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vendredi 15 mars 2019

« Les corps intermédiaires en République : un problème ou une solution pour l’État ? (France, xixe-xxe siècles) par Alain Chatriot N°4644 13e année


« La France « jacobine » serait hostile aux corps intermédiaires ! Cette antienne souvent entendue et parfois actualisée à des fins politiques ne recoupe qu’une part de l’histoire des deux derniers siècles. En effet, en parallèle de l’hostilité proclamée dans certains discours contre toute forme de corps intermédiaires, la réalité institutionnelle, sociale et politique a été bien différente. Loin de se résumer à un retour de l’Ancien Régime dans une France d’après la Révolution, les corps intermédiaires ont pu constituer une ressource importante pour l’établissement et l’évolution de la République. Il ne s’agit certes pas d’une histoire linéaire : du développement du syndicalisme à celui des associations et des institutions représentant la société, de nombreux conflits ont pu accompagner ces différentes évolutions. Une approche par l’étude des corps intermédiaires permet en tout cas de questionner la cohérence d’un supposé « modèle républicain » et surtout d’analyser l’État dans son fonctionnement en refusant ainsi de croire à la frontière rigide entre ce dernier et la société.
L’historienne Claire Lemercier note de manière imagée et tout à fait juste qu'« aucun historien ne devrait plus désormais employer les mots jacobinisme ou corporatisme » sans tourner sept fois sa langue dans sa bouche, surtout pour caractériser une éventuelle « exception française  ». Ce propos indique combien la question du vocabulaire est ici délicate : tout comme ces deux mots en isme, ceux de corps intermédiaires ou de société civile comportent en français des connotations spécifiques et parfois changeantes dans le temps La politiste Chloé Gaboriaux a raison d’indiquer que « la formule corps intermédiaires est elle-même piégée  ».
Pour éclairer ce vaste sujet, on souhaite proposer une approche surtout historiographique organisée en trois temps : un point méthodologique pour présenter sur cette question les mises en garde salutaires de Pierre Rosanvallon, une réflexion sur le xixe siècle et une étude un peu plus précise sur la IIIRépublique.
On laissera de côté, à regret, d’autres exemples possibles pour questionner la place des corps intermédiaires dans l’histoire des deux derniers siècles en France, comme ceux du syndicalisme ouvrier, patronal ou agricole ou des partis politiques. »

La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2019

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