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samedi 2 juillet 2016

« La voix du citoyen par Charles Lebrun » N°4197 10e année



La voix du citoyen est une publication réalisée à la veille de l’ouverture des Etats-Généraux en 1789 par Charles Lebrun (1739-1824), futur architrésorier de l’Empire et duc de Plaisance. Homme de confiance du chancelier Maupeou qui opéra sous l’autorité de Louis XV la mise au pas des Parlements en janvier 1771 et qui vit inquiet, Louis XVI y renoncer en novembre 1774.
Observateur lucide de la marche des événements, pressentant la tragédie, il entendit par cette brochure assembler ses réflexions sur ce moment qu’il jugeait évidemment historique à savoir la réunion des Etats-Généraux. Royaliste, il le resta de cœur malgré les honneurs reçus sous l’Empire et surpris, comme Charles-Maurice de Talleyrand d’avoir survécu à l’effondrement d’une société et à la mise mort d’une légitimité sacrée.
Je vous propose le début et la fin de La voix du citoyen :

« Une révolution préparée par un long enchaînement de fautes et de malheurs, forcée enfin par la nécessité, va changer ou régénérer la constitution de ma Patrie.
Tant que cet événement a été reculé, tous les efforts se sont réunis pour renverser les barrières qui semblaient en arrêter la marche.
Le caractère le plus auguste ne sera plus dans les magistrats que le gage de sa confiance, le prix des talents et des vertus.
Une sage discipline les rappellera sans cesse aux lois de leur état et de leur devoir.
[Le sanctuaire de la justice ne sera ouvert ni à l’opportunité ni à la faveur ; Sa Majesté veut que le choix de ses officiers éclaire et prépare le sien.
Cette autorité quelle venge avec éclat quand elle est méconnue, elle aime à la communiquer à des magistrats fidèles et respectueux et elle n’est jalouse de ses droits que pour assurer le bonheur de ses peuples].
Quand ces barrières sont tombées, la division commence, et, à la vue des débris (de cette administration) qu’il faut partager, chaque Ordre, mécontent de la portion que lui assignent sa position et ses forces, balance, mesure d’un œil jaloux les droits et les prétentions des autres Ordres, et semble prêt à repousser une constitution qui dans le lointain s’offrait avec tant d’éclat et d’avantage.
Détaché depuis longtemps de la chaîne générale, je n’ai été jusqu’ici sue le spectateur des mouvements qui agitaient mes Concitoyens.
Je ne suis point doué de cette imagination ardente qui s’exagère les rigueurs de la servitude ou les douceurs de la liberté ; j’ai toujours redouté pour le siècle à j’avais à vivre les secousses soudaines, les changements impréparés qui cimentent du sang des pères le malheur ou la gloire de leur postérité.
Ce n’est pas que je puisse aussi m’élever à la hauteur d’un homme libre. Mais j’aurais voulu y arriver par des gradations ménagées ; j’aurais voulu que des Ministres sages, dévoilant à leur Maître le secret d’un avenir sur lequel réunissaient tant de clartés, lui eussent inspirés d’abaisser son trône quand il le pouvait sans l’avilir, et d’asseoir des mains de l’autorité même la borne immuable où devaient s’arrêter et l’autorité du Prince et les prétentions des Sujets.
Oh ! si ce Ministre insouciant (Maurepas), qui ne fit du pouvoir suprême que le hochet de sa vieillesse, eût apporté de sa longue retraite les pensées d’un homme d’état mûries par l’expérience et la méditation !
Si dans ces premiers moments où une jeune Nation enivrée courait au-devant d’un nouveau joug, un Roi jeune environné des illusions de l’espérance, de tout le bonheur, de toute la gloire dont nous composions son règne, eût daigné s’asseoir au milieu de cette nation !
C’était alors qu’une administration éclairée aurait pu, en dépouillant les formes despotiques, donner au Gouvernement plus de force et de vigueur, renverser des mains des peuples ces obstacles nés de l’abus et de l’impuissance qui, heurtant à chaque pas la marche de l’autorité, la rejetaient plus pesante sur tout ce qui ne résistait pas à sa faiblesse, établir d’utiles contrepoids ; lier d’une chaîne commune tous les Ordres, et  pourtant les relever tous ; confondre dans un seul intérêt les intérêts de toutes les provinces, et créer enfin une Monarchie.
Si cet autre Ministre (Vergennes ?), qui connut, dit-on le secret des forces de l’Europe et oublia d’étudier celles de la France, eut arrêté sur nos finances, sur le développement du caractère national, quelques-uns de ces regards qu’il perdait sur le reste de l’univers, sans doute il eût pu réunir les esprits au pied d’un trône qu’environnaient encore quelques rayons de gloire, et d’une main assurée poser les fondements d’une constitution nouvelle.

[…..]
Je laisse à d’autres le pénible et inutile soin de tracer la marche de la Nation, de fixer l’ordre de ses délibérations et de marquer les écueils semés sur sa route. C’est de vous Sire, et de vous seul, que j’attends le bienfait de cette heureuse constitution qui doit lier, par d’indissolubles nœuds, le pouvoir suprême et la liberté publique. Elle est nécessaire à votre cœur autant qu’à nos intérêts ; et Votre Majesté la désire comme le monument le plus solide de sa gloire et le gage le plus assuré de son repos. Si nous reportons nos regards sur quinze années d’un règne commencé sous les plus heureux hospices, nous la verrons toujours suivre avec inquiétude les mouvements de l’opinion publique, incliner, pour ainsi dire, son sceptre à sa voix, et chercher à son autorité l’appui du vœu général.
Mais l’opinion vraiment publique, le vœu vraiment général, ce n’est qu’au milieu de la Nation assemblée qu’ils se forment et se font entendre sans équivoque et sans obscurité. Hors de là, vous ne trouverez, Sire, que le murmure de l’intérêt particulier, l’expression [sinon] infidèle, du moins l’expression toujours suspecte des sentiments de vos sujets. Entouré du seul conseil qui ne peut vous tromper, vous déploierez désormais, sans crainte, un pouvoir qu’une triste expérience vous avez appris à redouter ; et, par une seule loi, vous aurez assuré, pour jamais, la tranquillité de votre règne et le bonheur des générations futures.
FIN »


Source :
Villette (Patrice de Chantemerle de) : Charles-François Lebrun (1739-1824).Troisième consul, prince architrésorier de l’Empire, Duc de Plaisance. Edition à compte d’auteur, Paris, 2014, pp.532-533 ; 565.

L’auteur est un descendant de Charles-François Lebrun. L’ouvrage est bien davantage une compilation de sources, de textes, de citations qu’une biographie.

Jean Vinatier
Seriatim 2016

« Brexit, leftxit, frexit par Frédéric Lordon » n°4196 10e année

Lien/source: https://www.les-crises.fr/actualites-brexit-et-bonus-jean-claude-juncker/

 Jean Vinatier
 Seriatim 2016

Autriche, Tchéquie, Slovaquie : les premiers trois coups ? N°4195 10e année



Une semaine après le BREXIT, l’Autriche par la voix de la Cour suprême a invalidé l’élection présidentielle pour fraudes caractérisées. Qui deviendra Président fin septembre 2016 ?
Qu’est-ce donc cette Union européenne qui prétend régenter 28 Etats-membres si ce n’est par le meurtre ou sa symbolique (Jo Cox), le tripatouillage des urnes, le renouvellement des consultations électorales jusqu’à ce que tombe le bon résultat ? Cette démocratie dont Bruxelles nous berce les oreilles est une imposture.
Outre l’Autriche, le Président Tchèque a demandé à titre personnel un référendum sur le maintien dans l’Union européenne et, élément neuf, dans l’OTAN, l’extrême droite slovaque fait campagne pour  que sa pétition atteigne le nombre légal qui contraindrait cet Etat à organiser une consultation nationale. Vienne, Prague, Bratislava, le noyau de l’antique empire des Habsbourg remuerait-il depuis la crypte des Capucins.
Les Provinces-Unies se préparent également à mettre en place une consultation, en Italie le parti Cinq Etoiles espère y parvenir quant à l’Allemagne et à la France, de manière opportune une série de sondages indiquerait qu’une grande majorité voudrait demeurer dans l’Union : cela sonne faux….
La presse titrait voilà peu que Vladimir Poutine se réjouissait des malheurs de l’Union européenne alors même que Bruxelles, Berlin en tête, appuyait la reconduction des sanctions. Petit père n’a aucunement besoin de se frotter les mains, les Européens se débrouillent suffisamment pour s’emmêler, se dédire, se complaire dans les bassesses, notamment, vis-à-vis de l’empire du Potomac.
Il serait très simpliste de placer dans le même sac les extrêmes-droites et les souverainistes,  les partis habituels ayant abandonné tout esprit de souveraineté, de perpétuation de la nation, d’Histoire donc, il n’étonnera pas que dans cette phase les partis extrêmes ramassassent la mise. Cependant le mouvement Cinq Etoiles n’a aucun rapport avec le Front National, le Front national n’ayant pas de lien avec l’extrême droite finlandaise et ainsi de suite.
L’Union européenne depuis le Brexit craint un tsunami identitaire dans les prochains mois ou semaines. Le Royaume-Uni aurait-il ouvert les écluses du Nord ? Le non de peuple britannique celui des terroirs, du temps long, du bon sens et de l’équilibre était-il donc si fort, qu’en dépit de tout ce qui sera fait pour contourner, ajourner, malaxer dans un sens ou un autre le BREXIT, le rideau de scène de Bruxelles ne se déchire dans son entier ?
A Vienne des juges se résignent à annuler une élection présidentielle ce qui est bien davantage qu’une élection législative ou municipale. La question serait de savoir qui a opéré toutes les fraudes et sur ordre de qui puisque les représentants des partis présents au Parlement n’y étaient pas ? Comment les gens ne feront-ils pas le lien avec le BREXIT et, surtout, l’étrange assassinat de la députée Jo Cox dont on en sait si elle a été inhumée, en tout cas, elle a disparu des écrans et des autels des lamentations médiatiques. Bruxelles oublie vite et n’a pas de larmes, elle doit baiser la main de John Kerry.


Jean Vinatier
Seriatim 2016


vendredi 1 juillet 2016

2017 : Le choc des paillassons 4 ? N°4294 10e année



Le retour sur la scène du bas théâtre politique français de  Nicolas Sarkozy n’est en rien de bon augure et qui plus est avec le soutien de Mme Chirac !
La tranquille présentation par François Hollande de la maquette de son programme électoral n’est en rien réjouissante. Cet homme dépasse en cynisme et en mépris tout ce que la France a pu compter dans son histoire malheureuse.
Quant aux primaires, celles qui se déroulent à droite, elles s’essoufflent à mesure que les candidats s’époumonent, celles qui devraient avoir lieu à gauche en janvier 2017 relèvent pour l’heure de la tartufferie.
Entre les deux, le quasi silence de Marine Le Pen et l’entrée en fanfare de Jean-Luc Mélenchon : la première n’a que peu à faire tant les faits abondent son moulin, le second s’il savait se débarrasser de ses habits « no borders » aurait une marge de séduction mais il ne le pourra tant sa base électorale le rejetterait.
Comme prévu, Marine Le Pen se dirigerait vers le second tour et devrait s’incliner devant l’UMPS : qu’est-ce qui sépare Hollande de Sarkozy, les deux ayant foulé notre souveraineté en 2005 ?



Jean Vinatier
Seriatim 2016

Le vide européen….N°4193 10e année



Une semaine après le BREXIT, qu’a fait l’Union européenne, hormis les rodomontades ? Qu’a fait « le couple franco-allemand » ? Préparer les vacances…..
Qu’a fait le Royaume-Uni ? C’est la Reine, elle-même, qui le définit : « Je suis toujours en vie ».
Est-il étonnant de relever qu’en France personne ne se soit réjoui de voir l’ennemi héréditaire quitter le continent européen, nous laissant libre de nous organiser, de bâtir notre Europe à nous ? A l’inculture historique s’ajoute, certainement cette détestable fascination pour une tierce puissance et même deux (avec les Etats-Unis) que l’on veut voir comme un horizon incontournable et indépassable.
Le Royaume-Uni qui a de fortes chances de le rester en dépit des rodomontades  écossaises, souquera ferme pour se maintenir en haute mer : je ne doute ni de ce royaume qui tint en roc durant le Blitz, ni de ce peuple, antique et solide.
Ce qui apparaît clairement sous nos yeux est le vide total de l’Union européenne : c’est une carafe au bouchon ôté dont s’échappe l’élixir.


Jean Vinatier
Seriatim 2016

«Ne laissons pas l'État vendre le domaine de Grignon au Qatar ! par Jean Vincent » N°4192 10e année



Cet exemple de vente d’un bien d’Etat à un représentant d’une dynastie autocrate qui a joué un rôle terrible dans l’épreuve du peuple syrien en soutenant les djihadistes, est tout à fait révoltant.
Ce bijou d’architecture Louis XIII, propriété d’Etat par la volonté de Charles X qui entendit, ainsi placer notre agriculture dans la modernité permanente, n’aurait aucun mal à garder cette destination s’il n’y avait une complaisance délibérée de l’actuel gouvernement. Ce dernier semble reculer mais pour mieux plaire au père de l’actuel dirigeant qatari………



Jean Vinatier
Seriatim 2016