Quand la France s’enflammait autour de la loi sur l’immigration,
à Bruxelles les Vingt-sept, dont la France, s’entretenaient sur un pacte
migratoire et s’accordaient sans défaillance ni italienne (Meloni) ni
hongroise (Orban)… A moins de deux heures de train, le Palais-Bourbon était un théâtre
des variétés mélodramatiques sous les rires narquois du RN qui s’amusait de la
façon dont il avait emmené le « en même temps » présidentiel dans une
nasse…Une nasse mais de comédie.
En fait, il s’agissait de faire croire aux Français que
notre Etat avait encore la main sur les flux migratoires, de masquer le choix
européen et de nous rejouer comme à l’époque du mariage pour tous, une illusion
de souveraineté.
Que le Conseil Constitutionnel tacle ou pas cette loi votée
non promulguée, nous savons tous qu’in fine, le dernier mot reviendra à l’Union
européenne. Regardons bien ce qu’il en sera pour le nouveau parlement
néerlandais qui a voté la reprise de sa maitrise des flux migratoires… :
Bruxelles ne restera pas les bras croisés
Bien des commentateurs ont dit la victoire tactique du RN (exact),
la défaite nette d’Emmanuel Macron (exact) et les sondages placent évidemment
le parti de Marine Le Pen très haut (il en est ainsi à chaque fois) le sera-t-il
en avril 2024 ?
Il faut bien convenir que la majorité française a acté l’acceptation
du cadre fixé par l’Union européenne, seuls les partis souverainistes s’y
opposent et ne recueillent que des suffrages mineurs faute de proposer un autre
projet européen. Il y a les souverainistes partisans d’un FREXIT pur et dur
(UPR), ceux qui mélangent problématiques migratoires et incurie européenne mais
sans proposer une sortie (pas davantage de l’OTAN) (Eric Zemmour, Marine Le Pen…etc).
En réalité, la situation est bloquée, la marge de manœuvre bien ferrée.
Le retournement de veste de Giorgia Meloni sans oublier les
discours bonimenteurs de Viktor Orban qui manœuvre tel un Erdogan pour obtenir des
choses que le public ne connait pas, ne prédispose pas l’électeur français à des
sauts dans l’inconnu. Aujourd’hui, la voix souverainiste ne pourrait être
entendue que dans une géographie européenne.
Tout ce brouhaha politico-médiatique avec une démission ministérielle
d’Aurélien Rousseau qui a visiblement oublié la réalité bruxelloise, ne débouchera
pas sur de grands changements hormis la mise en évidence de la fragilité du « en
même temps » et d’un Chef de l’Etat qui enrageant de ne pas pouvoir se
représenter en 2027 « attendrait » des tragédies pour avoir une
modification constitutionnelle. Convenons que cela donne une ambiance mauvaise
avec tout de même le mérite de faire sortir les loups des bois, ainsi, les ONG
qui profitent des largesses étatiques pour « manager » les migrants
(terme qui devient général puisqu’il met dans le même sac, les exilés comme les
étudiants), de remontrer une gauche et une droite qui du fait européen, de l’Otan,
de la doxa, libéralo-sociétale tendance wokiste sont en définitive très proche…là encore bien
des illusions pour les électeurs !
Jean Vinatier
Seriatim 2023