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mercredi 17 mai 2023

Losing US Supremacy to China by Walter Russell Mead N°5683 17e année

 

12 mai 2023 

John Anderson Premier ministre d’Australie 1999-2005

 “In this Direct interview, John is joined by Walter Russell Mead, an American academic widely regarded for his incisive analysis of geopolitics and foreign affairs.

 In a wide ranging discussion, Walter and John consider the worrying isolationist streak that seems to be running through US politics, the continuing struggle for global ascendancy between China and the US, the effectiveness of nuclear deterrence in the 2020s, Western cultural decadence, and Israeli democracy. 

Walter provides his assessment of the ongoing war in Ukraine, where the conflict is headed and what a desperate Putin might do to achieve an unlikely victory. He concludes on a hopeful note, that emerging political leaders in the US seem to have the courage and conviction to guide their country through the challenges that confront them. 

Walter Russell Mead is the Ravenel B. Curry III Distinguished Fellow in Strategy and Statesmanship at Hudson Institute, the Global View Columnist at The Wall Street Journal and the James Clarke Chace Professor of Foreign Affairs and Humanities at Bard College in New York. He is also a member of Aspen Institute Italy and board member of Aspenia. 

 He is also a member of Aspen Institute Italy and board member of Aspenia. Before joining Hudson, Mr. Mead was a fellow at the Council on Foreign Relations as the Henry A. Kissinger Senior Fellow for U.S. Foreign Policy. He has authored numerous books, including the widely-recognized 'Special Providence: American Foreign Policy and How It Changed the World' (Alfred A. Knopf, 2004). His next book is entitled 'The Arc of A Covenant: The United States, Israel, and the Future of the Jewish People'.” 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

dimanche 14 mai 2023

Raymond Borde, une histoire du patrimoine cinématographique N°5682 17e année

 « Conférence de Christophe Gauthier, professeur à l’École, et Natacha Laurent, maitresse de conférences à l’Université Toulouse Jean-Jaurès : https://www.chartes.psl.eu/fr/raymond...

 Raymond Borde (1920-2004) fut le fondateur et le principal animateur de la Cinémathèque de Toulouse pendant une trentaine d'années. S’il fut un intellectuel engagé à gauche, membre du Parti communiste français avant d’en être chassé, militant anticolonialiste, proche par la suite du groupe surréaliste, s’il commença sa carrière par une abondante activité critique dans les colonnes des "Temps modernes" de Jean-Paul Sartre aussi bien que du "Positif lyonnais" des années 1950, le grand œuvre de Borde demeure la création de la Cinémathèque de Toulouse, qui est aujourd’hui la deuxième de France. À cet égard, il sut déployer un ensemble de pratiques autour du patrimoine cinématographique, qu’il s’agisse des enrichissements, de l’inventaire ou de la restauration des collections. Raymond Borde sut adapter ces diverses pratiques au contact de ses collègues à la Fédération internationale des archives du film (FIAF), et en particulier de Jacques Ledoux à Bruxelles. À cette mise en œuvre concrète du patrimoine cinématographique, il convient d’ajouter un apport historique et théorique puisque le fondateur de la Cinémathèque de Toulouse écrivit plusieurs livres sur les cinémathèques, leur passé comme leur devenir. À travers cette figure jusqu’alors méconnue, c’est donc à une histoire du patrimoine cinématographique que nous convions les auditeurs de cette conférence. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

Localisme ou nationalisme : l’écologie dans le programme du RN par Stéphane François N°5681 17e année

 Bio de Stéphane François : https://laviedesidees.fr/_Francois-Stephane_

 

« Longtemps ignorée ou déconsidérée, l’écologie n’a fait que récemment son entrée dans le programme de l’extrême droite. Mais sous couvert de localisme, ce dernier ne renonce en rien aux logiques productivistes. »

 

« Le 13 avril 2023, le magazine Valeurs actuelles a organisé une soirée durant laquelle le journaliste, militant écologiste et animaliste Hugo Clément a accepté de débattre avec le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Cela a valu au premier de compromission avec l’extrême droite. Cette polémique offre l’occasion de revenir sur les rapports qu’entretient le Rassemblement national, nommé Front national (FN) jusqu’en 2018

, avec l’écologie. Nous verrons que cette dernière n’y est entrée que récemment, et surtout que partiellement.

Une écologie longtemps ignorée, voire rejetée

L’écologie apparaît au sein des programmes du FN au début des années 1990, dans une optique identitaire, sous l’impulsion de Bruno Mégret, issu du Club de l’Horloge, un club politique national-libéral, qui a cherché à faire le lien entre la droite et l’extrême droite. Pour ce dernier, il s’agit de donner une direction nouvelle au FN, après la disparition de l’ennemi « historique » : le communisme. Il faut investir le champ de l’identité. Il crée alors une revue, Identité. Considérant que la chute des régimes communistes entérine un basculement géopolitique, affirme que « l’affrontement politique principal n’est plus celui du socialisme marxiste contre le capitalisme libéral », mais « celui des tenants du cosmopolitisme contre les défenseurs des valeurs identitaires »

. Parallèlement, il souhaite également montrer que le FN est soucieux de préserver l’environnement. La convergence des deux thématiques apparaît lors du congrès de Nice des 31 mars et 1er avril 1990 où l’écologie est rehaussée dans un sens identitaire, car, pour les responsables frontistes, Mégret en tête, être écologiste, c’est vouloir préserver le milieu nécessaire à la survie et à l’épanouissement des espèces vivantes endémiques. Dans cette optique, les « véritables » écologistes sont ceux qui prennent en compte l’immigration comme un facteur déterminant de déséquilibre culturel et/ou ethnique.

Cette tentative n’a pas pris, car le rejet de l’écologie est ancien et surtout profond. Ainsi, l’ancien membre du comité scientifique du Front national

, l’identitaire Jean Haudry, a pu qualifier les écologistes d’« écolo-kagébistes » et de « peste verte ». Aujourd’hui encore, il rejette l’écologie et se situe parmi les climato-sceptiques. Membre du groupuscule « Terre et peuple » (il en a été le vice-président), créé initialement comme une association interne au Front national, il suit la scission mégrétiste

, sans pour autant adhérer à une forme d’écologie identitaire. À la suite du départ des mégrétistes, la thématique est mise de côté. En outre, il existe un fort rejet de l’écologie chez certains militants d’extrême droite, qui ne voient que des « pastèques » dans les activistes écologistes (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur), adeptes à la fois du « mondialisme » et d’une « écologie punitive ». Le FN part donc de loin sur ces questions.

En 2010, Jean-Marie Le Pen considérait encore l’écologie comme un passe-temps de « bobo », mais il est vrai qu’il se plaçait depuis le début des années 1980 dans une tradition de libéralisme économique, voire d’ultralibéralisme, se considérant comme le « Reagan français »

. Ce libéralisme économique est encore un marqueur important du RN de Marine Le Pen, qui insiste plus sur la productivité que sur la préservation de l’environnement. Aux journées d’été du FN en 2011, celle-ci, devenue la nouvelle présidente frontiste, avait appuyé sur plusieurs thèmes classiques de l’extrême droite, jouant sur la peur d’une arrivée massive d’une population extra-européenne, inassimilable du fait du nombre et des différences culturelles. En parallèle, elle parlait alors d’un « prétendu réchauffement climatique », minimisant la question écologique. Ce faisant, elle flirtait avec le « climato-scepticisme », doutant du rôle de l’activité humaine dans le réchauffement climatique et relativisant l’importance des travaux du GIEC, malgré la présence, durant un temps, de Laurent Ozon.”

La suite ci-dessous :

https://laviedesidees.fr/Localisme-ou-nationalisme

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

 

lundi 8 mai 2023

Étienne Klein Les nouvelles technologies nous éloignent-elles de la science ? N°5680 17e année

25 avril 2023

 « Si Diderot et d’Alembert avaient choisi d’insérer dans l’Encyclopédie de nombreuses illustrations expliquant le fonctionnement des objets techniques, ils n’avaient pas anticipé une autre réalité qui allait finir par s’imposer : plus un objet technologique est complexe, plus son usage tend à se simplifier. Avec Étienne Klein, physicien, professeur à l’École centrale à Paris et directeur de recherche au commissariat à l’énergie atomique (CEA). » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

dimanche 7 mai 2023

Les Bonheurs de la civilisation française par Jean Marie Rouart N°5679 17e année

 Très bel entretien mené par Paul-Marie Couteaux avec Jean-Marie Rouart ce « polythéiste à l’imaginaire catholique » qui a pris des risques (Omar Raddad) et n'a pas été méprisant envers les Gilets jaunes.

« Après une quarantaine d’ouvrages, Jean-Marie Rouart, l’un des mieux connus de nos académiciens français qui fut deux fois directeur du Figaro Littéraire, consacre un livre étonnant à son père, le peintre Augustin Rouart, maître de ce "réalisme poétique" qui échappa à toutes les modes et dont il s’attache à faire reconnaître l’œuvre. L'occasion de revenir sur sa famille, qui cultiva pendant des générations les Beaux-Arts au point d’accumuler de somptueuses collections (on en aura un aperçu au fil de l’émission), mais aussi sur ses héritages intellectuels et moraux - ceux d’une France qui glorifia toujours la devise des gentilshommes "Vivre Libre", et dont il incarne à merveille le primat accordé à la littérature, et à la langue, dont il est un défenseur acharné contre les dévastations américaines, qu’il n’hésite pas à comparer à une colonisation - notamment contre le franglais. Regardant toutes choses au prisme de la littérature, il lâche au détour d’une phrase : "La Littérature fut l’essentiel de ma vie". Portrait d'un parfait chevalier des Arts et des Lettres... » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

L’Europe est-elle prisonnière du mythe Habsbourg ? une conversation avec Caroline de Gruyter et Helen Thompson N°5678 17e année

Ce n’est pas l’Europe qui serait prisonnière du mythe Habsbourg mais plutôt l’Union européenne puisque l’on parle dans cet entretien très intéressant d’une comparaison : structure dynastique pour les Habsbourg, structure managériale pour l’Union….

 Entretien:

« Pourriez-vous nous donner un bref aperçu de l’histoire de l’empire des Habsbourg ? Quels sont les moments clés ou les caractéristiques qui se prêtent à une comparaison avec la situation actuelle ?  

Caroline de Gruyter

Je ne suis pas une experte de l’Empire des Habsbourg ; je suis plutôt une experte de l’Europe — de l’Union Européenne, même ; mais en vivant à Vienne pendant quelques années, il y a environ 10 ans, j’ai identifié de nombreuses caractéristiques dans l’Empire des Habsbourg qui m’ont intéressé. Il a existé pendant plusieurs siècles, en couvrant de grandes parties de l’Europe centrale et même de l’Europe de l’Est. Pendant son existence, il s’est étendu de la frontière suisse jusqu’à une partie de ce qui est aujourd’hui l’Ukraine occidentale. L’empire des Habsbourg  était un État, ce que l’Union n’est pas, mais il se composait aussi d’un grand nombre de nations, de groupes linguistiques et de groupes religieux distincts, plus ou moins importants. Bien qu’il ait été gouverné de manière plutôt autocratique, il traitait tous ces groupes de manière assez libérale, tout comme l’Union aujourd’hui : un système d’État de droit dans lequel les droits des minorités et des différents groupes étaient plus ou moins garantis.

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Et même lorsque ces droits n’étaient pas garantis et que l’empereur était amené à prendre une décision, il faisait souvent faire le tour de ces différents groupes pour voir quelles étaient leurs réquisits et les lignes qu’ils ne souhaitaient pas voir franchies ; il en tenait souvent compte dans ses décisions — pourquoi ? Parce qu’il voulait conserver leur loyauté et les garder de son côté ; parce qu’ils étaient entourés de grands rivaux, la Russie, l’Empire ottoman, la France — qui essayaient constamment d’arracher des parties de l’Empire.

Helen Thompson

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Je suis d’accord avec une grande partie de ce que Caroline vient de dire ; je pense qu’il est important de voir que les Habsbourg, en tant que dynastie, ont gouverné ce qui est devenu plus tard l’Empire autrichien, puis l’Empire austro-hongrois. Leur puissance s’est renforcée au XVIe siècle, au moment où la montée de la puissance ottomane a jeté l’Europe et la politique européenne dans le désarroi.

L’empire austro-hongrois avait manifestement la prétention — et c’était un idéal plutôt qu’une réalité — d’être un espace où l’autorité pouvait s’exprimer dans un cadre cosmopolite et multinational. En un certain sens, il s’agissait même d’accueillir ces nationalismes au sein d’une unité plus large.

Et je pense que cette idée d’unité et de diversité, qui avait été un slogan des Habsbourg, constitue une partie de l’attrait que suscite l’Empire autrichien — ce qu’on a appelé le mythe de l’Autriche au XXe siècle, après sa chute. C’est quelque chose qui a ensuite été reformulé dans les différentes versions du projet européen.

Je pense que l’autre chose qu’il est important de comprendre à propos des Habsbourg, c’est que le chef de la dynastie est devenu empereur du Saint Empire romain jusqu’à sa chute au début du XIXe siècle : ils se rattachaient donc à une histoire européenne plus longue, qui remonte à la fin de l’Empire romain et à l’ascension des Carolingiens. Leur importance dérive de leur histoire par laquelle l’héritage romain se déplace d’une certaine manière de la partie occidentale de l’Europe vers les parties plus centrales et orientales du continent.

L’image de l’empire des Habsbourg comme un paradis de civilisation et de cosmopolitisme, puis comme un paradis perdu après sa chute provoquée par les nationalismes, a été popularisée par des intellectuels comme Stefan Zweig ou Joseph Roth. Justement, quel était l’équilibre entre cosmopolitisme et nationalisme au sein de l’empire ?

Il me semble que c’est beaucoup plus compliqué que l’idée qui ferait du dernier empire autrichien un bastion de cosmopolitisme détruit par le nationalisme. C’est une histoire qui est devenue très séduisante à raconter après les horreurs de la première guerre mondiale, mais elle ignore certains aspects fondamentaux des décennies des Habsbourg. Elle élude notamment la question de l’union entre l’Empire autrichien et la Hongrie, à partir de 1867, et la manière dont les autres nationalités au sein de l’empire ont été organisées politiquement.

On pourrait dire que l’Empire austro-hongrois a été une réussite considérable en matière d’accommodement de certaines nationalités — et il l’a certainement été par rapport à ce qui a suivi l’Empire austro- hongrois pendant l’entre-deux-guerres. Je pense néanmoins que la question de la Hongrie complique considérablement les choses. D’une certaine manière, c’est aussi le problème posé par la relation de l’Autriche avec l’Allemagne — derrière l’idée de l’Autriche, il y a un idéal supranational, le pangermanisme, qui constitue une force déstabilisatrice au sein de l’empire.

Ce sont les questions qui intéressent particulièrement Joseph Roth. Je ne pense pas qu’il ait eu une vision aussi romantique de l’empire austro-hongrois que celle qui est parfois présentée ; il le regrette, parce qu’il comprend ce qu’il a perdu ; et il le comprend en relation avec la question juive. Mais je ne pense pas qu’il ait jamais vraiment cru que la partie autrichienne était, à la base, libre de tout nationalisme — que celui-ci soit autrichien ou allemand d’ailleurs. »

La suite ci-dessous:

https://legrandcontinent.eu/fr/2023/05/06/leurope-est-elle-prisonniere-du-mythe-habsbourg-une-conversation-avec-caroline-de-gruyter-et-helen-thompson/

Jean Vinatier

Seriatim 2023