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dimanche 24 juin 2018

Macron : du Mont Valérien aux fesses du DJ N°4515 12e année


Emmanuel Macron est-il un Président? Le 18 juin, tel Artaban, il donne des leçons de morale à un freluquet au-delà de la seule apostrophe, le 21 juin, il laisse s’afficher et s’étaler, au détour d’une fête de la musique dans le Palais de l’Elysée, des personnages vulgaires aux chants grossiers et violents (« Ce soir brûlons cette maison….Danse enculé de ta mère, danse….je me suis fait sucer la bite »), les applaudissant allant jusqu’à mettre la main aux fesses d’un des DJ1. Pamoison d’un Jack Lang ! C’était la sauterie Macron : Elysée, palais ou bouge ?

Le même homme serinait en 2017 sur la nécessité de la dignité présidentielle, de la parole rare et que sais-je encore. Macron galvaude ,rabaisse la résidence du Chef de l’Etat. Ce personnage sans classe ni allure, accompagné d’une épouse-mère qui désespère de ne pas avoir toujours 15 ans, maquillée à grands frais par le malletier Vuitton, tenant perruque comme on fait antichambre.
Rien ne gêne cette présidence : une posture chasse une autre et ainsi de suite. Rien ne gêne cette présidence tant elle est de morgue, de mépris. Emmanuel Macron et son épouse dépassent déjà les inélégances de leurs prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Un effort de plus et Anne Hidalgo passera pour une salonnière.
Rien ne gêne cette présidence si détachée de notre Histoire qui s’offusque qu’on lui fasse des remarques alors même qu’elle insulte des gouvernements démocratiquement élus. De ce couple évidemment sans descendance, ne surgit que le vide et les plaines arasées, tout git, rien ne vit. Ce couple croit nous singer à la façon de certains aristocrates du XVIIIe siècle qui se déguisaient en pâtre et bergère et s’amusaient d’avoir un Zamor enturbanné.



Jean Vinatier
Seriatim 2018

Note :



mercredi 20 juin 2018

Merkel-Macron vers les derniers jours ? N°4514 12e année


La question migratoire s’impose à l’Union européenne et menace même de la faire exploser en plein vol. Angela Merkel en ouvrant  si largement les frontières en 2015 imaginait-elle que ce geste serait sa perte ? Les élections de septembre dernier ont vu l’entrée en nombre de l’AFD et pendant plus de quatre mois il a fallu élaborer une coalition dont personne ne voulait que le SPD et la CDU/CSU acceptèrent au nom de l’Union européenne. Sans popularité, sans soutien véritable, cette coalition implose. Le ministre de l’Intérieur, un Bavarois patron de la CSU, craignant par-dessus-tout de perdre son land en septembre prochain face à l’AfD et le parti indépendantiste bavarois, ne cesse plus de surenchérir et de menacer la chancelière. Elle a rejeté son ultimatum, la CSU lui accorde un sursis jusqu’à sommet européen du 29 juin.
Ce mardi, la rencontre entre Angela Merkel et Emmanuel Macron était un moment de théâtre quand depuis l’Italie jusqu’à la Pologne et même les pays Baltes une ligue parait se mettre en place. Je ne sais quelle écriture la chancelière pourra imposer mais outre la crise des migrants le ressentiment envers sa personne est considérable, en France exceptée où l’ébahissement remplace la politique. Cela étant dit, serait-il de l’intérêt d’Emmanuel Macron d’avoir pour partenaire une Angela Merkel agonisante jusqu’aux européennes? Le problème est que si de nouvelles élections avaient lieu l’Allemagne serait ingouvernable et cette fois-ci pour de bon : ni le SPD ni la CDU/CSU ne voulant rejouer la grande coalition. Emmanuel Macron escompte-t-il, s’il parvenait à influer sur les différents discours du 29 juin, une approche allemande plus favorable à ses projets ? On en doute. La reconnaissance en politique est rare et si reconnaissance il y avait cela voudrait dire qu’enfin une conscience politique émergerait de ces deux personnages. Mais avocats de l’Union européenne telle quelle est, ils n’ont qu’une seule monture.
La prise de position de Donald Trump contre le gouvernement allemand est une véritable déclaration de guerre, son actuel ambassadeur à Berlin rappelant à chaque instant tout le mal qu’il pensait de la chancelière et tout le bien qu’il espérait des populismes en Europe. Ni Berlin, ni Paris ne pouvant se tourner vers Moscou qui regarde l’enfoncement « du couple franco-allemand », pas davantage vers la Chine qui n’a pas besoin de leur aide commune pour accroitre sa présence en Europe. L’Union européenne est seule, Merkel et Macron également. Il est symbolique que leur affaiblissement parallèle se fasse sur les migrants qui met en première ligne la question identitaire que l’Union européenne a toujours refusé de recevoir, de même qu’au sujet des frontières croyant que la félicité économique arrangerait tout. L’Union européenne a bafoué les peuples et les bafoue encore. Quelle que soit l’issue du sommet des 28 et 29 juin et quel que soit le communiqué fabriqué, nul n’y verra quelque chose de solide. Dernier point, on néglige beaucoup ici, la force du vent qui se lève depuis les Etats-Unis où Donald Trump poursuit sa guerre contre « les mondialistes » et l' « Etat-profond ». Cet été, pendant que tout le monde sera à la plage après avoir été abruti par le mondial de football, les femmes et hommes célèbres qui verront arriver le FBI dès potron-minet stupéfiera et cela touchera également l’Union européenne.
Le grand tort de l’Union européenne et de Paris-Berlin est ne pas avoir compris que le mondialisme ou globalisme tel qu’il fut prévu par Barack Obama et les Clinton, ne tenait plus depuis l’arrivée de Donald Trump. La seule riposte de Bruxelles est dans des manœuvres constantes pour arrêter le processus du Brexit, les migrants sont secondaires. C’est dire leur parfait aveuglement. Quant à Merkel et Macron peu importe que nous assistions à leurs deniers jours ou pas, ils sont presque déjà, hors-jeu.

Jean Vinatier
Seriatim 2018


lundi 4 juin 2018

Italie : «Les élections italiennes prouvent que la zone euro a basculé dans la post-démocratie» N°4513 12e année

On lira avec intérêt l’entretien ci-dessous puis l’analyse proposée par François Asselineau le 31 mai (à quelques heures du coup de théâtre) où il apparait que le Président Mattarella se montre plus fin presque machiavélique ce que j’ai sous-estimé faute d’avoir été sur le site du Quirinal et d’avoir lu son discours : mea culpa !

 1-«Les élections italiennes prouvent que la zone euro a basculé dans la post-démocratie» 
FIGAROVOX.- Pourquoi estimez-vous que le président italien s'est enfermé dans une contradicti
on insurmontable? Guillaume BIGOT.- En refusant d'entériner la constitution d'un gouvernement appuyé par les deux partis arrivés en tête aux législatives, le président Mattarella serait dans son bon droit mais il ne fait aucun doute qu'il a politiquement tort. On peut considérer que les Italiens se sont trompés en consacrant une majorité eurosceptique. On peut également penser que rompre le cadre ordo-libéral est suicidaire. Mais si l'on reste démocrate, on ne peut vouloir décider contre le peuple. Mattarella aurait dû se souvenir de cette réplique mémorable mise par Brecht dans la bouche de son personnage, Arturo Ui: «Puisque le peuple vote contre (...), il faut dissoudre le peuple.» La méfiance à l'égard du suffrage universel formait déjà l'un des fondements inavoués d'une construction européenne conçue par Jean Monnet comme une camisole de force destinée à maintenir les peuples dans le cadre des droits de l'homme et du marché. La réaction de Mattarella, comme celle du Commissaire Oettinger souhaitant que les marchés apprennent aux Italiens à bien voter, font franchir à l'UE un cap, celui qui sépare la défiance originelle de l'hostilité assumée. Le projet européen n'a jamais été franchement compatible avec le fonctionnement régulier d'institutions démocratiques mais les événements actuels font basculer l'utopie européiste dans une phase ouvertement post-démocratique de son histoire. Pourquoi le pari européiste de Mattarella serait-il perdu d'avance? La réaction des peuples européens en général et des Italiens en particulier est facile à prévoir. Lorsque l'on prêche le mépris et la défiance à l'égard d'un souverain, c'est-à-dire d'un supérieur hiérarchique, on a toutes les chances de l'irriter, de le provoquer et de l'inciter à réagir. Mais les réactions menaçantes des européistes telles que Mattarella, Le Maire ou Oeninger ne tiennent aucun compte des rapports de force. Ce que les élites du vieux continent, massivement favorables à Bruxelles, semblent avoir du mal à comprendre, c'est que tant que les démocraties ne sont pas abolies, elles ne disposent que du pouvoir que les peuples leur ont confié. Pas une once de plus, ni de moins. Que cela leur plaise ou non, dans le vieux monde, le patron demeure la vox populi nationale. »
La suite ci-dessous : 
http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/05/31/31002-20180531ARTFIG00158-les-elections-italiennes-prouvent-que-la-zone-euro-a-bascule-dans-la-post-democratie.php?redirect_premium
 ou 
https://www.les-crises.fr/les-elections-italiennes-prouvent-que-la-zone-euro-a-bascule-dans-la-post-democratie-par-guillaume-bigot/

 2- La situation en Italie : l'analyse de François Asselineau (31/05/2018) - EA63 Partie 1 Jean Vinatier
 Seriatim 2018

dimanche 3 juin 2018

« Turquie : les mercenaires du président Erdogan par Alain Rodier » N°4511 12e année


« Les Sociétés militaires privées (SMP) font beaucoup parler d’elles ces derniers temps, en particulier depuis les pertes importantes enregistrées par la compagnie Wagner russe en Syrie où elle est déployée pour appuyer les forces loyalistes à Bachar El-Assad. Or, il existe une SMP turque depuis 2012 : la SADAT AS International Defense Consulting. Sa mission, officiellement inscrite sur sa plaquette de présentation, est d’« établir une collaboration dans les domaines de la défense et des industries de défense avec les pays islamiques afin de permettre à ces derniers de prendre la place qu’ils méritent au milieu des superpuissances en leur apportant ses services de conseil et d’entraînement ». À noter que les pays occidentaux y sont qualifiés au détour d’une phrase d’« impérialistes » et de « croisés ». L’ambition de cette SMP relativement récente est indubitablement de concurrencer ses homologues dans les pays musulmans, celles-ci ne faisant, selon la SADAT, que servir les intérêts de leurs pays d’origine, principalement les États-Unis. »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2018

« La puissance agricole américaine au XXIème siècle sera-t-elle californienne ? » N°4510 12e année


Auteurs :
Sébastien Abis, Directeur du Club DEMETER. Thierry Pouch, Responsable du Service Études Direction Économie des Chambres d’agriculture de France. Bernard Valluis, Vice-Président de l’Association nationale de la Meunerie française.

« Que nous apprend le secteur agricole des formes de la puissance des Etats-Unis ? En questionnant de manière multiscalaire la trajectoire actuelle de l’agriculture des Etats-Unis et de sa projection dans le monde, il apparaît indispensable de mettre l’accent sur la Californie, terre agricole historique qui multiplie désormais les investissements pour produire plus et mieux grâce aux technologies. De nouveaux acteurs, venant de l’économie numérique, prennent progressivement le pouvoir sur le développement agricole et l’innovation alimentaire, au point de placer la Californie comme le centre de gravité de la puissance américaine au XXIème siècle.
IL EST ESSENTIEL de revenir sur la place et le rôle du secteur agricole dans l’expression de puissance des Etats-Unis au cours du siècle dernier, afin d’interroger la future pérennité de la domination américaine sur les affaires stratégiques internationales dont l’alimentation fait partie [1]. Ce qui nous conduit à considérer la problématique suivante : que nous apprend le secteur agricole des formes de la puissance des Etats-Unis ?
En questionnant de manière multiscalaire la trajectoire actuelle de l’agriculture des Etats-Unis et de sa projection dans le monde, il apparaît indispensable de mettre l’accent sur la Californie, terre agricole historique qui multiplie désormais les investissements pour produire plus et mieux grâce aux technologies. De nouveaux acteurs, venant de l’économie numérique, prennent progressivement le pouvoir sur le développement agricole et l’innovation alimentaire, au point de placer la Californie comme le centre de gravité de la puissance américaine au XXIème siècle.
Pour comprendre à plusieurs échelles la formation de la puissance agricole américaine et les raisons de l’émergence californienne, procédons à une périodisation de leurs histoires respectives mais imbriquées. A l’échelle internationale, l’agriculture, instrument de la puissance des Etats-Unis au XXème siècle (I). A l’échelle nationale, l’agriculture américaine mise au défi dans un XXIème siècle transformé (II). A l’échelle d’un Etat fédéré, la Californie sera-t-elle la puissance agricole du XXIème siècle ? (III) »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2018


samedi 2 juin 2018

Serge Dassault : absence antipatriotique d’Emmanuel Macron N°4509 12e année


Serge Dassault est décédé à sa table de travail à l’âge de 93 ans : il est donc mort à la tâche. Quand on évoque la carrière de ce grand industriel, on pense inévitablement à son père Marcel mais surtout au nom véritable de cette famille si patriote: les Bloch dont Marc, le fameux historien est connu pour son ouvrage de référence, L’étrange défaite….et sa fin en martyr.
La famille Dassault prospéra, certes, le long de l’Etat dans la partie aviation autant civile que militaire, ne cessa jamais de porter hautes les valeurs françaises et ne se démarqua jamais de sa fidélité aux différents exécutifs, qu’ils fussent de gauche comme de droite puisque la souveraineté était.
Famille discrète, famille généreuse et attentive, les Dassault-Bloch donnent à la France un empire prospère, certes très lié à l’Etat mais très en avance en technologie et en performance, très protectrice en matière de qualité de travail : nombre de Français souhaiteraient entrer dans cette société.
L’annonce d’une cérémonie d’hommage national à Serge Dassault impliquait très logiquement la présence et le discours d’Emmanuel Macron. C’était tellement évident. Au lieu de quoi, il délégua son Premier ministre dont le discours fut honorable mais perdait en force et en puissance. Entre Johnny Hallyday et Serge Dassault, le Président a choisi pour la facilité, la flatterie à peu de coût. Qu’espère-t-il en ne venant pas aux Invalides ? Flatter une gauche toujours sensible à la question de l’armement militaire ? Dès lors pourquoi vouloir à tout prix rétablir une sorte de service militaire ? On retrouve Emmanuel Macron dans ses soins de dire tout et son contraire. Franchement dans le moment où le pays entre dans les turbulences qui iront en s’accroissant, ne convenait-il pas d’y être et d’y tenir pour le coup un discours solennel.
Emmanuel Macron en dédaignant l’hommage national à la famille Dassault-Bloch a jeté bas son masque, il est de comédie et non Politique.
Le Président de la République, chef des armées absent lors de la cérémonie officielle d’hommage à Serge Dassault est plus qu’un faux-pas, c’est un aveu de ce qu’il n’est pas : un patriote.


Jean Vinatier
Seriatim 2018