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samedi 6 février 2016

Calais : le général Piquemal interpellé…..N°4097 10e année



L’interpellation du général de corps d’armée, Christian Piquemal, lors de la manifestation dans anti-migrants soutenue par PEGIDA et interdite par la préfecture fait grand bruit : ne fut-il pas  l’ancien commandant de la Légion étrangère ainsi que le président de l’influente Union nationale des parachutistes(UNP) ? Ce n’est pas rien que de se saisir d’un quatre étoiles même retraité : De Gaulle a pu mettre au placard « un quarteron de généraux à la retraite » mais un François Hollande ? C’est l’armée qui est touchée et son courroux se fera sentir.

La faute de l’Etat et du ministre Le Drian auront été de ne pas avoir été en mesure de faire renoncer au général à soutenir publiquement PEGIDA et surtout à braver une manifestation interdite. A quoi joue le gouvernement ? Quoique l’on pense du choix du général, il est assez évident, que la colère envers les migrants et les ONG grandira d’un cran au vu de cet événement.
Quant à l’évolution désastreuse à Calais, elle ne suscite pas énormément d’attention de la part de l’Etat. Le sentiment le plus commun est que le pourrissement de la situation servirait quelques combinaisons de basse politique. Mais de la Suède à la Méditerranée en passant par l’Europe centrale et orientale, on ne compte plus les protestations anti-migrants. Le silence assourdissant de la chancelière allemande qui, peu de semaine auparavant ouvrait ses bras, n’est pas pour rien dans le climat étouffant européen.
Si des nations comme la France ont pu et su agréger des millions de migrants, c’est parce qu’elle était un Etat politiquement souverain : l’Union européenne ne l’est pas ! D’où, notamment, cette succession d’atermoiements, de menaces suivies de reculades pour arriver, aujourd’hui, à l’exaspération nombreuse des populations au sein de l’Union qui comptent, ô ironie, une foule d’ancêtres migrants ! L’échec européen, s’il continue ainsi, signera sa propre destruction. L’Union européenne n’est qu’un village Potemkine. D’ailleurs quand on écoute stupéfait mais non surpris le ministre de la Défense de Lituanie ou de Lettonie affirmer que son pays n’est qu’un « espace logistique pour l’armée américaine », on mesure l’actuel degré de déchéance…..
Pour en revenir à Calais, il y a faute manifeste de l’exécutif français dans l’interpellation, pas même discrète, du général Piquemal. C’est presque une provocation. Quant à l’extrême gauche qui a défilé ce jour dans Paris contre l’islamophobie : une fois de plus cette partie politique de l’échiquier ne cesse décidément pas de jouer les idiots utiles. Ne pouvant défendre les migrants, elle se veut l’avocate de l’islam et ce faisant encourage les plus intégristes et les plus retors à poursuivre leurs actions en croyant combattre le Front national qui lui se tait et ne défile point….


Jean Vinatier
Seriatim2016


mercredi 3 février 2016

Après Fidel, Raul un soir à l’Elysée N°4096 10e année



Après François Mitterrand recevant Fidel, un autre François, plus petit, ayant en coin de l’œil la présidentielle de 2017, a reçu le cadet Raul. Un soir de gala, « en visite d’Etat » comme se plut à le souligner l’ineffable Hidalgo, la gauche caviar s’est retrouvée tout en faisant fi de tous les prisonniers cubains croupissants dans les geôles : nul ne dit rien et pour cause, les ONG « droits de l’homme » s’y pavanaient….Le Pape (jésuite) et l’Empereur du Potomac ayant absous la famille Castro, sans risque aucun les salonards purent faire le paon.  Raul n’est donc pas le seul à aller à la messe et il en rit sous cape

Jean Vinatier
Seriatim2016

Le Qatar flatte la gourmandise des « journalistes intègres » N°4095 10e année



Non content de disposer d’un statut fiscal privilégié grâce à Nicolas Sarkozy, après avoir financé les groupes djihadistes en Syrie avec la bénédiction de François Hollande, voici le Qatar, finançant un colloque sur la …liberté de la presse. En principe Anne Hidalgo, la mère nourricière des bobos,  ne devrait-elle pas intervenir, elle qui loue la démocratie qatari…. ?
Le plus comique sera bien sûr de voir s’y agglutiner de presque tous nos bons journalistes, de nos bons médias si alignés qui attendent hébétés le chemin à arpenter. Le Qatar tout autocrate qu’il est, s’y entend en usage de la vanité, une gourmandise......

« A l’UNESCO le Qatar sponsorise un colloque sur la liberté de la presse par Jean-Marie Bourget »


Jean Vinatier
Seriatim2016

Royaume-Uni : la Turquie de l’Ouest N°4094 10e année

Le Premier britannique, David Cameron, à tout lieu de se satisfaire des concessions majeures accordées par le duo Tusk-Junker à savoir la « limitation » des droits sociaux des travailleurs européens: désormais, et sous réserve que les 27 Etats-membres de l’Union ratifient cette capitulation en rase campagne, le gouvernement anglais espérerait moins négativement, d’ici l’automne, le référendum sur la sortie ou pas du royaume de l’Union européenne.
L’objectif premier de Bruxelles est d’éviter par-dessus tout un Brexit, pour David Cameron d’avoir à affronter la City : ne reste plus, tout de même, que le peuple britannique très partagé sur son appartenance au continent, un continent qu’il apprécie pour la retraite, les vacances : l’Europe, une riviera ? Pour le gouvernement britannique rester dans l’Union avec si possible un renforcement du statut spécial, qu’il refuserait à tout autre, ne cesse pas de répondre à la constance de sa politique ancestrale : bloquer d’une façon ou d’une autre une indépendance de l’Europe soit en y étant soit en n’y étant pas. Les ministres d’Outre-Manche jouent sur du velours avec l’administration bruxelloise qui défend bec et ongles la seule dimension économico-financière de l’Union et vomit toute perspective d’une Europe puissance politique. D’où l’importance de la continuité de la présence de la Grande-Bretagne.
Si l’on pouvait, quelques instants, se placer sur le mont Pagnotte, il ne faudrait pas deux minutes pour s’apercevoir que la Grande-Bretagne et la Turquie seraient  les deux puissances bénéfiques à l’Europe à la condition de ne nouer avec elles que des partenariats stratégiques à durée limitée. Dans le cas contraire, comme nous le constatons chaque jour avec Berlin qui baise les pieds d’Erdogan, avec  Bruxelles qui se voile devant Londres, la Grande-Bretagne et la Turquie seront des forces de désintégration. Bruxelles suicide l’Europe, c’est-à-dire non seulement les Etats-nation, mais les peuples que certains esprits verraient très bien remplacés par d’autres parés, si l’on lit les discours de quelques onusiens, de toutes les vertus que les premiers ne détiendraient plus.
Les concessions préparées par Bruxelles ont leur logique libérale et financière quand Londres sait très bien associer la fierté britannique avec des intérêts bien égoïstes : David Cameron, cousin de la Reine, défend donc l’Etat-nation tout en promouvant, pour le continent son abolition. Après tout n’est-ce pas aussi de cette façon que procède l’empire du Potomac désordonner le monde tout en  préservant le sien !
Ces lignes ont un pendant de l’autre côté du Bosphore avec, cependant, moins de puissance, moins d’habile nuisance parce que sortie depuis longtemps d’une dynamique impériale et, surtout, à la différence de la perfide Albion, elle n’est pas le prélat suprême de sa religion.

Jean Vinatier
Seriatim2016

lundi 1 février 2016

Etats-Unis : début des primaires, candidats primaires ? N°4093 10e année



S’ouvre aujourd’hui, avec l’Iowa, dans l’empire du Potomac, la longue période des primaires dont le terme fera connaître les deux candidats à la succession de Barack Obama. Depuis des semaines, l’on se focalise sur les discours de Donald Trump qui éclipsent du côté Républicain tous les autres candidats  quand du côté Démocrate, Hillary Clinton parée de toutes les vertus, hormis le emailgate, découvre avec sourcillement la percée de Bernie Sanders qui se présente comme « presque » socialiste. Néanmoins, selon un commentateur du site de Philippe Grasset, les chances de ce dernier serait mince comme en témoignerait les estimations ci-dessous :
« [….]  selon une moyenne pondérée des diverses sondages d’intention de vote des derniers jours effectués dans les états concernés :

1 février : Iowa democratic caucuses : Hillary :80%  - Sanders 20%

9 février : New Hampshire democratic primary : Sanders 75% - Clinton : 25%

20 février : Nevada democratic caucuses : Clinton : 50% - Sanders : 28%

27 février : South Carolina democratic primary: Clinton 97% - Sanders 3%

15 mars : Florida democratic primary: Clinton 61 % - Sanders 26 %

15 mars : North Carolina democratic primary : Clinton 56 % - Sanders  27, 5 %

15 mars : Ohio democratic primary : Clinton 58,7 % - Sanders 38,5 % »1

La première chose à remarquer est la suivante : les principaux candidats sont tous blancs dont une femme. Et cette seule originalité suffirait, certainement, à enflammer servilement les dirigeants européens indépendamment de son programme. Le cadre mondial dans lequel se déroulera la course à la Maison Blanche n’aura pas d’intérêt si l’on  suppute sur la « décadence américaine », il nous faudra, au contraire, la situer sur la scène du chaos global lequel s’étend à tous les domaines, du climat au terrorisme en passant par l’économie et les migrations. Soyons clair : toutes les puissances terrestres sont, d’une façon ou une autre, secouées par le craquement général et les Etats-Unis n’y échappent, évidemment pas puisqu’ils en sont, à bien des égards, les manœuvriers. 
Le climat régnant à l’intérieur des Etats-Unis n’est guère aimable et les actualités des faits divers nous rapportent le racisme quotidien ainsi que les actes d’illuminés (revoir le film de Gus van Sant Elephant). La situation économique n’a pas la brillance que l’on veut nous rapporter régulièrement : l’on critique la Chine pour son art à jouer avec les chiffres mais n’en n’est-il pas de même sur les rives de l’Hudson ? Quant au dollar, véritable veau d’or de cette nation imposante et unilatérale dans ses raisonnements, le billet vert règne encore sur les esprits, nous faisant oublier la lente entrée, par exemple, du Yuan dans la sphère des monnaies de référence. Et la puissance militaire : elle en impose sur le papier et par les centaines de bases-miradors réparties pour nous surveiller et punir : mais quelle est sa force alors même que les Américains ne veulent mourir pour l’Empire ?
Il est trop tôt pour oser dire que Donald Trump et Hillary Clinton seront les deux combattants. Il ne l’est pas pour souligner les sentiments des Nord-Américains retentés par une sorte d’isolationnisme dont Donald Trump serait le héros quand Hillary Clinton, concentrant sur elle les espoirs de « l’establishment », personnage politique complétement « corrompue » deviendrait celle de l’ouverture au monde : et il est vrai que son discours sur les minorités (à lire absolument), loin d’être insignifiant soulignerait l’intelligence « perverse » de ce choix et les moyens qui y seraient consacrés. Des deux côtés de l’Atlantique, tout ce qui prénomme « Démocrate » a les faveurs des possédants comme autrefois la république rassura, par exemple, les nantis de France apeurés par la Commune de 1871. Si l’on allait plus loin encore, il serait honnête d’écrire que quelle que soit la dénomination : Républicain ou Démocrate, l’on trouverait dans l’arrière de la scène du théâtre les mêmes manipulateurs des marionnettes. Le vide politique est sidéral, ne demeure plus que la posture et une nostalgie faute d’espérance.
Les États-Unis n’échappent pas à cette atmosphère et le seul personnage à avoir une tenue originale, Bernie Sanders est, naturellement, celui qui sera décrié de tous les côtés quant Barack Obama tire sa révérence au terme de deux mandats où il déçut incomparablement parce qu’il fut un Saint-Jean Bouche d’or avec lui la grande émotion du rêve américain se termine. D’ailleurs où rêve-t-on encore du monde ?




Source :
1-Wilfried : un des commentateurs de l’article de Philippe Grasset : Hillary fracassée http://www.dedefensa.org/article/hillary-fracassee


Jean Vinatier
Seriatim2016