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mercredi 27 novembre 2019

Mali : treize soldats français tombés N°4738 13e année


Le député de La France Insoumise, Bastien Lachaud n’a pas du tout rompu l’unité nationale lors de son intervention à l’Assemblée : il a simplement demandé des explications, pourquoi a-t-il été le seul ?

Dans le vaste espace sahélo-saharien, au Mali, les treize officiers et sous-officiers décédés lors du choc de leurs hélicoptères alors qu’ils poursuivaient un ennemi rappellent tragiquement que la France dans le cadre de l’opération Barkhane est, à la fois seule1 et sous le regard attentif de l’armée américaine. Depuis 2014, avec une force de plus de 4000 hommes, la France sécuriserait au Sahel (et aussi un peu au Sahara) une aire de plus de 3000 kilomètres, affronterait des ennemis djihadistes (Etat islamique, AQMI, Al-Mourabitoune) qui conduisent des opérations de guérilla à la fois hors les villes et dans les agglomérations. La France ne dispose pas de beaucoup d’aide militaire des pays africains concernés dont au premier chef le Mali à la politique ambiguë notamment vis-à-vis des Touaregs. Rendre hommage ou saluer l’exploit de nos soldats, de leur parfaite connaissance  historique du terrain historique ne suffit plus d’autant plus qu’un second front tout aussi dangereux se développe celui où Boko Aram sévit : Tchad, Niger, Nigéria, nord-Cameroun.
Le grand danger serait, à terme, que la France et les soldats africains surtout tchadiens se retrouvassent pris en étau entre les djihadistes du nord et ceux de Boko Aram.

Je publie une analyse de Bernard Lugan, Sahel et maintenant que faire ? en date du 7 novembre qui met bien tout en perspective :

« Au Sahel, dans la même semaine, un militaire français a été tué, les armées du Mali et du Burkina Faso ont subi plusieurs graves défaites, perdant plus d’une centaine de morts, cependant que cinquante travailleurs civils employés d’une mine canadienne ont été massacrés au Burkina Faso, un pays en phase de désintégration. Même si la France annonce avoir tué un important chef jihadiste, la situation échappe donc peu à peu à tout contrôle.

La réalité est que les Etats africains faillis étant incapables d’assurer leur propre défense, le G5 Sahel étant une coquille vide et les forces internationales déployées au Mali utilisant l’essentiel de leurs moyens à leur autoprotection, sur le terrain, tout repose donc sur les 4500 hommes de la force Barkhane.

Or :
1) Avons-nous des intérêts vitaux dans la région qui justifient notre implication militaire ? La réponse est non.
2) Comment mener une véritable guerre quand, par idéologie, nous refusons de nommer l’ennemi ? Comment combattre ce dernier alors-que nous faisons comme s’il était surgi de nulle part, qu’il n’appartenait pas à des ethnies, à des tribus et à des clans pourtant parfaitement identifiés par nos services?
3) Quels sont les buts de notre intervention ? Le moins que l’on puisse en dire est qu’ils sont « fumeux » : combattre le terrorisme par le développement, la démocratie et la bonne gouvernance, tout en nous obstinant, toujours par idéologie, à minorer, ou parfois même, à refuser de prendre en compte l’histoire régionale et le déterminant ethnique qui en constituent pourtant les soubassements ?
4) Les Etats africains impliqués ont-ils les mêmes buts que la France ? Il est permis d’en douter…

L’échec est-il donc inéluctable ? Oui si nous ne changeons pas rapidement de paradigme. D’autant plus que le but prioritaire de l’ennemi est de nous causer des pertes qui seront ressenties comme intolérables par l’opinion française.
Dans ces conditions, comment éviter la catastrophe qui s’annonce ? »
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019

Note :
1-Il y aurait 50 soldats estoniens et une force d’appoint britannique : 3 hélicoptères et 90 hommes de la RAF.

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