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mercredi 8 janvier 2020

Deep-news.media par Maxime Chaix N°4786 14e année



Lancement d’un nouveau média

« Eric Verhaeghe : Maxime Chaix, pourquoi avoir créé le site www.deep-news.media ?

Maxime Chaix : Tout d’abord, permettez-moi de me présenter brièvement. Auteur du livre La guerre de l’ombre en Syrie, paru en mars 2019 aux éditions Erick Bonnier, je suis essayiste, traducteur et journaliste. Spécialisé dans les domaines du renseignement, des opérations clandestines, du djihadisme et de la politique étrangère américaine, j’ai notamment écrit pour MiddleEastEye.net, Paris Match, GlobalGeoNews.com, Le Devoir et le Club de Mediapart. Depuis mes débuts dans le journalisme, en janvier 2015, je me suis heurté à d’innombrables refus de publication de mes articles par différentes rédactions francophones. Le problème est que, dans la grande majorité des cas, les rédacteurs en chef des médias en question me faisaient des retours élogieux sur mes analyses, mais ils invoquaient différentes raisons plus ou moins recevables pour refuser de les publier. Heureusement, une poignée d’entre eux ont eu la franchise de m’expliquer que mes articles exposaient des réalités si dérangeantes qu’ils ne pouvaient se permettre de les diffuser. Au fond, je les comprends, puisque les médias français sont majoritairement subventionnés par l’État, et possédés par des firmes multinationales qui n’ont pas comme intérêt prioritaire d’exposer des vérités compromettantes. Parmi celles-ci, l’on peut citer l’implication désormais avérée de la DGSE dans une vaste opération clandestine de changement de régime en Syrie. Chapeautée par la CIA, cette campagne avait pour objectif de renverser Bachar el-Assad en soutenant une nébuleuse de groupes armés loin d’être aussi « modérés » que nos médias ne nous les ont décrits jusqu’à présent.

EV : Vous nous expliquez donc que vous-vous êtes heurté, pendant cinq ans, à une certaine forme de censure médiatique, les rédactions saluant la qualité de votre travail tout en refusant de publier vos articles ?

MC : Exactement. Puisque je mène des enquêtes sur des sujets particulièrement sensibles, tels que les guerres de changement de régime, l’instrumentalisation du djihad par les puissances occidentales ou les attaques de certains « alliés » contre nos intérêts fondamentaux, je ne parviens pas à imposer la plupart de mes écrits aux rédactions francophones. Or, mes analyses suscitent l’intérêt d’un nombre sans cesse croissant d’experts et de journalistes, et certaines d’entre elles sont partagées massivement sur les réseaux sociaux. Inspiré par Glenn Greenwald, James Bamford ou Claude Angeli, je défends un journalisme d’enquête exigeant, audacieux et résolument engagé contre les dérives de la raison d’État. Hélas, mon diagnostic est que les médias francophones ne traitent pas suffisamment des questions sur lesquelles je travaille – bien qu’elles soient d’intérêt public. À titre d’exemple, à l’occasion des huit ans de la guerre en Syrie, aucun média francophone ne parla du programme Timber Sycamore. Coordonnée par la CIA entre l’automne 2011 et l’été 2017, cette opération clandestine avait pourtant mobilisé des milliards de dollars, des dizaines de milliers de tonnes d’armes et de munitions et au moins 45 000 mercenaires pour tenter de renverser le gouvernement syrien. Et comme je l’ai démontré dans mon livre, cette campagne a massivement soutenu la montée en puissance de la nébuleuse djihadiste anti-Assad – mes conclusions ayant été validées par un certain nombre de spécialistes de premier plan, y compris dans Marianne, Le Monde diplomatique ou la prestigieuse Revue Défense Nationale.

Refusant que des sujets aussi importants soient refoulés de notre débat public, j’ai donc décidé de lancer Deep-News.media, le site d’information qui se focalisera sur la partie immergée de cet « iceberg » qu’est la géopolitique mondiale. »

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2020




mardi 7 janvier 2020

« La France face aux transitions stratégiques actuelles par Jean Dufourcq »N°4785 14e année


Conférence en date du 19 octobre 2019

« Pour mettre en perspective la trajectoire stratégique française dans l’effervescence du monde actuel, il faut prendre du recul, loin du tumulte du monde et monter sur la colline stratégique.
Que voyons-nous ?
1-      Que nous sommes sans doute à la fin d’un cycle historique dont l’équation stratégique a gouverné la planète depuis plus de cinquante ans. Que nous sommes entrés dans une période de transition qui s’est enclenchée à la fin de la guerre froide, une transition longue, sans doute quelques décennies, avant qu’un nouveau point d’équilibre soit possible.
2-      Que le monde a tendance à devenir un véritable terrain vague stratégique.

De fait, nous vivons depuis la fin de la Guerre froide, il y a 30 ans, des temps uniques, des temps sans ressemblance, qui nous laissent collectivement désemparés. Et nous Français, plus que d’autres peut-être, nous avons bien du mal à nous situer dans la planète mondialisée, pour y défendre nos intérêts y assumer nos responsabilités, y faire valoir nos atouts et promouvoir nos principes et nos valeurs. Nous sommes tentés de renoncer à la France, de nous aligner sur le moins disant occidental.
Pourtant cette transition amorcée il y a 30 ans est logique car le monde est encore en expansion, il continue de se remplir et va se réorganiser tant que sa transition démographique ne sera pas achevée. Mais cette période de précarité stratégique de longue durée induit une forme d’incertitude généralisée qui nous inquiète et que nous prenons généralement pour de l’insécurité, une insécurité devenue anxiogène, on le voit bien tout autour de nous avec les crises en Syrie, en Ukraine, en Libye, en Algérie, mais aussi avec le Brexit et avec l’instabilité politique tout autour de nous.
Alors comment s’y retrouver ? Comment conserver en nos mains les clés de notre destin, comment tirer notre épingle du jeu dans la confusion ambiante ?
Pour cela, voici une grille d’analyse avec quelques idées à débattre, des idées générales de stratégiste pour vous permettre de vous faire des idées personnelles.
Nous avons 3 grands défis à relever et 4 inconnues stratégiques à cerner pour faire face à cette situation. Mais la transformation du monde modifie en profondeur nos marges de manœuvre. Car si nous abordons cette période avec notre personnalité, nos atouts, nos forces et nos faiblesses … nous n’avons pas de vrai projet stratégique puisque la construction européenne qui est l’axe stratégique majeur de la France depuis 50 ans semble à beaucoup désormais inopérante voire obsolète.
Tout d’abord, premier thème, les trois grands défis à relever. »

La suite ci-dessous :




Jean Vinatier
Seriatim 2020

lundi 6 janvier 2020

Qassem Soleimani : l’archiduc François-Ferdinand d’Iran ? N°4784 14e année


Plusieurs lecteurs m’ont demandé si l’assassinat de deux généraux iraniens dont Qassem Soleimani enclencherait des réactions similaires à celles qui se produisirent à l’été 1914 après l’attentat contre l’archiduc François-Ferdinand?
1-L’Europe en 1914 avait vu naitre deux grand groupes d’alliances militaires : le premier (la grande entente) constitué par la France, la Russie, le Royaume-Uni, le second (la grande alliance) par l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie via deux traités l’un avec Berlin, le second avec Vienne.
A noter que dès le début du conflit, le 4 septembre 1914, Londres et Paris réussiront à faire partir l’Italie de cette alliance tandis que Berlin parviendra à décider l’empire ottoman d’y entrer.
2-Les différentes alliances d’alors, avaient des articles contraignants lesquels enclenchés entrainaient tous les membres de l’alliance.
En Orient est-ce le cas ?
L’Iran, sauf erreur de ma part, dispose certes d’alliés, Chine, Turquie, Russie, Inde, Irak, Syrie, mais aucun n’entre dans une quelconque alliance : ni militaire, ni contraignante. Il y a des intérêts convergents, point de solidarité armée permanente de fait. Il est bien évident que pour des puissances comme la Chine, la Russie, la Turquie, le rôle de l’Iran comme borne d’arrêt à la prépotence américaine a son utilité. Cependant la Russie, la Turquie, la Chine ne forment pas un ensemble uniforme : ainsi la Turquie et la Russie s’opposent-elles en Libye. La Turquie, membre fondateur de l’OTAN, oscille selon ses humeurs soit du côté russe, soit du côté américain, elle poursuit une politique de renforcement de son assise à sa frontière contre les Kurdes, en Libye en souvenir de la Tripolitaine perdue en 1912 et du gaz (Eastmed/Turkishstream).
De l’autre côté, les Etats-Unis, outre leur propre puissance militaire, disposent via l’Otan d’une alliance militaire redoutable dont ils ont toutes les manettes.
Washington continue une tactique de la tension de même que Téhéran le fait en s’attaquant à l’Arabie Saoudite sur son sol et dans sa guerre au Yémen. Washington et Téhéran se passent le relais sur cette route de la tension profitant du désordre actuel oriental : Irak, Syrie, Liban, Yémen.
Quel est le degré de nuisance de l’Iran ? Via le Hezbollah, Téhéran s’impose en franc-tireur redoutable et peut tout à fait programmer des attentats au-delà de l’Orient.
Quel est le degré de nuisance des Etats-Unis ?  On serait tenté d’écrire que les Etats-Unis sont la puissance qui a la capacité originale d’être à la fois maximum dans sa force prédatrice comme dans sa force d’apaisement.
L’originalité de la situation présente, qui est aussi sa fragilité ? Le désordre et les multiples jeux et intérêts des uns et des autres qu’ils soient alliés ou concurrents.  Si personne n’a intérêt à appuyer sur le bouton, il est plus que vraisemblable que Washington et Téhéran poursuivront cette tension, en stratégie, en tactique. La République islamique ne vient-elle pas de réprimer férocement une révolte intérieure dont elle sait bien qui l’a attisé : le Grand Satan…
Le danger en l’état ne tient pas à des affrontements classiques mais dans des traverses, des asymétries comme le terrorisme et le cyberterrorisme....etc.
Pour conclure, il n’a y pas de ressemblance entre Qassem Soleimani et l’archiduc François-Ferdinand sauf sur un point : en 1914 comme en 2020, il n’existe pas de puissance médiatrice en mesure de calmer le jeu : L’ONU empêcha-t-elle l’invasion de l’Irak en 2003, la négation de son mandat en Libye en 2011 ?

Jean Vinatier
Seriatim 2020

PS: En ressoudant la rue chiite contre les Etats-Unis, Donald Trump permet d'effacer partout les mouvements de contestation de la jeunesse: Liban, Irak...et Iran!


Résistance française N°4783 14e année


L’année 2020 débute par la continuation de la grève et des manifestations opposées à la contre-réforme des retraites. Le campement décidé par les syndicats et le gouvernement sur cette question de la retraite laisse entrevoir un début de guerre des tranchées c’est-à-dire d’un temps long. Dans cette ambiance, force est de constater l’extraordinaire patience des Français qui, chaque matin et chaque soir acceptent la pénibilité, de marcher, de patienter, sur les quais, sous l’abribus, sur les trottoirs dans l’attente d’un taxi ou un VTC, de se saisir qui d’un vélo, qui d’une trottinette pour aller à son travail, honorer les rendez-vous, fournir les magasins…etc.
Les réseaux sociaux et les médias n’expriment pas du tout la même vue sur ce conflit social, les premiers relaient les multiples grèves, arrêts et les différents dires sur le climat installé, les seconds s’évertuent à tamiser l’événement en cours.
Qui est gagnant, qui est perdant ? Le choix retenu par l’exécutif d’accorder aux uns ce qu’ils refusent aux autres (régimes spéciaux) accroit davantage le courroux que l’apaisement général : les Français ont compris que quelle que soit sa nature d’emploi, la retraite en pâtirait. Cela atteint aussi les cadres, supérieurs et dirigeants, le cœur électoral d’Emmanuel Macron. Les syndicats confrontés à des bases gilets jaunes et sous peine de finir de décevoir tout le corps salarial, se contraignent à tenir. A ce jeu-là, ce n’est plus qui est gagnant ou qui est perdant mais combien de temps cela durera-t-il ?
Le fait notable, pour conclure, est bien cette mise en place d’une entrée en résistance française face à une contre-réforme, mal pensée, mal dite, mal conduite. Psychologiquement ce comportement est d’importance et peut réserver bien des surprises.

Jean Vinatier
Seriatim 2020

samedi 4 janvier 2020

Krieger Magnificat Gallia N°4782 14e année

BONNE ANNEE 2020
Johann Philipp Krieger (1649 - 1725) compositeur et organiste allemand de la période baroque auprès de différentes cours allemandes dont celle de Saxe-Anhalt. Jean Vinatier 
Seriatim 2020