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mercredi 12 septembre 2018

« Retour de l’armée algérienne au premier plan de la vie politique ? par Abderrahmane Mekkaoui » N°4532 12e année


« Après une éclipse momentanée, l’Armée nationale populaire (ANP) rejoue les premiers rôles sur la scène algérienne, à la faveur du démantèlement d’un trafic de cocaïne. Le général Ahmed Gaid Saleh est-il pour autant l’homme par qui tout changement doit forcément passer ?

Une éclipse de 30 mois

Jusqu’en 2016, en Algérie, le pouvoir politico-financier était géré et régulé par le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) – les services secrets algériens -structure tentaculaire dirigée par le puissantissime général Toufik Mediene. Après son éviction et la dissolution de son service[1], l’épicentre du pouvoir a basculé dans le giron de la Présidence de la République. Le Président Bouteflika, copiant le modèle mis en place par le roi Hassan II (Maroc) et l’ex-Président Ben Ali (Tunisie), a renforcé les pouvoirs et prérogatives de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN, 258 000 hommes) et de la Gendarmerie (175 000 hommes), au détriment de l’armée dont il voulait réduire l’influence sur la vie du pays.
Pour rappel, depuis la présidence de Chadli Benjedid, l’Algérie a connu l’émergence de baronnies, sous la coupe de hauts gradés, qui avaient la main sur divers trafics. Une situation que régulait, hors de tout contrôle, l’ancien patron du DRS. La nouvelle concentration du pouvoir au Palais Al-Mouradia, incarnée par Said Bouteflika, frère du Président diminué par la maladie, a entrainé une mue qui a fait émerger une nouvelle caste politico-financière disposant d’un vaste empire et de connexions internationales variées allant de Rio de Janeiro à Marseille et de Valence à Dubaï. L’homme-lige choisi pour incarner ce basculement n’est autre que le chef du patronat algérien, Ali Haddad. Ce poulain du frère du Président est même pressenti pour assurer la relève à l’horizon 2019. Le processus en cours a marginalisé l’armée, véritable ossature du système et créateur de l’Etat algérien. Cela n’a pas été du goût de tout le monde, comme le prouve l’atmosphère de défiance qui règne en Algérie.

Le démantèlement d’un trafic de drogue qui tombe à point nommé

La donne a changé avec l’affaire Kamal Chikhi – dit le « boucher » en raison de ses activités d’importateur de viandes brésilienne et paraguayenne -, le démantèlement d’un trafic de cocaïne dans le port d’Oran en mai 2018. »
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Jean Vinatier
Seriatim 2018

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