Info

Nouvelle adresse Seriatim
@seriatimfr
jeanvin22@gmail.com



samedi 13 novembre 2021

Pologne, Chypre : vers des ricochets post-démocratiques en France ? N°5749 15e année

En dehors du fait à savoir le degré de responsabilité de la Biélorussie dans l’arrivée aux frontières, polonaise, lituanienne, de migrants en provenance d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie, de s’interroger sur la demande de suspension de visas de la part de Chypre, il apparait, à la fois, que dans la prévision de la présidence française de Commission européenne et de la campagne présidentielle française qui auront lieu en même temps, les conséquences s’annoncent importantes et glaçantes.

Je dis d’entrée qu’il faut être prudent dans les observations car des évènements soudains peuvent bouleverser le cours tracé.

Peu de gens s’interrogèrent sur les propos critiques de Michel Barnier vis-à-vis de l’Union européenne, de même peu soulignèrent l’inclination bruxelloise vers le tour de vis migratoire en même temps que celle-ci opérait des mesures de plus en plus coercitives envers les rétifs aux passes sanitaires et aux vaccins (7 doses dans les frigos européens !).

De son côté, Emmanuel Macron a décidé que conjuguer présidence européenne et présidence française, de mettre, en quelque sorte, l’Europe en France jusqu’aux législatives de juin 2022.

La gauche est partie pour l’émiettement complet, Anne Hidalgo ne se maintenant qu’avec l’espoir d’une chute du successeur de François Hollande sans laquelle, elle n’aurait pas un score suffisant pour devenir la cheffe du PS, Yannick Jadot n’a pas de manœuvre pour se recentrer face au courant Rousseau qui menace d’aller vers Jean-Luc Mélenchon lequel poursuit son jeu de bilboquet en essayant de jouer la boule nationale autant que celle globaliste. Quant au parti communiste il va avec les migrants (légaux, illégaux),  LGBTQ…etc faute d’ouvriers remplacés par des robots et des classes populaires trop nationales pour lui.

Quant à Éric Zemmour et Marine Le Pen, les médias, tous favorables à Emmanuel Macron, usent comme à l’accoutumée des sondages. Après avoir tellement insisté sur la montée d’Éric Zemmour, ils remettent en selle Marine Le Pen. L’idée de fond étant de montrer aux citoyens que ni l’un ni l’autre ne sera en mesure de l’emporter qu’ainsi l’alternative serait ou bien de se résigner ou bien de s’abstenir….

Quant aux Républicains, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand en décidant de retourner dans leur parti d’origine ont apporté la preuve qu’ils ne disposaient pas des forces nécessaires. Il serait assez logique que les militants Républicains se dirigeassent vers un Michel Barnier resté dans le parti ayant selon eux la probabilité au second tour de l’emporter contre Emmanuel Macron via une abstention forte !

Ainsi, au milieu de ce jeu politicien, Emmanuel Macron dispose effectivement de l’ensemble du jeu de cartes avec cerise sur le gâteau une Union européenne moins laxiste lui permettant tout à fait de tenir un discours « en même temps » plus national  et plus européen.

Le tragique de cette histoire politicienne est que quoi qu’il advienne jusqu’à présent, le fait ou l’événement joue en faveur du tenant du pouvoir. L’on sait les multiples colères qui parcourent la France sur différents sujets importants mais elles ne sont que colériques c’est-à-dire vouées à une durée déterminée dans leur phase active celle de la manifestation dans la rue. Le rapport de force jouant en faveur du pouvoir : tout peuple y compris le plus brimé, applaudira ou se taira car il s’aimante aisément à celui qui a, ou su garder le pouvoir ou su le prendre.

Une colère n’a d’essor qu’irriguée par un courant politique idéologique donc une alternative autant institutionnelle que sociologique. Sans ce courant là, tout se résumera à des jacqueries qui finiront dans le sang et la férocité de la classe dominante qui aura eu peur. La violence envers les Gilets Jaunes dont certains sont toujours en prison ou en cours de jugement s’explique très bien : Emmanuel Macron a d’autant plus accepté d’avoir du sang sur ses mains qu’il savait ce sang-là un gage d’attachement à une minorité tenant fermement les cordons de la bourse. Quant aux questions et interrogations identitaires, Éric Zemmour , s’il dispose d’une écoute et d’ une sympathie, aura bien du mal à passer à une alternative véritable à partir de cette thématique car il se heurtera à la parcellarisation française difficile à métamorphoser en quelques mois. A cet égard, actuellement, le « en même temps » macronien est plus fort , plus rassurant dans un pays vieillissant s’arcboutant sur son portefeuille.

Juan Branco peut bien espérer que « les fourches sortiront bientôt » mais sans l’intellect derrière, c’est l’écrasement assuré. Emmanuel Todd l’a très bien écrit, nous sommes entrés dans une ère post-démocratique où perdurent, selon moi, les institutions d’avant, les maximes économiques et financières d’avant et où, c’est le plus important ni les puissances au pouvoir ni celles et ceux qui les contestent n’ont d’alternative : Impasse ! A cet égard, la transition énergétique est plus dans l’ordre du divertissement (positif, négatif) que de l’alternative. Dans cette vue, « Le temps des soulèvements » évident pour Michel Maffesoli pourrait très bien être annihilé par les « mondes virtuels » donc de la distraction pathologique l’emportant sur le fond.

Nous sommes dans une situation où les coups s’opèrent mais tombent avec un bruit sourd sans écho apparent, où rien ne se lie alors même que l’on est en plein dans les réseaux, les horizontalités. Les fins des verticalités, des transcendances accélèrent la liquéfaction du monde et l’atomisation des citoyens

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

Aucun commentaire: