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vendredi 2 octobre 2020

L’Europe, le monde et l’histoire avec Serge Gruzinski N°4972 14e année

« Le 29 novembre dernier, l’historien Serge Gruzinski a reçu le Prix Paule Dumesnil, décerné par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, “pour l’ensemble de son œuvre sur la colonisation en Amérique, et en particulier pour son dernier ouvrage intitulé : La machine à remonter le temps. Quand l’Europe s’est mise à écrire l’histoire du monde” (Editions Fayard, 2017). Dans cet ouvrage, comme dans l’entretien qu’il nous a accordé, il s’appuie sur la colonisation du Mexique par Hernan Cortès pour mener une réflexion plus vaste sur la façon dont l’Europe, entrant dans la modernité, s’est mise à écrire l’histoire du monde. Comme il l’explique, ces événements éclairent singulièrement le défi que représente, pour notre continent, le sentiment de n’être plus le centre de l’histoire mondiale. »

Audio :

https://www.canalacademie.com/ida12325-L-Europe-le-monde-et-l-histoire.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

 

France : séparatismes, distanciations, rideaux baissés N°4971 14e année

L’Etat allonge la liste des mesures coercitives pour lutter contre une seconde vague de covid provoquant fermetures et baisses de rideaux dans des grandes villes dont Paris et Marseille, incitant les gens à davantage de distanciation sociale, et voilà qu’arrive comme un cheveu sur la soupe un projet de loi contre les séparatismes.

Quand un projet de loi entend lutter contre les séparatismes dont il fait une liste, il affiche un échec, le peuple français étant un et indivisible. Quel est l’intérêt de lister les séparatismes quand l’Etat dispose de tout l’appareil législatif pour que l’unité et indivisibilité prévalent ? Cette façon d’ajouter en faisant croire à du neuf, affaiblit et reconnait aux séparatistes un terrain qui même borné par la loi ne pourra selon eux que grandir. N’est-ce pas une manière pour l’Etat de se placer en négociateur face aux séparatismes et par conséquent d’en admettre leur force incontournable ? Par ce projet Emmanuel Macron acte une réalité, le séparatisme et espère tel un constructeur de digue que cette protection retardera la prochaine inondation !

 

Naturellement ce projet de loi est avancé comme un acte fort de l’Etat et de la République : mais l’acte fort eut été de n’en pas faire ! Voilà trente, quarante années de négligences renouvelées, de suivisme dans nouveaux principes, de passivité face à des lobbies, de suivisme dans un modèle social toujours plus individualisant, plus libéral, à regarder se défaire la nation, d’adhérer à une construction européenne donnant la primature aux seules voies financières et mercantiles dont celles des hommes.

On a dans l’histoire de l’empire romain (mais il doit y en voir d’autres) où, au fur et à mesure, que cette puissance affaiblissait sa conscience romaine, elle accueillait les non-romains finissant par leur offrir des commandements, des terres et ainsi de suite jusqu’au trône. C’est un mouvement quand il s’enclenche, il ne cesse pas.

Le hasard veut qu’au moment où les Français bien soumis voient leurs rues se vider, les magasins mettre la clef sous la porte, les bars à terme aussi, qu’ils acceptent sans morigéner de se masquer, de s’écarter de leurs proches, de leurs voisins, de leurs compatriotes, le gouvernement débarque le sourire aux lèvres pour leur dire doctement que la nation n’est plus et que désormais nous jonglerons entre les séparatismes.

Cela va très loin. En ce moment, l’armée lance une publicité pour s’y engager. Que voit-on sur l’affiche : un petit drapeau tricolore, juste en-dessous Gouvernement, en-dessous encore la devise nationale…Adieu République ! Cela participe au séparatisme institutionnel : quelle armée nous propose-t-on, une armée de la République ou du Gouvernement. Depuis quand un Gouvernement est-il un régime ? Et bien, indifférence générale, la tête dans le sable, le Français comme autrefois le Romain concoure à se propre fin……

L’illusion sera de croire à un apaisement, rien de plus faux, c’est un engrenage auquel un exécutif sans assise électorale forte tente de donner une légalité. Rassurer les uns, les autres sur la loi de 1905 qui ne serait abordée qu’à la marge est un leurre. On ne voit pas pourquoi au nom d’une religion dont on présuppose le séparatisme, il faudrait l’aménager. Ce qui a prévalu pour la religion chrétienne et les congrégations (surtout) équivaut aussi pour l’islam.

Avec cette loi se poursuit le long travail de sape  (séparatismes, distanciations sociales…etc.).Pour que les Français n’y voient goutte, la communication médiatique insistera sur des détails émotionnels….Voilà !

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

 

 

jeudi 1 octobre 2020

État des lieux des forces armées françaises en 2020 par Thierry Fortin N°4970 14e année

« Thierry FORTIN, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon, spécialiste des questions de défense, de sécurité et des relations internationales. Il dressera un état des lieux des forces militaires françaises, dans un contexte international tumultueux. Quid de l'OTAN, à l'heure où E. Macron évoque sa "mort cérébrale" ? Quid de l'engagement militaire français en Afrique, tandis que sa présence sur le sol sahélien semble remise en question par la population locale ? Quid de l'éventualité d'une nouvelle guerre conventionnelle majeure ? » Jean Vinatier Seriatim 2020

Les services secrets britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale par Pascal LE Pautremat N°4969 14e année

Conférence du 15/11/2016 Jean Vinatier Seriatim 2020

Aux origines de la guerre civile en Grèce - Joëlle Fontaine N°4968 14e année

« La Résistance en Grèce a été massive, face à une triple occupation allemande, italienne et bulgare. L’EAM, le grand Front de Libération dirigé majoritairement par les communistes, était aussi porteur de projets de réformes politiques, économiques et sociales qui dérangeaient fortement non seulement les classes possédantes du pays mais aussi leur « protecteur » traditionnel, la Grande-Bretagne. C’est pourquoi, dès 1943, Churchill programma un débarquement de ses troupes afin d’exclure l’EAM de la vie politique du pays après la guerre. Une intervention militaire sanglante, en décembre 1944, lui permit de désarmer les partisans et de bloquer l’évolution démocratique prévue par le programme de l’EAM, avec élections et référendum sur la question de la monarchie. Livrés à une terreur blanche sans précédent et à une justice qui s’empressa de les persécuter tandis qu’elle intégrait les pires collaborateurs dans les organes de l’Etat, beaucoup d’anciens résistants durent reprendre peu à peu les armes, s’engageant ainsi dans une guerre civile qui dura 3 ans, de 1946 à 1949, et où les Etats-Unis prirent le relais des Britanniques dans la lutte contre le communisme. Joëlle Fontaine, auteure de De la Résistance à la guerre civile en Grèce. 1941-1946, La Fabrique 2012. » Jean Vinatier Seriatim 2020

 

Macron médiateur ? N°4967 14e année

 

“Emmanuel Macron est l’un des leaders les plus puissants en Europe et dans le monde" disait la cheffe de file de l'opposition avant leur rencontre. "Il pourrait être l’un de ces médiateurs dont nous avons besoin". 

Le chef de l'État a répondu à l'appel : "la France se tient toujours au côté des combattants de la liberté" disait-il lundi soir à Vilnius, saluant le "courage personnel" de Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie – comme de nombreux autres opposants biélorusses. »1 

 

Preuve s’il en est que le rideau de fer doit toujours un peu exister en Biélorussie, que les informations passent mal. Malheureusement pour nous, le successeur de François Hollande ne compte plus parmi les leaders les plus puissants au monde n’en déplaise à l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa….De son côté, Emmanuel Macron se dit prêt à jouer les médiateurs mais d’une façon assez singulière puisqu’il commence par exiger le départ de Loukachenko….On doute de l’efficacité de ce médiateur-là. Un médiateur qui ne soutient pas Julian Assange, pourtant combattant de la liberté, qui a tapé férocement contre les Gilets jaunes, eux aussi porteurs d’une liberté, celle de vivre dignement.

Un médiateur qui oublie sa déconvenue libanaise où il se présentait en chef autoritaire, les poches vides….

L’on sait bien que la communication est une forme de la politique encore faudrait-il que le cabotin ne vide pas les salles…..

L’action française de cette manière est-elle sérieuse ? Peut-on croire un Chef de l’Etat qui d’un côté soutient Navalny et de l’autre en appelle à Poutine pour le conflit dans le Haut Karabakh ? A force de courir d’un bout à l’autre de la pièce sans se soucier des heurts à chaque angle, comment cela finira-t-il ?

Qui voudra être le médiateur de Macron ? Un médecin ?

 

 

Source :

1-https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-est-a-nous/emmanuel-macron-en-mediateur-de-la-crise-en-bielorussie_4106375.html

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

 

 

Trump/Biden : pugilat crescendo N°4966 14e année

 

L’affrontement plus que le débat entre Donald Trump et Joe Biden n’étonna que peu de gens tellement le climat politique  s’est durci, assombri depuis la campagne électorale de 2016.

Les bons résultats économiques de Donald Trump s’effacent devant les dégâts provoqués par le coronavirus et les mouvements Black Lives matter. La brusquerie du président n’arrangeant rien, le camp adverse espère renverser la vapeur en dépit de leur candidat qui n’a, jusqu’au débat d’hier soir, brillé surtout que par ses absences, ses confusions et ses bégaiements.

Les démocrates misent sur une mobilisation massive des villes métropolitaines américaines aux populations plus « ouvertes » au large, aux causes des minorités que les campagnes. La montée en puissance des minorités pendant les mandats de Barack Obama font que ces dernières via des lobbies et des réseaux qui remontent pour certaines aux années 1960, ont maillé sinon le territoire du moins les espaces intellectuels, artistiques et médiatiques et n’hésitent plus  par le « cancel culture » à exercer une censure qui rencontre peu de résistance et de critique.

En Europe et plus particulièrement en France où les médias sont d’une paresse intellectuelle crasse, se contentant d’ânonner ce que New York lui transmet, toute l’espérance est dans l’arrivée de Joe Biden, sorte, ici, d’un néo-Obama. Ainsi, depuis la Lituanie, Emmanuel Macron a  « fustigé la dépendance européenne aux équipements militaires américains ». On est assuré que ce coup de menton médiatique disparaitra si le 3 novembre Donald Trump est battu…..

L’Union européenne n’admet pas que le Brexit et le mandat de Donald Trump constituent un tournant dans le monde anglo-américain car il est leur horizon mental depuis le traité de Versailles. Il n’est qu’à voir les titres en France où Boris Johnson prendrait «  le risque d’un non deal ». A mon avis c’est plutôt Bruxelles qui devra gérer ce risque et les 50 milliards perdus que le Royaume-Uni bien habitué aux efforts et confiant sur le futur de la City et du grand large américain.  Pour les Etats-Unis, on réduit la présidence Trump au seul aspect « populiste » alors même qu’il épouse largement la méfiance historique vis-à-vis de Washington depuis les autres Etats et le côté isolationniste, compris comme la protection assurée du territoire contre toute agression.

A Paris, surtout, l’on se convainc que la ville seule vote et que n’en sort que le dogme thématique ou vérité communiquée. L’Union européenne, qui monte dans le train américain avec un écart de 5 ans, ne démord pas de la fin Obama et fait l’impasse sur le peuple profond étatsunien.

Les doutes sur le déroulement démocratique du scrutin du 3 novembre font dire à certains qu’ « une guerre civile » éclaterait si l’un ou l’autre camp contestait les résultats. Quel est le poids politique des mouvements sécessionnistes dans les 50 Etats : faible ! Même si, par exemple, la Californie essaie de mettre en place un réseau consulaire ou que telle ou telle ville (toujours démocrate) en lance l’idée. Si il y avait sécession, elle viendrait, je pense à d’autres niveaux : des agences, des GAFAM….etc et n’aurait pas pour effet des « batailles rangées », les combats seraient plus invisibles, moins saisissables.

Où que l’on prenne la matière, il est indispensable de regarder le changement anglo-américain dans sa durée dans un monde qui part en vrille, où les grands acteurs profitent de la moindre hésitation de l’autre pour avancer, reculer, surprendre, brusquer.

Quel que soit le résultat le 3 novembre, le pugilat ira crescendo : gardons-nous de la naïveté, les Etats-Unis veilleront, Biden ou Trump, à leur puissance et à leur égoïsme.

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020