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vendredi 25 mai 2018

« L’invention des Assassins. Genèse d’une légende médiévale par Laura Minervini » N°4501 12e année

« La légende des Assassins se développe en Orient latin pendant le XIIe siècle, en raison du contact des européens (les « Francs ») avec une importante communauté de l’Islam chiite, celle des ismaéliens nizarites. Les sources occidentales de l’époque répandent des éléments puisés à la propagande hostile des théologiens et des historiens sunnites, mais elles créent une image sous beaucoup d’aspects très originale. De Guillaume de Tyr à Jacques de Vitry, de Jean de Joinville à Marco Polo, la légende se développe avec sa propre dynamique, avec d’une part l’amplification de quelques traits réels mais somme toute insignifiants, et d’autre part la méconnaissance des caractères les plus distinctifs de l’ismaélisme. On est bien contraint de reconnaître qu’une des plus séduisantes légendes de l’Occident médiéval se fonde sur une longue chaîne de malentendus, nous offrant ainsi un précieux et ancien témoignage des difficultés propres aux processus d’acculturation. »  

 Jean Vinatier
 Seriatim 2018

jeudi 24 mai 2018

« Les origines historiques du technico-populisme par Lorenzo Castellani » N°4500 12e année


«Le prochain Président du Conseil italien sera Giuseppe Conte, une personnalité universitaire qui a fait l’objet de discussions depuis sa nomination, un spécialiste qui n’a jamais eu d’expérience politique. À la tête du ministère de l’Économie, véritable centre du dispositif de gouvernement italien pourrait être nommé le Professeur Paolo Savona qui concilie des idées hétérodoxes sur l’Union avec une longue fréquentation de l’establishment italien1.
Ces éléments contextuels semblent donner un poids supplémentaire à la thèse d’un infléchissement de nos régimes représentatifs vers une forme technopopuliste, permettant un entrecroisement inédit entre les anciennes élites et les nouvelles forces politiques. L’idée encore très en vogue d’une opposition entre élites et peuple devrait sans doute être revue. Les instances populistes sont capable de gagner les élections, mais la complexité de la configuration géopolitique contemporaine demande des compétences, des processus de légitimation et l’habileté qui sont associés à la figure du spécialiste. Comme nous l’ont appris Wilfredo Pareto et Gaetano Mosca, les élites ne s’éteignent pas, mais circulent et se repositionnent sans cesse.
Nous sommes très probablement confrontés à un profond mouvement de substitution et de renouvellement de l’establishment qui part de la politique et qui pourrait s’étendre à d’autres domaines. Dans ce nouvel environnement, populisme et technocratie continueront à vivre dans un rapport dialectique que l’on pourrait résumer par la devise latine : nec tecum nec sine te vivere possum. Les tensions demeureront intenses, mais il y aura en même temps une coopération impossible à refuser. Il sera intéressant de vérifier les modalités selon lesquelles cette coopération aura lieu et quelle sera la vision du monde sous-jacente au développement des nouvelles élites.

La suite ci-dessous :




et du même auteur : « Le techno-populisme, un nouveau régime de gouvernement européen »

« Lors des récentes élections italiennes, les partis populistes ont recueilli plus de 50% des votes. Le Mouvement 5 étoiles, mouvement anti-politique et anti-establishment a en particulier obtenu plus de 32% des suffrages. Mais que peut-on attendre d’un mouvement populiste qui se hisse au gouvernement ?
L’histoire récente nous fournit certains indices qui permettent d’écarter la possibilité d’un gouvernement exclusivement populiste, c’est-à-dire formé seulement d’hommes politiques représentant des mouvements anti-establishment. Au contraire, on pourrait s’attendre à un gouvernement qui mêle technocrates et hommes politiques. Ses orientations politiques pourraient d’ailleurs être influencées par la technocratie nationale et supranationale. Commençons dans l’ordre, par Rome, la capitale gouvernée par les grillini.
En juin 2016, le Mouvement 5 étoiles s’est emparé de la capitale italienne. La protestation anti-politicienne a conquis la majorité de la Salle Jules César, depuis laquelle on peut contempler l’époustouflante vue sur les forums romains, lorsque Virginia Raggi a été élue au plus haut siège du Capitole.
La victoire du Mouvement 5 étoiles à Rome est un cas politico-institutionnel intéressant car elle donne à voir immédiatement quels sont les deux grands piliers autour desquels se déroule le processus de réorganisation du pouvoir politique : le populisme et la technocratie. D’un côté, le Mouvement 5 étoiles a gagné en présentant une candidate sortie tout droit du laboratoire de Casaleggio & Associés, société de communication des 5 étoiles, et en récupérant les votes de protestation contre les élites corrompues du parti qui ont gouverné la capitale. Dans la rhétorique électorale des grillini s’est élaborée une recette populiste mêlant « justicialisme », jacobinisme de l’honnêteté, références aux périphéries abandonnées, anti-politique politicienne et souverainisme. D’un autre côté, une fois débarqués au Capitole, les grillini se sont rendus compte qu’ils ne disposaient pas d’une classe politique capable de faire face à l’intrinsèque complexité qu’implique tout gouvernement. »
La suite ci-dessous





Jean Vinatier
Seriatim 2018

Russie : Merkel, Macron têtes basses, Poutine poli N°4499 12e année


Emmanuel Macron part en Russie sans pompe ni promesse : cette fois la presse n’est pas remplie de tout ce que le Président devrait obtenir du pays où il se rend. Les déconvenues de Washington sont encore dans les mémoires de la cour de Jupiter.
Vladimir Poutine est tout sourire : ne vient-il pas d’accueillir Angela Merkel avec un bouquet de roses ? Réélu, une position en Syrie plutôt bonne, sous ses yeux immédiats une Union européenne qui craquèle avec une Italie inaugurant le premier gouvernement de deux populismes, une Espagne toujours pas débarrassée des indépendantistes Catalans, un Royaume-Uni sortant du continent Européen et un Donald Trump sans ménagement pour ce continent dans le dossier iranien.
Emmanuel Macron va à Saint-Pétersbourg à la rencontre d’un homme auquel tout réussi. Déjà éprouvé par Donald Trump, lui aussi victorieux dans bien des domaines qui l’a laissé gesticuler dans Georgetown, Emmanuel Macron se montre modeste. Presque isolé en Europe et surtout face à l’Allemagne vent debout contre toute idée de réforme de la zone euro : 154 économistes ont publié une tribune dans le Frankfurter dans ce sens. Peut-être Angela Merkel voudrait-elle épauler le Président Macron (et encore rien n’est certain) ? Qui sait l’arrivée d’un gouvernement populiste italien l’amènerait-elle à des concessions ? Pour l’heure l’Euro c’est le Mark et tant que cela durera, elle ne bougera guère sauf à donner quelques signes afin que la communication élyséenne s’ébranle à un an des européennes.
Vladimir Poutine accueille avec autant de sourire ce « couple franco-allemand » qui n’en n’est pas un, acteur majeur des sanctions antirusses tout chagrin du comportement de l’empereur du Potomac. Il y aurait eu une belle image : regarder Merkel et Macron descendre du même avion et proposer à Vladimir Poutine un retournement diplomatique majeur : la fin des sanctions ! Mais de cela non. L’Allemagne quémandera un Northstream via la Baltique au lieu de l’Ukraine quand la France espérera compter sur Moscou pour consolider son retour dans le dossier syrien…via des Kurdes apoistes. Berlin et Paris parleront-ils d’une même voix au nom de Bruxelles dans le cas d’une confrontation violente avec les Etats-Unis ? Gros doute tant ces deux puissances, assommées par un siècle de propagande américaine ont fini par ne vivre que sous l’égide d’Outre-Atlantique. Ce déplacement en Moscovie n’obéit à rien de bien grand sauf à amuser le Kremlin qui tel un chat ronronne devant les deux souriceaux.
Et pourtant la Russie aimerait pouvoir compter avec l’Union européenne face à l’Asie, la Chine surtout. Certes est-il allié avec Pékin mais les Russes savent ses appétits pour la Sibérie. Faute de compter pour l’heure sur les Etats-Unis, Donald Trump menant une guerre interne qui le force pour l’heure à donner bien des gages aux ultras tout en ménageant des intérêts économiques bien compris, Vladimir Poutine attendrait de cette Europe un geste fort et courageux ! Las Bruxelles vient de condamner officiellement la Russie d’avoir construit un pont reliant la Crimée à la terre ferme…
Chacun dans son coin combinera laissant passer une occasion. Mais pour cela encore faudrait-il que Merkel pense Europe puissance et Macron souverain ce qu’il n’est pas…..Quant à Vladimir Poutine, joueur d’échec, il regarde telle et telle pièce se déplacer sans avoir à avancer un pion.

Jean Vinatier
Seriatim 2018

mardi 22 mai 2018

USA : Contre l’état profond, Trump emporte la première manche N°4498 12e année

 
« Bataille entre Trump et l’État profond aux USA », par Charles GAVE « L’État profond. Charles Gave vous livre ici une mise à jour d’un ancien billet qu’il avait consacré au sujet de l’immense bataille qui se joue au sein même de l’élite américaine. Il n’utilise pas les mêmes mots que moi, bien que je pense que nous décrivions une réalité identique. En ce qui me concerne, je pense que c’est un combat de titan entre la partie souverainiste et nationaliste et la partie mondialiste et libre-échangiste. Je pense également que Donald Trump est également bien meilleur et bien plus intelligent que ce qu’il laisse transparaître, car l’essentiel de la bataille ne se situe pas à ce niveau-là. Charles SANNAT Compte tenu de la complète nullité de le la presse française dès qu’il s’agit de ce que dit ou fait monsieur Trump puisqu’elle ne prend ses informations que du New York Times, j’ai pensé qu’une petite mise à jour de ce qui se passe à Washington intéresserait peut-être les lecteurs de l’IDL.
 La suite ci-dessous :




 Jean Vinatier
 Seriatim 2018