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lundi 10 janvier 2011

Petites réflexions sahéliennes et maghrébines N°819 4e année

En pensant très fortement à nos deux compatriotes étudiants enlevés par des ravisseurs touaregs dans le restaurant Le Toulousain à Niamey puis exécutés (à moins d’une version contraire), je n’ai pu m’empêcher de me rappeler au sort d’un jeune couple d’instituteurs dans la campagne algérienne à la Toussaint de 1954.
On me dira justement que le Niger n’est pas l’Algérie des années 50. Mais je pense plutôt à l’évènement déclencheur, à cette petite étincelle qui répand l’incendie. Il n’en reste pas moins que la révolte des Touaregs est bien réelle : elle s’exerce autant contre le pouvoir en place celui des Djerma-Shongaï et des Haoussas que contre Areva, société française. Nous sommes également dans cette partie africaine, le Sahel, où les frontières des Etats sont plus qu’ondulantes, dessinées par les puissances coloniales d’alors. Que des salafistes, des branches d’Al Quaida ou d’autres extrémistes que nous ne connaissons pas encore, infiltrent des Touaregs la chose est probable. Mais de la Somalie en remontant jusqu’au Soudan puis delà tout droit, traversant le sud algérien en direction de l’océan Atlantique, l’Afrique n’entre-t-elle pas dans une effervescence qui pourrait très bien engager, en sus des populations, notamment, la France sur un second front plus immense que celui d’Afghanistan sur fond de faits, d’intérêts multiples et variés ? Quels rapports entre une Somalie déliquescente et la querelle post-électorale ivoirienne ? Quels liens entre les jeunes tunisiens et algériens et les touaregs ? Quelles correspondances entre le Maghreb et le Sahel ? Autant de questions sans réponses rapides et ce bien que le Maghreb et le Sahel forment des mosaïques géographiques au croisement des calculs, des stratégies, des événements, souvent des tragédies ?
A propos du Sahel traversant des « Etats sans nations » où les ethnies se jouent de leurs « nationalités juridiques » où les religions sont diverses : musulmane, animiste, chrétienne, le recteur Dumont ajoute:
« Une autre spécificité géopolitique du Sahel, reflet des variétés ethniques, tient à ce que ni l’identité de l’ensemble, ni l’identité de chaque État ne peut y être symbolisée par une langue commune ou par un alphabet commun. Certes, plusieurs pays disposent d’une langue officielle, mais cette dernière ne traduit nullement une pratique linguistique nationale. »
Le Maghreb composé originellement de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc voit sa dénomination contemporaine étendue à la Libye, à la Mauritanie et au Sahara occidental. Là encore les différences sont légions, la Mauritanie l’illustrant assez bien « les deux tiers de la population sont réputés Maures, mais cette proportion inclut la plupart des Harratines, serviteurs noirs descendants d’esclaves qui vivent au service de leurs maîtres, les Beïdanes, Maures blancs pour la plupart. Les Noirs occupent plutôt la bordure sahélienne et la vallée du Sénégal et se trouvent sous la domination des Maures depuis l’indépendance. La Mauritanie est donc traversée de rivalités entre les Maures, les arabo-berbères et les Négro-africains. »
Avec la vitesse de l’éclair, le théâtre des opérations militaires est passé de l’Asie afghane à au Sahel pour ricocher sur le Maghreb. La crainte du gouvernement français identique à celle des autres états du sud européen, de voir s’effondrer des régimes tenus par des hommes brutaux, des oligarchies militaires n’est pas une vue de l’esprit. Si le désordre s’installait les migrations humaines seraient considérables et bien incontrôlables pour les Européens. Même si nous ne sommes pas à cette extrémité, inutile de préciser que dés à présent, l’avant campagne présidentielle française sera barrée à droite entraînant la gauche libérale dans son sillage!!!!
Pour l’heure, l’Algérie garde la main, de même que Ben Ali et son encombrante belle- famille, les Trabelsi et fait plus important, le Maroc ne donne aucun signe d’agitation sans doute parce que le souverain est aussi commandeur des croyants donc empereur en son royaume !
Je repense au film Babel d’Alejandro González Inárritu (2005) où un coup de fusil dans un désert africain se répercutait étrangement comme un vol de papillon. Je pense aussi aux inconséquences des hommes….

Jean Vinatier
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Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

vendredi 7 janvier 2011

S. B. Antonios Naguib, Patriarche d’Alexandrie des Coptes : « Nous sommes aujourd’hui un "petit reste" » N°818 4e année

Nicolas Sarkozy a déclaré que les chrétiens d’Orient faisaient l’objet d’une épuration. Le mot est fort, provocateur mais dans la droite ligne d’une attitude politique qui lui avait déjà fait dire à Lisbonne lors du sommet US/Otan que l’Iran était, en quelque sorte, la puissance du diable.
Bref, pour dépasser des propos qui sont singulièrement dangereux et peu compatibles avec une intelligence que l’on attendrait d’un véritable chef d’Etat, je vous propose de lire des extraits du discours prononcé par S.B Antonios Naguib, rapporteur général de l’assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du synode des évêques tenue au Vatican entre le 10 et le 24 octobre 2010.
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I. L’ÉGLISE CATHOLIQUE AU MOYEN-ORIENT


A. SITUATION DES CHRÉTIENS AU MOYEN-ORIENT


1. Bref regard historique : unité dans la multiplicité (13-18)


La connaissance de l’histoire du christianisme au Moyen-Orient est importante pour nous-mêmes, ainsi que pour le reste du monde chrétien. Sur ces terres Dieu a choisi et guidé les Patriarches, Moïse et le peuple de l’Ancienne Alliance. Il a parlé à travers des Prophètes, des juges, des rois, et des femmes de foi. En la plénitude des temps, Jésus-Christ, le Sauveur, s’y incarna, vécut, choisit et forma ses disciples, et y accomplit son œuvre de salut. L’Église de Jérusalem, née le jour de la Pentecôte, fut la source de toutes les Églises particulières, qui continuèrent et continuent à travers le temps l’œuvre du Christ, par l’action de l’Esprit Saint, sous la guide du Pape, successeur de Pierre.
Après des petits conflits au début de sa marche, l’Église connut des divisions successives aux Conciles d’Éphèse (431), et de Chalcédoine (451). Ainsi naquirent l’«Église apostolique assyrienne d’Orient», et les «Églises orthodoxes orientales» : copte, syriaque et arménienne. Au XI ème siècle, il y eut la grande scission entre Constantinople et Rome. Ces divisions ont eu lieu autour de questions théologiques, mais les motifs politico-culturels ont joué le rôle principal. Les études historiques et théologiques ont la charge de mieux illustrer ces périodes et évènements tragiques, pour aider au dialogue œcuménique.
Fruits amers du passé, toutes ces divisions existent aujourd’hui encore dans nos pays. Grâce à Dieu que l’Esprit travaille les Églises pour que se réalise la prière du Christ : « Qu’ils soient un en nous, eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21).
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3. Rôle des chrétiens dans la société, malgré leur petit nombre (24-31)


Nos sociétés, malgré leurs différences, ont des caractéristiques communes : l’attachement à la tradition, le mode de vie traditionnelle, le confessionnalisme et la différentiation sur la base de la religion. Ces facteurs peuvent rapprocher et unifier, mais aussi écarter et diviser. Les chrétiens sont dans leurs pays des «citoyens natifs», membres de plein droit de leur communauté civile. Ils sont chez eux, et souvent de très longue date. Leur présence et leur participation à la vie du pays sont une richesse précieuse, à protéger et à maintenir. Une laïcité positive permettrait à l’Église de donner un apport efficace et fructueux, et aiderait à renforcer la citoyenneté de tous les membres du pays, sur la base de l’égalité et de la démocratie.
Dans son action pastorale, culturelle et sociale, l’Église a besoin de plus et de mieux utiliser la technologie et les moyens modernes de communication. Des cadres spécialisés sont à former dans ce but. Les chrétiens orientaux doivent s’engager pour le bien commun, dans tous ses aspects, comme ils l’ont toujours fait. Ils peuvent aider à créer des conditions sociales qui favorisent le développement de la personnalité et de la société, en collaboration avec les efforts des autorités politiques. Malgré qu’ils soient des faibles minorités, leur dynamisme est rayonnant et apprécié. Ils ont besoin d’être soutenus et encouragés à maintenir cette attitude, même dans les circonstances difficiles. L’affermissement de leur vie de foi, ainsi que du lien social et de la solidarité entre eux les aideraient beaucoup, sans repli sur soi dans une attitude de ghetto.
Par la présentation de la Doctrine sociale de l’Église, nos communautés offrent un apport valable pour la construction de la société. La promotion de la famille et la défense de la vie devraient occuper une place principale dans l’enseignement, et la mission de nos Églises. L’éducation est un domaine privilégié de notre action et un investissement majeur. Dans la mesure du possible, nos écoles pourraient aider davantage les moins favorisés. Par ses activités sociales, sanitaires, et caritatives, accessibles à tous les membres de la société, elles collaborent visiblement au bien commun. Ceci est possible grâce à la générosité des Églises locales, et la charité de l’Église universelle. Pour assurer sa crédibilité évangélique, l’Église doit prendre les moyens pour garantir la transparence dans la gestion de l’argent, en distinguant clairement ce qui lui appartient et ce qui est propre au personnel de l’Église. Des structures appropriées sont requises en vue de cela.
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B.LES DÉFIS AUXQUELS SONT CONFRONTÉS LES CHRÉTIENS


1. Les conflits politiques dans la région (32-35)


Les situations politico-sociales de nos pays ont leur répercussion directe sur les chrétiens, qui en sentent plus fortement les conséquences négatives. Dans les Territoires Palestiniens la vie est très difficile, et parfois insoutenable. La position des chrétiens arabes est très délicate. Tout en condamnant la violence d’où elle vient, et en appelant à une solution juste et durable du conflit israélo-palestinien, nous exprimons notre solidarité avec le peuple palestinien, dont la situation actuelle favorise le fondamentalisme. L’écoute de la voix des chrétiens du lieu pourra mieux aider à comprendre la situation. Le statut de Jérusalem devrait tenir compte de son importance pour les trois religions : chrétienne, musulmane et juive.
Il est regrettable que la politique mondiale ne tienne pas suffisamment compte de la tragique situation des chrétiens de l’Irak, qui sont la principale victime de la guerre et de ses suites. Au Liban, une majeure unité entre les chrétiens aiderait à assurer une majeure stabilité dans le pays. En Égypte, les Églises gagneraient beaucoup à coordonner leurs efforts en vue d’affermir leurs fidèles dans la foi, et de réaliser des œuvres communes pour le bien du pays. Selon les possibilités disponibles dans chaque pays, les chrétiens ont à favoriser la démocratie, la justice et la paix, et la laïcité positive dans la distinction entre religion et État, et le respect de chaque religion. Une attitude d’engagement positif dans la société est la réponse constructive et pour la société et pour l’Église.


2. Liberté de religion et de conscience (36-40)


Les droits humains sont la base qui garantit le bien de la personne humaine intégrale, critère de tout système politique. Ceci découle de l’ordre de la création elle-même. Celui qui ne respecte pas la créature de Dieu selon l’ordre établi par Lui, ne respecte pas le Créateur. La promotion des droits humains ont besoin de paix, justice et stabilité.
La liberté religieuse est une composante essentielle des droits de l’homme. La liberté de culte n’est qu’un aspect de la liberté religieuse. Dans la plupart de nos pays, elle est garantie par les constitutions. Mais même là, dans quelques pays, certaines lois ou pratiques en limitent l’application. L’autre aspect est la liberté de conscience, basée sur le libre choix de la personne. Son absence entrave le choix libre de ceux qui auraient voulu adhérer à l’Évangile, qui craignent aussi des mesures de vexation pour eux-mêmes et pour leurs familles. Elle ne peut exister et se développer que dans la mesure de la croissance du respect des droits de l’homme dans leur totalité et leur intégralité.
L’éducation dans ce sens est un apport précieux au progrès culturel du pays, pour plus de justice et d’égalité devant le droit. L’Église catholique condamne fermement tout prosélytisme. Il serait bon de discuter sereinement ces questions dans les structures et les instances de dialogue, principalement à l’intérieur de chaque pays. Les nombreux instituts d’éducation dont disposent nos Églises sont un moyen privilégié pour favoriser cette éducation. Les centres hospitaliers et de services sociaux constituent eux aussi un témoignage éloquent de l’amour du prochain, sans distinction ni discrimination aucune. La valorisation des journées, des évènements et des célébrations locales et internationales dédiés à ces thèmes, aident à diffuser et à renforcer cette culture. Les mass-médias sont à utiliser pour propager cet esprit.


3. Les chrétiens et l’évolution de l’Islam contemporain (41-42)


À partir des années 1970, nous constatons dans la région la montée de l’Islam politique, qui comprend différents courants religieux. Il affecte la situation des chrétiens, surtout dans le monde arabe. Il veut imposer un mode de vie islamique à tous les citoyens, quelques fois par la violence. Il constitue donc une menace pour tous, et nous devons ensemble affronter ces courants extrémistes.


4. L’émigration (43-48)


L’émigration au Moyen-Orient commença vers la fin du XIXème siècle, pour des causes politiques et économiques. Les conflits religieux ont été déterminants dans quelques périodes tragiques. Actuellement l’émigration s’est accentuée dans nos pays. Les causes principales sont le conflit israélo-palestinien, la guerre de l’Irak, les situations politiques et économiques, la montée du fondamentalisme musulman, et la restriction des libertés et de l’égalité. Les jeunes, les personnes instruites, et les gens aisés, sont les plus nombreux à partir, privant l’Église et le pays des ressources les plus valables.
Il revient aux responsables politiques d’affermir la paix, la démocratie et le développement, pour favoriser un climat de stabilité et de confiance. Les chrétiens, avec toutes les personnes de bonne volonté, sont appelés à s’engager positivement à la réalisation de cet objectif. Une plus grande sensibilisation des Instances internationales au devoir de contribuer au développement de nos pays aiderait beaucoup dans cette ligne. Les Églises particulières d’Occident pourraient avoir leur influence bénéfique et efficace dans cette action. Les Pasteurs devraient rendre les fidèles plus conscients de leur rôle historique. Ils sont porteurs du message du Christ à leur pays, même dans les difficultés et les persécutions. Leur absence effectuerait gravement l’avenir. Il est important d’éviter tout discours défaitiste, ou d’encourager l’émigration comme option préférentielle.
D’autre part, l’émigration constitue un soutien notable aux pays et aux Églises. L’Église du pays d’origine doit trouver les moyens de maintenir des liens étroits avec ses fidèles émigrés, et assurer leur assistance spirituelle. Il est indispensable d’assurer la Liturgie, dans leur rite, aux fidèles des Églises orientales qui se trouvent dans un territoire latin. La liquidation des propriétés dans la patrie est fortement regrettable. La conservation ou l’acquisition de biens fonciers encouragerait à y retourner. Les communautés de la Diaspora ont le rôle d’encourager et de consolider la présence chrétienne en Orient, en vue de renforcer son témoignage et de soutenir ses causes, pour le bien du pays. Une pastorale appropriée doit prendre soin de l’émigration à l’intérieur du pays.


5. L’immigration chrétienne internationale au Moyen-Orient (49-50)


Les pays du Moyen-Orient connaissent un nouveau phénomène important : l’accueil de très nombreux travailleurs immigrés Africains et Asiatiques, dont la majorité sont des femmes. Souvent ils sont affrontés à des situations d’injustice et d’abus, et d’infractions aux lois et aux conventions internationales. Nos Églises doivent faire un effort plus important pour les aider, par l’accueil et par l’accompagnement religieux et social. Ils ont besoin d’une pastorale appropriée, dans une action coordonnée entre les Évêques, les Congrégations religieuses, et les Organisations sociales et de bienfaisance.
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E. Rapports avec les musulmans (95-99)


La Déclaration ‘Nostra aetate’ du Concile Vatican II pose aussi le fondement des rapports de l’Église catholique avec les musulmans. On y lit : « L’Église regarde aussi avec estime les musulmans qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes ».[10] Après le Concile, de nombreuses rencontres ont eu lieu entre les représentants des deux religions. Au début de son pontificat, le Pape Benoît XVI déclara : « Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C'est en effet une nécessité vitale, dont dépend en grande partie notre avenir ».[11]
Plus tard le Saint-Père visita la Mosquée Bleue d’Istanbul, Turquie (30.05.2006), et celle de Al-Hussein Bin Talal à Amman, Jordanie (11.05.2009). Le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux entretient des rencontres de dialogue d’importance capitale. On recommande la création de commissions locales de dialogue interreligieux. Il est nécessaire de donner la première place au dialogue de vie, qui offre l’exemple d’un témoignage silencieux éloquent, et qui parfois est l’unique moyen de proclamer le Royaume de Dieu. Seuls les chrétiens qui offrent un témoignage de foi authentique, sont qualifiés pour un dialogue interreligieux crédible. Nous avons besoin d’éduquer nos fidèles au dialogue.
Les raisons de tisser des rapports entre chrétiens et musulmans sont multiples. Tous sont concitoyens, partagent la même langue et la même culture, ainsi que les joies et les souffrances. En outre, les chrétiens ont la mission de vivre comme témoins du Christ dans leurs sociétés. Dès sa naissance, l’Islam trouva des racines communes avec le Christianisme et le Judaïsme, comme le Saint-Père le mentionna.[12] La littérature arabo-chrétienne doit être mise davantage en valeur.
L’Islam n’est pas uniforme, il présente une diversité confessionnelle, culturelle et idéologique. Des difficultés dans les relations entre chrétiens et musulmans surgissent du fait qu’en général les musulmans ne distinguent pas entre religion et politique. D’où le malaise des chrétiens de se sentir en situation de non-citoyens, bien qu’ils soient chez eux dans leurs pays bien avant l’Islam. Nous avons besoin d’une reconnaissance, qui passe de la tolérance à la justice et à l’égalité, basées sur la citoyenneté, la liberté religieuse et les droits de l’homme. C’est la base et le garant d’une bonne coexistence.
Les chrétiens tiendront à s’enraciner toujours mieux dans leurs sociétés, et à ne pas céder à la tentation du repli sur soi en tant que minorité. Ils ont à travailler ensemble pour la promotion de la justice, la paix, la liberté, les droits de l’homme, l’environnement, et les valeurs de la vie et de la famille. Les problématiques socio-politiques sont à aborder, non comme des droits à réclamer pour les chrétiens, mais comme des droits universels, que les chrétiens et les musulmans défendent ensemble pour le bien de tous. Nous avons à sortir de la logique de défense des droits des chrétiens, pour nous engager pour le bien de tous. Les jeunes auront à cœur d’entreprendre des actions communes dans ces perspectives.
Il est nécessaire de purifier les livres scolaires de tout préjugé sur l’autre, et de toute offense ou défiguration. On cherchera plutôt de comprendre le point de vue de l’autre, tout en respectant les croyances et les pratiques différentes. On mettra en valeur les espaces communs, notamment au niveau spirituel et moral. La Sainte Vierge Marie est un point de rencontre de grande importance. La récente déclaration de l’Annonciation comme fête nationale au Liban est un exemple encourageant. La religion est constructrice d’unité et d’harmonie, et une expression de communion entre les personnes et avec Dieu.


F. Le témoignage dans la cité (100-117)


Tous les citoyens de nos pays doivent affronter ensemble deux défis principaux : la paix et la violence. Les situations de guerres et de conflits que nous vivons génèrent la violence et sont exploitées par le terrorisme mondial. L’Occident est identifié avec le Christianisme, et on attribue les choix de ses États à l’Église. Tandis qu’aujourd’hui ses gouvernements sont laïcs, et de plus en plus opposés aux principes de la foi chrétienne. Il est important d’expliquer cette réalité, et le sens d’une laïcité positive, qui distingue le politique du religieux.
Dans ce contexte, le chrétien a le devoir et la mission de présenter et de vivre les valeurs évangéliques. Il doit aussi apporter la parole de vérité (qawl al-haqq) devant les injustices et la violence. La pédagogie de la paix est la seule réaliste, car la violence n’a porté qu’échecs et désastres. Être artisans de paix exige beaucoup de courage. La prière pour la paix est indispensable, car elle est avant tout un don de Dieu.


1. Ambiguïté de la modernité (103-105)


Dans nos sociétés, l’influence de la modernisation, de la globalisation et du laïcisme ont leur répercussion sur nos chrétiens. Toutes nos sociétés sont envahies par la modernité, surtout par les chaînes mondiales de la TV et l’internet. Elle apporte de nouvelles valeurs, mais en fait perdre d’autres. Elle est une réalité ambiguë. D’une part, elle attire par ses promesses du bien-être, de la libération des traditions, de l’égalité, de la défense des droits de l’homme, et de la protection des faibles. D’autre part, beaucoup de musulmans y voient un visage athée et immoral, une invasion de cultures troublantes et menaçantes, à tel point que certains la combattent de toutes leurs forces.
Pour les chrétiens aussi, la modernité constitue un risque, et apporte la menace du matérialisme, de l’athéisme pratique, du relativisme et de l’indifférentisme, menaçant nos familles, nos sociétés, et nos Églises. Dans nos instituts d’éducation, ainsi que par les médias, nous avons à former des personnes capables de discernement, pour ne choisir que le meilleur. Il nous faut rappeler la place de Dieu dans la vie personnelle, familiale, ecclésiale et civile, et prier davantage.


2. Musulmans et chrétiens doivent parcourir ensemble le chemin commun (106-110)


De là le devoir que nous avons tous, musulmans et chrétiens, comme citoyens, d’agir ensemble pour le bien commun. En outre, les chrétiens sont motivés aussi par leur mission de contribuer à édifier une société plus conforme aux valeurs de l’Évangile, surtout la justice, la paix et l’amour. En cela nous suivront l’exemple et les traces des générations de chrétiens, qui ont joué un rôle essentiel dans la construction de leurs sociétés. Beaucoup ont été des pionniers de la renaissance de la culture et de la nation arabe. Aujourd’hui aussi, malgré leur nombre limité, leur rôle est reconnu et apprécié, surtout dans les domaines de l’éducation, la culture, et la promotion sociale. Il faudra encourager nos laïcs à s’engager toujours plus dans la société.
L’égalité des citoyens est affirmée dans toutes les Constitutions. Mais, dans les États à majorité musulmane, à part quelques exceptions, l’Islam est la religion d’État, et la sharia est la source principale de la législation. Dans quelques pays ou parties de pays, elle est appliquée à tous les citoyens. Pour le statut personnel, quelques pays accordent aux non musulmans des statuts particuliers, et reconnaissent leurs tribunaux dans ce domaine. D’autres confient aux tribunaux ordinaires l’application des statuts particuliers des non musulmans. La liberté de culte est reconnue, mais pas la liberté de conscience. Avec l’intégrisme montant, les attaques contre les chrétiens augmentent.


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CONCLUSION


QUEL AVENIR POUR LES CHRÉTIENS DU MOYEN-ORIENT ?


« NE CRAINS PAS, PETIT TROUPEAU! »


A. Quel avenir pour les chrétiens du Moyen-Orient ? (118-119)


Les contextes actuels sont source de difficultés et de soucis. Animés par l’Esprit Saint et guidés par l’Évangile, nous les affrontons dans l’espérance, et la confiance filiale dans la Divine Providence. Nous sommes aujourd’hui un ‘petit reste’, mais notre comportement et notre témoignage peuvent faire de nous une présence qui compte. Les conflits et les problèmes locaux, ainsi que la politique internationale, ont généré dans la région le déséquilibre, la violence, et la fuite vers d’autres terres. C’est un motif majeur d’assumer notre vocation et notre mission de témoignage, au service de la société.
Face à la tentation du découragement, nous devons nous souvenir que nous sommes des disciples du Christ ressuscité, vainqueur du péché et de la mort. Il nous répète : « Ne crains pas petit troupeau » (Lc 12, 32). Par Lui, avec Lui, et pour Lui, nous avons un avenir ! À nous de le prendre en main, en collaboration avec les hommes de bonne volonté, pour la vitalité de nos Églises, et la croissance de nos pays, dans la justice, la paix et l’égalité. « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi » (2 Tim 1, 7). Nous sommes guidés par notre foi en la vocation que le Seigneur nous a confiée, sachant que Lui-même est engagé avec nous, pour être des artisans de paix, et créer une culture de paix et d’amour.


B. L’ESPÉRANCE (120-123)


Le Christ, né dans la Terre Sainte, a apporté la seule vraie espérance à l’humanité. Depuis lors elle a animé et soutenu les personnes et les peuples souffrants. Elle reste source de foi, de charité et de joie, même au milieu des difficultés et des défis, pour former des témoins du Christ ressuscité, présent au milieu de nous. Avec Lui et par Lui, nous pouvons porter nos croix et nos souffrances. Elle nous donne aussi la force d’être « coopérateurs de Dieu » (1 Cor 3, 9), pour contribuer à la construction du Royaume de Dieu sur terre. Ainsi nous préparerons un avenir meilleur pour les générations futures.
Ceci exige de nous plus de foi, plus de communion, et plus d’amour. Nos Églises ont besoin de croyants-témoins, tant au niveau des Pasteurs, qu’au niveau des fidèles. L’annonce de la Bonne Nouvelle ne peut être fructueuse que si les évêques, les prêtres, les religieux, le religieuses et les laïcs sont enflammés de l’amour du Christ, et embrasés du zèle de le faire connaître et aimer. Nous avons confiance que ce Synode ne sera pas seulement un évènement passager, mais qu’il permettra réellement à l’Esprit de faire bouger nos Églises.
Aux chrétiens de Terre Sainte, le Saint-Père Benoît XVI adressa ces paroles à Jérusalem, le 12 mai 2009: « Vous êtes appelés à servir, non seulement comme une lumière-témoin de foi, mais aussi comme un levain d’harmonie, de sagesse et d’équilibre, dans la vie d’une société qui traditionnellement a été pluraliste, multiethnique, et plurireligieuse, et qui continuera à l’être … ici, il y a de la place à tous ».[13]
Implorons la Sainte Vierge Marie, si honorée et si aimée dans nos Églises, de former nos cœurs à l’exemple du cœur de son Fils, Jésus. Et accueillons son invitation : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). »



Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2011

Source : Etat du Vatican :

http://www.vatican.va/news_services/press/sinodo/documents/bollettino_24_speciale-medio-oriente-2010/03_francese/b04_03.html#RAPPORT_AVANT_LE_D%C3%89BAT_G%C3%89N%C3%89RAL_DU_RAPPORTEUR_G%C3%89N%C3%89RAL,_S._B._ANTONIOS_NAGUIB,_PATRIARCHE_D%E2%80%99ALEXANDRIE_DES_COPTES_%28R%C3%89PUBLIQUE_ARABE_D%C3%89GYPTE%29

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican,Venezuela

Todd et Sarkofrance : deux papiers intéressants N°817 4e année





Jean Vinatier
SERIATIM 2011

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jeudi 6 janvier 2011

Gérard-François Dumont : La mosaïque des Chrétiens d’Irak N°817 4e année

Alors que les chrétiens d’Orient qui forment une mosaïque difficile à résumer en quelques lignes sont victimes d’attentats en Irak et en Egypte, on lira ci-dessous un article publié sur diploweb en 2005 par l’ex-recteur d’Académie et, sauf erreur, toujours professeur de géographie à Paris IV Sorbonne:



Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2011

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mercredi 5 janvier 2011

Un jeune homme de 93 ans ….. N°816 4e année

Un jeune homme de 93 ans, Stéphane Hessel, lancerait-il le ton de cette année 2011 ? Son manifeste d’une trentaine de pages écrit avec une fraîcheur remarquable connaît un succès de librairie : plus de 500 000 exemplaires vendus (3 € l’exemplaire) en un peu plus de deux mois. La presse s’ébranle pour cet homme très à l’aise dans son discours servi par une expérience de 70 ans !
De leurs côtés, Monique Pinçon-Charlot et son époux, Michel Pinçon, auteurs du « Président des riches » sillonnent la France tant urbaine que rurale et se flattent d’être pris jusqu’à la fin avril 2011.
Assisterions-nous, comme l’exprime Edgar Morin, au " réveil public d'un peuple qui était jusqu'à présent très passif" ?
Si les médias font bonne figure à ces publications et se pâment devant leurs succès, ils savent aussi les affaiblir considérablement. Ainsi avec l’écrit de Stéphane Hessel, quelques journaux ont entrepris d’interroger des « personnalités » pour savoir ce qui les indignaient. Résultat ? Un catalogue à la Prévert qui noie assez bien le contenu du manifeste de l’ambassadeur Hessel. Que veut-il ? Alerter les Français sur le détricotage complet par la droite et par la gauche du CNR dont le programme par ses volets, politiques, économiques, sociaux, était une révolution dont la France a joui un demi-siècle. En 2010, Stéphane Hessel voyant l’avènement d’une dictature économique d’essence libérale-libertaire, il appelle donc à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pur notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. »
Dans un autre ordre, Paul-Marie Couteaux rapportait ses rencontres dans des cénacles situés très à droite où des jeunes débattaient avec érudition sur tous les problèmes contemporains. A gauche, dans toute son étendue, il en est exactement de même. Quelque chose est, certainement, en train de se déclencher, de faire étincelle. Il faudra bien du temps pour assister à des nouveautés mais, rappelons-nous ce brillant XVIIIe siècle (et l’on pourrait établir une comparaison similaire avec la période allant de la fin du XVIe à la Fronde, 1648-1653) où d’un bout à l’autre de la France des femmes et des hommes de toutes conditions se sont passionnés pour les idées, des plus novatrices aux plus conservatrices, et pour les nombreuses explorations. Du monarque au laboureur, la France bouillonnât 70 années.
On peut d’autant mieux se féliciter de la curiosité publique que les tenants de l’idéologie dominante et des lobbies qui les irriguent, tentent désespérément de se trouver des oppositions à travers, notamment, des think tank au point que leurs membres réunis en assemblée pour débattre s’aperçoivent in fine qu’ils ne sont que perroquets et inséparables.
Fort justement, les sociologues, Pinçon-Charlot, répètent bien que si leurs auditoires s’enflamment contre cette oligarchie financière dont le Président Sarkozy se targue d’être un des fleurons, ils sont davantage dans le registre de la curiosité ou si l’on veut du voyeurisme : « comment vit le Monsieur du château ? »
Ce bémol ne doit en rien décourager tant il est normal que le réveil individuel ne se produise que par palier jusqu’à ce que l’inconscient collectif prenne le pas. A quoi cela sert-il disent certains, puisque l’actuel Président de la République serait reconduit en 2012 ?Justement, d’un côté, nous aurions une oligarchie vivant en autarcie qui continuerait sa course folle et se persuaderait que chaque mois de gagner est bon à prendre tandis qu’en face tout un peuple développerait en lui-même tous les instruments intellectuels qui le libéreraient d’un pouvoir, incapable de se réformer et vécu alors comme une tyrannie voir un despotisme. Ainsi passerait-on d’un « Qu’ils s’en aillent tous » de Mélenchon (formule passive équivalente à l’expression célèbre : Armons-nous, partez) à foutons les dehors (l’action du peuple).
Le Français est patient, têtu, narquois mais il peut se révolter d’un coup quand l’injustice sociale dépasse les bornes bien davantage que les Anglais enferrés dans une société de castes et les Américains qui, sauf erreur, ne se sont pas révoltés contre les « riches » lors de la Grande dépression de 1929.
Il est logique que l’oligarchie en place qui tient l’exécutif, les principaux partis et les médias, s’emploie à affaiblir, à ridiculiser, à dénaturer celles et ceux qui ne sont pas dans le bon couloir. Pour combien de temps ?

Jean Vinatier
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Sources :
Pinçon-Charlot (Michel et Monique) Le Président des riches, Paris, La découverte, 2010


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Reprise de Seriatim demain le jeudi 6

Jusqu'à ce jour la grippe a eu raison de ma volonté pour poursuivre la chronique. Mais, je suis, à nouveau debout.  Désolé pour cette interruption.
Jean Vinatier

dimanche 2 janvier 2011

Bonne année N°815 4e année

A toutes et tous une bonne et heureuse année. Je remercie les Internautes venus lire et commenter sur ce site depuis 120 pays tout au long des douze mois passés.





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mardi 28 décembre 2010

Georges Moréas : « Quel avenir pour la gendarmerie ? » N°814 4e année

Ci-dessous le lien vers l’excellent site du commissaire principal honoraire, Georges Moréas. Il publie un texte sur l’avenir « soluble » de la gendarmerie au sein de la police nationale.
Rappelons pour l’histoire, que la première fusion gendarmerie/police fut l’œuvre du gouvernement de Vichy en 1942. A la Libération, le gouvernement provisoire dirigé par le général de Gaulle la supprima.


Jean Vinatier
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Vladimir Bukovski : « J’ai vécu votre futur et ça n’a pas marché » N°813 4e année

Ci-dessous, via le site de l’ancien député Paul-Marie Coûteaux, cet extrait d’une vidéo de l’ancien dissident soviétique devenu britannique, Vladimir Boukovski. L’auteur compare l’Union européenne à une nouvelle URSS, thèse qu’il développa dans un ouvrage éponyme publié par les éditions du Rocher en 2005.





Jean Vinatier

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Sources :

http://for-interieur.over-blog.fr/article-vladimir-bukovski-ex-dissident-de-l-union-sovietique-j-ai-vecu-dans-votre-passe-63231651.html

http://for-interieur.over-blog.fr/

http://www.bukovsky2008.ru/ (en russe)

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lundi 27 décembre 2010

Des Etats-Unis à la Russie l’état de droit en pointillé N°812 4e année

L’annonce par la justice russe de la nouvelle condamnation de l’ancien PDG de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski a suscité les réactions négatives de l’Union européenne et des Etats-Unis. Ainsi Hillary Clinton affirmait, sans rire que « cette affaire, et d'autres du même type, ont un impact négatif sur la réputation qu'a la Russie de respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme et d'améliorer son climat d'investissement », le ministre allemand des Affaires Etrangères montrait « sa haute préoccupation » tandis que Catherine Ashton insistait sur l’état de droit.
On se bornera à souligner que la chute du magnat russe intervint au moment où ce dernier s’apprêtait à céder à un consortium anglo-américain son empire énergétique, un acte qui aurait placé la Russie dans une situation de dépendance réelle. Le Kremlin a-t-il eu tort de défendre la souveraineté du pays ?

Ô ironie, le même jour, on apprenait que le Président Barack Obama s’apprêtait à légaliser la détention illimitée dans la prison de Guantanamo, une prison qu’il promettait, en 2009, de fermer ! Rappelons qu’un grand nombre de prisonniers sont détenus sans le moindre jugement mais subissent des interrogatoires. Ne sont-ce pas les Etats-Unis qui ont fait enlever, à travers le monde, des hommes suspectés de terrorisme et obtenu de les interroger (torturer ?) dans des prisons secrètes avec l’accord de pays alliés dont la France ? Personne n’a oublié le scandale d’Abou Ghraib (Irak) de même que quelques-uns craignent un scénario identique dans des prisons afghanes ! Où est donc cet état de droit ? De qui se moque-t-on ?
Le constat est triste : l’état de droit vacille de partout et met, ainsi, en danger autant les simples citoyens que celles et ceux qui seraient impliqués dans des activités politiques. On comprend qu’un Julian Assange redoute plus que tout une extradition de l’autre côté de l’Atlantique.
A voir les démocraties atlantiques s’ériger de cette manière en gardiennes de l’état de droit seulement chez les autres, on ne peut qu’être anéanti par autant d’aveuglement et de partialité.


Jean Vinatier
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vendredi 24 décembre 2010

Noël

                                    JOYEUX NOËL

mercredi 22 décembre 2010

Michel Collon : WikiLeaks et Cantona servent-ils à quelque chose ? N°811 4e année

Le fondateur belge du site Investig’Action, Michel Collon, fait un utile tour d’horizon autour de WikiLeaks et Cantona:




Wikileaks et Cantona servent-ils à quelque chose?
envoyé par babaluccio. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Jean Vinatier
SERIATIM 2010

Source :

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« Vers une nouvelle société sans argent et sans pauvreté » N°810 4e année

Une lectrice de Seriatim qui tient, pour des raisons professionnelles, à garder l’anonymat m’a demandé de publier un article utopique. Je le fais bien volontiers et pour la seconde fois. Il est temps, en effet, de rouvrir la porte aux écrits singuliers, aux idées généreuses, audacieuses et peu importe leur degré de réalisation ou d’impossibilité, l’essentiel n’est-il pas que les citoyens se réinstallent dans la sphère politique et ce même entre deux élections ?
Vous pourrez entrer en contact avec l’auteure en cliquant sur cette adresse : salival2@wanadoo.fr

"Un jour, une personne inventa l'argent et les salaires.Elle ne se doutait alors pas que se créerait une société inégalitaire et inhumaine, où le temps c'est de l'argent.
A sa naissance, chaque individu possède actuellement un capital de zéro euros (voir même une dette plus ou moins importante suivant le pays de naissance) et il gagnera sa vie plus ou moins bien en fonction de son travail,lui-même fonction de sa santé et de ses capacités,de son héritage familial.Ce qui génère de facto une inégalité de base entre les individus.

Et si nous inversions celà ?

Supprimons l'argent par un coup de baguette magique.(Peut-être qu'un jour un conseil de sages de chaque pays se réunira pour en décider,on peut toujours rêver)

Nous émettons alors cette hypothèse :

Chaque personne naît avec un capital de points , par exemple, 150000 points .(en supposant qu'un être humain vit au maximum 150 ans).Tout le monde a donc le même capital de points.Chaque individu possède une carte bleue sur laquelle sont crédités ces points.
En fonction de ses besoins, il achète sa nourriture (pour un mineur, il va sans dire que c'est son tuteur légal qui aura en charge la gestion de sa carte bleue jusqu'à sa majorité) par exemple 5 points,ses vêtements 10 points, sa voiture 1000 points ou une autre somme variant suivant le type de véhicule , 50000 points pour une maison etc.Bien sûr, il existerait des garde-fous pour éviter qu'une personne ne croque tous ses points de nourriture (ou autre) trop rapidement.Par exemple, en instaurant un certain laps de temps avant lequel il ne pourrait à nouveau consommer ses points de nourriture.
Dans cette société, chaque individu a un travail de six heures par jour suivant ses possibilités et ses désirs définis par des personnes appartenant au ministère de l'orientation professionnelle.Il va sans dire que ce ministère sera le plus important de cette société.L'individu travaille pour la collectivité et ne perçoit aucun salaire.
L'éducation et la santé ,la justice et la police seraient des droits acquis à la personne et non consommatrice de points.Il existerait bien sûr une armée mondiale au cas où nous serions envahis par des extraterrestres.
Ainsi, le chômage n'existe plus, la pauvreté disparaît , le temps humain et l'individu peut à nouveau se projeter dans l'avenir.
Vous pouvez me dire :pourquoi un capital de points ? et pourquoi ne pas tout simplement autoriser chaque personne à se nourrir, se vêtir, avoir un toit ,pouvoir se déplacer librement sans pour celà utiliser une carte bleue?
Le fait d'utiliser une carte bleue permet plus aisément de passer d'une société utilisant l'argent à cette nouvelle société et permet de coter les différents besoins de l'individus en se basant sur les prix actuels.Dans un premier temps, chaque personne garde son poste de travail, et sont placés en priorité les chômeurs sur un nouveau poste de travail.L'âge de la retraite serait fonction de la santé du travailleur et de la pénibilité de son travail.
Celà risquera peut-être de mécontenter les plus riches encore qu' il soit toujours possible de fixer le montant du capital de points de telle sorte que la plus grosse fortune mondiale ne perde aucun acquis matériel personnel.Par contre , ses société morales seraient en quelques sortes nationalisées mais on redevient un pourrait laisser en place les dirigeants et les salariés .
Que faisons-nous des banques ? on pourrait les reconvertir en gestionnaires de points.Pour passer en douceur d'une société de l'argent à cette société à points, les banques pourraient mettre des priorités de traitement des besoins des individus en fonction de l'écart entre le montant du capital de points et la fortune actuelle de chaque personne: ainsi serait traité en priorité les besoins en nourriture,santé, vêtements et hébergement des personnes aujourd'hui les plus nécessiteuses dans le monde ,en même temps que les besoins de base de toute la population.

Les bourses disparaîtraient,plus de dictature financière.
Dans ce monde, les impôts n'existeraient plus non plus et les agents des impôts pourraient travailler avec les banquiers (après tout, ce sont bien eux qui connaissent l'état des finances actuelles de chaque citoyen).
Les gens éliraient démocratiquement pour une durée limitée les personnes chargées de les orienter professionnellement.
L'enseignement et la recherche , la police , la justice pourraient être renforcés sans plus aucune contrainte budgétaire.

En conclusion, nous y gagnerions en fraternité et en égalité dans cette forme de société. Chaque citoyen du monde verrait sa liberté encadrée par les lois votées démocratiquement et non plus réduite par les contraintes économiques.Nous pouvons observer que dans ce genre de société , le vol entre individu serait moins courant que dans notre société actuelle car il serait très aisé de vérifier l'utilisation des cartes bleues.
Cette nouvelle société repose sur l'expansion et l'utilisation de l'informatique à grande échelle.
On peut supposer que cette société limiterait une certaine forme de violence car elle garantie un maximum de droits (entre autres économiques) à chaque personne.Bien sûr, les formes de violences liées à un déséquilibre mental ne pourront être évitées que lorsque la recherche sur le cerveau aura trouvé le moyen d'y remédier.
Cette société qui vous est proposée peut prétendre à tendre vers l'âge d'or , que l'on pourrait concevoir comme étant une société dans laquelle chaque personne aurait acquis l'équivalent des biens matériels de la plus grosse fortune actuelle, mais aussi grâce aux progrès de la médecine, une santé à toute épreuve.Plus aucune personne ne vivrait isolée, cloîtrée dans une solitude personnelle.
Dans cette perspective, le Bonheur nous tend à nouveau les bras."




Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Sources:

http://www.salival.jimdo.com/
http://www.seriatimonline.com/2010/10/patrick-dieudonne-pour-une-nouvelle.html

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mardi 21 décembre 2010

De la Côte d’Ivoire à la Biélorussie N°809 4e année

De la Côte d’Ivoire à la Biélorussie, les élections sont mises à rude épreuve. A Abidjan, Laurent Gbagbo refuse de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara ; à Minsk le Président Loukachenko a tout simplement fait arrêter les candidats à la magistrature suprême et a ordonné le matraquage des Biélorusses protestataires. Dans le premier cas, l’ONU, l’Union européenne dont la France tonnent de la voix pour ordonner le départ de Laurent Gbagbo, dans le second cas, les chancelleries et les organisations internationales font profil bas. Ne se taisent-elles pas à l’égard de l’Egypte qui vient de renouveler son Parlement d’une manière plus que discutable ? Ne sont-elles pas discrètes pour saluer la transition pacifique en Guinée ?
La politique internationale est à géométrie variable. En Irak, en Afghanistan, les Européens et l’ONU se contentent de s’applaudir à l’émergence de la vie démocratique en pensant que leurs vœux pieux successifs modifieront comme par enchantement une situation politique épouvantable.
La France plus que l’ONU se retrouve en première ligne dans la complexe vie politique intérieure ivoirienne. La France peut-elle réclamer le respect des résultats du scrutin présidentiel alors que l’actuel Chef de l’Etat a déchiré le référendum de 2005 pour accoucher d’un traité de Lisbonne, tout juste en voie de modification et en veillant à éviter la voie référendaire en contradiction avec les articles dudit traité? Le peu de popularité dont jouit Paris dans l’ensemble des pays francophones d’Afrique et la volonté de Nicolas Sarkozy de remettre à plat la Francafrique en réduisant au minimum notre présence militaire ( à la grande joie des Américains selon WikiLeaks) tentent un homme comme Laurent Gbagbo. En actionnant la fameuse ivoirité, il s’oppose à Alassane Ouattara présenté comme l’homme appuyé par des puissances extérieures et aussi, par sa qualité d’héritier avec son frère, du royaume de Kong dont le territoire s’étendait, notamment, sur tout le nord de l’actuelle Côte d’Ivoire. La sagesse voudrait qu’on laisse à l’Organisation des Etats africains et à l’ONU le soin de trouver la solution la plus juste mais le contentieux entre Gbagbo et la classe politique française (Villepin, Sarkozy) risque bel et bien d’exacerber les tensions sans oublier que le vaincu électoral d’Abidjan et l’actuel locataire de l’Elysée sont des experts en chicanes.
En Biélorussie, le Président Loukachenko mécontente autant la Russie que les Etats européens par son comportement. Moscou cherche depuis de longues années à ramener dans son giron la Biélorussie tout comme elle parvint, non sans mal, avec l’Ukraine. Mais elle se heurte à un Loukachenko intraitable, hanté par son seul maintien au pouvoir. Les multiples révolutions financées par des organisations américaines du temps de Georges Bush au lendemain de la disparition de l’U.R.S.S n’eurent raison de lui. Le rapprochement politique cahin-caha américano-russe d’une part et la toute puissance russe énergétique sur l’Union européenne avec un rôle considérable tenu par l’Allemagne d’autre part obligent tout le monde à faire patte de velours quitte à laisser dans un coin la rhétorique démocratique.
Cependant, la mondialisation étant une spirale qui entraîne tout le monde sans exception, les démocrates comme les apprentis tyrans, Laurent Gbagbo et Alexandre Grigorievitch Loukachenko auront la part belle en montrant les ondulations des puissances « vertueuses ».
Ainsi, même si Julian Assange s’insurge contre la censure opérée par les cinq journaux dont Le Monde qui avaient promis d’éditer les câbles diplomatiques publiées par WikiLeaks, il apparaît clairement en sus de la duplicité des Etats-Unis le peu de cas, en réalité, qui est fait de la démocratie. En fait, tous les Etats sont bel et bien dévêtus de leurs ornements, ne restent que les intérêts et les stratagèmes, c’est-à-dire les secrets et les vices aux dépens des vertus de la Res Publica. C’est dire toute la froideur de notre époque.

Jean Vinatier
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Deux flics anti-stic interpellent François Fillon N°808 4e année

Bakchich vient de mettre en ligne la lettre rédigée par deux policiers, l’un le commandant Pichon, l’autre Sihem Souid, adjoint-administratif, tous deux auteurs d’ouvrages.
Depuis l’indigne cortège policier (avec leurs armes de service) dans la ville de Bobigny protestant contre la condamnation à de la prison ferme pour 7 de leurs collègues convaincus par le tribunal d’avoir, non seulement tabassé un citoyen mais plus grave d’avoir commis des faux en écriture par des agents dépositaires de l’autorité publique dans l’exercice de leurs fonctions. Le préfet de Seine Saint-Denis et le ministre de l’Intérieur ont soutenu contre tout bon sens ces policiers contestataires qui faisaient fi de leur obligation de réserve.
Cette lettre n’est évidemment pas le seul acte de deux policiers isolés, un bon nombre de leurs collègues les soutient tout comme des gendarmes reprochent amèrement à Nicolas Sarkozy d’avoir radié Jean-Hughes Matelly, chef d’escadron, coupable d’avoir seulement donné un avis dans le cadre d’une intervention universitaire.
Un exécutif affaibli mais toujours à l’affût de la séduction de tel ou tel corps électoral se compromet sous les yeux mêmes des Français et place les forces de maintien l’ordre en porte-à-faux.
Cette lettre est un nouveau signal d’alarme !

« Philippe Pichon et Sihem Souid, respectivement commandant de police et agent administratif, ont écrit des livres qui leur ont valu d’être suspendus pour manquement à l’obligation de réserve. Ils ont écrit une lettre au Premier Ministre, que Bakchich publie
« Si nous nous adressons directement à vous, Monsieur le Premier ministre, c’est que, dirigeant la politique de la Nation, et disposant pour ce faire de l’administration (art. 20 de la Constitution), vous êtes l’organe majeur de l’appareil administratif de l’État. Ce faisant, vous avez compétence pour assurer le bon ordre qui doit régner dans notre démocratie pour que la continuité normative de l’État soit assurée. Cette responsabilité exclusive dans la conduite de la politique de la Nation entraîne également l’existence d’une responsabilité politique, exercée constitutionnellement devant le Parlement, bien plus sûrement que devant le président de la République.
La dignité humaine est une valeur fondamentale de notre société qui mérite à ce titre la protection du Droit. Il est malgré tout difficile de définir précisément la dignité qui apparaît plutôt comme une notion permettant d’en englober de nombreuses autres. On peut, en conséquence, porter atteinte à la dignité de nombreuses façons. Ce qui semble pouvoir faire l’unité de la notion de « dignité », c’est en réalité la notion même « d’humanité ». Porter atteinte à la dignité d’un individu, c’est nier son caractère d’être humain.
En ce sens, Monsieur le Premier ministre, les atteintes portées à deux policiers à travers le rôle qu’ils remplissent dans la République des citoyens, en leur déniant ce rôle par exemple, peuvent aussi réaliser une grave atteinte à la dignité de ces fonctionnaires.
En effet, l’un (commandant de police) et l’autre (adjoint administratif) sommes aujourd’hui accablés par des procédures contentieuses, dont le but véritable d’atteindre à notre dignité sociale permet à certains de nos chefs de lâcher des coups dirigés en réalité contre notre statut de policier républicain, impartial et diligent.
Les agissements répétés et insistants du ministère de l’Intérieur, sous la tutelle de M. Hortefeux, ont eu pour objet et pour effet une dégradation de nos conditions de travail telle qu’elle compromet gravement notre avenir professionnel. Or, nul ne peut apporter aux droits des personnes au travail et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché, si l’on en croit quelques décisions du Conseil constitutionnel.
Malgré ce harcèlement moral, nous réaffirmons que le « devoir de réserve » ne crée pas un privilège, une prérogative, ou une protection pour certains chefs policiers indélicats vis-à-vis de collaborateurs indociles. Il s’agit avant tout d’une obligation qui est faite au policier de neutralité et d’objectivité dans ses relations avec les usagers et ne concerne donc pas ses rapports avec les chefs. Le « devoir de réserve » viserait même, selon nous, à garantir aux policiers une pleine liberté de conscience sans craindre des reproches, voire des représailles, sur le plan disciplinaire !
Car ces quelques chefs policiers indignes ne sont pas « couverts » mais « soumis » au même « devoir de réserve » auquel sont « astreints » leurs subordonnés. Hélas, aujourd’hui, ce « devoir », qui n’est ni une obligation absolue de se taire ni une interdiction générale de s’exprimer publiquement, est devenue une arme de dissuasion massive pour certains chefs policiers contre des collaborateurs jugés trop « progressistes ».
Ainsi, devant de graves dysfonctionnements dans son institution, dans quelles circonstances un policier peut-il parler, doit-il parler, peut-il se taire, doit-il se taire ? L’on mesure là la prudence avec laquelle un policier doit examiner les intérêts en présence, avant de prétendre bénéficier de la permission légale de dénoncer ces dysfonctionnements. Le policier qui est confronté à la délicate situation d’avoir à choisir entre respecter le « devoir de réserve » et dénoncer les dérives de son institution est placé devant ce qu’il est convenu de nommer : une option de conscience.
Mis en cause pour « violation de secret professionnel », nous allons être contraints, Monsieur le Premier ministre, à démontrer que cette obligation statutaire et le « tas de petits secrets » (selon l’expression de Malraux) qui l’accompagne a une portée plus large que la seule protection de faits qui ne doivent pas être révélés et le voile pudique que le policier doit conserver pour que les informations qu’il détient sur les dysfonctionnements graves de son institution ne soient pas connues des citoyens.
Il y a très longtemps que nous avons fait fi des pratiques coutumières de l’institution « Police ». Seule la légalité nous guide, policiers auxiliaires d’une Justice indépendante. Nous rendrons compte à celle-ci d’informations dont nous avons eu connaissance dans le cadre de l’exercice de notre métier et serons jugés à cette aune. Car pour contrer les allégations déshonorantes de nos hiérarchies respectives, la production en Justice de documents de nature à jeter le doute sur nos accusateurs est incontestablement nécessaire à un procès équitable et au principe de la contradiction. C’est d’ailleurs là le sens même de nos deux ouvrages récemment parus.
Croyez bien, Monsieur le Premier ministre, que nous vivons comme un échec d’avoir à dénoncer nous-mêmes et publiquement le comportement parfois déviant et peu honnête de certains de nos chefs. S’ils sont si peu nombreux, pourquoi sont-ils si puissants ?
Au procès d’une certaine flexibilité du « devoir de réserve », l’égalité procédurale d’agents publics se trouvant dans une situation semblable pourrait aussi relever de désagréables surprises : pour un manquement au « devoir de réserve », un officier ici fait l’objet d’un blâme pour avoir écrit un livre et, là, un autre est nommé sous-préfet pour avoir défendu l’État-UMP…
Le « devoir de réserve » tel que nous le pratiquons n’est pas incompatible avec l’exigence démocratique d’une police transparente et moderne ou les débats publics. C’est ainsi que nous nous sommes toujours jurés de remplir nos fonctions avec impartialité et diligence, en toute loyauté, intégrité et dignité, dans le respect du secret professionnel. Avec cette seule réserve : avant d’être au service du carnet d’adresses de nos chefs, l’être à celui de la Loi et de nos concitoyens.
Quoiqu’il nous en coûte, soyez assurés Monsieur le Premier ministre, que nous resterons attachés à ce que la Police Nationale demeure l’outil privilégié de l’État pour garantir aux citoyens l’exercice des droits, devoirs et libertés réaffirmés par la Constitution de la Vème République, dont le préambule est empreint de la noblesse et de la légitimité des principes fondamentaux de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’août 1789.
Philippe PICHON, commandant de police, auteur du Journal d’un flic (Flammarion, 2007) et co-auteur, avec Frédéric Ocqueteau de Une mémoire policière sale (éd. Jean-Claude Gawsewitch).
Sihem SOUID, adjoint administratif, auteur de Omerta dans la police (Le Cherche Midi, 2010)."

Jean Vinatier
SERIATIM 2010

Source :

http://www.bakchich.info/Deux-flics-anti-stic-interpellent,12701.html

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lundi 20 décembre 2010

Jacqueline de Romilly : « Comment penser » N°807 4e année

Une grande dame s’est éteinte à la veille de Noël. La presse lui rend hommage et les journaux télévisés ont bien voulu lui consacrer quelques instants, dimanche soir, entre le football et la météo. Elle aurait mérité plus d’attention.
La classe politique ne manquera pas d’user de tous les superlatifs et, protocole oblige l’Elysée se fendra d’un communiqué. Mais cette Dame qui combattit si fortement pour l’enseignement du Grec, la juste connaissance des hommes de cette grande Antiquité et le maintient du savoir classique a souffert terriblement d’observer qu’année après année, les actions politiques de droite comme de gauche, tendaient à défaire, à amoindrir, à placer dans un coin ce qu’elle considérait comme fondamental, à savoir la bonne possession de la langue sans laquelle il ne serait plus possible de poser l’interrogation qu’elle proposait devant ses pairs en 1989: « Comment penser ? »
Reposez en paix auprès de vos chers savants et érudits de cette belle Grèce que vous ne cessâtes pas de rendre, à nouveau accessible, au plus grand nombre. Votre combat n’a pas été vain parce que vous avez posé de nouveaux relais qui, un jour, seront ressaisis par de nouvelles générations plus émancipées de cette dictature économique du monde « Babelien » si négative pour les hommes contemporains.
Vous avez ranimé une flamme, elle ne s’éteindra pas.


Ci-dessous trois discours de Jacqueline de Romilly :



Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

In Seriatim :


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen