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mardi 7 décembre 2010

Julian Assange: « Ne tuez pas le messager » N°802 4e année

A la veille de sa reddition ou arrestation, à la police britannique, Julian Assange a publié dans le quotidien de son pays natal, The Australian, un plaidoyer pro domo qui mérite d’être lu, traduit par Courrier International :

Version française ci-dessous :

« En 1958, Rupert Murdoch, alors jeune propriétaire et directeur du News d’Adelaide, écrivait : “Dans le bras de fer entre le secret et la vérité, il semble inévitable que la vérité l’emporte toujours.” Il fallait peut-être y voir l’écho du travail de son père, Keith Murdoch, qui, en son temps, avait révélé que les soldats australiens étaient inutilement sacrifiés par les généraux britanniques sur les plages de Gallipoli. Les Britanniques tentèrent de le réduire au silence, mais Keith Murdoch refusa de se taire et grâce à ses efforts, il fut mis un terme à la désastreuse campagne des Dardanelles.
Près d’un siècle plus tard, c’est avec un égal courage que WikiLeaks diffuse des faits qui doivent être rendus publics. J’ai grandi dans une communauté rurale du Queensland où les gens avaient coutume de dire sans détours ce qu’ils avaient sur le cœur. Ils se méfiaient d’un Etat interventionniste susceptible d’être corrompu si on le laissait à lui-même.
Je ne l’ai jamais oublié. C’est en se fondant sur ces valeurs essentielles que WikiLeaks a été créé. L’idée, conçue en Australie, était d’utiliser les technologies d’Internet d’une nouvelle façon afin de faire éclater la vérité. WikiLeaks a apposé sa marque sur un journalisme d’un genre nouveau : le journalisme scientifique. Nous travaillons avec d’autres médias pour diffuser l’information, mais aussi pour en démontrer la véracité. Le journalisme scientifique vous permet de lire un article, puis de cliquer en ligne pour consulter le document original à la base de l’article. Ainsi, il vous est possible de vous faire votre propre opinion : l’information est-elle vraie ? Le journaliste l’a-t-il traitée avec exactitude ?
Les sociétés démocratiques ont besoin de médias forts, et WikiLeaks fait partie de ces médias. Ils contribuent à garantir l’honnêteté du pouvoir. WikiLeaks a dévoilé certaines vérités pénibles à propos des guerres en Irak et en Afghanistan, et publié des révélations sur la corruption des grandes entreprises. On me qualifie de pacifiste : eh bien non, je ne le suis pas. Parfois les Etats doivent entrer en guerre, et le fait est qu’il y a des guerres. Mais il n’y a rien de pire qu’un gouvernement qui mente à son peuple sur ces guerres, puis qui demande à ces mêmes citoyens de mettre leur vie et leurs impôts au service de ces mensonges. Si une guerre est justifiée, alors dites la vérité et le peuple décidera s’il la soutiendra ou non.
Si vous avez lu les carnets de guerre d’Afghanistan ou d’Irak, des dépêches d’ambassades américaines ou n’importe quel autre secret mis à jour par WikiLeaks, réfléchissez sur l’importance pour tous les médias d’être en mesure de rapporter librement ces informations. WikiLeaks n’est pas le seul à publier les télégrammes diplomatiques américains. D’autres médias, notamment The Guardian au Royaume-Uni, The New York Times aux Etats-Unis, El Pais en Espagne et Der Spiegel en Allemagne ont publié les mêmes câbles édités.
Mais c’est WikiLeaks, agissant en qualité de coordinateur auprès de ces journaux, qui a suscité les attaques et les accusations les plus virulentes portées par le gouvernement américain et ses agents. J’ai été soupçonné de trahison, alors que je suis de nationalité australienne et non américaine. Des dizaines d’appels ont été lancés aux Etats-Unis pour demander tout à fait sérieusement que les forces spéciales américaines “m’éliminent”. Sarah Palin affirme qu’il faudrait me “pourchasser comme Oussama ben Laden”, les républicains ont déposé devant le Sénat un texte visant à me déclarer “menace transnationale” et à se débarrasser de moi en conséquence. Un conseiller auprès des services du Premier ministre canadien a, devant les caméras de la télévision nationale, réclamé mon assassinat. Un blogueur américain a souhaité publiquement que mon fils de 20 ans, qui vit ici, en Australie, soit enlevé et pire encore, pour la seule raison de me punir, moi.
Le Premier ministre australien Gillard et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton n'ont pas émis la moindre critique à l'encontre des autres médias. En effet, le Guardian, le New York Times et Der Spiegel sont de grands et vieux journaux, tandis que WikiLeaks est encore jeune et petit. Nous sommes les laissés-pour-compte. Le gouvernement Gillard essaie de tuer le messager, car il ne veut pas que la vérité soit révélée, y compris l'information concernant ses propres manœuvres diplomatiques et politiques. Chaque fois que WikiLeaks révèle la vérité à propos d’abus commis par des agences américaines, les responsables politiques australiens entonnent le même refrain – probablement mensonger – que le département d’Etat américain : “Vous mettez la vie de personnes en danger ! La sécurité nationale ! Nos soldats !”. Et ensuite, ils disent que WikiLeaks ne publie aucun document d’importance. Que faut-il croire alors ? C’est soit l’un, soit l’autre.
En réalité, ils ont faux dans les deux cas. Cela fait quatre ans que Wikileaks publie des documents. Pendant cette période, des gouvernements entiers se sont succédés et pas une seule personne n’a – à notre connaissance – eu à souffrir de nos activités. Les Etats-Unis, eux, aidés par le gouvernement australien, ont tué des milliers de personnes ne serait-ce qu’au cours des derniers mois.
Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, a lui-même reconnu dans une lettre adressée au Congrès qu’aucune source de renseignement n’avait été compromise par la publication des carnets de guerre en Afghanistan. Le Pentagone a indiqué qu’il n’existait aucune preuve permettant d’affirmer que des documents de WikiLeaks avaient pu nuire à qui que ce soit en Afghanistan. Les représentants de l’OTAN à Kaboul ont déclaré à CNN qu’ils n’avaient pas trouvé une seule personne ayant besoin d’une protection spéciale. Le ministère australien de la Défense n’a pas dit autre chose. Aucun soldat ou source du côté australien n’a souffert de notre travail.
Dans son jugement qui a fait jurisprudence dans l’affaire dite des “papiers du Pentagone”, la cour suprême américaine avait déclaré que “seule une presse complètement libre peut révéler efficacement les manipulations du gouvernement”. La tempête qui s’abat aujourd’hui sur WikiLeaks ne fait que renforcer cette nécessité de défendre le droit de tous les médias à révéler la vérité.
Julian Assange »


Jean Vinatier
SERIATIM 2010

Sources:


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

Probst: et le Karachi tour N°801 4e année

Jean-François Probst, éminence grise de Backchich et grand connaisseur de la « tibero-chiraquie » se livre à un tour d’horizon à peine cynique de l’affaire Karachi.  En lien son portrait écrit par Libération en 2007:




Probst: Spéciale Karachi
envoyé par bakchichinfo. - L'info internationale vidéo.

Jean Vinatier

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Source:

http://www.liberation.fr/portrait/0101102373-avec-un-ami-comme-ca

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Henri Maler : « Une sauterie de BHL au Café de Flore ? La médiacratie fait la fête » N°800 4e année

Ou « Une « société de cour » se donne le spectacle de son existence. » pour fêter, ô ironie, « La règle du jeu » , on ne fait pas plus cynique !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ci-dessous l’article d’Henri Maler journaliste à Acrimed ou lisez-le en lien vous aurez la video en plus :

« L’ombre de Sartre et de Simone de Beauvoir, ainsi que celle du directeur général du FMI, planaient sur les vingt ans de “la Règle du Jeu” [1], organisé au Flore par BHL. » C’est Alexis Lacroix qui, pour Marianne2, a vu ces ombres planer le 30 novembre 2010, lors de cette sauterie-anniversaire [2]...
Et force est bien d’admettre que Bernard-Henri Lévy (dont de mauvais esprits affirment qu’il se confond parfois avec Jacques Séguéla) s’est livré à un coup de force symbolique plutôt réussi, en invitant ses amis au Café de Flore, connu notamment parce que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir en furent longtemps les habitués.
BHL, Sartre de notre temps ? Cette tentative de détournement d’héritage valait bien que le « tout Paris » soit invité à la soutenir.

Ce n’est pas sur le site du Bottin mondain que l’on pouvait trouver le recensement des participants, mais sur le site de la revue « La règle du jeu », dans un délicieux article digne de Gala, mais d’un Gala réservé aux « élites » [3] : « Anniversaire de la Règle du jeu : les dessous de la fête ». Un carnet de bal dont la lecture est vivement conseillée. Nous y avons trouvé les informations qui suivent.

Bottin mondain

Connus ou méconnus, écrivains, musiciens, cinéastes, acteurs, chanteurs se pressent autour de Bernard-Henri Lévy [4].
Des représentants de la gauche que l’on dit « de gouvernement » (Jack Lang, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg, Hubert Védrine, Aurélie Filipetti) aux ministres ou ex-ministres de Nicolas Sarkozy (Bruno Lemaire, Frédéric Mitterrand, Bernard Kouchner), en passant par Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou : tous avaient tenu à se montrer et à ne pas manquer ce rendez-vous historique.
Le monde de l’édition était dignement représenté. D’abord avec les éditions Grasset qui publient BHL : Jean-Claude Fasquelle (PDG) Manuel Carcassone (directeur général adjoint), Élodie Deglaire (attachée de presse), Antoine Boussin (directeur commercial). Sont également présents Olivier Nora (PDG de Fayard), Olivier Orban (PDG des éditions Plon). Olivier Cohen (fondateur de la maison d’édition les Éditions de l’Olivier), Jean-Marc Roberts (directeur des éditions Stock, éditeur de Justine Lévy, fille du philosophe des médias, également présente ce soir-là).

Médiacratie

Quelques patrons nécessiteux avaient également fait le déplacement. Mais pas Arnaud Lagardère qui, retenu, se serait contenté d’un coup de téléphone. En revanche, le cogérant du groupe, Pierre Leroy était présent. Maurice Levy (patron de Publicis) également, ainsi que Xavier Niel (douzième fortune de France, vice-président et directeur de la stratégie d’Iliad, maison-mère de Free, actionnaire de Mediapart, Bakchich et surtout, associé avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse, pour la recapitalisation du Monde). Jean-Baptiste Descroix-Vernier (fondateur de la société Rentabiliweb que sa holding personnelle, Golden Glaouis Invest, contrôle à plus de 60%) est également venu.
Ils sont (presque tous) là. « Il n’était pas le premier, mais Laurent Joffrin [bien sûr…] arrive avec son épouse. Laurent Joffrin est directeur de Libération. Mais la vraie question qui se pose à cet instant, est : quel est le patron de presse qui manque dans le joyeux chaos […] ? » C’est en effet, une « vraie question ». Et voici la bonne réponse, toujours selon la rédaction de « La règle du jeu » :
« Il y a là, en effet, Franz-Olivier Giesbert, le directeur du Point, qui est l’hebdo où officie BHL. Christophe Barbier, le directeur de l’Express, avec son éternelle écharpe rouge et, à son bras, une très jolie jeune fille. "Qui c’est ?", demande Hertzog ? "Sa femme", répond Lévy. Voici Jean Daniel (du Nouvel Observateur) qui croise Jacques Julliard [ex du Nouvel Observateur, récemment arrivé à Marianne]. Claude Perdriel [patron du Nouvel Observateur] qui vient de perdre Denis Olivennes mais qui semble plus jeune et gaillard que jamais. […] PPDA, venu avec son frère, le nouveau patron de France-Culture, Olivier Poivre d’Arvor […] Et aussi Étienne Mougeotte, le directeur du Figaro. »
Ce n’est pas tout… « Maurice Szafran, le directeur de Marianne, est là […] Jean-Luc Hees et Philippe Val arrivent en force mais doivent rester une demi-heure sur le trottoir » avec, notamment Claude Askolovitch (rédacteur en chef du Journal du Dimanche), Joseph Macé-Scaron (de Marianne), Alexis Lacroix (également de Marianne dont on pourra lire un article élogieux sur les 20 ans de « la Règle du Jeu » dans le numéro du 3 décembre 2010).
Nicolas Demorand, sparring-partner de BHL sur France Inter et désormais sur Europe 1 [5] est de la partie. Étonnant Demorand qui déclarait récemment, comme gage d’indépendance et d’intégrité : « J’ai toujours eu pour règle de ne pas côtoyer les politiques hors des espaces d’interview : je ne déjeune pas, je ne dîne pas. Je ne le faisais déjà pas avec les intellos et le monde de l’édition quand je m’occupais de culture dans d’autres rédactions. Pas de contact hors des espaces journalistiques. Certes, on y perd en proximité et en familiarité, mais on y gagne en distance et en indépendance. » (L’Express, 7 juillet 2009). Indépendant Demorand dont on apprend qu’il « a commis l’erreur de sortir fumer une cigarette et ne peut plus rentrer, expliquant à son complice et ami Mathieu Tarot ainsi qu’à la compagne de celui-ci, Hélène Fillières, que la RDJ [la Règle du jeu] est en train de devenir une “AFP des droits de l’homme” – et que c’est bien. »
Une « AFP des droits de l’homme » ? Ali Baddou, le lendemain, (mercredi 1er décembre,) reprendra la formule sur Canal Plus et, sans doute pour compenser son absence (a-t-on oublié de l’inviter ?) offrira à BHL, en sa présence, une tresse de lauriers [6]. Un acte d’allégeance.
On pouvait aussi croiser, Laure Adler (ex. directrice de France Culture), Catherine Barma (productrice d’émissions qui invitent régulièrement BHL sur France Télévision), Olivier Jay (directeur du Journal du dimanche), Eric Fottorino, le directeur du Monde, « qui tente de faire un aparté avec Pierre Bergé et Xavier Niel, les deux nouveaux proprios du journal ». Frank Nouchi (du Monde des Livres), Alain Frachon (directeur éditorial du Monde), et Sylvain Bourmeau de Mediapart. Jean-Pierre Elkabbach (président de la chaîne Public Sénat et intervieweur matinal sur Europe 1) et Catherine Nay, sans oublier David Kessler et Veronique Cayla (futurs remplaçants de Jérôme Clément à la tête d’Arte).
Et ce n’est pas terminé. « Philippe Tesson cherche BHL. […] Anne Méaux a mal au dos mais, superbe, ne le dit à – presque – personne. […] Deux anciens présidents, ou quasi présidents, de France-Télévision sont là : Marc Tessier et Patrice Duhamel, que Bernard-Henri Lévy salue comme s’ils étaient toujours présidents. […] Bertrand de Saint-Vincent (chroniqueur au Figaro) est à l’affût. […] Michèle Cotta paraît rêveuse. Nathalie Saint-Cricq (bras droit d’Arlette Chabot) s’amuse. » On apprend que même « le patron du Canard Enchaîné, Nicolas Brimo, a fini de boucler son journal et fait un saut. »
Une cohorte de chroniqueurs et d’animateurs complétait la galerie : Alexandre Adler « minci, et accompagné de sa femme, Blandine Barret-Kriegel », Caroline Fourest (Le Monde, France Culture), Pascal Bruckner (éditeur chez Grasset et chroniqueur au Nouvel Observateur), David Abiker (ancien chroniqueur d’ « Arrêt sur images » sur France 5, désormais chroniqueur pour Europe 1, Marie-Claire, GQ, I-Télé et L’Express), Serge Moati, Karl Zéro... Mais aussi Thierry Ardisson et Marc-Olivier Fogiel, qui « se réconcilient dans le froid du trottoir ».
On ne saura jamais quels étaient celles et ceux qui, parmi les absents, n’avaient pas été invités, avaient décliné l’invitation ou, simplement, n’étaient pas disponibles à l’instar de Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair restés à Washington…

Une « société de cour »

Ce soir-là, autour de son royal porte-voix, une « société de cour », généralement peu visible, s’offrait à elle-même le spectacle de son existence [7].
Se bousculaient donc au café de Flore aristocrates de haut rang, petits marquis et vicomtesses de la médiacratie dont certains changent de poste comme on change de chemise, sans doute parce qu’ils sont eux-mêmes interchangeables ; passant indifféremment de l’audiovisuel public à l’audiovisuel privé, d’un hebdomadaire à l’autre, d’un actionnaire au suivant.
Qu’on n’aille pas croire que c’est dans ce genre de soirée que se décide le sort du monde (ou même du petit monde qui les fréquente), même si quelques rendez-vous utiles peuvent y être pris. Qu’on ne s’imagine pas que les complicités amicales qui s’y affichent abolissent les rivalités et les querelles. Une société de connivences (qui s’établissent généralement sans concertation) ne supprime pas les petites différences dont les acteurs de cette société font grand cas, en s’agitant à l’intérieur d’un périmètre social et idéologique très étroit. Cette agitation moléculaire prend même la forme de « débats » aux contours circonscrits et aux couleurs pastel.
Quant aux manants qui, il y a encore quelques semaines, manifestaient en France pour la défense de leurs droits sociaux et qui subissent un peu partout les ravages provoqués par la crise financière, qu’ils se réjouissent : la cour qui pense pour eux a bu à leur santé.
Ce soir-là, l’imposture était mondaine. Qui peut croire en effet que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, mais aussi Paul Nizan auraient participé à ce rendez-vous où se sont précipités les bouledogues et les toutous qui se gardent entre eux pour protéger quelques variétés des opinions dominantes. Celles-là même qu’ils diffusent.

Henri Maler (avec Mathias Reymond et Ricar pour la vidéo)

Notes :

[1] « La Règle du jeu » est une revue fondée en 1990 par plusieurs écrivains dont Bernard-Henri Lévy, Mario Vargas Llosa, Jean-Paul Enthoven ou Salman Rushdie.
[2] Sur le site de Marianne 2, sous le titre « BHL fête la Règle du jeu et se prépare pour DSK ».
[3] Ou pastiche involontaire et raté des salons de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust.
[4] Invité d’honneur : Roman Polanski. Et, parmi les autres participants : Milan Kundera, Catherine Clément, Yann Moix, Philippe Sollers, Jean-Claude Milner, Mazarine Pingeot ainsi que Christine Angot, Eliette Abécassis, Catherine Robbe-Grillet, Fred Vargas et « le couple culte de la littérature française, Catherine Millet et Jacques Henric », Alain Delon, « droit sorti de son “Guépard” et une moto l’attendant pour aller au Journal de 20h sur France 2 » , Eric Dahan (producteur et réalisateur de « Bernard-Henri Lévy, la Déraison dans l’Histoire » pour France 5), Romain Goupil, Jean Nouvel, Claude Lanzmann, Patrick Bruel, Jacques Higelin, Bernard Lavilliers, Jorge Semprun, Umberto Eco…
[5] Lire ici même : « “L’amour, ça se fait à deux ”, par Nicolas Demorand et Bernard-Henri Lévy », février 2010.
[6] Comme l’a relevé Didier Porte, dans sa chronique du 3 décembre sur le site « Arrêt sur images » (attention, le contenu est peut-être réservé aux abonnés).
[7] Un spectacle qui a ravi la directrice de Paris Match. Celle-ci a offert à nos yeux éblouis et à nos oreilles compatissantes, une vidéo de légende sous le titre « BHL fait exploser le Flore ! ».



Jean Vinatier
SERIATIM 2010

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Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

vendredi 3 décembre 2010

Cantona : tester la trouille des banquiers N°799 4e année

Les banques et leur avocate, Christine Lagarde sont montées au créneau après les propos d’Eric Cantona. En suggérant aux citoyens de fermer leurs comptes en banque, seul moyen, selon lui, d’obliger les banques à revenir à la décence, le comédien et footballeur n’a fait que traduire le fond d’une opinion publique européenne de plus en plus maugréante. Les sommes faramineuses distribuées en bonus par les banques à leurs collaborateurs raisonnent désagréablement aux oreilles des peuples. Les plans d’aides qui arrivent en vague successive pour renflouer les établissements de tel et tel pays ont pour corollaire les coupes bugétaires dans les services sociaux et l’accroissement de la pression fiscale. Combien de banquiers ont fait l’objet d’une procédure judiciaire pour leurs fautes ? Zéro.
Nul n’a été surpris par la morgue de l’anglophone de Bercy, Christine Lagarde à l’encontre d’Eric Cantona, lui intimant de jouer à la baballe, pas davantage par la suffisance de Baudoin Prot enfermé dans sa bulle dorée. Puisque les Etats n’osent plus barrer la route à la puissance financière apatride, pourquoi les peuples resteraient-ils indéfiniment les bras croisés : ne les dépouillent-on pas pour redorer les blasons des gens de finance ?

L’option préconisée par Eric Cantona est-elle la bonne ? Non bien sûr. Dans les années 60, la réponse aurait été « oui ». Mais le problème n’est pas là, Eric Cantona exprime une idée que le citoyen lambda a dans son for intérieur sans oser la rendre publique. Paul Jorion l’a dit lors de l’émission de Frédéric Taddeï et l’anglais Percy Kemp a souligné que tant que le consommateur aurait le pas sur le citoyen rien ne changerait. Grâce à cette vedette, l’homme de la rue pourra  l’exprimer ouvertement : les banquiers sauront, maintenant, qu’ils seront une cible principale de la contestation.
Jusqu’à présent, les citoyens sont restés calmes : pas une seule émeute réelle dans toute l’Europe exception faite de la Grèce, mais la patience à des limites que les gouvernements ne devraient pas négliger. Seriatim a rappelé que les Etats devraient se souvenir de Philippe le Bel, d’Edouard III, de Louis XIV.
Eric Cantona peut se satisfaire d’avoir vu réagir les banques prouvant leur degré de trouille. Ce Système toujours présenté comme une forteresse imprenable telle une bastille ne résisterait pas à un vrai assaut.

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010


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jeudi 2 décembre 2010

Wikileaks: le bon grain de l’ivraie N°798 4e année

Le site de Julian Assenge a diffusé des centaines de milliers de documents relevant  de la politique du Pentagone en Iraq, en Afghanistan et quelques centaines pour les affaires étrangères des Etats-Unis. Alors ! Wikileaks : Al Quaïda d’Internet ? Julian Assenge, le Ben Laden du Web ?L’Amérique a-t-elle été victime d’un 11 septembre informatique ?
Il est intéressant de relever que les premières livraisons de Wikileaks ont moins suscité de commentaires que celle relative aux câbles et dépêches diplomatiques, à croire que découvrir des annotations supposées évidemment croustillantes sur les intimités des puissants de ce monde suffisaient à émoustiller tant le média que le lecteur. Pourtant l’intérêt est, semble-t-il, ailleurs. Certes, les écrits des diplomates américains ne contiennent aucun secret d’Etat auquel cas le site Wikileaks aurait été illico presto fermé. Néanmoins, les productions intellectuelles de ces diplomatiques sont d’abord une mine pour les historiens d’habitude contraints d’attendre 10, 20, 60 ans avant de consulter les sources et les porter à la connaissance du public ; ensuite, un formidable moyen pédagogique auprès des lycéens et des étudiants. Les enseignants en histoire et en sciences politiques pourraient établir bien des travaux à partir de ces documents. Nous avons sous les yeux, le labeur quotidien des diplomates qui nous fournit un éclairage tout à fait neuf parce que pour la première fois sans distance spatiale. Les lycéens et étudiants ont donc sous la main l’occasion assez rare de suivre l’évolution d’un ministère, de ses représentations dans un monde singulièrement désorganisé dont la principale puissance cherche un second souffle pour faire perdurer sa primature. Pour eux Wikileaks a fait œuvre utile : vies diplomatiques et outils technologiques étant alignés.
Outre l'aspect pédagogique, bien des zones d’ombres demeurent à la lecture des premières dépêches. Certains affirment que ce sont les services secrets américains, eux-mêmes, qui seraient les fournisseurs des scoops de Wikileaks, Julian Assenge serait, alors, utilisé puis diabolisé tel un nouveau Ben Laden de l’automne 2010 : un mandat d’arrêt international a été délivré à son encontre pour de sombres histoires de viols, on tique un peu. Doit-on croire qu’un simple soldat américain gay déprimé a pu tout enregistrer des affaires irako-afghanes sur un CD de Lady Gaga?Mise en scène ou pas ?
Si les contenus diffusés par le site ne nous apprennent rien, par exemple, sur les relations Tel-Aviv/Washington, les bases US, on a le sentiment assez désagréable que tout ce que l’on retiendrait de cette masse se résumerait : la Chine a piraté Google, l’Iran est un « état fasciste », la Russie est corrompue, autant de pays dans la ligne de mire politique des administrations Bush, Obama et contre lesquels les opinions publiques doivent être formatées.
Autre détail qui ne manque pas d’interroger : comment les mêmes médias qui ont si peu critiquer Bush lors de l’invasion en Irak peuvent se contenter de traduire ou reproduire tel ou tel document sans se livrer au moindre travail critique ? Il y a là vis-à-vis de leurs lecteurs un déficit flagrant. Est-ce, comme le disait Hubert Védrines, au micro de France-Inter parce que « la presse est dans un tel état qu’elle ne peut résister » ? Cependant, au détour d’extraits publiés par Le Monde, les Français apprendront que Nicolas Sarkozy n’hésitait pas à dénigrer le gouvernement auquel il appartenait devant des diplomates américains, une attitude bien évidemment condamnable.
Faut-il vouer aux gémonies le choix de Wikileaks ? Si les diplomates, gens de gouvernement et les « experts » haussent les épaules quand ils ne s’alarment pas de la disparition du secret diplomatique, le pékin moyen à l’occasion d’attiser pour certains un voyeurisme inintéressant, pour d’autres une curiosité appuyée sur des dépêches et des mémos. Pour le reste, tout ce qui est réellement du secret défense demeure tout à fait inaccessible. Comme l’a écrit, hier, l’historien anglais, Timothy Garton Ash, les documents plus confidentiels que secrets "relèvent de l’intérêt général", ni plus, ni moins. Pour le cas présent, la gêne occasionnée par ces fuites est tout à fait momentanée, elles indiquent tout de même que les ambassadeurs et hauts fonctionnaires américains travaillent bien plus qu’on ne le dit, font leur labeur avec conscience et qu’ils ne se distinguent en aucune façon de leurs homologues des cinq continents.
Le message de Julian Assenge n’est-il pas, que par-dessus les médias sans nerfs, seuls les citoyens sont intéressés à séparer le bon grain de l’ivraie ? Utopique ?



Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 1 décembre 2010

Nicolas Sarkozy rebelote 2012…… N°797 4e année

Un parti socialiste qui part dans tous les sens devrait inciter la droite à garder le silence et qui plus est son chef, montrant aux yeux de la nation sa position au-dessus de la mêlée des représentations politiques ! Eh bien! Non, France Soir annonce en première page de son édition du jour que l’actuel Président veut concourir à un second mandat. Nous sommes, non pas en décembre 2011 mais le 1er décembre 2010. Ainsi de la gauche à la droite, toutes les machines de guerre s’ébranlent beaucoup trop tôt au risque de lasser, d’énerver grandement les Français.
Qu’est-ce qui a bien pu décider Nicolas Sarkozy à déclarer son choix si tôt et pourquoi agir comme s’il était un candidat ordinaire ? Peur d’une concurrence au sein de l’UMP ? Crainte que son impopularité se poursuivant en 2011 tout second mandat lui serait interdit ? Problèmes conjugaux soudains ? Une conséquence des fuites de Wikileaks ? Peur des suites des affaires Karachi et des frégates saoudiennes ?
Est-ce, également, une tactique de l’Elysée : occuper le terrain médiatique par des effets d’annonces alors que, désormais, plus aucune grande loi réformatrice ne sera votée par le Parlement, à l’exception de petites lois catégorielles, habile façon de faire du pied à tous les corps de métier.
Mais, en fait, il ne s’agit que de l’envie du pouvoir, tout simplement. Comme le notent les diplomates américains, Nicolas Sarkozy ne supporte pas d’attendre. Son impatience est telle qu’il s’affranchit prestement de toutes les précautions et se jette à l’eau, se moquant comme d’une guigne des vagues qui nous inonderont.
Il n’y a plus ni lièvre, ni tortue en France, les politiques considèrent la communication en mesure d’abolir le temps, le souffle, la mesure. Cette rebelote 2012 s’annonce donc sous les plus mauvais augures.

Jean Vinatier
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Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 30 novembre 2010

271 Picasso à un électricien : c’est du vol ? N°796 4e année

« Selon que vous serez riche ou puissant…. » Pierre Le Guennec se répète, peut-être, cette morale de Jean de La Fontaine. Electricien à la retraite qui avait travaillé dans plusieurs maisons de Picasso entre 1970 et 1973, il aurait reçu 271 œuvres diverses du peintre pour sa période 1900 à 1932. L’ensemble est évalué à 60 millions d’euros ! Pierre Le Guennec affirme que c’est la dernière épouse de Picasso qui lui aurait donné un carton rempli de toutes ces œuvres.
Après avoir demandé l’authentification aux descendants de l’artiste, Pierre Le Guennec s’est retrouvé accusé de recel et placé en garde à vue. Bigre ! Et d’entendre les avocats du Tout-Paris dire qu’il était impensable que Picasso ait pu donner…à un électricien. Même son de cloche chez les héritiers, les mêmes qui n’ont pas répugné à autoriser une marque automobile à user du patronyme de leur ancêtre…qui avait en horreur la voiture !
Imaginons ces toiles données à une Bettencourt, un Banier, un Arnault, un Pinault, un Dassault, un Rothschild, croyez-vous que l’on supposerait le moindre recel ?Non, on parlerait de don. On a là, en direct, un mépris de classe absolument navrant, d’une véritable méchanceté. Cet électricien serait-il un tueur de cote ?
Ayant travaillé pour et avec des plasticiens en compagnie de mon ami Djuro, j’ai pu voir que l’artiste était bien souvent surprenant, résolument non cartésien. L’artiste est capable de tout de la pingrerie la plus crasse à la générosité la plus surréaliste, de marchandages les plus incroyables, de vous offrir le lundi pour tenter de vous reprendre le mercredi…Humeurs et émotions le gouvernent. Tous ces comportements se démultiplient lorsqu’il est en couple, en concubinage ou entre de multiples conquêtes.
Il serait tout de même sage d’accorder la présomption d’innocence à ce brave Breton avant de le marquer du sceau de l’infamie.

Jean Vinatier
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lundi 29 novembre 2010

2012 la chute des acronymes ? N°795 4e année

Sur fond de crise polymorphe et de disputes internes tant à l’UMP qu’au PS, France Soir, publie un sondage où figurent, selon lui, les acteurs majeurs de l’élection présidentielle de 2012 à l’exception notable de Marine Le Pen. Bien évidemment, DSK et NS se détachent du lot, une façon de dire aux Français qu’ils n’auront de choix qu’entre ces deux là qui se sont fait adopter par la même mère adoptive, la pensée unique.
Cela étant dit, rien ne nous indique que les deux acronymes les plus médiatisés se présenteraient à l’élection présidentielle. NS, s’il est plébiscité dans le triangle d’or parisien, son électorat des petites villes et des banlieues en croient plus à sa qualité ce qui pourraient pousser les députés UMP à se choisir un autre candidat : de Copé à Fillon en passant par Villepin et Jupé, la palette est large.
DSK, pour l’heure, joue l’Arlésienne ou la prima donna : sera-t-il candidat ? Oui, non ? Il est, également applaudit dans le triangle d’or parisien et revendique son état d’homme de gauche tel un Mathieu Pigasse (j’ai la laque rebelle) Le PS, emmêlé par les primaires et le choix d’une désignation très tardive d’un candidat, offre aux Français l’image de la plus grande désorganisation qui soit.
Le bipartisme dispose de bien des moyens financiers mais qu’une crise, identitaire et sociale approfondie en 2011 pourrait atteindre mortellement même si NS et DSK se présentaient tous les deux. Les Verts, le parti des algues toxiques, sous la houlette de Daniel Cohn Bendit, fera tout pour sauver ou l’Ump ou le PS et attiser les rivalités internes dans les rangs écologiques.
Les partis périphériques, Mélenchon et Marine Le Pen (si elle est élue à la tête de son parti) ont intérêt à proposer les programmes politiques les plus novateurs contraignant le PS-DSK et l’UMP-NS de ne pas nous faire prendre les vessies pour des lanternes. Mélenchon est un homme habile que François Mitterrand appréciait beaucoup c’est dire la réserve de cynisme, de rouerie qu’il possède dans son carquois. Marine Le Pen, débarrassée de la toge paternelle a bien compris qu’il lui faudrait faire passer le FN (s’il a encore ce nom en 2012) de l’extrême droite à la droite de tradition rurale et pratiquante.
Les Français ont entre leurs mains le vote, la seule arme que les gouvernants n’osent pas nous retirer : pourraient-ils invalider le choix du peuple souverain ?
Le jeu est bien plus ouvert dans tous les partis représentés que ce que les tenants de la pensée unique nous répètent: l’essentiel est que les militants des partis et les sympathisants de tout bord entrent en force dans le champ politique. Les élections cantonales de 2011 auront, cette fois ci une importance réelle à quelques mois du printemps 2012!
La France a tellement besoin de nouveaux hommes, de nouvelles idées. La France même affaiblie et malade garde toute sa puissance historique : si nous savons par notre vote révolutionner la République, alors, nous garderons l’avenir entre nos mains.


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

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dimanche 28 novembre 2010

Lettre du Parlement de Bretagne à Colbert le 25 janvier 1673 N°794 4e année

Voici en lecture, une belle lettre administrative entre des parlementaires bretons et le ministre de Louis XIV, Colbert.
Cet écrit si élégant (j’ai pris sur moi d’en moderniser l’orthographe en ayant bien conscience de heurter – avec raison - "Madame le Professeur Grenoble 3" et les dix-septièmistes) a le mérite de bien éclairer les rapports singuliers, ambigus entre le Roi ou son ministre et les parlements, en l’espèce, celui de Bretagne l’un des plus indisciplinés.
Pour étayer mon court propos, je cite quelques lignes de Louis XIV adressées à son fils, Mémoires pour l’instruction du Dauphin année 1661 qui figurent en introduction des Actes du colloque de Rennes, 13-15 novembre 2008, dont est issue la lettre bretonne:
« L’élévation trop grande des parlements avait été dangereuse à tout le royaume durant ma minorité. Il fallait les abaisser, moins pour le mal qu’ils avaient fait que pour celui qu’ils pouvaient faire à l’avenir [] Mais, je sais, mon fils, et je puis vous protester sincèrement, que je n’ai ni aversion ni aigreur dans l’esprit de mes officiers de justice. Au contraire, si la vieillesse est vénérable dans les hommes, elle me le paraît davantage encore dans les corps si anciens. Je suis persuadé qu’en nulle autre partie de l’Etat le travail n’est peut-être plus grand, ni les récompenses moindres. »

Ci-dessous la lettre :

« Monsieur,

Si le silence était toujours une marque de soumission et de respect, le parlement de Bretagne l’ajouterait volontiers à celles qu’il a rendues dans tous les temps aux volontés de sa Majesté et qu’il a si respectueusement consommée dans la dernière occasion en présence de Monsieur de Chamillart. Mais comme il se peut être expliqué diversement et passer quelques fois pour une confession de crime et un effet du repentir, le parlement ne peut sans trahir son innocence et la pureté de ses intentions prendre ce parti. Et il a trop d’intérêt de justifier sa conduite auprès de sa Majesté ou ses ennemis l’ont rendu suspect, et par une entière connaissance de la vérité détruire le soupçon injurieux du contraire. Mais, comme il sait qu’il lui est difficile de réussir dans un dessein si juste et si nécessaire a sa gloire sans votre protection dont toute la France reçoit les effets salutaires, il se persuade de l’obtenir, parce que la Justice qui est le motif et la règle a été le fondement de l’objet de ce qu’il a fait. En effet, Monsieur si ces déclarations au sujet desquelles, il s’est innocemment attiré la colère du Roi, entraînent par leur exécution et sa ruine entière et celle de la province, comme il n’est que de trop constant, qu’a pu faire de moins le parlement. Et s’il est vrai que ce Tribunal soit une émanation de la justice du prince, et le médiateur entre lui et ses peuples, a[-t-] il peut sans trahir lâchement l’honneur de son ministère consentir aveuglément a son anéantissement et a la perte de ses sujets sans au moins l’en avertir par la voie qui lui est permise par le moyen de ses très humbles et très respectueuses remontrances animées par l’organe de ses députés. C’est par leurs discours si vous leur faites l’honneur de leur accorder votre audience, et c’est par leur lecture que l’intérêt d’une province aussi chérie et distinguée des autres qu’elle a mérité de l’être par sa fidélité et son obéissance auxquelles elle a servi d’exemple, demande à votre Justice que vous apprendrez la nécessité dans laquelle le parlement s’est trouvé de les ordonner. Le péril lui, paraît inévitable, sa perte y est prononcée, la ruine de la province y est consommée, et ce n’a été que par la funeste prévoyance de la grandeur du mal qu’il s’est trouvé obligé par les lois de sa conscience envers Dieu, de son devoir envers le Roi, de sa tendresse et de sa charité envers les peuples, et de sa propre conservation envers lui-même a le représenter et le faire connaître par les voies que le Roi même lui a permis, non seulement par l’article 5 du titre premier de ses nouvelles Ordonnances mais plus particulièrement par l’arrêt de son Conseil du 17 septembre 1672, lequel limitant la conduite qu’il doit tenir au sujet de ses déclarations lui défend de prendre d’autres avis que celui de [en]registrer purement ou de remonter ce qu’il jugera à propos. Ça donc été sur la foi de cette option que le parlement a suivi les mouvements de sa conscience et de son devoir, et bien que les sentiments si justes et si nécessaires aient paru criminels aux yeux du Roi, et qu’il ait donné des marques si sensibles et si touchantes de sa colère auxquelles le parlement s’est soumis par la plus respectueuse de toutes les obéissances, il ne désespère point de son salut, et croit que cette obéissance étant plus agréable au Roi, que les sacrifices que l’on veut faire de sa province, imitant en cela la conduite de celui dont il est l’Image sur la terre, il écoutera favorablement la voix de ses peuples soumis, et ne sacrifiera point les obéissants. Sa Justice toujours occupée pour le bien de ses sujets trouvera un objet digne d’elle dans la conservation d’un parlement si fidèle et d’une province si dévouée. L’on ne peut pas douter d’un succès, et si juste et si saint si votre audience est favorable est favorable a ses députés. L’équité de leurs raisons, et celle qui anime tous vos sentiments, et règle toutes vos actions lui en répond, celle que le parlement se promet de vous en cette pressante occasion, ne sera pas la moins illustre de votre ministère, ni qui attire le moins de bénédictions et de reconnaissances, il est accompagné de tant de gloire et de bonheur par la sagesse de vos conseils et le succès de vos desseins qu »’il semble que le Ciel prenne un soin tout particulier de l’événement de vos entreprises, toute l’Europe apprend avec étonnement, et la France voit avec joie les fruits de vos travaux, en souffrez pas que cette province ne la partage pas avec le reste du royaume, c’est de vous principalement qu’elle espère ce bien, et c’est la grâce que vous demande justement,

Monsieur,

                                                                                  Vos biens humbles et affectionnés serviteurs,
                                                                                  les gens tenants la Cour de parlement de Bretagne,

                                                                                 CHEVREUL »

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Source :
In Gofin (Xavier) et Plessix-Buisset (Christiane) : « La réception des ordonnances civile et criminelle par le parlement de Bretagne », Les Parlements de Louis XIV – Opposition, coopération, autonomisation ?-,Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2010, pp. 90-91.

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Canon nord-coréen, mécanique chinoise N°793 4e année

Les derniers événements survenus entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ravivent les tensions qui existent pour le contrôle de la mer de Chine orientale, une situation qui concerne au premier chef Pékin.
Rappelons le contexte : premièrement, ces incidents militaires se sont déroulés quasiment lors du déplacement impérial de Barack Obama en Asie : 70 avions, 2000 personnes dans sa suite dont 500 agents de sécurité pour un coût jour évalué à plus de 300 millions de dollars et une dépense en CO2 impressionnante. Deuxièmement, le Japon, la Corée du Sud ont des objectifs militaires de plus en plus ambitieux afin de renforcer ou de gagner le rang de shérif régional via l’appui américain.
Après l’intransigeance nord-américaine sur le maintien de sa présence militaire sur l’île d’Okinawa qui a provoqué une crise politique japonaise, le nouveau chef de gouvernement Naoto Kan, entend obtenir l’aval de Washington pour renforcer son potentiel militaire, officiellement, pour contenir la Chine. Le gouvernement sud-coréen voudrait voir son rang régional reconnu, notamment, par les Etats-Unis et, surtout, pour tenir à égale distance tant le Japon que la Chine. Séoul propose donc à Washington d’installer dans l’île de Jeju, une nouvelle base, soulevant, au passage la colère de tous les habitants pas encore remis des massacres qui s’y déroulèrent lors de la guerre des deux Corées sous l’œil impavide des marine’s. Pour l’heure, les Etats-Unis, confrontés à une crise budgétaire terrible avec un Pentagone de plus en plus ingérable, répondent d’une façon évasive d’où l’actuel refus des Coréens de signer un traité de libre-échange en négociation depuis 2007.
Si la Corée du Nord est la chasse gardée de la Chine, les autorités de Pyongyang, entretiennent, néanmoins, des relations géopolitiques avec la Russie et ont dans le domaine nucléaire, au vu et aux yeux de tous, une relation dynamique avec le...... Brésil.
Le coup de canon nord-coréen a eu pour conséquence un événement inouï : les Etats-Unis, via l’amiral Mullen, ont reconnu à la Chine toute latitude pour régler les différends entre les deux Corées. Face à l’envoi de toute une flotte chinoise, le seul porte-avions américain faisait piètre figure. Le Japon vient également d’apporter son soutien à la Chine.
Pékin remporte un succès géostratégique de première importance pour le contrôle de la mer de Chine orientale (il a, évidemment, dans sa ligne de mire, la mer de Chine méridionale) et son dessein, à moyen terme, de neutraliser ou finlandiser la Corée et le Japon. La Chine a joué de main de maître, répondant et de quelle manière, au leadership américain. Sans doute, les stratèges américains pensent-ils qu’il vaut mieux se concentrer sur la mer de Chine méridionale où 10 puissances régionales (Brunei, Cambodge, Chine, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour,Taïwan, Thaïlande, Viêt Nâm) ont des intérêts directs, indirects et des rivalités diverses - on pense en toute logique et principalement, aux îles Paracels, Spratleys, des cailloux aux richesses sous-marines colossales – avec lesquelles les combinaisons seront démultipliées. Diviser pour régner, une devise que Washington semble apprécier au fur et à mesure que sa suprématie s’alourdit sur elle-même !
La reculade américaine renforcera considérablement un nationalisme japonais qui cherche toute occasion pour renaître, envenimera le climat politique en Corée du Sud partagée par la crainte de l’ombre pékinoise, les horreurs opérées par les Japonais et la division du pays . N’oublions pas, la Russie qui verra, certainement, dans cette affaire, alors que l’incertitude demeure sur la ratification de Start-II, par le Congrès, un prétexte négatif supplémentaire à l’installation, sur sa frontière européenne des antimissiles américains financés par les 27 membres de l’OTAN.
Si le coup de canon était nord-coréen, la mécanique était chinoise.


Jean Vinatier
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P.S :
Seriatim reviendra sur les détails des climats internes, coréen, japonais.

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vendredi 26 novembre 2010

Avoir les couilles de Philippe le Bel ou pas ! N°792 4e année

Fin de semaine de tous les orages sur l’ensemble de la zone euro sans oublier les événements britanniques. Angela Merkel fustige les banquiers tout en se gardant bien de prendre les décisions adéquates. Les différentes autorités de l’Union européenne, loin d’encourager les chefs d’Etat à se montrer à la hauteur de leur fonction, enfourchent, au contraire, le cheval des spéculateurs. Cette fuite en avant qui impose aux différents peuples européens des économies, des sacrifices principalement aux plus faibles est tout simplement odieuse !
Au lieu de prendre à bras le corps le problème de la monnaie unique qui ne s’appuie pas sur un Etat européen mais qui flotte au-dessus d’un espace marchand, ouvert à tous les vents et à toutes les avidités des financiers, tous les décideurs politiques ne songent - et en particulier Berlin et Paris – qu’à se concentrer sur le seul plan de sauvetage pour le plus grand plaisir des agioteurs.
Il faudra expliquer pourquoi le gouvernement irlandais trouve juste de faire payer à ses concitoyens les fautes de trois banques. Pourquoi ne pas les laisser tomber en faillite ? Ces libéraux (libertariens) si fiers de leur liberté revendiquée comme un absolu, de cracher leur mépris envers l’Etat, de maudire tout lien social et toute solidarité au sein d’une nation et, qui se rengorgent à coup de milliards via des financiers matheux, pourquoi diable une nation devrait-elle se sacrifier pour eux ? Un gouvernement digne de ce nom appliquerait la célèbre phrase de Vincent de Gournay, intendant français du XVIIIe siècle : « Laisser faire, laisser passer » .
Ne serait-il pas temps que les banques d’affaires soient mises devant leur responsabilité, elles qui ont tellement reçu d’argent public tout en s’efforçant de cacher le plus possible leur état véritable ?
Philippe le Bel, l’un de nos plus grands monarques, a su, au moment opportun, détruire l’ordre du Temple qui devenait un Etat dans l’Etat, tout comme Louis XIV et Colbert puis le Régent le firent lors des Chambres ardentes pour contraindre les financiers à rester à leur place.
S’il n’est pas question de brûler dans l’île de la Cité, les nouveaux templiers, il faudrait méditer l’habilité des Chinois qui avec leur capitalisme d’Etat savent attirer régulièrement, les spéculateurs puis les faire tomber avec un parfait cynisme.
Après les étudiants Italiens et Anglais puis les Portugais dans leur ensemble, les Irlandais descendront dans la rue. Les peuples doivent rappeler à leurs gouvernements qu’ils doivent d’abord assurer leur société avant de sauver les fortunes de toute cette finance égotiste et dévoreuse de toute humanité.

Jean Vinatier
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mardi 23 novembre 2010

L’hiver des peuples= l’été indien des banquiers ? N°791 4e année

En 2008/2009 les administrations Bush puis Obama ont sauvé leur système bancaire ; à l’automne 2010, les seuls européens puis le G7 (donc avec les Etats-Unis) ont imposé au gouvernement irlandais leur plan financier (90 milliards) pour éviter la faillite de 3 banques parce que celles anglaises, allemandes, françaises et américaines étaient sévèrement exposées. Le peuple irlandais paiera le contre-coup de ce sauvetage à moins qu’il ne se soulève contre son gouvernement. Message entendu : des nouvelles élections auront lieu en janvier 2011.
Des médias titrent déjà en agitant le spectre d’un effet domino dans l’ensemble de la zone euro, emportant au passage la France et l’Allemagne. En effet, selon la BRI, les banques françaises seraient les plus exposées au niveau des pays du PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) à hauteur de 749 milliards de dollars puis par les allemandes (549 milliards) enfin celles du Royaume-Uni : 361 milliards.
Qu’il s’agisse d’imposer la fin des déficits au nom de la bonne gouvernance de l’Union européenne ou bien de se porter au secours des établissements financiers afin de ne pas mécontenter les idéologues de l’économie libérale- libertarienne; ce sont les seuls peuples qui seront tenus de payer la note, de se serrer la ceinture, d’accepter la révision des acquis sociaux, de tirer un trait sur quarante années de progrès sociaux, d’avaliser le déclassement des classes moyennes qui iront grossir les rangs de la multitude anonyme et tout cela pour autoriser quelques dizaines de richissimes familles américano-européennes et leurs milliers de fidèles collaborateurs à mener grand train.
Des grèves sont annoncées dans l’Union européenne avec, ici et là, des révoltes ou colères plus ou moins fortes. La descente des étudiants anglais en plein Londres a surpris le gouvernement de coalition de Cameron : le siège de son parti a été détruit sous les yeux des bobbies ! Sur le plan répressif tous les gouvernements veillent au grain : rappelons-nous les raids de la police parmi les cortèges des lycéens français et des nombreuses arrestations qui allaient bien au-delà des quelques casseurs.
Si nous sommes déjà entrés dans l’horreur économique, c’est maintenant que les hommes s’en aperçoivent.

Jean Vinatier
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lundi 22 novembre 2010

Karachi : une nouvelle danse du scalp à l’UMP ? N°790 4e année

A peine le gouvernement était-il formé que l’affaire des retro-commissions revenait sur le devant de la scène. Dominique de Villepin a sonné la charge, Nicolas Sarkozy, un peu à la masse lors du sommet de l’OTAN à Lisbonne, lui a répliqué laissant à Alain Juppé le soin de lui signifier la fin de partie…ce qu’il semble avoir, provisoirement, entendu.
Le gouvernement transmettra, naturellement, tous les documents que le juge Van Ruymbeke lui demandera et l’hôtel de Brienne inclinera à déclassifier d’autant plus aisément que tout ce beau monde est assuré de ne courir aucun risque, sauf à se scalper. Imagine-t-on les rétro-commissions consignées par écrit dans des rapports, des fiches ? Evidemment pas. Une fois de plus, c’est la rumeur qui court faisant ses courses en chemin.
Il n’empêche cette affaire empoisonnera en amont d’une campagne présidentielle qui promet tant à gauche qu’à droite, d’être d’une férocité sans égale jusqu’alors.
Pendant ce temps, les familles des victimes de l’attentat de Karachi demandent les auditions de tous les responsables politiques (Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, Alain Juppé, Dominique de Villepin, Lionel Jospin, les anciens ministres de la Défense, Edouard Balladur…) lesquels ne manqueront pas d’osciller pour n’en recevoir aucun éclat ! Il y a plus d’un an, Nicolas Sarkozy recevait-t-il Asif Ali Zardari (veuf de Benazir Bhutto) dit Monsieur 10 pour cent ou l’actuel Président pakistanais et, qui était, déjà, en 1995 de toutes les combinaisons ? Rappelons qu’alors, le porte-parole et comptable d’Edouard Balladur était un certain Nicolas Sarkozy…On pouvait donc imaginer la conversation sous-marine entre l’actuel Chef de l’Etat et son homologue pakistanais et le soin qui aurait été pris pour imperméabiliser ce dossier évidemment brûlant.
De son côté, Jacques Chirac, élu en 1995, réglant ses comptes avec son « ami de trente ans (Edouard Balladur) aurait mis un terme au versement de rétro-commissions. Mais, comme l’exprime Dominique de Villepin, il y a, seulement, « de très forts soupçons ». On dit, également, que les rapporteurs du Conseil constitutionnel auraient émis un avis défavorable sur la qualité des comptes d’Edouard Balladur mais le chef des Sages du Palais-Royal de l’époque, Roland Dumas, aurait passé outre. Nous nageons donc dans des eaux très troubles où tout le monde est un peu le piranha du voisin !!!
Ceci étant dit, ce Karachigate intervient alors que les guerres intestines au sein de l’UMP ne cessent pas : Patrick Devedjian règle ses comptes en citant nommément le Président de la République et son fils, Jean comme les responsables de son échec à sa réélection à la tête de l’UMP des Hauts de Seine. Ambiance !
Nicolas Sarkozy jongle en équilibriste souhaitant avoir immobilisé un Alain Juppé, qui le jalouse complètement tandis que François Fillon croit avoir trouvé le sésame pour influer le Président de la République sans oublier Jean-François Copé qui, sans rire, est « à fond » pour la réélection du Président en 2012.
Voilà, le sous-marin « Karachi » est en route…………………

Jean Vinatier
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vendredi 19 novembre 2010

Jean-Claude Michéa : « L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes « N°789 4e année

Jean-Claude Michéa fut professeur de philosophie au lycée Joffre de Montpellier. Ardent avocat de l’œuvre de Georges Orwell, il est, aussi, celui qui a fait connaître en France le travail de l’historien américain, Christopher Lash ( 1932-1994) connu pour la « Révolte des élites » et « Culture de masse ou culture populaire ? », deux ouvrages édités par la maison Climats en 1999 et 2001.
Dans un court mais vigoureux ouvrage, « L’enseignement de l’ignorance » paru en 1999, Michéa expose comment l’enseignement ne participe plus à l’éveil intellectuel, critique et pensant du citoyen mais le formate, désormais, pour qu’il devienne un bon soldat au service l’économie libérale-libertaire.
Ci-dessous les courts chapitres VIII et IX, lisez également la note ainsi que la seconde partie de ce livre intitulée également "Notes" ( de A à F, pp.83 à 139).. A la veille de nouvelles réformes de l’éducation, la relecture ou la découverte de cet ouvrage est plus qu’utile.

« Il n’est pas besoin d’être spécialiste de l’histoire des institutions scolaires pour reconnaître, dans l’utopie négative qui vient d’être esquissée, le principe même des réformes qui, depuis trente ans, sont en chantier – sous des formes et à des rythmes qui correspondent aux contextes locaux – dans la plupart des pays occidentaux¹. S’il faut concéder au capitalisme français une certaine originalité sur ce point, c’est uniquement dans la mesure où, dans la guerre qu’il doit conduire contre les classes populaires, il a su exploiter, avec une intelligence particulière, les lieux communs idéologiques qui, depuis Mai 68, avaient envahi le marché. Comme l’écrit Alain Finkielkraut, "les tracts contestataires d’autrefois sont les directives gouvernementales d’aujourd’hui. Voilà trente ans, en France, c’étaient les comités d’action lycéens qui proclamaient que pour combattre les inégalités les professeurs ne devaient plus se contenter de transmettre la culture qu’ils possèdent, mais éveiller la personnalité de chaque élève et lui apprendre à se former soi-même. Désormais, ce sont les inspecteurs d’académies qui s’expriment en ces termes. "
Dans la pratique, ce mouvement de réforme constitue, naturellement, un processus complexe, soumis comme il est de règle, aux aléas des multiples rapports de forces et incluant, pour cette raison, quelques freinages partiels aussitôt compensés par des accélérations brutales et fulgurantes. Dans les conditions politiques du temps, c’est à la Droite libérale que revint l’honneur, en apparence paradoxale, d’appliquer la première vague de réformes autorisées par les événements de Mai 68. Des instructions de 1972 sur l’enseignement du français à la mise en place, en 1977, du Collège unique, elle s’acquitta, dans l’ensemble, assez bien de cette tâche historique.
Cependant, le problème de cette Droite libérale, c’est que, pour des raisons qui tiennent à son histoire, une partie non négligeable de son électorat appartient encore à cette France rurale et catholique qui, pour des motifs généralement contradictoires, n’envisage qu’avec la plus grande réticence la modernisation intégrale de sa vie. Cette fraction incohérente de la Droite – qui, selon la formule célèbre de Russel Jacoby, " vénère le marché tout en maudissant la culture qu’il engendre" – est suffisamment réelle, malgré son déclin programmé, pour contraindre en permanence la Droite d’affaires à dissimuler et parfois même à modérer ou suspendre une partie de son programme ultra-modernisateur.
C’est évidemment là un problème qui ne peut se poser à une Gauche moderne – ou plurielle ou libérale-libertaire – dans la mesure où celle-ci s’auto définit, de façon ontologique, comme le parti du Progrès et du Mouvement, c’est-à-dire de l’Avant-garde en tout.
On comprend donc pourquoi c’est presque toujours sous un pouvoir culturellement de gauche que la modernisation totale de l’Ecole et de la Vie – qui constitue, depuis le XVIIIe siècle, l’essence même du programme capitaliste – est imposée aux classes populaires avec le plus de cohérence et d’efficacité. De fait, il suffit d’examiner, avec un minimum d’esprit critique les projets constants de M.Allègre – et de son fidèle adjoint Geismar – pour retrouver sans difficulté – sous le double appel à « dégraisser le mammouth » et à ouvrir l’école à tous les produits, y compris les plus inutiles, de l’industrie informatique – les principales consignes que les propriétaires de la planète distribuent à leurs employés politiques lors de leurs discrètes entrevues stratégiques ; il est vrai que ces employés sont toujours tenus de retraduire ces consignes en termes « pédagogiques » et «égalitaristes », ce qui ne manque évidemment jamais d’égarer les plus imbéciles parmi les militants.
La présente « crise de l’Ecole » dont le grand public prend progressivement conscience, doit ainsi être comprise, avant tout, comme l’effet qui se prolonge d’une situation devenue contradictoire. D’un côté, l’Ecole, parce qu’elle était la pièce centrale du dispositif « républicain » c’est-à-dire d’une époque et d’un système où le marché auto-régulé n’était pas encore en mesure de plier à ses lois la totalité des choses- se trouve être un des derniers lieux officiels où subsistent – à côté d’habitudes et de pratiques parfaitement absurdes – de véritables fragments d’esprit non-capitaliste et quelques possibilités réelles de transmettre du savoir ainsi qu’une partie des vertus sans lesquelles il ne peut y avoir de société décente. Mais, de l’autre, sous la vague déferlante des réformes libérales-libertaires, l’institution tend mécaniquement à devenir l’ensemble intégré des différents obstacles matériels et moraux qu’un enseignant est obliger d’affronter s’il a le malheur de s’obstiner, par une étrange perversion, à vouloir transmettre encore un peu de lumières et de civilité ; une telle contradiction, on l’imagine, en peut définir qu’un très mauvais climat : et de fait, il devient chaque jour un peu plus irrespirable.

1- (en réalité la note 43 de l’ouvrage) : En tant que lieu classique de la production capitaliste, l’Amérique avait évidemment expérimenté la plupart de ces réformes bien avant les Européens. Ceci explique l’état désastreux dans lequel se trouve présentement l’école publique des Etats-Unis. Et cela confirme que c’est bien en connaissance de cause que furent introduites en France les méthodes pédagogiques qui avaient conduit au vu et au su de tous l’école américaine au bord de l’effondrement. Comme le rappelle Liliane Lurçat (Vers une école totalitaire, p.144) « les méthodes de lecture recommandées par Meirieu comme scientifiquement correctes, ont contribué à la généralisation de l’illettrisme aux Etats-Unis où, selon, Jacques Barzun, soixante millions d’illettrés fonctionnels doivent leur échec à la méthode look and say » Cela ne signifie pas, pour autant, que les premiers réformateurs pédagogiques aient été des agents conscients du capitalisme. En détruisant, par principe, tous les acquis de la tradition, il s’agissait seulement, dans leur esprit, d’étendre ce qu’ils croyaient être la sphère de la liberté et qui n’était bien sûr, que l’esprit de la consommation et du libre échange retranscrit en principes pédagogiques. Mais c’est pourquoi chaque progrès de la réforme était nécessairement condamné à libérer de nouveaux espaces pour la dynamique capitaliste, laquelle, en retour contribuait à consolider les mythologies de l’éducation nouvelle. Pour l’essentiel, ce n’est véritablement qu’à partir de 1988 sous le magistère de Lionel Jospin et, déjà, de Claude Allègre, que ces différentes utopies pédagogiques furent recyclées, cette fois ci de façon parfaitement consciente et délibérée, au service de la « construction européenne » c’est-à-dire de la préparation des firmes européennes à la guerre économique mondiale. Pour qui, veut comprendre le passage de la réforme pédagogique de la naïveté « libertaire » au cynisme libéral, il serait, sans doute, intéressant, d’analyser le rôle joué par l’inspecteur Foucambert (on a les Lyssenko qu’on peut) et sa célèbre armée de fanatiques (cf. Liliane Lurçat, Les destructeurs de l’Enseignement élémentaire et ses Penseurs, 1998) »



Jean Vinatier
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Source :
Michéa (Jean-claude) : L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, Castelnau-le-Lez, Climats, 12 euros pp.61-70.

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen