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mercredi 3 février 2016

Royaume-Uni : la Turquie de l’Ouest N°4094 10e année

Le Premier britannique, David Cameron, à tout lieu de se satisfaire des concessions majeures accordées par le duo Tusk-Junker à savoir la « limitation » des droits sociaux des travailleurs européens: désormais, et sous réserve que les 27 Etats-membres de l’Union ratifient cette capitulation en rase campagne, le gouvernement anglais espérerait moins négativement, d’ici l’automne, le référendum sur la sortie ou pas du royaume de l’Union européenne.
L’objectif premier de Bruxelles est d’éviter par-dessus tout un Brexit, pour David Cameron d’avoir à affronter la City : ne reste plus, tout de même, que le peuple britannique très partagé sur son appartenance au continent, un continent qu’il apprécie pour la retraite, les vacances : l’Europe, une riviera ? Pour le gouvernement britannique rester dans l’Union avec si possible un renforcement du statut spécial, qu’il refuserait à tout autre, ne cesse pas de répondre à la constance de sa politique ancestrale : bloquer d’une façon ou d’une autre une indépendance de l’Europe soit en y étant soit en n’y étant pas. Les ministres d’Outre-Manche jouent sur du velours avec l’administration bruxelloise qui défend bec et ongles la seule dimension économico-financière de l’Union et vomit toute perspective d’une Europe puissance politique. D’où l’importance de la continuité de la présence de la Grande-Bretagne.
Si l’on pouvait, quelques instants, se placer sur le mont Pagnotte, il ne faudrait pas deux minutes pour s’apercevoir que la Grande-Bretagne et la Turquie seraient  les deux puissances bénéfiques à l’Europe à la condition de ne nouer avec elles que des partenariats stratégiques à durée limitée. Dans le cas contraire, comme nous le constatons chaque jour avec Berlin qui baise les pieds d’Erdogan, avec  Bruxelles qui se voile devant Londres, la Grande-Bretagne et la Turquie seront des forces de désintégration. Bruxelles suicide l’Europe, c’est-à-dire non seulement les Etats-nation, mais les peuples que certains esprits verraient très bien remplacés par d’autres parés, si l’on lit les discours de quelques onusiens, de toutes les vertus que les premiers ne détiendraient plus.
Les concessions préparées par Bruxelles ont leur logique libérale et financière quand Londres sait très bien associer la fierté britannique avec des intérêts bien égoïstes : David Cameron, cousin de la Reine, défend donc l’Etat-nation tout en promouvant, pour le continent son abolition. Après tout n’est-ce pas aussi de cette façon que procède l’empire du Potomac désordonner le monde tout en  préservant le sien !
Ces lignes ont un pendant de l’autre côté du Bosphore avec, cependant, moins de puissance, moins d’habile nuisance parce que sortie depuis longtemps d’une dynamique impériale et, surtout, à la différence de la perfide Albion, elle n’est pas le prélat suprême de sa religion.

Jean Vinatier
Seriatim2016

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