constitue un exemple flagrant : depuis trente ans, la rhétorique pro-Union Européenne n’a jamais dépassé le stade du lieu commun généraliste ; les mêmes arguments tournent en boucle en dépit de leur indigence ; ils sont repris sans sourciller par chaque nouvelle génération de militants, convaincus — à raison apparemment — que l’exaltation et la ferveur rendent superflue l’épaisseur argumentaire [2].
Cela permet à ce discours de s’étendre à grande échelle plus efficacement que ne le ferait un système, dont la netteté rationnelle susciterait facilement des prises de position tranchées susceptibles d’alimenter un débat de fond forcément préjudiciable à la cause. Quiconque observe l’européisme de loin, sans en distinguer les contours, peut y adhérer mollement, sans trop y penser ; quiconque l’observe de près dans le cadre d’un examen critique est obligé de constater ses vices et ses failles. »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2020


Aucun commentaire: