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vendredi 27 décembre 2019

« 1989-2919 : le retournement de l’histoire par Kepel/Rupnik » N°4777 13e année

4 décembre 2019 Ecole Nationale des chartes :
 « De quoi peuvent parler un politologue spécialiste de l’islam et un historien des relations internationales ayant consacré l’essentiel de ses recherches à l’Europe centrale ? S’il s’agit de Gilles Kepel et de Jacques Rupnik, il y a fort à parier que la conversation glissera rapidement vers les origines tchèques qu’ils partagent et qui leur ont laissé en héritage l’humour ravageur de la Mitteleuropa.
 Au fil de leurs échanges, ces deux universitaires ont croisé leurs visions des événements de 1989. Cette façon inédite d’envisager une année charnière leur a permis de forger un cadre conceptuel utile pour penser le monde de 2019. La Revue des Deux Mondes est revenue avec eux sur les espoirs soulevés par ce qui semblait être le triomphe de la démocratie libérale ainsi que sur les menaces contenues en germes dans d’autres événements de cette folle année, dans un entretien à paraître le 4 décembre. C'est de ce sujet que débattront les deux auteurs lors de la conférence à l'École nationale des chartes ce même-jour. »  

 Jean Vinatier 
Seriatim 2019

dimanche 22 décembre 2019

Pologne : "Peindre l’âme d’une nation 1840-1918 par Didier Ryckner" N°4775 13e année


« Henryk Rodakowski, Jan Matejko, Jozef Chelmonski, Anna Bilinska ou Olga Boznanska, nombreux furent les artistes polonais qui marquèrent le Salon parisien dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle [1]. Tous demeurent aujourd’hui largement méconnus du public et des historiens de l’art français. La présence d’Olga Boznanska et Henryk Rodakowski dans les collections publiques hexagonales - Orsay pour la première, le Louvre et Versailles pour le second - ne se révèle pas plus salutaire.
Le début des années 2000 entreprit de les réhabiliter avec une monographie de Jacek Malczewski au musée d’Orsay puis, surtout, une série d’expositions organisées dans le cadre de la saison polonaise de 2004 (sous l’égide de l’Association française d’action artistique, aujourd’hui Institut français, et l’Institut Adam Mickiewicz). Le Siècle des Lumières et le Romantisme polonais retenaient l’attention du Musée des Beaux-Arts de Dijon (voir l’article) tandis que Quimper s’intéressait à la présence des peintres polonais en Bretagne à la fin du XIXe siècle (voir l’article) et Rennes au symbolisme polonais. Plusieurs expositions monographiques complétaient ce panorama moderne : Jozef Mehoffer à Orsay, Witold Wojtkiewicz à Grenoble et Piotr Michalowski au Musée Delacroix. Hormis les catalogues qui furent alors publiés, les références bibliographiques en français sur l’art polonais des XIXe et XXe siècles - et plus généralement sur l’art polonais - sont peu nombreuses (signalons aussi sur ce site l’article de Stéphane Paccoud sur le romantisme polonais). Quinze ans plus tard, ce sont les commémorations des centenaires du retour à l’indépendance de la Pologne et de la signature de la convention bilatérale entre la France et la Pologne relative à « l’émigration et à l’immigration » - qui fit du bassin minier du Nord‐Pas de Calais une « Petite Pologne » - qui valent à cette peinture polonaise une nouvelle rétrospective organisée par le Musée du Louvre-Lens, le Musée national de Varsovie et à l’Institut Adam Mickiewicz. Nul doute que le rigoureux catalogue publié à cette occasion fera référence dans ce désert éditorial. »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2019


« Macron : l’Histoire de France est une faute » ? N°4774 13e année


Séjournant en Côte d’Ivoire, Emmanuel Macron tint à flatter l’armée française qui y est comme avant 1960 et l’Afrique. Il ne  résista pas à la repentance : le « colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République ». Le successeur de François Hollande croit se grandir auprès des Ivoiriens alors même qu’il sera perçu comme faible et incapable d’endosser l’Histoire de France de son propre pays, c’est-à-dire de ses ancêtres ! Quant on sait le culte des ancêtres en Afrique, on mesure toute la bêtise de son propos.
Cette nécessité de présenter des excuses ne se justifie pas : ce qui fait la grandeur d’un pays et ce pour quoi on le respectera à l’extérieur, c’est justement celui d’assumer le tout. Assumer ne signifie pas ignorer et méconnaître des tragédies mais quel pays au monde n’en a –t-il pas ? La France est le seul pays dont les zélotes élites s’acharnent avec une constance perverse et sadique à piétiner ce qui les a amenés tout en haut.
Dire que le « colonialisme a été une erreur…. une  faute  de la République » peut être le fait d’historiens, d’écrivains, d’artistes…etc pas d’un Chef de l’Etat car il préside, d’une part, la France dans la plénitude de son Histoire et d’autre part parce que personne ne le lui demande. En réalité Emmanuel Macron bien obéissant vis-à-vis de ceux que le mirent sur orbite, s’emploie à détricoter le pays qui l’a élu sous couvert d’idéaux universels  à la mesure de leurs comptatibilités avec les dogmes dominants. Il s’emploie à défaire ce que nos rois et successeurs tinrent à conserver, notre singularité au nom du communautarisme, des diversités, des minorités forcément victimes sans quoi elles ne sauraient être reconnues et ainsi de suite.
Sibeth, la bien nommée, applaudissait aux propos du ministre Darmanin qui regrettait que le Chef de l’Etat ne s’entourasse pas de gens populaires ceux qui « boivent de la bière et mangent avec leurs doigts » : cela alimentara la détestation de ce quinquennat où l’on veille à aller toujours plus loin dans le mépris, l’arrogance, le dédain, la fausse affectation. La porte-parole gouvernementale, elle-même sénégalaise et née dans une riche famille où couteaux et fourchettes étaient le quotidien quand une partie du peuple ne les ayant pas, mangeaient effectivement avec leurs doigts, en louangeant Darmanin sertit le cercle curial d’un quinquennat éminemment destructeur.
Stephane Bern disait que ce gouvernement ne comprenait rien au patrimoine. Ô contraire, il sait ce qu’il fait : dans une logique de dénigrement de notre Histoire qui ne serait plus qu’une longue faute, et dans le moment où les pans souverains sont délégués à une Union européenne qui n’en a que faire, le patrimoine n’est plus qu’une pièce parmi bien d‘autres. Pour l’Elysée le patrimoine fait seulement tapisserie, rien de plus, surtout pas l’affichage d’une continuité, d’une permanence et s’arroge, dans une grande indifférence, le droit d’interpréter négativement l’inaliénabilité des collections françaises.
L'Histoire de France n'est pas une faute, elle est un fait!


Jean Vinatier
Seriatim 2019

jeudi 19 décembre 2019

2020: nations-monde et mondialistes N°4770 13e année


Les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont des nations-monde.
Le vote par la chambre des représentants de la destitution de Donald Trump qui devra être confirmé par le sénat, déjà en campagne électorale arrive quelques jours après la victoire de Boris Johnson aux législatives. Ces deux faits donnent le ton de ce que sera l’année 2020. Sa puissance ne se comparera pas avec l’année 2016 qui surprit les « mondialistes » : Brexit puis défaite d’Hillary Clinton (la mise sur orbite en catastrophe d’Emmanuel Macron en 2017 n’est qu’une conséquence).
Quatre années plus tard et après quatre années de batailles insensées tant aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni pour défaire les votes nationaux qui contrevenaient à des projets mondialistes, ces derniers n’ont en rien rangé leurs armes, ils s’apprêtent, au contraire, à livrer en 2020 des combats terribles : empêcher un second mandat de Donald Trump, empêtrer le Brexit. On mesure peu l’ampleur de moyens de ces gens-là, de leur degré de pénétration dans nos sociétés dont ils escomptent le chaos. La création de la fondation Quincy par les milliardaires Charles Koch  et Georges Soros apparemment opposés n’est qu’un signe avant-coureur.
Les médias français toujours aveuglés par la chute évidente de Donald Trump, du non-Brexit, s’ils modifient un peu leur ligne éditoriale générale, n’en continuent pas moins à espérer.
En France, les « élites » habituées depuis cent ans pour les Etats-Unis, au moins deux siècles pour le Royaume-Uni à ne penser le monde qu’à travers eux ne comprennent pas du tout les tréfonds de chacune de ces deux puissances. Pas davantage, toujours par ignorance de l’Histoire, c’est-à-dire de la construction régulière des singularités anglo-américaines (identité, caractère…), les « élites » françaises et de l’Europe continentale ne sont pas en mesure de voir ce qui se déroule sous leurs yeux, elles suivent un film, pas la réalité. Elles sont incapables psychologiquement d’avoir une observation panoramique.
L’Union européenne, par essence un objet non étatique, non souverainiste, rejetant toute regalia et, contrairement à ce qui se dit, parfois, ne se dirigeant pas vers un fédéralisme lequel s’il advenait, créerait un Etat, mais plutôt vers une régionalisation, est l’aire géographique des mondialistes, la France y occupant une place plus centrale que l’Allemagne.
L’année 2020 verra, certainement, les nations-monde grandirent (Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine, Russie, Inde, Turquie), les religions-monde s’avancer comme l’islam ou tenter le repositionnement, la chrétienté catholique.
Tout sera rude, ça va secouer : nations-monde et mondialistes….A suivre.


Jean Vinatier
Seriatim 2019

mercredi 18 décembre 2019

Autour d’une retraite N°4769 13e année


Afin de décourager les Français dans leurs revendications et mécontentements, les médias procèdent en deux temps : le premier jour de la manifestation, ils prennent au sérieux le nombre de manifestants revendiqués par les syndicats,  la seconde fois et ainsi de suite, ce sont les chiffres de la préfecture qui deviennent la vraie source. C’est de cette manière que le pouvoir et leurs courroies médiatiques firent pour décrédibiliser les Gilets jaunes. Il n’est donc guère étonnant que cela soit ainsi pour la contestation du nouveau régime des retraites, un régime rédigé et pensé par un homme aux mandats infinis, Jean-Paul Delevoye, tout à fait à l’écoute des compagnies d’assurances. Les médias montent à l’assaut, louangeurs de cette contre-réforme, le gouvernement, pour une fois ne trainant pas à trouver un successeur, Laurent Pietraszweski, au démissionnaire.
L’épreuve de force continue en dépit des divisions parmi les centrales syndicales qui n’ont pas anticipé le cas de « Noël » : empêcher les Français d’aller dans leurs familles serait selon le gouvernement le plus sûr moyen d’ôter toute popularité au mouvement. Le gouvernement mise sur l’effilochage des critiques pour éteindre l’incendie catégorie par catégorie soit en maintenant des régimes spéciaux avec d’autres appellations soit s’y refusant : l’universalité, qui n’en sera pas une, sera tout de même affichée et fouette cocher.
Les notes blanches soulignent chaque matin la permanence des courroux, des rancœurs, l’Elysée n’y voit pas l’ombre d’un potentiel programme alternatif à sa politique et sait sa base électorale solide et consciente du poids de son vote.
Au-delà des observations que l’on peut faire, il y a tout de même une tristesse à voir une population descendre dans la rue pour la retraite. La retraite est-elle  l’avenir ? Elle est une fin de vie garantie et pour laquelle les Français cotisent. La dynamique d’un pays peut-elle se mesurer à la retraite ? On préférerait grandement voir les forces vives s’emparer de l’espace public lesquelles sont logiquement l’avenir et qui par leurs fougues et énergies les communiqueraient à leurs propres parents. Les jeunes sont résignés : deux étudiants s’immolent, pas une université ne bouge, la trottinette a le pas sur la solidarité.
Hier soir, je vis passer pont de l’Alma, au milieu des sirènes des voitures de police, de motards, les blindés de la gendarmerie filant à toute allure vers des casernements : pas question de trainer bien que les gens ne songeassent pas leur jeter des pavés, ils marchaient pressés, repliés jetant un œil à gauche, à droite, car les nouvelles pistes cyclables à double voie sont un danger pour tout le monde : vélos, trottinettes, poussepousses, scooters tous fonçant comme si les uhlans étaient à leur trousse. J’étais parmi les dingues dans cet abandon ou mélancolie collectif et individuel : ironiquement même les gardes mobiles semblent foutre le camp !
Cette retraite générale a tout d’une pathologie aux sources plurielles.


Jean Vinatier
Seriatim 2019