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lundi 18 janvier 2016

Hollande inverse lui-même la courbe du chômage N°4086 10e année



L’homme de Tulle, faute de parvenir à inverser la courbe du chômage et devant la résistance têtue des réalités, s’est résolu à décréter la baisse des demandeurs d’emploi. Que se propose-t-il ? Tout simplement d’en expédier 500 000 en formation. En dépit de nos déficits, l’exécutif se targue d’y consacrer 1 milliard et de réjouir par la même occasion les chefs d’entreprise qui ne pensaient pas avoir à si bons avantages une main d’œuvre évidemment temporaire. Catherine II avait les villages « Potemkine », François Hollande a des cartons pâtes.
Est-on surpris par son choix ? N’avait-il pas dit que si le chômage ne reculait pas, il ne songerait pas un instant à un second mandat ? Comme il entend être Chef de l’Etat au-delà de 2017 et que tout se tourne contre lui, n’avait-il d’autre artifice et cynisme que de déclarer tel un anti-pape se croyant au balcon du Vatican le chômage hors la ville ?
L’annonce d’un remaniement ministériel est le second étage de la fusée présidentielle qui lui  permettra d’attirer les Verts dans le fruit gouvernemental et d’autres représentants de la société « civile » : qui a peur du grand méchant maroquin?


Jean Vinatier
Seriatim2016

samedi 16 janvier 2016

« La situation de l’« Etat islamique » par David Rigoulet-Roze » N°4085 10e année



« David Rigoulet-Roze, docteur en Sciences politiques, est enseignant et chercheur, ainsi que consultant en relations internationales.
Auteur de nombreux articles, il est rattaché à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS). Il notamment publié Géopolitique de l’Arabie saoudite : des Ikhwans à Al-Qaïda (Armand Colin, 2005) et L’Iran pluriel : regards géopolitiques (l’Harmattan en 2011). Il est en outre rédacteur en chef de la revue "Orients Stratégiques". »

Son article : La situation de l’« Etat islamique » ou Daesh entre la proclamation du Califat en juin 2014 et après le début des frappes de la coalition anti-terroriste : bilan d’étape et perspectives stratégiques

« La situation actuelle revêt un aspect quelque peu paradoxal dans la mesure où on peut relever une certaine inflexion, non pas tant dans l’idéologie proprement dite de l’« Etat islamique », que dans la stratégie de sa mise œuvre. Cela tient pour partie à l’évolution du contexte géopolitique devenu moins favorable à l’organisation islamo-takfiriste (1) et djihado-terroriste, initialement connue sous le nom de Daesh (2) (ad-Dawla al-Islamiyya fi al ‘Iraq wa ash Sham), et devenue plus simplement ad-Dawla al-Islamiyya (« L’Etat islamique ») à partir du 29 juin 2014, lors de la proclamation officielle d’un Califat sur les territoires contrôlés à cheval sur l’Irak et la Syrie qui pourrait être depuis qualifié - du fait de l’abolition « publicitaire » en juin 2014 des frontières internationales issues des accords coloniaux franco-britanniques dits « de Sykes-Picot » concrétisés après la Première Guerre mondiale - de Syrak, à l’instar de l’Afpak afghano-pakistanais. Alors qu’elle était à l’offensive depuis l’instauration d’un pseudo-Califat, l’auto-proclamé « Etat islamique » a adopté depuis quelques mois une position plus défensive dans les régions qu’il contrôle en Syrie et en Irak après les revers relatifs qu’il a subi sur plusieurs fronts.

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim2016

vendredi 15 janvier 2016

« Pauvreté et développement dans un monde globalisé par François Bourguignon » N°4084 10e année



« Leçon inaugurale prononcée au Collège de France le jeudi 3 avril 2014 par François Bourguignon économiste français, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a été d'octobre 2007 à 2013 le directeur de l'École d'économie de Paris après avoir été économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale à Washington entre 2003 et 2007. »

« Introduction :

Si l’on doit juger du développement par la capacité des pays moins développés à rattraper les pays les plus avancés et, par conséquent à diminuer la pauvreté dans le monde, les performances du dernier demi-siècle – soit depuis la grande vague d’indépendance des anciennes colonies – doivent être qualifiées de « mitigées ». Certains pays, notamment en Asie, et la Chine en premier lieu, ont connu un indéniable succès. En revanche, les niveaux de vie de l’Amérique latine sont restés à peu près au même niveau par rapport à la moyenne mondiale, tandis que plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ont vu s’accentuer leur retard initial. En proportion de la population mondiale, la pauvreté a diminué. Mais, en nombre absolu de personnes pauvres, ce n’est que sur les toutes dernières années qu’elle a commencé de régresser. Et, dans les deux cas, le progrès tient avant tout aux performances exceptionnelles de la Chine. Aujourd’hui, 1,3 milliard d’habitants de la planète vivent encore dans le dénuement, avec moins de un euro par personne et par jour.

Manifestement, la quête d’une recette universelle assurant le décollage économique n’a pas abouti. Seuls quelques pays peuvent faire état aujourd’hui d’un tel résultat. Cependant, la façon dont économistes, praticiens et décideurs abordent les questions de développement a profondément évolué au cours des dernières décennies.

L’économie et la pratique du développement n’ont-elles donc été qu’une suite d’essais, dont certains ont débouché sur des succès, parfois retentissants, mais dont la grande majorité n’a eu que peu d’impact ? Faut-il penser, comme le font certains, que l’économie du développement est purement et simplement un échec et que l’on a peu appris des expériences nationales telles qu’elles se déroulent depuis cinquante ans ? Le mieux que l’on puisse faire est-il simplement de venir en aide aux plus pauvres du monde en leur apportant un complément de pouvoir d’achat ou en garantissant l’éducation et la bonne santé de leurs enfants ? Devons-nous renoncer à trouver le moteur qui permettra de créer les emplois productifs grâce auxquels les individus et les familles pourront améliorer leur bien-être, exercer leurs talents et effectuer leurs choix de vie en toute liberté, pour reprendre l’analogie heureuse d’Amartya Sen entre développement et liberté1 ?

Fort heureusement, nous n’en sommes pas là. Un savoir s’est accumulé sur les mécanismes du développement et la lutte contre la pauvreté. Il montre une extraordinaire variabilité, dans l’espace et dans le temps, des contraintes auxquelles sont soumis les pays pauvres et des politiques mises en œuvre, et par conséquent la formidable difficulté de généraliser à partir d’expériences individuelles. L’objectif de mon enseignement au Collège de France est d’évaluer ce savoir en revenant sur les grands débats de l’économie du développement à la lumière des éléments théoriques et empiriques dont on dispose aujourd’hui.

Cette leçon inaugurale est divisée en trois parties. La première retrace la façon dont ce savoir a progressé au cours du temps et à la faveur, ou à la défaveur, de la conjoncture économique mondiale. La deuxième porte sur le rôle que la communauté internationale du développement – au premier chef les pays développés, mais aussi les pays émergents – peut jouer en faveur du développement des pays les plus pauvres, notamment dans le contexte de la mondialisation. La dernière partie examinera plus concrètement les défis qui pèsent aujourd’hui sur le développement de l’Afrique subsaharienne, région dont on peut penser qu’elle concentrera de plus en plus la pauvreté mondiale dans les décennies qui viennent.
[….]
La suite  de la leçon inaugurale ci-dessous


Jean Vinatier
Seriatim2016

«Le capital au XXIe siècle de Piketty terrorise le théâtre politique, par Pierre Sarton du Jonchay » N°4083 10e année

 
Source: Paul Jorion:
 http://www.pauljorion.com/blog/2016/01/15/le-capital-au-xxie-siecle-de-piketty-terrorise-le-theatre-politique-par-pierre-sarton-du-jonchay/ 



Jean Vinatier
 Seriatim2016

jeudi 14 janvier 2016

« Syrie. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’opposition par Aron Lund » N°4082 10e année



« Si la crise qui s’est aggravée entre l’Iran et l’Arabie saoudite compliquera les efforts internationaux pour l’ouverture de négociations sur la Syrie, l’un des principaux obstacles reste la division de l’opposition dont ont témoigné les trois conférences qui se sont tenues à Damas, dans le Kurdistan syrien et à Riyad.

La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim2016

mercredi 13 janvier 2016

Allemagne et le migrant désintégrateur ? N°4081 10e année



On ne sait si l’État islamique se trouve derrière les « agressions sexuelles de masse  dont 90 viols» intervenues en Allemagne ; si tel était le cas, il faudrait y voir une perversité redoutable difficile à prévenir dans une démocratie, dans le cas contraire, l’incapacité de l’État allemand assurer la sécurité de son peuple.
Mme Merkel se doutait-elle qu’en ouvrant en grand les bras pour accueillir une foule de jeunes hommes  en pensant aux besoins de main d’œuvre de son industrie et à la retraite des salariés Allemands, elle inaugurerait une période difficile, chez elle, en Europe, pouvant même la faire chuter ? En dépit de toutes les cachoteries médiatiques, les vérités éclosent et grandissent les colères populaires. L’Europe du Nord renforce les dispositions envers les migrants, Berlin s’y contraint désormais quand la Belgique et la France font une course –poursuite pour se saisir des protagonistes du carnage du 13 novembre. En France, deux églises ont été incendiées, un Français juif blessé à coup de machette à Marseille par un adolescent quand à Calais et Dunkerque les affrontements sont quotidiens mobilisant 60 compagnies de CRS/Gardes mobiles. Devant cette montée des violences, des Hollandais proposent aux hommes de défiler samedi revêtus de jupes afin de faire « un clin d’œil » aux événements de Cologne. Peut-on ironiser quand une centaine de femmes sont violées ? Cette réaction est caractéristique de cette société des européens insouciants, refusant de regarder l’eau montante et trouvant drôle d’y patauger ! Quand on écoute la maire de Cologne préconisant à ses propres administrés de sexe féminin de s’adapter aux mœurs des migrants, on est abasourdi par autant de lâcheté et d’inconscience : pourquoi ne pas leur donner les clefs de la ville ? Une fois les tragédies terminées, les historiens ne manqueront pas de souligner l’étrangeté de la dévotion accordée au migrant ou au réfugié ? Il ne s’agit plus de l’intégrer mais de mettre en scène notre propre désintégration. Est-ce cela l’Europe de demain ? Mais ne savons-nous pas que ce sont les Romains qui tuèrent plus profondément Rome que les Barbares  eux-mêmes?
Une fois de plus est avéré que le problème fondamental n’est pas le migrant mais l’abdication de toute politique de la part du pays accueillant : c’est cette abdication qui engendre le chaos et demain qui sait des tumultes ingérables. Comment ne pas y voir une faillite historique de l’Europe incapable d’intégrer ? Pourquoi ? Au nom de qui ? Pour quel but ? Ce suicide collectif  programmé n’est-il pas de la même sorte que celui provoqué par un gourou sur ses fans ?


Jean Vinatier
Seriatim2016