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dimanche 9 avril 2023

Julia Kristeva: « il existe une culture européenne » N°5667 17e année

 « Contre la déclinologie ambiante et dans un présent fracturé par les crises, l’espace culturel européen pourrait être une réponse audacieuse. Selon Julia Kristeva, c’est même la seule qui peut nous permettre de prendre au sérieux la complexité de la condition humaine, les leçons de sa mémoire et les risques de ses libertés. »

Article :

« Citoyenne européenne, de nationalité française, d’origine bulgare et d’adoption américaine, je ne suis pas insensible aux amères critiques, mais j’entends aussi le désir de l’Europe et de sa culture. Face à la crise financière, les Grecs, les Portugais, les Italiens et même les Français n’ont pas remis en cause leur appartenance à la culture européenne, ils se « sentent » européens. Que veut dire ce sentiment, si évident que la culture n’est même pas évoquée dans les traités de Rome, et que c’est très récemment qu’elle fut introduite dans l’agenda de ses dirigeants — bien que les initiatives, en faveur du patrimoine par exemple, ne manquent pas, mais sans vision prospective ? La culture européenne peut être la voie cardinale pour conduire les nations européennes à une Europe fédérale. Mais quelle culture européenne ?

Quelle identité ?

À l’encontre d’un certain culte de l’identité, la culture européenne ne cesse de dévoiler ce paradoxe : il existe une identité, la mienne, la nôtre, mais elle est infiniment constructible par la mise en question et la refondation. 

Je l’entends dans la parole du Dieu juif : « Eyeh asher eyeh » (Ex 3, 14), reprise par Jésus (Jean 8, 23) : une identité sans définition, qui renvoie le « je » à un irreprésentable, éternel retour sur son être même. Je l’entends, d’une autre façon, dans le dialogue silencieux du Moi pensant avec lui-même, selon Platon, toujours « deux en un », et dont la pensée ne fournit pas de réponse mais désagrège. Dans la philia politikè selon Aristote, qui annonce l’espace social et un projet politique en appelant à la mémoire singulière et à la biographie de chacun. Dans le voyage, au sens de saint Augustin, pour lequel il n’y a qu’une seule patrie, celle précisément du voyage : In via in patria. Dans les Essais de Montaigne, qui consacrent la polyphonie identitaire du Moi : « Nous sommes tous des lopins et d’une contexture si informe et diverse, que chaque pièce, chaque moment fait son jeu ». Dans le cogito de Descartes, où l’on entend « Je ne suis que parce que je pense ». Mais qu’est-ce que penser ? Je l’entends encore dans la révolte de Faust d’après Goethe : « Ich bin der Geist der stetz verneint » (« Je suis l’esprit qui toujours nie »). Dans « l’analyse sans fin… » de Freud : « Là où c’était, je dois advenir ».

À la question « Qui suis-je ? », la meilleure réponse, européenne, n’est évidemment pas la certitude, mais l’amour du point d’interrogation. Après avoir succombé aux dogmes identitaires jusqu’aux crimes, un nous européen est en train d’émerger. Ne serait-ce pas parce que l’Europe a succombé à la barbarie — ceci est à rappeler et à analyser sans fin — mais qu’elle en a fait l’analyse mieux que bien d’autres, qu’elle porte au monde une conception et une pratique de l’identité comme une inquiétude questionnante ? Il est possible d’assumer le patrimoine européen, en le repensant comme un antidote aux crispations identitaires : les nôtres et celles de tous bords.

Sans vouloir énumérer toutes les sources de cette identité questionnante, rappelons toutefois que l’interrogation permanente peut dériver en doute corrosif et en haine de soi  : une autodestruction dont l’Europe est loin d’être épargnée. On réduit souvent cet héritage de l’identité comme question à une permissive « tolérance » des autres. Mais la tolérance n’est que le degré zéro du questionnement, qui ne se réduit pas en généreux accueil des autres, mais les invite à se mettre en question eux-mêmes  : à porter la culture de l’interrogation et du dialogue dans des rencontres, qui problématisent tous les participants. Il n’y a pas de phobie dans le questionnement réciproque, mais une lucidité sans fin, seule condition du « vivre ensemble ». L’identité ainsi comprise peut déboucher sur une identité plurielle  : c’est le multilinguisme du nouveau citoyen européen.

La diversité et ses langues

« Diversité, c’est ma devise », disait déjà Jean de La Fontaine, dans son « Pâté d’anguille ». L’Europe est désormais une entité politique qui parle autant de langues, sinon plus, qu’elle ne comporte de pays. Ce multilinguisme est le fond de la diversité culturelle. Il s’agit de le sauvegarder, de le respecter — et avec lui les caractères nationaux — mais aussi de l’échanger, de le mélanger, de le croiser. Et c’est une nouveauté, pour l’homme et la femme européens, qui mérite réflexion.

Après l’horreur de la Shoah, le bourgeois du XIXe siècle aussi bien que le révolté du XXe siècle affrontent aujourd’hui une autre ère. La diversité linguistique européenne est en train de créer des individus kaléidoscopiques capables de défier le bilinguisme du globish english. Est-ce possible  ? Tout prouverait le contraire aujourd’hui. Pourtant, une nouvelle espèce émerge peu à peu  : un sujet polyphonique, citoyen polyglotte d’une Europe plurinationale. Le futur Européen sera-t-il un sujet singulier, au psychisme intrinsèquement pluriel, trilingue, quadrilingue, multilingue  ? Ou se réduira-t-il au globish  ?

L’espace plurilinguistique de l’Europe appelle plus que jamais les Français à devenir polyglottes, pour connaître la diversité du monde et pour porter à la connaissance de l’Europe et du monde ce qu’ils ont de spécifique. Ce que je dis du français est évidemment valable pour les autres langues de la polyphonie européenne à 28. C’est en passant par la langue des autres qu’il sera possible d’éveiller une nouvelle passion pour chaque langue — le bulgare, le suédois, le danois, le portugais… Celle-ci sera reçue alors non comme une étoile filante, folklore nostalgique ou vestige académique, mais comme l’indice majeur d’une diversité résurgente.

Sortir de la dépression nationale »

 

La suite ci-dessous :

https://legrandcontinent.eu/fr/2023/04/09/il-existe-une-culture-europeenne/

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

Jean-Claude Fournet : Christianisation de l’écrit et culture écrite de l’Antiquité tardive N°5666 17e année

 

Présentation de l’historien, EPHE IVe section

https://www.college-de-france.fr/personne/jean-luc-fournet

 Le calame et la croix : la christianisation de l’écrit et le sort de la culture classique dans l’Antiquité tardive 

 

Culture écrite de l'Antiquité tardive et papyrologie byzantine – Leçon inaugurale 2016 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

mercredi 5 avril 2023

Françoise Vergès. « Le musée occidental a été tragique pour les peuples » N°5665 17e année

 

« Entretien par Michel Pauron pour Afrique XXI:  Françoise Vergès, militante féministe et anticoloniale, publie Programme de désordre absolu. Décoloniser le musée. Un essai dans lequel elle remet en cause le musée occidental, modèle qui s’est imposé au monde, et appelle à l’exploration d’une autre voie – ce qu’elle nomme un « post-musée ».

Dans Programme de désordre absolu. Décoloniser le musée (La Fabrique, 2023), Françoise Vergès, théoricienne féministe décoloniale et antiraciste, s’attaque au « musée occidental », « cet étrange endroit où l’on peut trouver dans le même espace des tableaux, des objets, des meubles et des statues couvrant plusieurs continents et plusieurs époques, mais aussi, par centaines de milliers, des restes humains – crânes, os, cheveux ». Pour l’autrice d’Un féminisme décolonial (La Fabrique, 2019) et d’Une théorie féministe de la violence (La Fabrique, 2020), « le musée universel est une arme idéologique », et « les musées européens sont des dépôts de voleurs », voire de « vaste[s] tombe[s] dont les morts restent sans sépulture ».

Sur ce constat sans concession, elle rappelle que ce modèle de conservation est avant tout une invention européenne imposée au reste du monde. L’Afrique, où de nombreux pays réclament la restitution des objets pillés pendant la colonisation – et dont les conditions et le coût des prêts imposés par les anciens colons rebutent nombre de prétendants – ne possède que 0,8 % des musées du monde. Pour beaucoup d’Africains, le seul moyen de voir leur patrimoine est de se rendre dans une capitale occidentale. Pourtant, estime-t-elle, « les Européens ne sont pas les gardiens légitimes et universels de ces trésors ».

Taille des musées, conditions salariales (gardiens et gardiennes, hommes et femmes de ménage, guichetiers et guichetières…), part grandissante du mécénat privé, ségrégation… Le musée « universel » est un lieu où se croisent les inégalités sociales et une vision de l’histoire partielle et partiale, entre euphémisation et non-dits. Face à « l’impossibilité de décoloniser le musée », Françoise Vergès juge donc nécessaire « d’inventer un post-musée ».

Afrique XXI : Vous écrivez vous être intéressée aux musées tardivement. Pour quelles raisons ?

Françoise Vergès : Il y avait des musées à La Réunion, où j’ai grandi, mais la plupart étaient fermés ou en rénovation. De toute façon, je n’aurais jamais eu l’idée d’y aller. Pour moi, le musée représente l’État, l’État colonialiste, notamment parce qu’il a été créé sous la colonisation. Je me méfiais de toutes les institutions françaises. À La Réunion, la France traitait la culture réunionnaise, la langue, l’histoire de la musique, les rituels, avec un mépris total ou un paternalisme folklorisant. Très tôt, j’ai été en mesure de voir qu’il y avait un enjeu. Cependant, je visite quand même des musées assez tôt lors de mes voyages en Algérie, en Sicile… Mais sans vraiment m’intéresser à l’institution, plutôt aux objets.

Ensuite, tous les mouvements de libération, tous les mouvements sociaux et féministes, s’intéressent à la question de l’art et de la culture à travers la question de la représentation – comment sommes-nous représentés, et par qui ? Tous les mouvements d’indépendance ont de longs chapitres sur la question des arts et de la culture, de la décolonisation des mentalités, des esprits et des corps. Aux indépendances, on voit des troupes se créer, le Festival mondial des arts nègres à Dakar [1966] et le Festival culturel panafricain d’Alger [1969] arrivent très tôt. Et puis il y a le cinéma, qui a toujours été important pour moi. Tous ces mouvements sur les questions de la représentation et de la narration m’interrogent : comment va-t-on raconter des histoires autrement que de la manière coloniale et impérialiste ?

Ma curiosité est très forte car je veux voir comment les choses sont montrées. Je veux savoir comment ils ont fait, comment ils dissimulent, euphémisent, disent sans dire. Toutes ces manières de faire m’intéressent parce qu’elles peuvent m’apprendre ce qu’il faudrait faire autrement. Donc je vais partout où l’histoire est racontée autrement que par un texte : dans les musées, les mémoriaux…

La suite ci-dessous :

https://afriquexxi.info/Francoise-Verges-Le-musee-occidental-a-ete-tragique-pour-les-peuples

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

 

mardi 4 avril 2023

L’Asie face à la Chine par Christophe Gaudin N°5664 17e année

 « Christophe Gaudin est maître de conférences en sciences politiques à l’université Kookmin, à Séoul. Ses recherches s’inscrivent dans la lignée de la sociologie de l’imaginaire. Il dirige également le cabinet Eranos en Corée. Il est l’auteur du Grand miroir de Corée (La Route de la soie, 2023) »

Pour la vie des idées l’article :

« Souvenir des crimes du Japon en Corée, éloignement culturel entre l’archipel et la péninsule, affairisme nationaliste des élites : peu importe. L’important est de resserrer les rangs face à la Chine, dans une « alliance du thé au lait ».

« En Corée du Sud, la rentrée universitaire se fait à la toute fin février. Elle est marquée par d’immenses beuveries, intensément ritualisées, qui ne manquent jamais de stupéfier les étrangers de passage. Les facultés privatisent des centres de loisirs ou des stations de ski. Les nouveaux élèves arrivent par bus entiers et leurs professeurs montent sur scène, département après département, pour se faire acclamer dans une ambiance chauffée à blanc.

Toute cette effusion n’empêche nullement de compter les troupes du coin de l’œil, puisque les élèves se regroupent par filière. C’est même l’une des raisons d’être officieuses de l’exercice, dans une société où l’on est sans cesse encouragé à se comparer les uns aux autres. Et comme à chaque fois depuis des années, parmi les grandes langues de la région (les autres sont centralisées dans une université spécialisée qui joue le même rôle que l’Inalco à Paris), l’immanquable constat : c’est le japonais qui a le moins fait le plein, derrière le chinois et même le russe. Cela en dépit de l’actualité, alors que les journaux bruissent du rapprochement avec le Japon…

Pour des raisons différentes mais non moins écrasantes, on ne peut pourtant guère dire que la Russie et la Chine seraient devenues plus attractives, que ce soit pour y vivre ou y faire des affaires. Rien ne laisse prévoir une quelconque amélioration dans les années qui viennent. Le désintérêt qui frappe l’archipel paraît d’autant plus mystérieux, sur un autre plan, que le japonais est de loin la langue étrangère la plus accessible pour un coréanophone. Les similitudes syntaxiques sont importantes, qui creusent un abîme avec le chinois, pour ne rien dire de l’anglais.

Rien n’y fait cependant, et c’est sans doute de là qu’il faut partir pour remettre en perspective les alliances qui se mettent en scène. Aucune ferveur populaire ne les porte. Il y a même davantage de vérité dans la thèse inverse : c’est justement parce que le Japon se voit relégué au second plan que le gouvernement peut se permettre des gestes dans sa direction.

Entre affairisme et nationalisme

Le parti dit « conservateur », revenu au pouvoir à Séoul en 2022, est le bras armé des grands groupes familiaux comme Samsung et LG, les chaebols de leur nom coréen, dont l’emprise est longue à se relâcher. Il est par nature dévoué à leurs intérêts, notamment pour leur ouvrir des marchés et des chantiers à l’étranger. Pour cela, il n’hésite pas à fermer les yeux sur le passé.

C’est ainsi que le dictateur sud-coréen Park Chung-hee, qui a régné sur le pays d’une main de fer jusqu’à son assassinat par son propre chef des services secrets en 1979, a signé en 1965 un accord très contesté avec le Japon pour solder les comptes de la période coloniale. Le principal contentieux portait sur les travailleurs forcés et les femmes de « réconfort » (selon le glaçant euphémisme des forces d’occupation qui s’est répandu dans le monde entier) contraintes à la prostitution pendant la guerre.

Dans le même ordre d’idées, sa fille, Park Geun-hye, a été élue à la présidence en 2012 avant de chuter au cours de l’hiver 2016-2017 dans un rocambolesque scandale de corruption. Elle gouvernait sous la coupe d’une amie chamane, elle-même rétribuée par Samsung dont l’héritier a fini par écoper d’une condamnation définitive pour corruption en 2021, au terme d’une longue bataille juridique. Comme tout se tient, dès la gauche défaite d’extrême justesse en 2022, il a pu bénéficier d’une grâce présidentielle et retrouver son poste à sa sortie de prison…

Le legs le plus durable de la présidente Park est pourtant tout ce qu’il y a de plus concret, dans la droite ligne de la pratique paternelle et à mille lieues des rituels ésotériques qui l’ont conduite sous les verrous. Il s’agit d’un accord de libre-échange avec la Chine signé en 2015, lequel a permis aux chaebols de se lancer à la conquête de marchés gigantesques, en expansion constante sur le continent, tout en soumettant le travail peu qualifié sur la péninsule à la concurrence de centaines de millions de quasi-esclaves.

Les choses se compliquent en ceci que le parti « conservateur » n’a pas seulement une composante affairiste, mais également nationaliste et autoritaire. Sans que cela soit le moins du monde contradictoire – tant s’en faut, les entrées dans le monde politique garantissant l’accès aux contrats les plus juteux, surtout pendant les années de décollage économique où le gouvernement avait la haute main sur un système de prêts bonifiés –, il est en même temps l’émanation politique des conglomérats et de l’armée, ce qui a parfois pour effet de faire fluctuer sa ligne. Il a hérité de la période militaire non seulement ses références et ses réflexes, mais le gros de son électorat, puisqu’il rassemblait les deux tiers des plus de 60 ans, contre seulement 44% des électeurs dans leur cinquantaine et 35% dans leur quarantaine lors de la présidentielle de l’an dernier

Tensions entre le Japon et la Corée du Sud »

La suite ci-dessous :

https://laviedesidees.fr/L-Asie-face-a-la-Chine.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

 

Macron en Chine: en visite avec tatie Ursula N°5663 17e année

 « Fab a écrit le 04/04/2023 à 8:02

 J'imagine le président chinois en train de se marrer sous cape : 150 milliards d'€ de déficit mensuel, une guerre créée par et pour les intérêts américains au détriment d'une UE qui se suicide collectivement avec sa monnaie - une Asie et une Afrique qui en profitent un max en nous revendant les produits russes et se faisant leur juteuse comm... Avec des pigeons pareils, les chinois trouveront bien quelques miettes à leur jeter. »1

 Ce commentaire en bas de l’article de la Tribune qui limite la portée de ce déplacement par une seule espérance de marchés à conclure le résume très bien. J’ajouterai que le Président français se déplace accompagné par une Ursula Von der Leyen qui en mettra une tonne sur les droits de l’Homme laissant à Emmanuel Macron le soin de froncer les sourcils afin que Xi Jiping brise tout rapprochement avec la Russie…Pathétique !!!

On notera que les Allemands ont déjà signé toute une série de contrats et qu’à la mi-avril, Berlin ira, encore en Chine, pour parafer ici et là. Pendant ce temps, Intelligence online écrit que « les mégas contrats saoudiens s’immiscent dans la médiation chinoise entre Riyad et Téhéran ». S’ajoute également le choix de l’ASEAN de privilégier les monnaies locales pour les échanges commerciaux inter-asiatiques, de se détacher de SWIFT. Bref, c’est une Asie en pleine métamorphose où les Occidentaux (euro-américains) auront bien du mal à recréer des emprises.

Dans ce cadre nouveau précipité par le conflit russo-ukrainien déjà souligné dans les différents Seriatim, il évolue, grandit au point que l’actuelle guerre deviendra de moins en moins importante et qu’à terme pour les États-Unis entre sauver l’Ukraine et sauver le dollar, le choix s’opérera sans sourciller. Si nous n’en sommes pas là, il n’empêche que si l’Asie n’a pas l’intention d’affronter les États-Unis, le seul fait que ce continent acte ses atouts et qu’il estime ne plus devoir dépendre du seul dollar est pour Washington de facto un casus belli. Dans cette émergence, on mesure plus grandement encore la parfaite imbécillité européenne dans son ensemble bien que certains membres de l’Union telle l’Allemagne fasse ses affaires au mieux de ses intérêts hanséatiques laissant à la pauvre France de pérorer à foison sur le couple franco-allemand…

Panda céleste (Xi Jiping) nous recevra bien, tout pouvoir aime à applaudir une nouvelle troupe de baladins, de rire aux performances artistiques….Plus sérieusement, la Chine comme pour les États-Unis regarde l’espace européen comme un aire de transit et touristique et s’interroge sans doute sur le fait que toute considération géopolitique, géostratégique est gommée sauf à ânonner la trame américaine. Quant à nos contrats, la grande différence entre l’Allemagne et la France, c’est que nous avons défait nos industries chez nous pour les déplacer dans « l’atelier du monde » nous plaçant à la merci du pouvoir pékinois de plus en plus sourcilleux sur le nombre d’étrangers chez lui. Qu’ainsi nos contrats sont bien plus des garanties à continuer que des extensions de marché…

Note :

1-https://www.latribune.fr/economie/france/macron-en-chine-des-contrats-esperes-pour-les-entreprises-francaises-957662.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

lundi 3 avril 2023

Réception de la philosophie et des sciences arabo-musulmanes par l’Occident médiéval pat Abdelmajid Baakrime N°5662 17e année

 

Conférence d’Abdelmajid Baakrime, professeur d’Histoire de la philosophie et des sciences à l’ENS de Meknès. 

« La conférence porte sur les rapports qui ont prévalu au Moyen Âge, en matière de savoir philosophique et scientifique, entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien. Mais, vu l’étendue du sujet, on se limitera à la problématique qui a secoué les deux civilisations, à savoir, la nécessité de concilier la Foi et la philosophie, et plus précisément, la philosophie aristotélicienne. Dans ce contexte, on retiendra le nom d’Avicenne (Ibn Sina) et sa philosophie première, ainsi que sa théorie de l’âme, tout en intégrant le nom du savant Alhazen (Ibn Al haytham), et sa théorie de la vision, pour avoir servi de base aux théories de la connaissance qui ont fleuri au XIVe siècle, en particulier, chez les nominalistes anglais. Ces données, conjuguée avec des éléments de la philosophie dite néo-platonicienne, fraîchement traduits de l’arabe en latin, fourniront la feuille de route de la solution de notre problématique. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023