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dimanche 4 mars 2018

Berlin ou Straβe von Europa N°4462 12e année



Le oui très net des militants du SPD à une énième coalition dont ils savent, déjà, l’effet négatif sur leur propre parti et le nombre de leurs élus autorise l’actuelle chancelière, Angela Merkel, à obtenir un  4ième mandat.
Nul ne s’est interrogé sur la détermination de la chancelière à ne pas dételer. On aura une partie de la réponse en faisant la liste de tous les Allemands placés à la tête des institutions financières et des organes de gouvernement de l’Union européenne :
Mécanisme européen de stabilité : Klaus Regling
Banque Européenne d’Investissement (BEI) : Werner Hoyer qui devrait chapeauter le futur Fonds Monétaire Européen (FME)
Banque Centrale Européenne (BCE) : Berlin ne fait guère mystère de sa volonté de placer l’ultra-orthodoxe Jean Weidmann lequel juge le travail de Mario Draghi trop laxiste…..
Le secrétariat général du Parlement européen : Klaus Well,
Le Service européen d’action extérieure : Helga Schmid
Le secrétariat général de la Commission européenne : Martin Selmayr (dont la nomination pourrait être l’objet d’une contestation).
L’entourage d’Angela Merkel a pas donné d’avis ni encore d’intérêt pour les deux propositions d’Emmanuel Macron à savoir le ministre et le parlement de la zone euro.
Pour l’heure, il faut regarder le paysage européen comme il est c’est-à-dire une rue allemande. Cet état n’empêchera pas Paris d’entonner les grands airs du couple franco-allemand jusqu’aux élections européennes de mai 2019. Les propositions françaises que le gouvernement allemand entendait jusqu’alors comme une feuille de route ne sont plus que des chiffons de papier que la chancellerie utilise au bon vouloir de sa politique. Sur ce point Berlin est, sans doute la capitale qui voit avec le moins mauvais œil le départ des Britanniques : l’Allemagne n’a plus de puissance contestatrice sur le continent et ce d’autant plus que la France a cessé de considérer sa souveraineté comme une ligne directrice politique.
Certains diront que se serait-il produit si les militants SPD avaient dit « Nein » ? Après une tentative de gouvernement minoritaire, il y aurait eu des élections législatives où Angela Merkel aurait sans doute payé le prix de son échec et le SPD stabilisé sa descente quand l’AFD, les libéraux, les Verts et Die Linke auraient conforté chacun leur place sur l’échiquier. Quelle combinaison aurait permis un nouveau gouvernement ? Mystère et c’est sans doute cette incertitude plus que l’ascension de l’AFD qui a conduit les militants SPD plus résignés qu’enthousiastes à dire« Ja ».
Ainsi, à l’issue de cinq mois de négociations, de reniements dans les discours, Berlin semble en mesure d’être l’Union européenne. A cet égard il s’agit quasiment d’un couronnement.


Jean Vinatier
Seriatim 2018



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