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mercredi 22 février 2017

Bayrou de Juppé à Macron N°4322 11e année



Au lendemain de l’intervention d’Alain Juppé qui qualifiait Emmanuel Macron « d’immature », l’annonce opérée par François Bayrou de ne pas se présenter et d’appeler à soutenir l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande est trop tardive et a tout du coup pied de l’âne.
Sur le papier François Bayrou amènerait 5% de voix à Emmanuel Macron mais de l’espérance à la réalité, il y a une marge. Que peut penser l’électorat centriste  (pas très jeune) d’un homme ayant misé sur Alain Juppé dans le cadre d’une primaire de droite, se décide, aujourd’hui à soutenir un personnage ambivalent et symbolique du quinquennat désastreux de François Hollande ? Croit-il Emmanuel Macron aussi fédérateur qu’aurait pu l’être Alain Juppé ?
Cette annonce aurait pu avoir de l’effet plus tôt quand les primaires tant à gauche qu’à droite étaient en cours. Aujourd’hui, après une semaine ininterrompue de bourdes et de fautes d’Emmanuel Macron,  ce choix a tout du pétard mouillé. François Bayrou aurait eu plus d’ampleur s’il s’était présenté ; en y renonçant et de cette manière, il réduit sa manœuvre à une combinaison.
Le mouvement droite gauche de François Bayrou lequel ne regroupe pas toutes les voix centristes, au bénéfice d’Emmanuel Macron qui affecte le ni droite ni gauche et tâche chaque jour de gagner tant à gauche qu’à droite alors même qu’il est le faux nez de François Hollande a quelque chose de pathétique, de dérisoire.
François Bayrou signe sa fin et prend place dans le corbillard derrière Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alain Juppé, Manuel Valls….
Pour Marine Le Pen, c'est une aubaine...

Jean Vinatier
Seriatim 2017





lundi 20 février 2017

« L’Iran, quelle place dans les relations américano-russes contemporaines ? par Vincent Doix » N°4321 11e année



« Les déterminants de la relation de l’Iran avec les Etats-Unis et la Russie dépassent le cadre d’une « Amérique de D. Trump » et s’inscrivent dans le temps long comme dans les intérêts communs des trois pays, particulièrement concernant la crise syrienne.
LA PRISE de fonction le 20 janvier 2017 du nouveau président américain Donald John Trump peut inaugurer un changement dans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran ; moins en ce qui concerne l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015 - qualifié de « pire accord jamais négocié » par celui qui était encore candidat - qu’en la définition d’une politique d’endiguement de la menace djihadiste.
La République islamique d’Iran, reconnue depuis le discours de Barack Obama à l’occasion du nouvel an persan en mars 2009 comme nation partenaire dans les relations internationales, fait de nouveau l’objet d’une politique pragmatique de la part de Washington.
Le souhait exprimé par la Russie et par l’Iran, et auquel les Etats-Unis adhèrent de facto, celui d’un monde multipolaire et d’un équilibre des puissances au Moyen-Orient, conduit-il à un rapprochement entre Moscou, Téhéran et Washington ? Cette étude, qui constate le réalisme des relations entre les Etats-Unis et l’Iran et l’approche stratégique de Moscou vis-à-vis de Téhéran (I) fait état de priorités partagées liées à l’après organisation « Etat islamique » malgré des incertitudes provenant de stratégies dissonantes en Syrie et de tensions internes en Iran irriguant les relations internationales (II).
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim 2017

Marine Le Pen évidemment présidentiable…. ?N°432011e année



Deux sondages viennent de donner Marine Le Pen à 42 et 44 % des suffrages au second tour face à Emmanuel Macron, à François Fillon. Deux remarques, la première est que sa présence au second tour de cette élection présidentielle est quasi certaine ; la seconde, le fait qu’elle puisse atteindre ce score en duel est un effondrement de digue. Si ces tendances trouvent une confirmation dans les jours à venir, cela soulignerait que, dorénavant Marine Le Pen deviendrait une candidate comme les autres, cessant donc d’être une sorte d’effroi ou d’épouvantail.
Dans ce contexte, interviennent d’abord le constat de désaccord entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, ensuite, l’annonce d’une conférence de presse de François Bayrou mercredi qui devrait être celle de sa candidature.
Cette semaine est par conséquent assez cruciale : la gauche ne trouvant pas d’union, un Emmanuel Macron tout à son ivresse et à ses fautes (« crime contre l’humanité de la France en « Algérie »), un François Bayrou vraisemblablement sur les rails, un François Fillon faisant fi d’une mise en examen et seulement assuré d’être soutenu par son seul électorat : nous assistons à un éparpillement inédit de la classe politique sous la Ve République face à une Marine Le Pen une et indivisible…..
Sans prédire l’avenir, notons dans nos carnets que si les législatives néerlandaises  confirmaient les sondages de la victoire du parti des libertés même s’il ne devrait pas former un gouvernement, cela secouerait encore plus les débats électoraux français déjà déboussolés par le BREXIT et l’élection de The Donald.

Jean Vinatier
Seriatim 2017

vendredi 17 février 2017

«L’identité nationale, une vieille idée : 1981-1995 » N°4319 11e année



« Nicolas Sarkozy avait placé en 2007 l’identité nationale au cœur de sa campagne. Mais l’idée est apparue beaucoup plus tôt dans le discours politique : dans les années 1980, le gouvernement socialiste en avait fait le pivot de sa politique culturelle. »

Pour La vie des idées recension de l’ouvrage de Vincent Martigny, Dire la France. Culture(s) et identités nationales, 1981-1995, Paris, Presses de Sciences-Po, 2016, 376 p., 27 € par Anne-Marie Thiesse

« La notion d’ « identité nationale » est omniprésente dans les discours médiatiques et politiques de la France actuelle. Mais quand ce syntagme s’y est-il introduit ? Et sur quel bord du spectre politique ? La réponse paraît assez simple : venue de l’extrême-droite, l’expression « identité nationale » aurait fait une percée fulgurante lors de la campagne présidentielle de 2007, notamment dans les discours de Nicolas Sarkozy. Erreur totale : le premier programme de campagne présidentielle qui ait employé l’expression date de 1981, et le candidat était François Mitterrand. Cette genèse socialiste de l’identité nationale et son glissement progressif vers l’autre pôle idéologique, Vincent Martigny les retrace dans une magistrale étude de la vie politique française du 20e siècle finissant. Axe principal de son étude : la culture, proposée désormais comme enjeu majeur du développement de la nation, sur la scène mondiale et en interne.

L’identité nationale contre l’impérialisme culturel américain

Comme toutes les expressions à succès, qui en viennent à saturer l’espace public, l’identité nationale a été investie, selon ses promoteurs successifs et selon les contextes, de sens variés, et même parfaitement antagonistes. Le lancement de cette thématique autour du candidat Mitterrand se fait bien dans le cadre d’un combat de gauche, qui rassemble les revendications post-68 du droit à la différence culturelle (notamment droits des cultures régionales et minoritaires) et l’affirmation d’une urgence à défendre la culture nationale contre la puissance uniformisante et débilitante de l’impérialisme culturel américain. Jack Lang, premier ministre de la Culture du septennat, porte avec fougue le double étendard. Les droits des cultures régionales et minoritaires, à vrai dire, donneront lieu à des déclarations d’intention (rapport Giordan) et à des actions symboliques, mais ils ne seront guère traduits en mesures politiques.
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2017