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lundi 1 février 2016

Etats-Unis : début des primaires, candidats primaires ? N°4093 10e année



S’ouvre aujourd’hui, avec l’Iowa, dans l’empire du Potomac, la longue période des primaires dont le terme fera connaître les deux candidats à la succession de Barack Obama. Depuis des semaines, l’on se focalise sur les discours de Donald Trump qui éclipsent du côté Républicain tous les autres candidats  quand du côté Démocrate, Hillary Clinton parée de toutes les vertus, hormis le emailgate, découvre avec sourcillement la percée de Bernie Sanders qui se présente comme « presque » socialiste. Néanmoins, selon un commentateur du site de Philippe Grasset, les chances de ce dernier serait mince comme en témoignerait les estimations ci-dessous :
« [….]  selon une moyenne pondérée des diverses sondages d’intention de vote des derniers jours effectués dans les états concernés :

1 février : Iowa democratic caucuses : Hillary :80%  - Sanders 20%

9 février : New Hampshire democratic primary : Sanders 75% - Clinton : 25%

20 février : Nevada democratic caucuses : Clinton : 50% - Sanders : 28%

27 février : South Carolina democratic primary: Clinton 97% - Sanders 3%

15 mars : Florida democratic primary: Clinton 61 % - Sanders 26 %

15 mars : North Carolina democratic primary : Clinton 56 % - Sanders  27, 5 %

15 mars : Ohio democratic primary : Clinton 58,7 % - Sanders 38,5 % »1

La première chose à remarquer est la suivante : les principaux candidats sont tous blancs dont une femme. Et cette seule originalité suffirait, certainement, à enflammer servilement les dirigeants européens indépendamment de son programme. Le cadre mondial dans lequel se déroulera la course à la Maison Blanche n’aura pas d’intérêt si l’on  suppute sur la « décadence américaine », il nous faudra, au contraire, la situer sur la scène du chaos global lequel s’étend à tous les domaines, du climat au terrorisme en passant par l’économie et les migrations. Soyons clair : toutes les puissances terrestres sont, d’une façon ou une autre, secouées par le craquement général et les Etats-Unis n’y échappent, évidemment pas puisqu’ils en sont, à bien des égards, les manœuvriers. 
Le climat régnant à l’intérieur des Etats-Unis n’est guère aimable et les actualités des faits divers nous rapportent le racisme quotidien ainsi que les actes d’illuminés (revoir le film de Gus van Sant Elephant). La situation économique n’a pas la brillance que l’on veut nous rapporter régulièrement : l’on critique la Chine pour son art à jouer avec les chiffres mais n’en n’est-il pas de même sur les rives de l’Hudson ? Quant au dollar, véritable veau d’or de cette nation imposante et unilatérale dans ses raisonnements, le billet vert règne encore sur les esprits, nous faisant oublier la lente entrée, par exemple, du Yuan dans la sphère des monnaies de référence. Et la puissance militaire : elle en impose sur le papier et par les centaines de bases-miradors réparties pour nous surveiller et punir : mais quelle est sa force alors même que les Américains ne veulent mourir pour l’Empire ?
Il est trop tôt pour oser dire que Donald Trump et Hillary Clinton seront les deux combattants. Il ne l’est pas pour souligner les sentiments des Nord-Américains retentés par une sorte d’isolationnisme dont Donald Trump serait le héros quand Hillary Clinton, concentrant sur elle les espoirs de « l’establishment », personnage politique complétement « corrompue » deviendrait celle de l’ouverture au monde : et il est vrai que son discours sur les minorités (à lire absolument), loin d’être insignifiant soulignerait l’intelligence « perverse » de ce choix et les moyens qui y seraient consacrés. Des deux côtés de l’Atlantique, tout ce qui prénomme « Démocrate » a les faveurs des possédants comme autrefois la république rassura, par exemple, les nantis de France apeurés par la Commune de 1871. Si l’on allait plus loin encore, il serait honnête d’écrire que quelle que soit la dénomination : Républicain ou Démocrate, l’on trouverait dans l’arrière de la scène du théâtre les mêmes manipulateurs des marionnettes. Le vide politique est sidéral, ne demeure plus que la posture et une nostalgie faute d’espérance.
Les États-Unis n’échappent pas à cette atmosphère et le seul personnage à avoir une tenue originale, Bernie Sanders est, naturellement, celui qui sera décrié de tous les côtés quant Barack Obama tire sa révérence au terme de deux mandats où il déçut incomparablement parce qu’il fut un Saint-Jean Bouche d’or avec lui la grande émotion du rêve américain se termine. D’ailleurs où rêve-t-on encore du monde ?




Source :
1-Wilfried : un des commentateurs de l’article de Philippe Grasset : Hillary fracassée http://www.dedefensa.org/article/hillary-fracassee


Jean Vinatier
Seriatim2016







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