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lundi 25 novembre 2019

5 décembre : D-Day ? N°4735 13e année


La grève générale est annoncée depuis si longtemps que tout le monde semble en avoir pris son parti et la raille. C’est un peu comme si on avait averti Louis XVI en juin de l’assaut de la Bastille le 14 juillet…Pour Emmanuel Macron, il s’agirait du défilé des privilégiés, pour Richard Ferrand d’une manifestation de la « neurasthénie ».
Il est plaisant d’entendre le successeur de François Hollande, mis sur orbite par la conjuration des opulents de France et de l’étranger qualifier la critique de la réforme des régimes spéciaux, de colère des privilégiés ! Il est beaucoup moins drôle de regarder fanfaronner un Richard Ferrand aux casseroles judiciaires multiples. Tout se déroule comme si le pouvoir se repositionnait  crânement un an plus tôt à la veille du surgissement des Gilets jaunes.
La France est une nation difficile à gouverner car très surprenante dans sa manière de réagir. Le Français sait rester calme tout en grommelant et puis, boum, le voilà qui lève des barricades, part chercher le Roi.
Les clercs qui nous fustigent plus qu’ils nous gouvernent croient leurs murailles invincibles et avancent sans se soucier le moins du monde des événements périphériques, latéraux, indifférents au monde réel. Il y a quelque chose de dramatique, de tragique dans cette façon d’aller le gourdin levé, le regard narquois.
Les Gilets jaunes ont renversé plus qu’ils ne le pensent et plus que le pouvoir le croit. Ce n’est pas de l’ordre du nombre chaque samedi, c’est de l’ordre psychologique. Psychologiquement le Français n’est plus le même et les ardeurs policières n’y changent rien, bien au contraire. En douze mois, le Gilet jaune s’est aguerri quand la défense du maintien de l’ordre en tant que tel si cher aux chefs des CRS et gardes mobiles a perdu de sa légitimité, de sa justification.
Un roi ou un président ne tombe pas forcément pour sa politique générale, il choit plus pour des comportements, des détails vus comme des abus dont la succession ininterrompue énerve un peuple fondamentalement politique.
Bien imprudemment le pouvoir actuel laisse publier des articles sur les sentiments du couple présidentiel et de ses états d’âme sans qu’un mot ne soit adressé à ceux d’en bas. Bien pompeusement l’exécutif présente les élections de 2022 comme un évident affrontement entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Bien inopportunément, le Chef de l’Etat, en lançant des sujets de tension (voile, communautarisme, migrants, religion, lois« progressistes …etc) apparait en diviseur, de même sur la scène internationale, il ne mesure pas ses dires, ne les assume pas et se voit corriger tel un collégien par la chancelière allemande.
Il est dangereux d’être à la fois détesté à l’intérieur et moqué à l’extérieur.
La réforme des retraites, un sujet anxiogène par nature davantage encore pour une population majoritairement âgée, a tout pour catalyser, rendre son objet abrasif dans le moment où les Français voient se brouiller tous leurs repères identitaires en tant que patrie et que nation.
Le 5 décembre est une prise de risque. Il en sera un feu de paille ou bien une trainée de poudre…..

Jean Vinatier
Seriatim 2019

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