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dimanche 10 novembre 2019

Quinquennat voilé, Président tragique N°4700 13e année


Pendant l’instant turc en Syrie kurde et avant son déplacement dans l’Empire du Milieu, le successeur de François Hollande a réservé à The Economist, encore en tenue Obama (chemise blanche, manches retroussées) ses opinions urbi et orbi dans un contexte intérieur et extérieur au-delà du négatif.
A l’intérieur, quelques temps après son  désastreux déplacement à Mayotte, aux îles Eparses, à la Réunion où Emmanuel Macron entouré par les colères des foules, les grèves, les violentes répressions policières, ses maladresses tactiles vit  ses ailes rognées : ni sa jactance, ni son arrogance, ni sa suffisance n’y purent rien. Pendant ce temps, le Premier ministre mirait à la Guadeloupe les algues sargasses. De l’Océan indien à la mer des Caraïbes, l’exécutif était aux antipodes, loin du centre politique, en quête de vent favorable, de gouvernail aussi. Le Président de la République et le Premier ministre, ne serait-ce que par la livraison quotidienne de la liasse des notes blanches et désormais par une lecture plus attentive que d’ordinaire, ne peuvent plus éviter du regard la tournure béante du quinquennat.
Les contestations sociales s’étendent du plus bas de la société aux étages élevées mais sans quelles se rejoignent, l’islam est associé à  un communautarisme d’où surgirait un idéal tribal. C’est une nation française lardée de coups, d’agressions, de violences, notamment policières (gilets jaunes, pompiers), auxquelles participent des lois progressistes qui effacent, aujourd’hui, le père avant la mère, demain. Toute notre Histoire prend un aspect trouble et fangeux, brouillant et désarticulant notre identité nationale. Le peuple, au fil des siècles, habitué à la souveraineté et à la patrie qui en est le juste et indispensable corollaire, s’insupporte de ces discours victimaires des minorités sans cesse exaltées, parées des plumages les plus heureux et devant lesquelles, le Français cesserait d’être le premier pour celui d’un second serviable repentant.
A l’extérieur, l’influence française rappelle le maréchal de Soubise cherchant à la lanterne son armée après le désastre de Rossbach : humiliée en Syrie, moquée, en Union européenne, en Turquie, en Iran, aux Etats-Unis, en Chine où le Président Xi Ping a mesuré l’exactitude de notre état quand la Russie fait mine de croire au tournant moscovite de l’Elysée et sourit sous cape de l’éventuel transfert du corps du général Gudin. Quant à nos soldats attaqués avec une violence accrue au Sahel, ils réussissent encore avec des moyens dérisoires à tenir un front anti-Boko-Aram et consorts : pour combien de temps ?
C’est peu dire que les remarques d’Emmanuel Macron livrées à The Economist, si parfois elles sont justes, notamment, sur l’OTAN et l’Union européenne, n’ont, in fine, que la puissance d’un taureau aux cornes d’escargot s’énervant dans une arène au public nullement approbateur.
Emmanuel Macron ne comprend toujours pas qu’une Politique n’est pas qu’une communication permanente, qu’une bonne politique s’établit avec les réalités, patriotiques, économiques, démographiques, l’appui de la nation, la pleine maitrise de sa souveraineté et la foi. Il ne sert à rien d’évoquer à tout bout de champ, par exemple, la défense européenne quand l’Europe n’existe pas. L’Union européenne n’ayant pas vocation à se définir comme une souveraineté, elle n’est qu’une aire géographique, mercantile et humaine. L’Allemagne qui célèbre simplement la chute du Mur de Berlin a plus en vue la manière de recouvrer tous les attributs de sa puissance que de s’abandonner à une rhétorique utopique chère au successeur de François Hollande. Il faut bien mesurer la popularité des séries historiques de qualité en Allemagne sur Guillaume II et l’héroïsme de l’armée pendant la seconde guerre mondiale sans référence directe au régime d’alors.
Emmanuel Macron, quand il dénonce l’OTAN « en mort cérébrale » n’entend ni la quitter, ni la refonder, il croit être écouté en anglais. Il est convaincu que les réflexions en langue anglo-américaine sont les seules légitimes, biffant d’un trait tout ce que l’Europe continentale a produit pendant des siècles. Il vit et se pense en anglais, il n’a envers la France qu’une condescendance historique et linguistique.
Emmanuel Macron affirme que l’Union européenne est « au bord du précipice » : sa vue n’est pas mauvaise. Quels actes propose-t-il ? Rien. Quel poids peut-il avoir auprès des membres de cette Union alors qu’il est, chez lui, le Président le plus impopulaire et haï depuis un siècle au moins ? L’Union européenne est, c’est vrai, totalement désarmée politiquement face à la montée de la religion musulmane, de géants nationaux qui raisonnent impérialement: Etats-Unis, Russie, Chine, Iran, Inde, Royaume-Uni (une fois le Brexit acté). Et l’Union européenne ne peut rien faire étant sans but souverain, sans Politique stratégique sans pensées identitaires, se berçant avec son « doux commerce » qui rendrait le loup agneau. Même sur les flux migratoires, elle ne dispose pas de ce qui la force d’un Etat, trop d’intérêts contradictoires s’activent. Aujourd’hui, l’Union européenne est perçue par les migrants  comme un garde-manger d’où surgit une fontaine monétaire abondante, permanente.
L’entretien accordé à The Economist par Emmanuel Macron par ses remarques et formules ont beaucoup de l’aveu, et impriment davantage la dimension tragique du Président Macron à l’image voilée au terme de sa première partie du quinquennat.




Jean Vinatier
Seriatim 2019

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