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dimanche 17 mars 2019

Acte XVIII : Macron hors-piste, Hidalgo hors Champs(Elysées) N°4647 13e année


Il était su de tout le monde que la journée du 16 mars ne serait pas aussi calme que les précédents samedis mais apparemment pas par le Chef de l’Etat qui jugea heureux de changer d’air au ski ce qui, au vu de ce qui se déroula sur les Champs-Elysées redevenus un champ d’affrontement comme en novembre et en décembre, est aujourd’hui totalement dénoncé par tout à chacun.
Ce qui apparaît au lendemain de l’acte XVIII des Gilets jaunes est l’impasse dans laquelle le gouvernement est. Après avoir déroulé tout un long catalogue de caractéristiques fautives des Gilets jaunes, de l’homophobie à l’antisémitisme en passant par la hausse du chômage, et après avoir lancé des « casseurs », l’exécutif ne peut compter que sur un retournement de l’opinion publique. Or, celle-ci restera majoritairement favorable aux revendications sociales des Gilets jaunes lesquels savent plus qu’au début que la violence, malheureusement, reste la seule musique qu’un gouvernement autiste perçoit.
Longtemps sans la possibilité d’écrire mais pas d’entendre ni de voir, j’ai observé avec effarement le successeur de François Hollande se complaire en télévangéliste version Obama (chemise blanche) pérorer pendant des heures et des heures au grès des réunions du Grand débat national qui prirent des formats différents au fur et à mesure que l’audience chutait. Loin de s’être épuisé Emmanuel Macron tiendrait à cette errance jusqu’à la campagne pour les européennes, cette échéance électorale qu’il ne peut pas perdre et pour laquelle il fera tout y compris jusqu’à l’extrême. Quasiment paranoïaque, Emmanuel Macron voit des Russes partout, des complots ici et là et s’insupportant de la moindre critique sur les agissements des forces de l’ordre (Conseil de l’Europe, ONU) il « jugea insupportable dans un droit de droit de parler de violences policières » (7 mars France info) !!!!
Pendant ce temps, les Gilets jaunes se mobilisent semaine après semaine avec des nombres différents ce que les médias, tous aux ordres de l’Elysée se plaisent à noter et souligner. Cela fait quatre mois que les Gilets jaunes battent le pavé sans être un seul instant écoutés.
Les Gilets jaunes sont là et Emmanuel Macron aimerait s’en servir pour rassurer un électorat très minoritaire mais actif et se déplaçant jusqu’aux urnes. Les Gilets jaunes sont là face aux hostilités des syndicats, des médias, des « penseurs » du régime qui débitent bien des âneries avec ce qu’il faut de pédanterie et de morgue pour qu’un jour tout ne dérape. Le degré de nervosité du pouvoir n’est plus masqué par la carte blanche donnée aux forces de l’ordre qui obéissent droits dans leurs bottes et se défoulent sur les grands boulevards comme jamais ils en auraient la possibilité dans des banlieues. C’est un défoulement également parmi des magistrats qui se frottent les mains d’appliquer les consignes de la Garde des Sceaux, du procureur de Paris qui incitent à garder au-delà de tout l’égalité des Français en GAV. Il y a un défoulement malsain mais tout à fait à l’unisson pour une classe sociale mondialisée aux réflexions mille fois plus dures et haineuses que des aristocrates à la veille de la Révolution. C’est dans ce moment-là que l’on mesure bien le degré de haine de la bourgeoisie pour le peuple,  une détestation (qui est aussi une peur) du peuple remonte à 1789. La bourgeoisie a eu besoin de lâcher le peuple dans le pays pour imposer au Roi le partage du pouvoir avant de s’effarer que ce même peuple refuse de rentrer dans le rang et la soumission. Cette classe mondialisée bien plus déconnectée du réel que ne l’était la noblesse à la veille de la chute de la Bastille, dispose d’outils très redoutables pour réprimer, casser, briser. Avec Emmanuel Macron  cette classe a son héros qui trouverait sa place parmi les douze César de Suétone, un treizième César paranoïaque persuadé de son aura, de ses mérites, de sa gloire, de ses victoires imaginaires quand bien même ces deux années du quinquennat ne présentent aucune réussite tant nationale qu’internationale : tout est discours, communication illusion. Tout ce que cette équipe parvient à faire c’est à dégouter les Français d’aller voter sachant bien leur déroute si nos compatriotes sortaient hors de leurs gonds. Emmanuel Macron et ses soutiens dénoncent des violences qu’eux-mêmes allument par leurs actes, leurs propos.
Pour l’heure, Emmanuel Macron promet des « mesures fortes » quand bien même la carte « antifa » ne semble plus utilisable et que les Gilets jaunes, tout en maintenant les samedis, promettent des opérations ici et là ce qui signifie qu’une guérilla entre sur la scène, la pire chose pour un pouvoir quel qu’il soit. Le Président de la République voulait bien écraser les Gilets jaunes avant les européennes mais les choses évoluent : le débat national n’a pas été populaire et les rendez-vous citoyens annoncés par l’Elysée sont rejetés par la quasi-totalité des gens questionnés. Sa tribune dite « Renaissance » ne connut le succès, ni en France, ni en Europe et la réplique cinglante de l’actuelle présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer anéantit tout ce qui a été dit autour du traité d’Aix la Chapelle : Emmanuel Macron a œuvré pour le roi de Prusse : ce n’est pas lui de dire, il doit écouter et suivre !
Si les nuages s’amoncellent au-dessus de l’Union européenne via le BREXIT, ils sont surtout au-dessus d’Emmanuel Macron avec des coups de tonnerre pour l’heure éloignés et l’empereur du Potomac n’est pas en reste pour se rappeler à son bon souvenir par tweet interposé, une communication tout sauf innocente. Emmanuel Macron n’est pas le seul à faire les frais de la détestation, Anne Hidalgo, selon CNews, ayant voulu se rendre sur les Champs-Elysées samedi en fin de journée, a été reconnue et chassée par des gilets jaunes….On reconnait enfin qu’Emmanuel Macron, télévangéliste à tendance paranoïaque et Anne Hidalgo obnubilée par l'extrême-droite, sont deux faces d’un monde exécré, sauf par les bobos sur leurs trottinettes…




Jean Vinatier
Seriatim 2019

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