Info

Nouvelle adresse Seriatim
@seriatimfr
jeanvin22@gmail.com



jeudi 18 février 2010

« Le Parlement européen a t-il arrêté l’intégration UE-USA ? »-N°636- 3e année

Le 11 février le Parlement européen a rejeté à une large majorité (378 voix sur 605) le projet SWIFT en fait un programme de surveillance de la CIA.
Seul le PPE (dont est membre l’UMP) a voté pour. Ce vote est important : il oblige la Commission Barroso II et l’ensemble des gouvernements de l’Union européenne à reprendre les négociations. Bravo aux élus européens!
Le député européen luxembourgeois
Robert Goebbels justifie ce rejet : « L'accord SWIFT, sous sa forme actuelle, est très loin de trouver à la fois le juste équilibre entre le besoin de lutter contre le terrorisme international et la protection de droits fondamentaux. Il est inadmissible que des millions de données personnelles non-filtrées de personnes innocentes soient envoyées aux autorités américaines. Que ces données puissent, sous droit américain et à l'encontre du droit communautaire, être mémorisées jusqu'à 90 années, n'est pas acceptable",
Ci-dessous édité sur le site
www.Voltairenet.org, l’article de Jean-Claude Paye qui avait déjà alerté l’opinion publique en décembre 2009 sur le danger que constituait cet accord SWIFT.

« L’intégration de l’Union européenne, dans une entité politique transatlantique sous direction états-unienne, vient de connaître un premier revers et cela après une vingtaine d’années d’un mouvement univoque, pendant lesquelles s’est développé un processus de fusion politique.
Celui-ci s’est d’abord concrétisé au niveau de la coopération policière communautaire, organisée directement par le FBI depuis la fin des années 80. La deuxième étape de l’intégration a débuté par le contrôle états-unien de la coopération judiciaire. Les accords d’extradition signés entre les USA et l’Union européenne [
1] constituent une pièce maîtresse dans la constitution d’un « espace de liberté, de sécurité et de Justice » transatlantique [2]. Ce deuxième procès est sous tendu par une saisie de plus en plus importante des données relatives à la vie privée.
La capture des informations personnelles, justifiées au niveau pénal, est avant tout une accumulation économique primitive devant aboutir à l’installation de nouveaux rapports de propriété, consacrant la fin de la propriété de soi [
3]. La saisie des données privées résulte d’initiatives états-uniennes et se sont accompagnées de leur transfert massif vers les USA. Des accords signés entre le Conseil de l’Union européenne et les Etats-Unis ont légitimé une capture de fait, qui, dans un premier temps, s’est d’abord imposée comme un pur rapport de forces violant le droit européen [4].
En ces matières, le Parlement européen avait seulement une compétence d’avis. Cependant le Traité de Lisbonne a accordé à cette assemblée de nouvelles compétences en matière police-Justice. Le Parlement a étrenné ses nouveaux pouvoirs en refusant un projet d’accord de transfert des données financières des citoyens de l’Union vers les USA. Plusieurs accords « Swift », justifiant les saisies états-uniennes, avaient déjà été signés par le Conseil. Ce refus est donc une première. Ce faisant, il constitue une rupture dans la légitimation constante du rapport de domination exercé par les USA sur les populations européennes. Il ouvre ainsi une possibilité de coupure entre rapport de domination et hégémonie, entre pur rapport de forces et consentement.

Le Parlement européen refuse l’accord transitoire

Ainsi, malgré les pressions du Conseil européen, de la Commission et de nombreux Etats membres [
5], qui avaient multiplié les promesses tardives pour convaincre les députés, l’assemblée plénière du Parlement européen à Strasbourg a refusé, ce 11 février, de ratifier l’accord « Swift » signé par la Commission européenne avec les autorités états-uniennes [6]. Il s’agit là d’une réaction du Parlement face à une évolution structurelle des relations transatlantiques, qui donne à l’exécutif états-unien une souveraineté directe sur les populations européennes. Si la réaction des députés n’a pas les moyens de remettre en cause le rapport de domination qui préside à ces relations, il marque cependant un cran d’arrêt dans l’exercice de l’hégémonie états-unienne, dans le processus de reconnaissance par les Européens du droit que s’est donné Washington d’organiser leur existence.
Le texte soumis aux députés accordait aux services US le droit de capturer, sur le sol européen, les informations liées aux transactions financières transnationales des ressortissants des pays membres de l’UE. Par une large majorité, l’assemblée a ainsi suivi l’avis de la Commission des Libertés civiles et de la Justice qui, le 4 février, avait demandé à l’assemblée de rejeter l’accord avalisé le 30 novembre 2009 par le Conseil des ministres de l’Intérieur de l’UE [
7].
Cet accord permettait aux autorités états-uniennes de se saisir, sur les serveurs de la société Swift placés sur le sol de l’ancien continent, des données financières des citoyens européens. Selon la Commission des Libertés du Parlement, le texte n’offre pas suffisamment de garanties pour la protection de ces informations personnelles transmises à l’administration US. De plus, elle s’était insurgée contre le caractère unilatéral du texte, puisque les Etats-uniens sont les seuls à exploiter ces informations. Les enquêteurs européens n’ont, quant à eux, pas accès aux données US placées sur le serveur situé aux USA.

Un point d’arrêt à l’hégémonie états-unienne ?

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Swift, société américaine de droit belge a transmis clandestinement, au département du Trésor US, des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients. Malgré la violation flagrante des droits, européen et belge, de protection des données personnelles, ce transfert n’a jamais été remis en cause. Au contraire, l’UE et les USA ont signé plusieurs accords destinés à légitimer cette capture. C’est le dernier de ceux-ci que vient de refuser le Parlement. Cet accord fait suite à une réorganisation du système Swift afin que les données inter-européennes ne quittent plus le sol de l’ancien continent, au lieu d’être envoyées sur un second serveur aux Etats-Unis. Ce changement impliquait que les autorités états-uniennes aient accès directement aux données placées sur les serveurs européens. Ce qui implique la reconnaissance d’un transfert de souveraineté à l’exécutif états-unien.
L’opposition du Parlement à ce transfert unilatéral des données financières des Européens constitue un cran d’arrêt dans le processus de reconnaissance de l’hégémonie US sur les citoyens de l’ancien continent. Cependant, le rapport de domination états-unien reste intact, puisque les Américains n’ont jamais cessé d’avoir accès aux données européennes, même lorsque la violation du droit de l’Union avait été révélée et qu’aucun accord légitimant la capture des informations n’avait encore été signé. C’est encore le cas actuellement. Le nouveau serveur placé sur le sol européen est opérationnel depuis fin 2009 et les autorités états-uniennes y ont directement accès en justifiant leur action par l’urgence de la lutte antiterroriste. On peut supposer que cette situation de fait ne sera pas modifiée par le vote du Parlement européen.
Les conséquences de la réaction du Parlement européen doivent être lues sur un autre plan, celui de l’évolution de l’ensemble des relations USA-UE et notamment du projet de création d’un grand marché transatlantique, véritable acte d’intégration de l’Union européenne dans une structure politique impériale organisée par Washington. Dans ce projet, il est notamment prévu la création d’une assemblée transatlantique destinée à légitimer l’action en cours. A la lumière de la dernière réaction du Parlement, ce dernier objectif pourrait bien ne pas être le long fleuve tranquille espéré tant par les autorités états-uniennes que par la Commission et le Conseil de l’UE.

Jean-Claude Paye¹
Sociologue. Derniers ouvrages publiés :
La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007

Notes:
[
1] « Europe-Etats-Unis : un rapport impérial », par Jean-Claude Paye, Le Monde, le 24 février 2004, in Réseau Voltaire, le 25 février 2004.
[
2] « Un nouvel ordre politique : Le futur grand marché transatlantique », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, le 4 février 2009
[
3] Ibidem.
[
4] « L’Empire transatlantique en construction. Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien » et « Affaire Swift : Un nouvel abandon de la souveraineté européenne », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 28 avril 2008 et 14 décembre 2009
[
5] « Nous sommes déçus de ce revers dans la coopération antiterroriste avec l’UE », Interview de William Kennard, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, Le Monde, le 13 février 2010.
[
6] Pour le détail complet du débat, consulter le site du Parlement européen. « Accord UE/États-Unis d’Amérique sur le traitement et le transfert de données de messagerie financière de l’UE aux États-Unis aux fins du programme de surveillance du financement du terrorisme ». Texte déposé : A7-0013/2010. Débats : PV 10/02/2010 - 13 et CRE 10/02/2010 - 13. Votes : PV 11/02/2010 - 6.4 et CRE 11/02/2010 - 6.4. Texte adopté : P7_TA(2010)0029.
[
7] « Swift : le Parlement européen irrite Washington », Le Soir, le 4 février 2010 »

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources:

1-
http://www.voltairenet.org/article164133.html

http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2010/02/pe-swift-fiscalite-scanners/index.html

http://www.cnil.fr/nc/es/la-cnil/actu-cnil/article/article/85/swift-nouvelle-donneapres-le-rejet-de-laccord-par-le-parlement-europeen/

Blog du député Robert Goebbels :
http://www.eurosocialistes.lu/

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/12/jean-claude-paye-affaire-swift-un.html


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 17 février 2010

Adieux de Fontainebleau chez les démocrates ? –N°635- 3e année

Le président Barack Obama ne paraissait guère réjoui récemment en appuyant sur le bouton réactivant une centrale nucléaire civile. Il faut bien noter que le parti démocrate ne lui épargne quasiment rien. D’abord au début de février, la mort du Représentant ou Député de Pennsylvanie John Murtha qui implique une élection partielle à haut risque au mois de mai ; ensuite, l’annonce « groupée » de trois sénateurs, Robert Byrd, 92 ans (Virginie-Occidentale), Franck Lautenberg, 86 ans (New Jersey), Arlen Specter, 80 ans (Pennsylvanie qui fut Républicain), de renoncer à un nouveau mandat lors des élections de la mi-novembre prochain.
Les médias français ne répercutant quasiment rien de la vie intérieure des Etats-Unis sauf pour nous parler en long et en large des malheurs conjugaux de Tigger Woods, de Brad Pitt et d’Angelina Jolie ; on a l’air toujours alarmiste et faux quand on répète craindre de grands maux américains.
Pourtant, la fragilité de l’actuelle présidence est inquiétante. Mais qui est donc Barack Obama ? A cette question,
Philippe Grasset deDefensa.org, répond par « l’énigme était vide ». Sans aller jusque là, ce Président semble tétanisé comme effondré par le désespoir de voir partir en fumée la réforme de santé. Il suit en tous points la politique étrangère belliciste de son prédécesseur : les bruits de bottes raisonnent terriblement. Au lieu de prendre à témoin le peuple américain, il manœuvre et oscille. Hanté par la crainte d’une présidence néfaste à la grandeur de son pays, n’ose-t-il plus agir et apparaît-il comme une marionnette agitée par ses conseillers. Quand bien même serait-il prisonnier de clans, pourquoi ne procéderait-il à la manière de Dwight Eisenhower qui alerta, en janvier 1961, officiellement du danger de l’hydre du CMI (Complexe-militaro-industriel) ?
Les départs des sénateurs Byrd, Specter, Lautenberg nés en 1918, 1924, 1930, dont le long parcours politique témoigne sans peine du vécu de toutes les crises et conflits du XXe siècle signifient-ils que quelque chose de tragique est en cours aux Etats-Unis ? Si les événements du siècle passé n’ont pas affaibli le mythe américain, peut-être que ceux du XXIe siècle ne donnent pas d’espoir aux jeunes générations : le rêve américain cesserait-il ?
Barack Obama serait-il dans le même abattement que ces trois sénateurs ? L’émergence du Tea party avec ses cris de révolte et son grand désordre, sans véritables chefs mais auxquels adhèrent les classes populaire et moyenne, serait-il le prélude à des craquements intérieurs ?
En tout cas, jamais on a vu, un sentiment aussi défaitiste au sein d’un parti dont le chef exerce la magistrature suprême depuis plus d’un an !
Les Républicains s’engouffrent dans ce qu’ils croient être une voie romaine mais, ils feraient bien de rester prudents, de cesser de jouer les boutefeux. Si par malheur, il y avait un « doomsday » il le serait pour tout le monde.


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 16 février 2010

Garde à vue pyjama –N°634 –3e année

A raison, les Français se sont indignés d’apprendre qu’une jeune fille de 14 ans, pour des faits mineurs (une bagarre d’école) ait été emmenée dés potron-minet au poste de police en pyjama, menottée.
Les députes protestent également suivant sur ce point les magistrats, tandis que les syndicats policiers hurlent à l’hypocrisie et jurent la main sur le cœur qu’ils ne font qu’appliquer les textes votés par le Parlement. Le gouvernement embarrassé aux entournures laisse la Garde des Sceaux et ex-ministre de l’Intérieur suggérer une nouvelle formule de garde à vue. De son côté, Brice Hortefeux qui venait tout juste de se flatter de constater, en 2009, une hausse de 51% des gardes à vue assure que désormais elles ne figurent plus dans les statistiques et délègue à un de ses collaborateurs le soin de recevoir derechef les syndicats policiers.
Bienvenue dans l’usine à gaz législative ! Si, comme l’expose avec netteté Serge Portelli, président de la 12e chambre correctionnelle à Paris dans son dernier essai,
Le sarkozysme sans Sarkozy (j’en ferai la recension prochainement), le nombre de gardes à vue (GAV) augmente sans discontinuer depuis 2002, il est vrai que toutes les lois répressives votées depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, au nom de la sécurité et pour complaire à un électorat, âgé et aisé, ne pouvaient que déboucher sur une sévérité accrue.
Les policiers n’ont pas tort de dire qu’ils ne font qu’appliquer les textes législatifs ; ils ont raison de rappeler que leur hiérarchie leur impose la pratique des quotas, du rendement. Le nombre de délits pouvant entraîner une peine de prison et qui impliquent la banalisation de la garde à vue ayant augmenté en flèche, pourquoi s’étonner de ce qui arrive ? Nicolas Sarkozy et Rachida Dati ont mis en place une police d’interpellation, elle interpelle donc sans se soucier des dommages collatéraux ! La police pourrait tout de même se rappeler qu’elle est d’abord au service des citoyens avant d’être aux ordres de l’exécutif.
Ces mêmes députés protestataires qui voici trois ans applaudissaient à tout rompre toutes les lois de sévérité ne peuvent susciter que dédain : pourquoi n’assument-ils pas les conséquences de leurs votes ? Sont-ce les Français qui les rabrouent dans leurs circonscriptions qui les font blêmir ? Certains élus UMP veulent que très vite le gouvernement légifère sur la garde à vue…pour que la France ne soit plus condamnée pour la Cour européenne : c’est tout !
Les Français se choquent de noter cette violence policière, cette dureté judiciaire : mais n’ont-il pas voté pour qu’elle grandisse tant ils tiennent au cocon sécuritaire ? Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, ne faisait guère mystère de ses projets pendant la campagne présidentielle : il allait être le Président Père Fouettard. Chose promise, chose faite !
Aujourd’hui, Français regardez-vous ! Assumez ce que vous avez cautionné ! Souvenez-vous qu’en moins de trois ans, le nouveau Président a initié 12 fichiers supplémentaires, rempli les prisons, étendu les peines jusqu’aux pré-adolescents le tout sur fond d’une remise en selle d’une certaine forme de l’eugénisme.

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

lundi 15 février 2010

Afghanistan : zone tampon sino-américaine –N°633- 3e année

Afghanistan : quinze mille otaniens et américains poursuivent les talibans qui se sont quasiment évanouis dans un pays sans secret pour eux !
Pourquoi ces soldats et ces mercenaires se battent-ils ? Début février à Munich, le secrétaire général de l’OTAN, Fogh Rasmussen, a dit que l’Afghanistan n’était pas une île. Autrement exprimé, la solution pour que la paix revienne serait que toutes les puissances régionales s’accordent à soutenir le régime installé à Kaboul. Les Etats-Unis martèlent qu’ils tiennent à laisser en juillet 2011, l’Afghanistan assagi, pacifié. Le ministre chinois des Affaires Etrangères, Yang Jiechi, a soutenu, lors de la conférence de Londres fin janvier, à quel point la Chine tenait à ce que la concorde revienne.
Bref, tout le monde n’a que l’irénisme en tête !
En réalité, l’Afghanistan n’est pas une cause mais un prétexte. Tous les esprits avisés savent que la présence euro-américaine n’a pas tant pour but final d’éradiquer les talibans, un moment, financés par la CIA, mais de se placer en Asie centrale et, entre autre chose, de fixer la Chine. Pour rester, comme dirait Monsieur de La Palice, ne faut-il pas justifier sa présence ? N’est-il pas de meilleure manière que de se proclamer en guerre contre une force X (taliban) de confession lambda (musulmane) et la mystérieuse Al-Qaida ? On me répondra, le Président Obama a promis que les marines quitteraient le sol afghan au début du second semestre de l’année 2011. Si ses soldats se retirent comme ils ont quitté la Mésopotamie (l’Irak) c’est-à-dire qu’ils se sont retranchés dans des villes-camps, verrons-nous un changement, les populations souffriront-elles moins et la paix civile s’imposera-t-elle?Depuis leur « départ » combien d’attentats et de victimes civiles ?
De son côté, la Chine redoute naturellement une instabilité et une insécurité afghanes tant pour des raisons religieuses que politiques : elle à l’œil fixé sur le Tibet et le Xinjiang(sunnites ouighours). On la croit sincère quand elle plaide véritablement en faveur d’une fin des hostilités. Elle a tout à gagner à une fin de guerre rapide, son intérêt est de poursuivre son chemin.
Du côté Américain, ne trouve-t-on pas opportun de maintenir un climat d’insécurité, donc de légitimer une présence armée? Si le Président Obama tient sa promesse, croit-on sincèrement, que les cerfs-volants de Kaboul ne pâtiront plus des roquettes et des drones ? Au contraire, en annonçant un retrait n’escompte-t-il pas une hostilité permanente des talibans et des chefs de guerre contre le Président Karzaï ? Oui mais, me rétorquera-t-on, lors de la réunion internationale tenue à Londres voici quelques jours, les Anglais n’ont-ils pas suggéré de créer un fonds monétaire spécial pour récompenser les talibans qui quitteraient le camp de la rébellion ?C’est une initiative déjà repoussée par la majorité écrasante des combattants afghans.
Le Pentagone, les lobbies regardent en direction de Pékin : l’Afghanistan n’a-t-il pas un corridor allant jusqu’à la frontière chinoise ? Le soutien affiché de l’ancien vice-président républicain, Dick Cheyney au successeur de Georges Bush peut-il nous rassurer ?
Evidemment, par delà la Chine, l’Asie centrale concentre tous les enjeux, toutes les combinaisons : n’est-elle pas le poumon planétaire ? Le maillage énergétique en cours est impressionnant. Le monde Atlantique (Etats-Unis/Europe) essaie bien de se faire une place dans tous les Etats de cette Asie centrale alors qu’ils se heurtent de plus en plus fortement à la Russie, à la Chine, à l’Iran, à l’Inde et même tout au bout à la Turquie. Doutons-nous que Moscou et New Delhi soutiennent le discours chinois sur l’Afghanistan ?
La bataille afghane prend tout son sens si l’on écarte la propagande. Ne nous trompons pas, la majeure partie des discours entonnés contre le terrorisme ne forment qu’un arbre qui masque la forêt : nous sommes bel et bien au cœur d’une bataille décisive mais pour qui ? Pour qui tombent les soldats français ? Pour nous sauver des « forces obscures » ? Ou pour des intérêts mercantiles, financiers de multinationales, de géants bancaires, de hedge funds, d’une puissance étatique…etc ? L’Afghanistan n’est-il pas le seul pays d’Asie (exception faite des bases US au Japon, Corée du Sud et dans les Philippines ) où les USA peuvent, au nom d’une lutte acharnée contre le Mal, rester au cœur de ce continent ?
Les otaniens (européens) ont-ils les mêmes motivations que les Etats-Unis ? L’intérêt de l’Europe est-il véritablement de se lier à Washington alors que des alliances naturelles avec des pays asiatiques dont la Russie devraient nous conduire vers d’autres raisonnements ?


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

dimanche 14 février 2010

Val d’Aoste : A la tête d’Alpes-Méditerranée - N°632- 3e année

Les 22 & 23 janvier 2010, la région autonome du Val d’Aoste (126 000 habitants) a inauguré dans un fort bel immeuble sa représentation touristique à Paris au 3 rue des Deux boules. Le Président de la région valdotaine, Augusto Rollandin, ainsi qu’une partie de son gouvernement avaient fait le déplacement marquant de cette façon l’importance de la France pour mieux la faire connaître en Europe. Détail qui compte, la présence de Jean-Robert Reznik, à la forte renommée dans le secteur touristique et à la tête du fonds d’investissement Nirvana (200 millions d’euros) soulignait que la région du Val d’Aoste retenait l’attention des investisseurs pour promouvoir un tourisme plutôt haut de gamme.
Au-delà de la mise en avant des
« affinités historiques et culturelles » avec le monde francophone, Aoste préside pour six mois l’eurorégion Alpes Méditerranée instituée en 2006 et officialisée en 2007 dans sa capitale éponyme ; elle regroupe 5 régions outre Aoste, le Piémont, la Ligurie, PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et Rhône-Alpes. Rappelons que cette eurorégion est la quatrième de l’Union créée après celle de Meuse-Rhin (1976), des Carpates (1993-1997-1999) et Pyrénées-Méditerranée en 2004.
La présidence valdôtaine à la tête d’un ensemble de 17 millions d’habitants, pendant six mois, représente une opportunité pour son gouvernement désireux de développer d’une part l’éco-tourisme en séduisant les adeptes d’activités sportives (Courmayeur, Pré Saint-Didier, Mont-Blanc) en préservant son environnement réellement majestueux au pied des Alpes et au sud de la Suisse via le Valais, par la mise en valeur de son riche patrimoine, de ses vins et d’autre part de se consacrer à l’éducation et à la formation.
Les Italiens sont passés maître dans l’art de préserver leur habitat, de recevoir les visiteurs sans que ceux-ci ne les forcent à changer ni leurs habitudes, ni à modifier les parcours des villes. Dés lors, est-il surprenant que la région du Val d’Aoste inaugure une nouvelle phase dans le repositionnement du tourisme ? Le « tourisme de masse », si malheureusement encouragé, par exemple, par le maire de Paris, ne laisserait-il pas la place, petit à petit, à un tourisme plus exigeant et plus respectueux des pays et contrées visités, parcourus ? La vallée d’Aoste accueille déjà 2 millions de visiteurs par an : c’est beaucoup et pour le président Augusto Rollandin, ce chiffre constitue sans doute, un quasi maximum au-delà duquel, l’équilibre environnemental valdôtain serait compromis.
C’est là que l’intérêt de l’eurorégion Alpes Méditerranée entre en jeu : Lyon, Marseille, Gênes, Turin sont des villes métropolitaines. Les Alpes et la Méditerranée à l’exemple de l’eurorégion Pyrénées-Méditerranée, forment un ensemble parfaitement équilibré alliant, outre une vie historique ancienne, une puissance économique et financière, des universités dotées de pôles de recherche, à l’attractivité touristique pour un ensemble géographique de toute beauté dont le Val d’Aoste serait en quelque sorte, la perle.
Le Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) confère depuis 2007 à cette eurorégion une existence juridique indispensable pour mener à bien les cinq thématiques retenues et relayées par des émissions diffusées sur le réseau franco-italien TV8 Mont-Blanc :
Accessibilité et transports (Région Piémont), Innovation et recherche (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Environnement, prévention des risques et développement durable (Rhône-Alpes), Culture et tourisme (Ligurie) Education et formation Région (Vallée d’Aoste)
Ainsi, l’inauguration de la Maison du Val d’Aoste à Paris à la fin de janvier dépasse-t-elle le simple événement ; elle augure des projets ambitieux qui en feront un lieu d’accueil et de projets innovants et constitue, enfin, qu’une antenne touristique ne se résumera plus à la seule remise d’un dépliant.


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources :

http://www.euroregion-alpes-mediterranee.eu/
http://www.regione.vda.it/default_f.asp
http://www.regione.vda.it/default_i.asp


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

vendredi 12 février 2010

Allemagne et l’Europe : en avant Mark ?-N°631- 3e année

Le dîner dans une bibliothèque bruxelloise des représentants des Etats européens n’a abouti qu’à la diffusion d’une déclaration d’intention politique qui laisse songeur sans apaiser quiconque.
Les Européens sont-ils solidaires non seulement de la Grèce mais de tous les autres pays membres de la zone euro en difficulté, Espagne, Portugal, Italie, Irlande ? D’un côté, transparaissent les réticences allemandes, pays le plus opposé lors de la création de la BCE, à une aide envers un pays tiers ; et d’un autre côté, toutes les observations et les commentaires tournent autour de ce que va entreprendra l’Allemagne. Ce soir, il n’y aurait donc plus qu’un seul Etat dont dépendrait le sort de l’Euro : la République Fédérale allemande ! Le palais de l’Elysée a beau faire dire que le Président Sarkozy s’est démené pour imposer la réunion : rien n’y fait, Berlin capte toutes les attentions. Pourtant, Paris a insisté avec justesse sur la nécessité d’un propos politique lequel impliquerait la mise en perspective de mesures fortes et fédératrices pour tous les Européens.
Ce vendredi soir, n’avons-nous pas le sentiment que les gouvernements de l’Union espèrent que les spéculateurs ne recommenceront pas leurs offensives puisqu’il a été dit que politiquement touts les Etats se retrouvaient sur un dénominateur commun, une déclaration ? Les chefs d’Etat et de gouvernement prépareraient-ils quelque chose pour le cas où la péninsule ibérique craquerait ? Actuellement, de toutes les bouches des gouvernements sortent plus un « pourvu que rien ne se passe » qu’un « s’ils osent nous les casserons » !
La chancelière allemande, Angela Merkel, croit-elle que la puissance économique de son pays jusqu’alors maintenue grâce, notamment à la présence immédiate de toute l’Europe de l’Est qui a fourni à ses industriels de la main d’œuvre à bas coût sans avoir à délocaliser constitue un glacis sécuritaire suffisant pour demain? L’Allemagne est-elle européenne ou impériale ? Berlin fait, peut-être, la comparaison avec les Etats-Unis : La Californie, un des états de l’Union et la 8e puissance économique mondiale, a appelé à l’aide Washington mais en vain : Wall Street s’est-il effondré ?
Que pèseront les 80 mesures franco-allemandes annoncées à grands coups de timbales ?
La zone euro résistera-t-elle aux futurs chocs ? Il le faudra bien. Qu’un des pays quitte l’euro pour reprendre sa monnaie nationale n’est pas imaginable quoiqu’en Allemagne, le retour au mark ne serait pas vécu comme un drame…..Le mark, future monnaie européenne de substitution ?
Au-delà de cette atmosphère, l’opinion publique attend une réponse à cette interrogation : à l’avenir qui des Etats ou des banquiers et des hedge funds l’emportera ?Elle attend aussi, que la monnaie européenne induise véritablement une franche solidarité sans palabres subtiles.
Y-a-t-il ou non un moteur politique européen ? Où est l’efficacité du traité de Lisbonne ?

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 10 février 2010

Guillebaud/Lacouture : « Sont-ils morts pour rien ? » N°630 –3e année

Le tandem ou duo, Jean-Claude Guillebaud/Jean Lacouture dont il est inutile de faire la publicité tant leur talent est connu, publie un ouvrage avec le sous-titre suivant « Un demi-siècle d’assassinats politiques ». De l’assassinat du Président Kennedy (1963) à celui de Benazir Bhutto en 2007, ce sont 16 morts politiques (13 hommes, 3 femmes) que nos deux auteurs veulent nous faire comprendre et nous interroger sur le « Sont-ils morts pour rien ? », titre du livre.
Le livre se divise en 16 chapitres qui sont autant de fiches bien rédigées qui nous permettent de situer le moment attentatoire en décrivant les faits, les atmosphères, les tensions et les évolutions des 16 victimes en mettant en relief leurs qualités et leurs faiblesses, excluant heureusement toute hagiographie. A chaque fois, les deux auteurs passent en revue les pistes et en proposent même quelques nouvelles, l’intérêt étant de nous conduire à des réflexions ce qui suppose chez le lecteur ou lectrice une culture générale assez fournie.
Jean-Claude Guillebaud et Jean Lacouture sortent en quelque sorte le crime politique contemporain de nos grilles de lectures historiques, nous éloignant des débats sur les interprétations autour du tyrannicide d’avant 1789. Si le prince ou le monarque avait, si l’on ose écrire, les honneurs du poignard, nos années contemporaines balaieraient toute hiérarchie en plaçant sur un piédestal similaire l’assassinat, par exemple, d’Indira Ghandi et d’Alexandre Men, celui de Bechir Geymayel et de Martin Luther King.
Le meurtre dés l’instant qu’il atteint une femme ou un homme qui s’illustre par ses écrits, par ses actes, par son ou ses parcours, par ses obstinations, touche de facto l’ensemble d’une nation dans son cœur politique. Cela étant dit, le duo Guillebaud/Lacouture, en consacrant 13 articles sur 16 à des fins tragiques de chefs d’Etat, de gouvernement, de ministres, ont conscience que ce sont quand même les élus des peuples qui paient le plus lourd tribu.
Ces 16 assassinats ne prétendent pas être une liste exhaustive selon les deux auteurs qui veulent d’abord proposer aux lecteurs une visualisation panoramique d’un fait historique, travail qu’ils mènent sans faute en parfaits journalistes qu’ils sont et d’une génération sans relève véritable.
Guillebaud et Lacouture ont réussi leur pari malgré la présence de deux coquilles (page 99: erreur relative à l’indépendance de l’Inde et page 197)


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Source :
Lacouture (Jean), Guillebaud (Jean-Claude) : Sont-ils morts pour rien ? –Un demi-siècle d’assassinats politiques -, Paris, Le Seuil, 2009

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 9 février 2010

France- Russie : Mistral et pope N°629- 3e année

L’année France-Russie commence bien : la Russie est au balcon d’honneur. Paris comptera d’ici quelques années une nouvelle église ou cathédrale orthodoxe et son séminaire à l’emplacement des bâtiments de la Météorologie nationale, place de la Résistance face à la Seine et au Zouave du Pont de l’Alma…qui a peut-être combattu en Crimée. Ne protestez pas, c’était le pope ou l’appel du muezzin : l’Arabie Saoudite se proposait d'y bâtir une mosquée…
Le Kremlin nous commanderait 4 porte-hélicoptères Mistral au lieu d’un seul exemplaire. Discrètement le secrétaire d’Etat américain, Robert Gates, s’est déplacé, le 8 février, pour essayer in extremis de nous décourager : ne sommes-nous pas otaniens ? Peine perdue, comme pour les Rafale proposés au Brésil et en attente de réponse positive, Nicolas Sarkozy passe outre aux avertissements : l’envie de conclure un marché l’emporte sur tout y compris la déférence à l’égard d’une puissance tutélaire…
La France entendra bien donner un éclat particulier à la signature de ce contrat naval en cette année d’échanges culturels et politiques. Nous rapprocher de la Russie, un allié naturel et fidèle, est excellent : rappelez-vous que grâce à Nicolas II qui lança plus tôt que prévu son armée contre les Allemands, nous pûmes préparer victorieusement la fameuse bataille de la Marne.
Même si Nicolas Sarkozy est aux antipodes de référence historique et s’il pratique une politique extérieure désordonnée, il pourra toujours faire sienne aujourd’hui cette célèbre phrase du Général de Gaulle
: «Tout peut, un jour, arriver, même ceci qu’un acte conforme à l’honneur et à l’honnêteté apparaisse, en fin de compte, comme un bon placement politique.»


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

lundi 8 février 2010

Ukraine : l’Orange est pressée –N°628- 3e année

La victoire de Viktor Ianoukovitch sur sa rivale et Premier ministre, Ioulia Tymochenko met un terme à la période « Orange » débutée en 2004.
La Présidence de Viktor Iouchtchenko (2004-2009) a finalement dégoûté les Ukrainiens par le haut degré de corruption, les crises politiques multiples et une dégradation brutale de la vie économique.
Sur le plan intérieur, la politique ukrainienne ne propose pas une lecture facile tant les multiples formations rendent fragiles toute coalition et par conséquent toute majorité à la Rada. Le Premier ministre Ioulia Tymochenko, en poste depuis 2007, a une marge de manœuvre limitée : le Parti des régions (pro-russe) soutenu par Notre Ukraine, a promis de déposer une motion de censure comptant sur la dynamique de l’élection présidentielle pour faire basculer l’un des partis soutenant Ioulia Tymochenko . Si cette manœuvre échouait, le Président et le Premier ministre devraient cohabiter jusqu’en septembre 2011 à moins d’élections anticipées.
Sur le plan extérieur, les tentatives de rapprochement avec l’Union européenne ne connurent pas une issue heureuse en raison, notamment, à l’opposition allemande qui ne cessa pas de privilégier les relations avec Moscou, pas davantage celles d’intégrer l’OTAN n’aboutirent faute d’un consensus. L’Ukraine se retrouve donc avec deux épines, la première en Crimée où est la marine russe et au sud, en Transnistrie ou République moldave du Dniestr où stationne la XIVe armée russe.
Le rapprochement américano-russe (négociations du traité SALT-II) depuis l’avènement de Barack Obama n’a fait que rendre logique le processus de réintégration de l’Ukraine dans la sphère d’influence moscovite. Cependant, les lobbies néo-conservateurs américains qui avaient fait pleuvoir une pluie de dollars en 2004 ne renoncent pas à l’action. On le voit encore avec l’affaire des anti-missiles SM-3 que Bucarest a accepté d’installer afin, dit-on, de contrer une attaque iranienne !!!! Sans doute tenteront-ils de circonvenir Ioulia Tymochenko oubliant, au passage, qu’ayant fait fortune dans le gaz, celle-ci sera sensible à de bonnes relations avec GazProm dont l’une des éminences n’est autre que l’ancien chancelier Gerhard Schröder.
L’Ukraine devait être selon la diplomatie américaine un pion central, à l’instar de la Géorgie, dans une politique de containment de la Russie. Le retour au pouvoir d’anciens apparatchiks clôt cette période. C’est la fin du « moment américain » et le retour dans le giron russe !


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

samedi 6 février 2010

Sus aux PIGS…et à l’Europe ! - N°627-3e année

Le Marché a lancé ses pitbull sur les PIGS ! Après la Grèce, la péninsule ibérique (Espagne et Portugal) est toute entière sous l’œil vigilant des institutions financières (p.e : le FMI). La bourse madrilène a perdu 14% hier. Les gouvernements de la zone euro, promettent les plans les plus drastiques pour réduire leurs déficits : allonger l’âge du départ à la retraite, 67 ans selon le Premier ministre Zapatero, tailler dans les services publics.
Evidemment ce qui se passe concerne non seulement l’ensemble des 15 pays de la zone euro mais aussi les autres Etats de l’Union européenne.
Pourquoi soudainement, la zone euro est-elle toute entière attaquée ? Rappelons tout d’abord que l’Union européenne est un géant économique et donc une puissance même si cela n’est jamais mis en avant par les dirigeants : Cette Union contrarie-t-elle d’autres rivaux économiques ? Citons, par exemple, le maillage énergétique planétaire au sein duquel l’Union européenne est absente, se pourrait-il que pour certains gros financiers et patrons de multinationales anglo-américains l’Europe ne soit plus qu’un obstacle ou une gêne à neutraliser ?
Ne jouent-ils pas sur les institutions européenne telle la BCE ? Cette dernière ne pouvant pas, de par ses statuts, se porter au secours des Etats demandeurs d’aides, ce sont les membres de la zone euro qui doivent, en aggravant leurs déficits, en empruntant sur le marché à des taux non avantageux et en sollicitant la banque centrale européenne, se débrouiller pour trouver une solution! N’est-ce pas une situation kafkaïenne ?
Cela étant dit, les dettes, les déficits publics des PIGS sont-ils si calamiteux ? Hier le Congrès américain n’a-t-il pas autorisé une augmentation du déficit de 1500 milliards de dollars afin de ne pas empêcher l’Etat fédéral…d’emprunter sur les marchés : Wall Street s’est-il écroulé ?
Les Etats-PIGS pourraient-ils faire faillite ? Il serait plus judicieux de parler de banqueroute plutôt que de faillite : un Etat n’est pas une entreprise même si le « management » s’introduit dans les administrations et les structures publiques et para-publiques. Un Etat ne peut pas faire faillite –gardons le mot – tout simplement parce que les créances sur ses dettes cesseraient d’avoir la moindre valeur! Le Marché doit pouvoir continuer à acheter de la dette.
Pour leur malheur, les Etats européens sont de plus en plus dans une situation de dépendance ou de fuite en avanton . Prenant le relais du Marché, les institutions financières comme le FMI dirigé par Dominique Strauss-Khan, tiennent le même raisonnement que les banques et les financiers : elles prônent l’austérité.
Le Marché prend donc les Etats européens à la gorge, les contraignant à se réformer en profondeur, à privatiser au maximum y compris aux dépens de ses missions régaliennes : regardez bien la progression des armées privées (mercenaires), de polices privées (relire les propos de Michel Alliot-Marie alors ministre de l’Intérieur) Ne sommes-nous pas face à une attaque qui viserait à dénaturer les Etats ?
Affaiblir l’Union européenne comme acteur économique et désarticuler les Etats membres ne sont-ce pas les vues des acteurs anglo-américains et de leurs alliés dans cette attaque spéculative ?
A la crise financière s’ajoute, la crise sociale et désormais la crise politique : l’UE débute une période de turbulences aux conséquences incertaines, multiples..
A Davos comme auparavant à Toulon, le Président Sarkozy a eu raison d’en appeler à un nouveau Bretton Woods : la nécessité d’établir une monnaie de référence internationale, autre que le dollar, devient une urgence.

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 3 février 2010

Turkménistan : Au cœur des gazoducs : N°626-3e année

Lors de la visite à Paris ce 1er février du Président turkmène, Gurbanguly Berdimahamedow, l’Elysée soulignait dans son communiqué : "la nécessité de renforcer les efforts pour assurer le transit stable et pacifique des ressources énergétiques vers les marchés internationaux"¹
Le 6 janvier 2010, les présidents iranien et turkmène inauguraient le gazoduc Dovletabat-Sarakhs-Khangiran reliant le nord de l’Iran dans le bassin de la mer Caspienne aux gisements gaziers turkmènes sous l’œil bienveillant et rassuré de la Chine et de la Russie. Ces signatures, comme le souligne avec pertinence le diplomate indien M K Bhadrakumar dans son article publié dans Asiatimes², pourraient bel et bien donner un nouveau visage énergétique à l’ensemble de l’Asie.
Le Turkménistan en attribuant la totalité de ses exportations de gaz à la Chine, l’Iran et la Russie, signifie de façon éclatante qu’il considère ces trois puissances comme des voies de transport primordiales.
L’accord irano-turkmène apporte d’autre part un démenti cinglant selon lequel l’Iran serait isolé. Téhéran aura une position parfaite pour les exportations gazières turkmènes notamment en direction de la Turquie (Tabriz-Ankara) qui entend, évidemment, être une plaque tournante de la distribution de gaz en direction de l’Union européenne.
Si la Chine se tient un peu éloignée de la mer Caspienne, la Russie et le Turkménistan, au terme de plusieurs voyages officiels, estiment que « les
deux pays ne considèrent pas la sécurité de l’un sans envisager celle de l’autre »² Concrètement ce rapprochement se traduira premièrement par le développement du gazoduc transcaspien, deuxièmement, par la construction conjointe d’un gazoduc « est-ouest reliant tous les puits de gaz turkmènes à un même réseau afin de permettre l’acheminement de gaz vers la Russie, la Chine et l’Iran depuis n’importe quel gisement »²
Parallèlement à ces accords Moscou a obtenu en décembre 2009 de doubler son importation de gaz azerbaïdjanais afin que Bakou ne devienne pas un port de transit pour le gazoduc Nabucco (Etats-Unis/Union européenne)
La Russie obtient son rang de premier fournisseur de gaz vers l’Union européenne via South Stream et North Stream qui alimenteront l’Europe au sud et au nord (via la Baltique) Devant cette situation, l’Union européenne compte beaucoup sur le gaz irakien³ pour maintenir le projet Nabucco mais sur le chemin il y aura la Turquie très pro-russe !
Après le Kazakhstan, le Turkménistan confirme bien que tous ces pays autrefois parties intégrantes de l’empire russe puis soviétique recouvrent une importance qui place les puissances Atlantiques (Europe/Etats-Unis) devant des enjeux qui devraient malheureusement nous amener à un état de dépendance inquiétant. Une fois encore, répétons-le, l’Asie s’organise petit à petit pour elle-même, elle s’attache au développement de sa partie centrale, de sa façade Pacifique et elle entendra garantir les voies maritimes dont celles en direction de l’Afrique et notamment vers l’Afrique des Grands Lacs et le Congo (Kivu)
Devant de tels enjeux, le communiqué élyséen se réduit comme une peau de chagrin. Une chance, le Président Gurbanguly Berdimahamedow veut énormément bâtir ce qui placerait les entreprises du BTP français sur les rails. Il y aurait donc une petite satisfaction…..


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Sources :

1-
http://fr.rian.ru/world/20100201/185974574.html

2-M K Bhadrakumar : Russia, China, Iran redraw energy map
http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/LA08Ag01.html

3-Robert M Cutler : Reconfiguring Nabucco:
http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/LA28Ag01.html

http://eco.rue89.com/2009/12/27/le-gazoduc-nabucco-et-les-enjeux-dune-politique-energetique-de-lue-131056


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 2 février 2010

Georges Bernanos :1944 « La révolution de la liberté » –N°625-3e année

La maison d’édition bordelaise Le Castor Astral a eu l’excellente idée de rééditer l’essai de Georges Bernanos (1888-1948), La France contre les robots, paru la première fois à Rio de Janeiro, aux éditions La France Libre en 1946. La préface de l’écrivain et journaliste Pierre-Louis Basse et la postface d’Albert Béguin (1901-1957) forment deux interventions de choix, de la part de deux hommes de générations différentes et d’horizons politiques séparés, autour de la personnalité emblématique de Georges Bernanos qui quoique chrétien et royaliste voua aux gémonies, outre tous les bien-pensants, titre d’un essai en 1931, Franco (Les grands cimetières sous la lune) et Pétain ainsi que Charles Maurras ! Résistant, gaulliste dés juin 1940, ses deux fils combattront dans les rangs des FFL, il écrira La France contre les robots à la fin de la guerre (1944-1945) dans le cadre du Comité central des Français Libres de l’Amérique Latine avec pour centre le Brésil. Ce détail a toute son importance quand on sait le programme politique, économique et social rédigé par le Conseil National de la Résistance aujourd’hui, abattu pierre par pierre par l’actuel pouvoir.
Albert Béguin a écrit dans sa postface que
La France contre les robots n’était pas un « pamphlet politique » mais une « apologie de la Liberté, défi jeté aux idolâtries du profit et de la force » Pierre-Louis Basse, en préface, ne lui répond-il pas en posant la question politique soulevée par Bernanos « Quelle place pour l’individu, écrasé par " la Mecque du capitalisme universel " » ?
Les 122 pages de cet écrit d’exil nous rappellent d’autres auteurs, Aldous Huxley, Georges Orwell, Herbert Georges Wells, le cinéaste Fritz Lang (Métropolis), le comédien Charlie Chaplin (Les temps modernes) qui prévinrent du danger de la soumission à la Société Machine destructrice de l’homme libre. Tous leurs écrits et films ont été prémonitoires.
Le texte d’une vingtaine de pages proposé ci-dessous en extraits s’intitule
La révolution de la liberté (décembre 1944) Il reprend l’esprit de La France contre les robots et figure avec d’autres écrits et correspondances inédites dans cet ouvrage.
Au fond, n’est-ce pas Paul Valéry, vers 1920, avec son affirmation
« l’histoire du monde fini commence » qui suggéra en premier la réflexion fondamentale ?

« (…Il y a vingt ans, le petit bourgeois français refusait de laisser prendre ses empreintes digitales, formalité jusqu’alors réservée aux forçats. Oh ! oui, je sais, vous vous dites que ce sont là des bagatelles) Mais l’homme de mon pays, l’homme de l’ancienne France attachait à ses bagatelles une importance énorme. Chaque citoyen, chaque corporation, chaque état, chaque confrérie et presque chaque village, avait ses privilèges et les maintenait coûte que coûte. Durant des siècles pas un homme de police n’eût franchi le seuil inviolable de l’Université de Paris, sans être massacré par les étudiants. L’abbaye de Saint-Germain-des- Prés, comme beaucoup d’autres, jouissait du droit d’asile. Les immenses terrains qu’elle possédait au bord de la Seine, étaient ainsi devenus un repaire de malandrins. L’Abbé leur proposa de les embarquer à ses frais pour l’Amérique, avec un petit pécule. Dix-huit refusèrent pour lesquels on exigea du Roi une lettre de pardon. L’homme de l’ancienne France, cher lecteur, vous paraîtrait aisément aujourd’hui un anarchiste. Ce que vous appelez désordre, il l’appelait ordre. Je suis un homme de l’ancienne France, les Démocraties d’uniformisation me font rire. L’opinion publique, au XVIIIe siècle, s’est soulevée contre l’usage traditionnel d’enrôler de force, dans les ports, en cas de nécessité, un certain nombre de jeunes marins. Elle accusait aussi les sergents recruteurs de payer trop généreusement à boire aux garçons dont ils sollicitaient la signature qui allait les faire, pour six ans, soldats du Roi…
Aujourd’hui l’exception est devenue la règle, la Démocratie mobilise tout, hommes, femmes, enfants, animaux et machines, sans même vous demandez de trinquer à sa santé.
[….]
Tandis que j’écris ces lignes, quelques centaines d’hommes dont les noms sont ignorés du public mais la puissance presque sans bornes, réunis par groupes dans de somptueux bureaux standards, discutent entre eux les ressources de chaque nation en fer, en cuivre, en manganèse, en phosphates, en pétrole, et se croient capables de fixer en dernier ressort, appuyés sur leurs statistiques, la destinée du genre humain. J’ai bien le droit d’établir des statistiques, moi aussi. Je me demande quel est le pays où l’on trouve, sinon le plus d’hommes libres, du moins le plus d’hommes héréditairement et traditionnellement attachés non à l’idée vague, théorique ou juridique de la liberté – comme un philosophe déiste au concept de l’Être Suprême inaccessible et inconnaissable – mais à leurs libertés, à leurs droits, si humbles qu’on les suppose, à leurs droits, à leurs dignités ! Car pour qu’un homme puisse se dire libre, il importe absolument qu’il ait fait de la Liberté son point d’honneur. Un homme d’honneur peut se passer de radio, de cinéma, d’auto, de frigidaire, mais il ne peut pas se passer d’honneur. Il refuse de céder la plus petite parcelle de son honneur, c’est-à-dire de ses libertés légitimes. Un homme d’honneur peut très bien mourir par point d’honneur – pour une raison en apparence futile. Elle n’est futile que pour les imbéciles. Un imbécile en effet est seul capable de se demander sérieusement si le simple geste à peine esquissé d’un soufflet, doit être considéré moins insultant qu’un coup de pied au derrière. Lorsqu’on comprend cela, on est beaucoup moins tenté de rire du brave bourgeois français refusant de laisser prendre ses empreintes digitales. Il avait parfaitement le droit de se demander si on s’en tiendrait là, si on ne finirait pas par lui imprimer au fer rouge un numéro sur la cuisse, afin de faciliter le travail des fonctionnaires. Et d’ailleurs les raisons par lesquelles on justifie la première mesure, serviraient aussi pour la seconde. Elles serviraient pour beaucoup d’autres, elles serviraient presque à l’infini. L’erreur commune est de se dire, à chaque nouvelle restriction : « Après tout, ce n’est qu’une liberté qu’on me demande. Lorsqu’on se permettra d’exiger ma liberté toute entière, je protesterai avec indignation ! »
[…]
Je m’excuse de dire ici en peu de mots ce qui ferait la matière d’un livre, mais qu’importe ! Ceux qui lisent ces lignes avec indifférence s’endormiraient sur le livre. Je n’ai jamais parlé pour les gens qui, sous prétexte de comprendre, exigent de moi que je les rassure, que je les rende rassurés à leurs habitudes de penser et de sentir, à leurs pantoufles. A ceux qui veulent courir le risque de penser par eux-mêmes, je n’ai pas de consigne à donner, j’essaie de leur ouvrir un chemin. Je ne suis pas un philosophe, un penseur, un professeur. Je suis un homme comme vous, comme n’importe lequel d’entre vous, mais je sens ce que vous ne sentez pas, ce que vous subissez sans le sentir, - l’immense pression exercée à chaque heure, jour et nuit, sur nous tous, par le conformisme universel, anonyme, disposant de ressources inépuisables, de méthodes ingénieuses et implacables pour la déformation des esprits. Ces ressources, ces méthodes sont entre les mains d’un petit nombre d’hommes d’argent sans scrupule, beaucoup plus puissants que les gouvernements, et dont la bonne volonté stupide serait plus à craindre que la malice. Sous leurs coups répétés, je vois s’effondrer l’une après l’autre les des traditions spirituelles mille fois plus précieuses et vénérables encore que la vénérable et précieuse abbaye du Mont-Cassin. Je ne suis ni professeur, ni philosophe, mais si je l’étais, je ne croirais pas qu’il suffise d’opposer quelques définitions irréprochables à des milliers de slogans manœuvrant bien en ordre et chargeant ensemble comme des tanks. On se moque toujours des gens qui se paient d’idées. Qu’importe l’idée inscrite sur un papier froid, ou dans un cerveau presque aussi froid que le papier !
Il faut qu’une idée s’incarne dans nos cœurs, qu’elle y prenne le mouvement et chaleur de la vie. [….] Lorsque l’idée de liberté ne sera plus que dans les livres, elle sera morte. Ô vous qui me lisez, commencez par le commencement, commencer par ne pas désespérer de la Liberté ! L’énorme mécanisme de la Société moderne en impose à vos imaginations, à vos nerfs, comme si son développement inexorable devait tôt ou tard vous contraindre à livrer ce que vous ne lui donnerez pas de plein gré. Le danger n’est pas dans les machines, sinon nous devrions faire ce rêve absurde de les détruire par la force, à la manière des iconoclastes qui, en brisant les images, se flattaient d’anéantir aussi les croyances. Le danger n’est pas dans la multiplication des machines, mais dans le nombre sans cesse croissant d’hommes habitués, dès leur enfance, à ne désirer que ce que les machines peuvent donner. Le danger n’est pas que les machines fassent de vous des esclaves, mais qu’on restreigne indéfiniment votre liberté au nom des Machines, de l’entretien, du fonctionnement, du perfectionnement de l’universelle Machinerie. Le danger n’est pas que vous finissiez par adorer les Machines, mais que vous suiviez aveuglément la Collectivité –dictateur, état, parti –qui possède les Machines, dispose des Machines, vous donne ou vous refuse la production des Machines. Non, le danger n’est pas dans les Machines, car il n’y a d’autre danger pour l’homme que l’homme même. Le danger est dans l’homme que cette civilisation s’efforce en ce moment de former.
[…]
L’individu dispose d’un petit nombre de moyens, chaque jour réduit, de résister à la pression de la masse, comme un sous-marin en plongée, à celle de l’eau. Tous les régimes, au cours, de l’Histoire, ont tenté de former un type d’homme accordé à leur système, et présentant par conséquent la plus grande uniformité possible. Il est inutile de dire une fois de plus que la civilisation moderne dispose, pur atteindre ce but, de moyens énormes, incroyables, incomparables. Elle est parfaitement en mesure d’amener peu à peu le citoyen à troquer ses libertés supérieures contre la simple garantie des libertés inférieures, le droit à la liberté de penser – devenu inutile puisqu’il paraîtra ridicule de ne pas penser comme tout le monde – contre le droit à la radio ou au cinéma quotidien.
[….]
Il est évidemment difficile de se représenter un citoyen des Démocraties venant échanger au guichet de l’Etat, sa liberté de penser contre un frigidaire. Les choses ne se passeront pas exactement ainsi, bien entendu. Mais nous savons la tyrannie que l’habitude exerce sur presque tous les hommes. Nous voyons aujourd’hui la spéculation exploiter avec une espèce de rage croissante les habitudes de l’homme. Elle en crée sans cesse de nouvelles – en même temps que les joujoux mécaniques que ses ingénieurs lui fournissent, et qu’elle jette inlassablement sur le marché. La plupart de ces besoins, constamment provoqués, entretenus, excités par cette forme abjecte de la Propagande qui s’appelle la Publicité, tournent à la manie, au vice. La satisfaction quotidienne de ces vices portera toujours le nom modeste de confort, mais le confort ne sera plus ce qu’il était jadis, en embellissement de la vie par le superflu, le superflu devenant peu à peu l’indispensable, grâce à la contagion de l’exemple sur les jeunes cerveaux de chaque génération. Comment voulez-vous qu’en homme formé, dès les premières heures de sa vie consciente, à ces innombrables servitudes, attache finalement grand prix à son indépendance spirituelle vis-à-vis d’un système précisément organisé pour lui donner au plus bas prix ce confort, mais encore pour l’améliorer sans cesse ?
Georges Bernanos »¹



Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Source :

1- Bernanos (Georges) La France contre les robots, Préface Pierre-Louis Basse, Postface Albert Béguin, Bordeaux, Le Castor Astral Editeur, 2009, pp.166-167, 168-169, 171-172, 172, 172-173, 173-174.


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

Obama défie la Chine ? N°624- 3e année

La signature d’un contrat d’armement (achat de 66 F16) entre les gouvernements de Taipei et de Washington a suscité une violente colère à Pékin et l’annonce d’une prochaine rencontre entre le Président Obama et le Dalaï-lama ne fait qu’attiser les agacements. Quelques semaines plus tôt, Hillary Clinton prenait fait et cause pour Google, entreprise américaine, qui venait d’annoncer son retrait du marché chinois au nom de la défense des internautes chinois dissidents du régime communiste.
Cette montée en opposition des rapports sino-américains ne surprend guère depuis que la Chine s’est refusée au principe du G2. Hillary Clinton cédant à la facilité, parle d’un nouveau rideau de fer. Si cette formule confirme bel et bien que les Etats-Unis sont incapables de regarder le monde autrement qu’en mode binaire, elle ne cache pas une contradiction : comment peut-on d’un côté encourager les délocalisations en Chine, être le premier client de ce pays et de l’autre décréter que ce pays est muré ?
En fait si cette offensive américaine se consacre à la question chinoise stricto sensu, elle prend soin également de maintenir dans son ère d’influence le Japon ainsi que Taiwan. Tokyo aimerait bien prendre plus de distance avec les bases militaires de Marine’s tandis que le Président taiwanais Ma Ying-jeouTaipei oscille entre rapprochement avec la Chine continentale et l’attitude du Bernard-l’hermite.
Nous assistons donc à une manœuvre américaine qui s’inscrit dans un processus de « containement » et de rappel à l’ordre de ses alliés. Le Président Obama en encourageant cette politique ne fait montre d’aucune originalité, il rentre dans le lit de la diplomatie washingtonienne. Il cède également aux pressions des lobbies militaires qui craignent une suprématie aérienne chinoise dans les années à venir.
De son côté, le gouvernement chinois entend réaffirmer, à la veille de l’inauguration de l’Exposition universelle de Shanghai (mai-octobre 2010) qu’elle recevra, en qualité d’empire du Milieu, l’ensemble des puissances. Comme pour les Jeux Olympiques de 2008, le parti communiste chinois jouera la carte de l’intransigeance comptant sur le fait qu’étant le moteur et l’atelier du monde, la Chine peut oser et espérer surtout qu’on ne voudra pas la contredire. C’est là, une prétention clairement affichée.
Cette confrontation sino-américaine est risquée pour les deux Etats et elle l’est d’autant plus qu’une tierce force ne peut pas s’entremettre pour calmer le jeu. Les Etats-Unis rappellent également à leurs alliés (Japon, Taiwan) qu’ils ne peuvent pas évoluer hors de l’Aigle étoilé alors que ces mêmes nations cherchent à développer avec Pékin une politique de coopération économique avec en ligne de mire, notamment, la Sibérie (un enjeu sino-russe et asiatique) et la maîtrise des mers : Washington possède-t-il encore la force nécessaire pour contrevenir à la diplomatie évolutive asiatique ? Miser sur le seul effondrement boursier chinois, paraît bien léger et dangereux. Il reste le dollar, une monnaie, devenue une bombe à retardement pour les deux géants….


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

In Seriatim :

Japon :


http://www.seriatimonline.com/2009/08/japon-fluctuat-nec-mergitur-n514-3e.html
http://www.seriatimonline.com/2009/10/siberie-sino-russe-et-asiatiquen551-3e.html
http://www.seriatimonline.com/2009/10/kissinger-chine-et-japon-semancipent.html
http://www.seriatimonline.com/2009/11/japon-obama-face-un-soleil-levant-n567.html

Chine/USA

http://www.seriatimonline.com/2008/12/chineetats-unis-nous-nous-tenons-par-la.html
http://www.seriatimonline.com/2009/07/de-wall-street-shanghai-le-chant-du.html
http://www.seriatimonline.com/2009/07/chineetats-unis-deux-anses-pour-un-vase.html


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre-Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

vendredi 29 janvier 2010

2010-2012 : le marécage –N°623-3e année

Le Président de la République, partie civile, ne pouvant agir, il revenait donc au procureur Marin de faire appel du jugement qui a relaxé l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin et il l’a fait depuis une radio: n’est-ce pas honteux ? Notons, que Me Herzog compte bien être présent au procès, autrement dit, Nicolas Sarkozy lui-même !
Ce choix politique lance la campagne présidentielle de 2012 et donne, par voie de conséquence, une place de choix à l’ennemi personnel de Nicolas Sarkozy. La vendetta personnelle du Président de la République se fait en dehors de toute tactique, elle est mue par l’unique souci de « tuer » un homme qui l’a concurrencé à la candidature pour la présidence de la République. Les magistrats de la cour d’appel étant des magistrats du siège, leur liberté est totale, l’Elysée prend le risque d’une confirmation du jugement en 2011 qui donnerait plus de voilure à un homme qui ne dispose pourtant d’aucun mandat et ne compte que quelques élus avec lui. Est-il donc si dangereux que cela pour qu’on lui consacre autant de forces ? Souvenons-nous que Michel Rocard a été autrement manœuvré par François Mitterrand. C’est là la différence entre un florentin et un camelot….
Par ailleurs, le parti socialiste est confronté, après la question des retraites, à la petite phrase de Georges Frêche, le potentat du Languedoc-Roussillon. Il est assez maladroit de le montrer antisémite alors qu’il soutient sans baragouiner la politique israélienne, ce qui lui vaut d’ailleurs le plein soutien des Français juifs de sa région. La rue de Solferino, non contente, de cette tentative de déstabilisation d’un homme au fort caractère mais qui a l’avantage de lui garantir une région importante, lui lance dans les pattes une liste concurrente à la tête de laquelle est la mairesse de Montpellier…une « frêchiste » !
Martine Aubry agit comme ont été les chiraquiens en voulant pousser hors de la Mairie de Paris Jean Tibéri qui avait, pourtant mérité son bâton de maréchal. C’est Bertrand Delanoë qui rafla la mise pour le malheur de la capitale. La droite pourra-t-elle profiter de cette dissension de la gauche ? Le degré de clientélisme est si élevé que le Languedoc-Roussillon s’accommodera, sans doute pour la dernière fois, de ce président atypique ! Si cet exemple socialiste offre un aperçu des surprises qui interviendront au fur et à mesure que l’échéance présidentielle se précisera, il peut être vu aussi comme une manœuvre habile : si Frêche est battu, le PS aura eu raison de son choix et dans le cas contraire l’état-major socialiste aura fait ce qu’il pensait juste.
Les autres partis, MODEM, Parti de gauche, parti communiste, NPA, les Verts, le FN…etc ne tireront que de biens maigres pitances non seulement des élections régionales mais aussi de celle de 2012.
Le maintien du bipartisme est un enjeu majeur tant pour l’UMP que pour le PS d’où leur soulagement à l’échec du MODEM conduit par François Bayrou en 2007 qui depuis ne cesse de se défaire, élu après élu : le dernier en date étant le sénateur des Yvelines Nicolas About qui rejoint Valérie Pécresse.
Les deux partis du bipartisme ne sont que des machines à faire des présidentiables avec le minimum d’idéologie. PS et UMP sont deux familles qui arbitrent leurs parentèles sans se soucier du moins du monde du climat social et s’entendraient presque à programmer l’alternance pour la fonction présidentielle. Pour l’heure, le bail de 10 ans court en faveur de Nicolas Sarkozy…sauf événement extraordinaire.
Les Français n’entendent plus descendre dans la rue même s’ils n’en pouvaient plus et quand bien même ils l’oseraient les syndicats et la presse s’emploieraient à les décourager.
Nous assistons à la fin d’une République dont la démocratie ne sera plus qu’un décor de théâtre ou un moment de télé-réalité pour entrer dans une autre période dite post-démocratique car les idéologies ne sont plus. Nous commençons l’ère de l’unique pensée sur fond d’une identité nationale malmenée, déconstruite.



Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre-Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

jeudi 28 janvier 2010

Villepin à Sarkozy : Bon anniversaire et sans rancune ! N°622- 3e année

On imagine Dominique de Villepin apportant un gâteau d’anniversaire en forme de croc de boucher à Nicolas Sarkozy et lui jetant un « Bon anniversaire et sans rancune »
La relaxe de l’ancien Premier ministre, ennemi public N°1, est un coup de semonce qui teinte désagréablement aux tympans présidentiels.
Je ne sais si Sarkozy est Louis XVI et Villepin le cardinal de Rohan, mais les juges eux ne sont pas fâchés de se rappeler qu’ils peuvent enfoncer une épine dans le régime comme leurs ancêtres du Parlement de Paris deux siècles plus tôt.
L’UMP comptera beaucoup de prétendants outre le Chef de l’Etat, Jean-François Copé, Nicolas Dupont-Aignan, une autre figure de poids tout à fait à l’aise dans des opérations de déstabilisation et autres feintes.
Triste anniversaire pour Nicolas Sarkozy qui paie cet entêtement malhabile à vouloir régler des comptes qui n’auraient jamais du gagner la place publique. Aujourd’hui, il perd un peu plus de crédibilité et de hauteur. Hier, il se faisait bouder par un parterre de financiers et d’industriels à Davos, avant-hier, il s’était échiné sur le plateau Pôle emploi de TF1 à répéter qu’il était une chance formidable pour la France. L’époque des infirmières bulgares libérées est lointaine, aujourd’hui, on compte les déceptions commerciales : déconvenue dans les Emirats Arabes Unis pour les centrales nucléaires, incertitudes pour les Rafale au Brésil, doutes sur la vente du Mistral à la Russie. A l’intérieur devant un accroissement des inégalités sociales, le Président continue à soutenir via le bouclier fiscal les « notables » contre les « malcontents », et ne ralentit absolument pas le rythme des réformes même s’il se prend une volée de bois vert : hier par le Conseil constitutionnel (taxe carbone), demain, peut-être par le Conseil d’Etat ( la non légalité de la suppression de la publicité sur France télévision) La réforme des collectivités territoriales se heurte à un mur d’incompréhension et d’hostilité faute d’une présentation politique. A force de vouloir aller très vite et dans tous les domaines, Nicolas Sarkozy réussit à énerver non seulement les élus de sa majorité mais aussi à effrayer une partie de la haute administration (les préfets)
En fait à mi-mandat, le Président cale sans le dire se piégeant même dans ses propres filets !
De ce climat singulier, Dominique de Villepin qui a derrière lui naturellement toute la chiraquie, peut-il tirer des avantages immédiats et à terme ? En fait, il lui faut à la fois rester dans le parti présidentiel et décrédibiliser Nicolas Sarkozy tout en approuvant tel ou tel point de réforme. Sans doute, Dominique de Villepin se mettra-t-il à suggérer petit à petit un bréviaire de bonne gouvernance sociale tout en veillant à ne pas apparaître comme un diviseur. De son côté Nicolas Sarkozy aura beau jeu de jouer des concurrences que Jean-François Copé ne tardera pas à revendiquer tant il est convaincu d’être le plus génial et le plus intelligent. Mais le Président ne peut pas non plus aller trop loin parce qu’il serait aussi un diviseur et les débauchages de personnalités de gauche ne lui amènent aucune troupe supplémentaire !
La relecture des mémoires du cardinal de Retz s’impose, nous nous rapprochons des frondes dans un climat délétère sur fond d’identité nationale, de burqa, d’aigreurs sociales. Les régionales de mars prochain montreront à quel point la vie politique française se bloque et s’enfonce. Si la droite risque bien de ressembler au parti socialiste avec des leaders de la même génération, elle garde, cependant, une longueur d’avance sur la gauche parce qu’elle peut très bien contraindre le Chef de l’Etat à ne pas se représenter en 2012 et avancer un autre candidat plus fédérateur. Quid des dommages collatéraux ? Les glaives sont sous les toges.....
Mais nous ne sommes encore que dans les conjectures…..


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

In Seriatim:

http://www.seriatimonline.com/2009/09/clearstream-ou-laffaire-du-collier-de.html


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 27 janvier 2010

« Le Pays était vertueux… »N°621-3e année

Lawrence Stone dans son ouvrage, Les causes de la Révolution anglaise, 1529-1642, traduit en français en 1974, a décrit les lignes conflictuelles de Angleterre d’alors. Franchissons le Channel et allons dans la France, au début du XXIe siècle ; sans doute relèverait-on également des oppositions sourdes annonciatrices de quelques orages….

« Le Pays était vertueux, la Cour perverse ; le Pays était économe, la Cour prodigue, le Pays était honnête,, la Cour corrompue ; le Pays était chaste et hétérosexuel, la Cour débauchée et homosexuelle, le Pays était sobre, la Cour buvait ; le Pays était patriote, la Cour xénophile ; le Pays était sain, la Cour malade ; le Pays avait son franc-parler, la Cour flagornait ; le Pays défendait les vieux usages et les vieilles libertés ; la Cour cherchait à promouvoir des innovations administratives et de nouvelles pratiques tyranniques ; le Pays était fermement protestant et même puritain, la Cour profondément infectée de tendances papistes. »

Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à :
jv3@free.fr

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine , République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen