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samedi 23 mars 2019

Brexit et souverainistes européens N°4653 13e année


La réunion bruxelloise ne pouvait surprendre quant aux attendus et propositions sur les reports élastiques du BEXIT. Il faut le répéter, Bruxelles ne veut pas de BREXIT. Brice Couturier, hier soir sur Arte, disait tout sourire à Elisabeth Quin, que l’on ne pouvait pas sortir de l’Union européenne et quand bien même un gouvernement y parviendrait son pays sombrerait. Quel bel aveu d’un pro-Bruxelles qui espère susciter  l’adhésion de tel ou tel Etat européen au nom de la liberté et au nom même de cette liberté la lui gommer si d’aventure le peuple exprimait démocratiquement  à un moment un autre choix.
Le Premier ministre britannique, Teresa May qui apparait de plus en plus ouvertement comme hostile à un Brexit dont elle a reçu pourtant le mandat n’est pas la seule personne à intriguer. Les chefs de gouvernement dits souverainistes ou populistes ou patriotes de la Pologne à l’Italie en passant par la Hongrie et l’Autriche dont les discours ne cessent pas de dénoncer l’action bruxelloise n’ont pas fait entendre une voix différente les 21 et 22 mars. En toute logique et en droite ligne de leurs discours et campagnes électorales, ils eussent dû soutenir le Brexit, contraindre la Première Britannique à tenir parole au lieu de quoi ils s’alignent sur tous les autres et forment donc une union avec la Commission des vingt-sept.
Les élections européennes se dérouleront le 26 mai, une critique publique de cet alignement souverainiste ne  surprendrait pas…..


Jean Vinatier
Seriatim 2019

mercredi 20 mars 2019

Macron prépare le Waterloo des Gilets jaunes N°4651 13e année


Emmanuel Macron vient de lancer sa grande offensive contre les Gilets jaunes qui ne sont plus que des casseurs et dont les revendications ont disparu des écrans médiatiques officiels. Le successeur de François Hollande tient à être l’homme de l’ordre, l’ordre est un mot qui plait infiniment à une bourgeoisie. Et par ordre il ne convient pas de croire que cela signifie le seul calme de la rue ou de la campagne mais bel et bien la soumission à une puissance exécutive dans tous les domaines.
Les Gilets jaunes sont regardés comme des inadaptés à la félicité libérale et leurs cris sont compris comme une incapacité à avoir le langage de moment.
La loi anticasseurs que le Président envoie au-devant du Conseil Constitutionnel pour éviter à l’opposition de le faire est par la démarche à la fois caricaturale et la publicité de son comportement psychotique. Les  mesures censées terrasser les « Gilets jaunes » via la purge de la direction de la préfecture de police de Paris voient désormais l’armée (Sentinelle) entrer sur la scène populaire en supplétif de la police. Bien plus important que le limogeage de tel ou tel haut fonctionnaire (même si dans ce cas l’exécutif ne parait pas en mesurer les conséquences à venir), l’entrée sur scène du soldat est symbolique et pourrait coûter populairement à la « grande muette ».
Après le chaos du 16 mars, l’opinion publique reste encore majoritairement favorable aux Gilets jaunes (53%) ; aussi la tactique et la stratégie que le gouvernement choisira pour écraser ce mouvement qu’il ne considère pas « social » mais une insubordination ne supporteront pas la durée. L’on devine que l’Elysée veut faire place nette avant les élections européennes du 26 mai prochain. Ce qui s’est passé sur les Champs-Elysées que l’on épouse ou pas l’idée que les casseurs jouissaient de la bienveillance du pouvoir actuel sert parfaitement le calcul d’Emmanuel Macron qui entend nettoyer la place et rendre très accessoire tous les autres partis politiques à l’exception de ses opposants idéaux un peu Jean-Luc Mélenchon mais surtout Marine Le Pen lesquels doivent devancer les anciens partis afin que le Bien et le Mal s’affichent.
Le pouvoir juge avoir circonscrit le foyer incendie des Gilets jaunes : ni les syndicats, ni les grèves ne viennent s’agréger à eux. Il existe cependant une inconnue celle de la psychologie des foules ou du peuple ou d’un coup de vent extérieur…..

Jean Vinatier
Seriatim 2019

lundi 18 mars 2019

« La Tefaf, toujours au sommet par Didier Rykner » N°4649 13e année


« Comme chaque année à la Tefaf (foire de Maastricht), dès l’ouverture ou presque, la foire bruit de rumeurs sur les plus belles œuvres qui y sont présentées. Cette année, on y trouvait de manière unanime le tableau de Wright of Derby présenté par Lowell Libson (ill. 1), une de ces scènes de nocturne extraordinaires dont le peintre a le secret. L’œuvre s’est vendue tout aussi rapidement. Selon nos informations, l’acheteur serait le Getty, ce que le vendeur et le musée se sont pour l’instant refusés à confirmer. Nous y reviendrons probablement dans une prochaine brève.
Parmi les autres objets qui tenaient la vedette, outre le diorama chez Philippe Perrin dont nous avons déjà longuement parlé (voir notre éditorial), prenait place la grande Crucifixion de Louis Cretey (ill. 2), chez Rob Smeets, sans doute le chef-d’œuvre de cet artiste qui n’avait pas été retrouvé pour la rétrospective de 2010 (voir l’article) et qui ne figurait à l’époque dans le catalogue que par une photographie en noir et blanc. Cette grande toile intéressait au moins deux musées français, mais hélas elle fut acquise presque tout de suite par un des collectionneurs particuliers étrangers les plus actifs, notamment dans le domaine de la peinture baroque. »
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019



« Regards croisés sur la justice fiscale (Xe-XXIe siècle) : Egalité ou statuts particuliers ? » N°4648 13e année


Annonce de ce colloque international à Amiens les 4 et 5 avril, organisé par l’université Jules Verne…

« Parce que l’impôt est un prélèvement contraint – ou, tout du moins, pouvant se dispenser de l’accord du contribuable –, la question de sa justice est un problème constant. Il est certes possible, sinon tentant, d’y répondre sommairement en le considérant comme intrinsèquement injuste – Taxation is theft – ou de juger la question vaine puisque, juste ou non, l’impôt devra être payé – Nothing is certain but death and taxes ! Pourtant, à l’heure où le gouvernement français s’apprête à engager plusieurs réformes de la fiscalité, la justice fiscale semble à questionner sur plusieurs plans. Dans ses aspects les plus concrets, elle se donne bien sûr immédiatement à voir dans l’organisation, le fonctionnement et les réformes successives du système fiscal. Cependant, l’incontestable technicité de la matière – souvent fantasmée comme forcément attentatoire aux intérêts particuliers – ne doit pas dissimuler l’importance des questions qui s’y jouent. En effet, à travers l’idée de justice fiscale, c’est toute une conception du monde – et aujourd’hui, particulièrement, une conception de l’État et de ses missions – qui apparaît derrière la technique juridique. Pour saisir l’ambiguïté de cette double dimension, l’analyse historique se révèle essentielle. Permettant d’envisager l’évolution du système fiscal en fonction des contextes, des inflexions politiques et des ambitions du temps, elle seule permet une analyse fine des enjeux les plus contemporains en leur offrant la mise en perspective qu’ils méritent. C’est donc à travers ces trois dimensions – fiscale, théorique et historique – profondément imbriquées que l’on se propose de questionner ici la justice fiscale. »



Jean Vinatier
Seriatim 2019

dimanche 17 mars 2019

Acte XVIII : Macron hors-piste, Hidalgo hors Champs(Elysées) N°4647 13e année


Il était su de tout le monde que la journée du 16 mars ne serait pas aussi calme que les précédents samedis mais apparemment pas par le Chef de l’Etat qui jugea heureux de changer d’air au ski ce qui, au vu de ce qui se déroula sur les Champs-Elysées redevenus un champ d’affrontement comme en novembre et en décembre, est aujourd’hui totalement dénoncé par tout à chacun.
Ce qui apparaît au lendemain de l’acte XVIII des Gilets jaunes est l’impasse dans laquelle le gouvernement est. Après avoir déroulé tout un long catalogue de caractéristiques fautives des Gilets jaunes, de l’homophobie à l’antisémitisme en passant par la hausse du chômage, et après avoir lancé des « casseurs », l’exécutif ne peut compter que sur un retournement de l’opinion publique. Or, celle-ci restera majoritairement favorable aux revendications sociales des Gilets jaunes lesquels savent plus qu’au début que la violence, malheureusement, reste la seule musique qu’un gouvernement autiste perçoit.
Longtemps sans la possibilité d’écrire mais pas d’entendre ni de voir, j’ai observé avec effarement le successeur de François Hollande se complaire en télévangéliste version Obama (chemise blanche) pérorer pendant des heures et des heures au grès des réunions du Grand débat national qui prirent des formats différents au fur et à mesure que l’audience chutait. Loin de s’être épuisé Emmanuel Macron tiendrait à cette errance jusqu’à la campagne pour les européennes, cette échéance électorale qu’il ne peut pas perdre et pour laquelle il fera tout y compris jusqu’à l’extrême. Quasiment paranoïaque, Emmanuel Macron voit des Russes partout, des complots ici et là et s’insupportant de la moindre critique sur les agissements des forces de l’ordre (Conseil de l’Europe, ONU) il « jugea insupportable dans un droit de droit de parler de violences policières » (7 mars France info) !!!!
Pendant ce temps, les Gilets jaunes se mobilisent semaine après semaine avec des nombres différents ce que les médias, tous aux ordres de l’Elysée se plaisent à noter et souligner. Cela fait quatre mois que les Gilets jaunes battent le pavé sans être un seul instant écoutés.
Les Gilets jaunes sont là et Emmanuel Macron aimerait s’en servir pour rassurer un électorat très minoritaire mais actif et se déplaçant jusqu’aux urnes. Les Gilets jaunes sont là face aux hostilités des syndicats, des médias, des « penseurs » du régime qui débitent bien des âneries avec ce qu’il faut de pédanterie et de morgue pour qu’un jour tout ne dérape. Le degré de nervosité du pouvoir n’est plus masqué par la carte blanche donnée aux forces de l’ordre qui obéissent droits dans leurs bottes et se défoulent sur les grands boulevards comme jamais ils en auraient la possibilité dans des banlieues. C’est un défoulement également parmi des magistrats qui se frottent les mains d’appliquer les consignes de la Garde des Sceaux, du procureur de Paris qui incitent à garder au-delà de tout l’égalité des Français en GAV. Il y a un défoulement malsain mais tout à fait à l’unisson pour une classe sociale mondialisée aux réflexions mille fois plus dures et haineuses que des aristocrates à la veille de la Révolution. C’est dans ce moment-là que l’on mesure bien le degré de haine de la bourgeoisie pour le peuple,  une détestation (qui est aussi une peur) du peuple remonte à 1789. La bourgeoisie a eu besoin de lâcher le peuple dans le pays pour imposer au Roi le partage du pouvoir avant de s’effarer que ce même peuple refuse de rentrer dans le rang et la soumission. Cette classe mondialisée bien plus déconnectée du réel que ne l’était la noblesse à la veille de la chute de la Bastille, dispose d’outils très redoutables pour réprimer, casser, briser. Avec Emmanuel Macron  cette classe a son héros qui trouverait sa place parmi les douze César de Suétone, un treizième César paranoïaque persuadé de son aura, de ses mérites, de sa gloire, de ses victoires imaginaires quand bien même ces deux années du quinquennat ne présentent aucune réussite tant nationale qu’internationale : tout est discours, communication illusion. Tout ce que cette équipe parvient à faire c’est à dégouter les Français d’aller voter sachant bien leur déroute si nos compatriotes sortaient hors de leurs gonds. Emmanuel Macron et ses soutiens dénoncent des violences qu’eux-mêmes allument par leurs actes, leurs propos.
Pour l’heure, Emmanuel Macron promet des « mesures fortes » quand bien même la carte « antifa » ne semble plus utilisable et que les Gilets jaunes, tout en maintenant les samedis, promettent des opérations ici et là ce qui signifie qu’une guérilla entre sur la scène, la pire chose pour un pouvoir quel qu’il soit. Le Président de la République voulait bien écraser les Gilets jaunes avant les européennes mais les choses évoluent : le débat national n’a pas été populaire et les rendez-vous citoyens annoncés par l’Elysée sont rejetés par la quasi-totalité des gens questionnés. Sa tribune dite « Renaissance » ne connut le succès, ni en France, ni en Europe et la réplique cinglante de l’actuelle présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer anéantit tout ce qui a été dit autour du traité d’Aix la Chapelle : Emmanuel Macron a œuvré pour le roi de Prusse : ce n’est pas lui de dire, il doit écouter et suivre !
Si les nuages s’amoncellent au-dessus de l’Union européenne via le BREXIT, ils sont surtout au-dessus d’Emmanuel Macron avec des coups de tonnerre pour l’heure éloignés et l’empereur du Potomac n’est pas en reste pour se rappeler à son bon souvenir par tweet interposé, une communication tout sauf innocente. Emmanuel Macron n’est pas le seul à faire les frais de la détestation, Anne Hidalgo, selon CNews, ayant voulu se rendre sur les Champs-Elysées samedi en fin de journée, a été reconnue et chassée par des gilets jaunes….On reconnait enfin qu’Emmanuel Macron, télévangéliste à tendance paranoïaque et Anne Hidalgo obnubilée par l'extrême-droite, sont deux faces d’un monde exécré, sauf par les bobos sur leurs trottinettes…




Jean Vinatier
Seriatim 2019