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jeudi 21 novembre 2019

« Moyen-Orient : la responsabilité politique face aux troubles communautaires par Hamit Bozarslan » N°4725 13e année

Entretien du 4 novembre 2019 avant la révolte iranienne et pendant celles, libanaise et irakienne

 « Hamit Bozarslan est docteur en histoire et en sciences politiques, et directeur d’études à l’EHESS. Dans cette analyse très riche, il dresse un vaste panorama de la région, en proie à des troubles communautaires, en posant la question de la responsabilité politique. Il évoque tout d’abord l’année 1979, année pivot pour la région, ainsi que la problématique des pouvoirs du Moyen-Orient. Plusieurs focus sont ensuite réalisés, en lien avec les événements actuels : la question des Kurdes au regard de la décision de Donald Trump du retrait des troupes américaines du Rojava, et le positionnement de la Turquie et de la Russie dans ce contexte ; les événements Arabie saoudite-Iran ; la situation actuelle au Liban. Il revient également sur la question des femmes et de l’écologie.

Vous présentez l’année 1979 comme une année pivot de l’histoire du Moyen-Orient avec la Révolution iranienne et l’occupation de l’Afghanistan débutant une guerre de quarante ans. En quoi sommes-nous encore dans cette temporalité ? 

Jusqu’en 1979, les régimes de contestation au Moyen-Orient étaient largement déterminés par la gauche, et cet espace faisait alors partie d’un mouvement tricontinental avec l’Asie et l’Amérique centrale. Une entité imaginaire et réelle mais qui déterminait la syntaxe politique de la période. Ensuite, entre 1979-1980, il y a une rupture. Avec la Révolution iranienne et la guerre en Afghanistan, nous entrons dans une période où la contestation au Moyen-Orient se pense principalement en termes islamiques, ce qui induit un rétrécissement de l’universel. Ainsi, les mouvements contestataires ne luttent plus contre l’impérialisme mais partent de l’opposition entre la « maison de l’islam » et la « maison de la guerre » soit l’Occident. Symboliquement, cette rupture marque la fin de la contestation de gauche au Moyen-Orient. De plus, suite à 1979, on entre dans un cycle de contestation d’une extrême violence : la Révolution iranienne puis la guerre Iran-Irak est très brutale, tout comme la guerre en Afghanistan. Tant la matrice contestataire chiite qui mènera à la formation du Hezbollah libanais que la matrice sunnite conduisant à la mouvance Al-Qaïda ont émergé à ce moment là. On ne peut pas comprendre l’état de fait actuel des contestations islamiques au Moyen-Orient sans prendre en compte cette année pivot. Il faut aussi mentionner la guerre civile libanaise qui débute elle en 1975. Elle est un lieu de refuge et de fondation politique comme pour le PKK kurde. Il ne faut pas oublier que la première guerre du PKK a lieu en 1982 contre l’État d’Israël. Ainsi l’année 1979 acte un changement radical des lignes de force politiques, et constitue une année rupture lorsqu’on remonte la généalogie des mouvances islamiques. 
La suite ci-dessous : 
https://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Hamit-Bozarslan-La-question-de-la-responsabilite-politique-dans.html

Hamit BOZARSLAN - Moyen-Orient 1979-2019 : une guerre de quarante ans ? 12 juin 2019 
Jean Vinatier
 Seriatim 2019

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