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mercredi 12 septembre 2018

Macron de Benalla aux mid-term N°4531 12e année


L’affaire Benalla, n’a pas trouvé son épilogue et notamment avec le Sénat, a brisé le miroir à partir duquel Emmanuel Macron éblouirait les Français durant tout le quinquennat. Les démissions des ministres, de l’Ecologie, Nicolas Hulot puis des Sports pour des problèmes fiscaux s’ajoutèrent aux dégradations de la puissance présidentielle laquelle s’empêtra en promouvant Daniel Cohn-Bendit qui botta en touche. N’ayant plus la main mais les combinaisons toujours nombreuses, Emmanuel Macron échafaude toujours et encore pour conjurer une voie qui se rétrécit, les élections européennes de mai 2019 étant déjà dans sa perspective.
L’idée selon laquelle, il serait le héraut des progressistes face aux nationalistes menés par le Hongrois Viktor Orban et le ministre italien Salvini lui plaît parce qu’il le met en scène et lui fournit un rôle qu’il pense à sa mesure. Les élections européennes de mai  2019 ne ressembleront pas aux précédentes. Pour la première fois, la campagne portera des thèmes communs à tous les pays membres de l’Union que soyez identitaire ou progressiste, vous trouverez dans les autres pays des correspondances. Les thèmes transversaux bouleverseront le continent. Nos dirigeants le voient-ils ?
L’Union européenne confrontée, outre aux questions migratoires, doit terminer le Brexit, se mettre en branle quand la guerre commerciale débute entre les Etats-Unis et la Chine, se résoudre ou pas à revoir sa relation avec la Russie….. Comme toujours l’Union européenne parce qu’elle n’est pas une puissance politique s’avère tout à fait incapable d’être à la hauteur des enjeux auprès des peuples, auprès des puissances extérieures. Emmanuel Macron a fait de nombreux discours longs et très longs sur l’Union européenne sans que le public s’y attarde, le Président lui-même peinant à compter les cercles qu’il propose, les moins de dépendance sécuritaire vis-à-vis des Etats-Unis et ainsi de suite. Si ces interventions n’ont pas d’écho y compris dans le camp progressiste que se propose d’incarner le successeur de François Hollande, c’est bien parce que l’Europe dont il parle n’existe pas. La souveraineté économique européenne du Président français ne retient pas l’Allemagne quand elle décide, par exemple,  de ne pas appuyer la taxation des GAFA. La vision hanséatique du monde de Madame Merkel n’est pas du tout prête à rencontrer celle du palais de l’Elysée. L’Allemagne ne veut pas de politique quand la France ne cesse de vouloir la convaincre de son bien-fondé. Ce qui signifie donc que l’Europe fédérale sans cesse avancée par les « progressistes » est un mirage ne s’appuyant sur aucune conviction de la part de la puissance économique et financière de l’Europe l’Allemagne. Si cette issue fédérale ne se peut que reste-t-il  si ce n’est la nation de chaque Etat de l’Union ?
Emmanuel Macron a fait de cette élection européenne sa mère des batailles. S’il ne peut gagner des voix sur sa gauche, il escompte se rattraper sur sa droite misant sur les hésitations des Républicains et des centristes qui si elles ne cessaient pas attireraient dans ses filets un électorat en mesure de le placer vainqueur. Si les Républicains vont de bâbord à tribord, les centristes de droite caressent le projet de constituer une liste. Souvent le centre fait basculer une élection. Pour l’heure, il s’agit de placer les enchères le plus haut face à un  Chef de l’Etat déplumé. Le héraut des progressistes même s’il rit beaucoup à Marseille en compagnie de la chancelière allemande consciente de sa fragilité progressive, est bien seul. En face « les nationalistes » ne forment pas une ligue unie même s’ils s’entendent sur l’importance des migrations. Quand on regarde l’Union européenne, quel que soit le camp épousé, on s’aperçoit surtout qu’émerge une colère populaire à la façon d’une montée de lave d’un volcan jusqu’alors endormi !
De l’autre côté de l’Atlantique, l’empire du Potomac est en ébullition, son empereur ou POTUS, The Donald, aligne les succès économiques tout en continuant une guerre contre « l’état profond » qu’Hillary Clinton devait incarner à la suite de Barack Obama et des Busch, tous mondialistes. Si l’été n’a pas apporté de nouvelles fracassantes comme je l‘avais escomptées, l’approche des mid-term devrait accélérer le mouvement. Donald Trump regarde l’Union européenne comme un obstacle, notamment, dans sa guerre commerciale contre la Chine et s’il est le grand vainqueur des mid-term, notre continent aura à affronter bien des tempêtes. L’entourage du POTUS encourage les mouvements nationalistes ou populistes pour qu’ils participent aux divisions européennes ce qui devrait  poser, inévitablement un problème aux chefs de file desdits partis : comment accepter d’être le bras armé d’une tierce puissance pour nier toute souveraineté autre que celle d’Outre-Atlantique ? Plus largement l’Union européenne dans son entier est face à un dilemme ou abonder dans les vues des « progressistes » et n’atteindre aucune souveraineté ou rallier les causes « populistes »/nationalistes » et n’avoir que des souverainetés de pacotille ?  L’Union européenne est réellement et puissamment et en totalité face à cette question « Qui sommes-nous ? » « Que voulons-nous ? » « Qui suis-je ? »  « Ou vais-je ».
Les élections, en Suède de septembre, de Bavière en octobre, les mid-term de novembre, le BREXIT de mars 2019 et cerise sur le gâteau les législatives espagnoles en pleine  campagne européenne, vous aurez, chaque mois ou presque de sérieuses secousses capables de renverser l’idée d’opposer « progressistes » aux nationalistes ».  


Jean Vinatier
Seriatim 2018

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