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lundi 17 octobre 2011

Turquie : chemins hésitants ? N°1040 5e année

Où va la Turquie ? Depuis que le kémalisme s’est effondré en juillet 2011 quand tous les chefs d’état-major ont présenté leur démission collectivement, le dynamisme du Premier ministre Erdogan et de son ministre des Affaires Etrangères, Ahmet Davutoğlu semble trouver sur le terrain des différents pays arabes une réception très positive - Egypte, Tunisie, Libye-  sans doute liée à sa fermeté face Israël.
D’un côté la Turquie affirme haut et fort une ambition dite néo-ottomane qui impliquerait un réel détachement d’alliance, notamment avec l’OTAN mais d’un autre côté, elle approuve, juste avant l’Espagne, l’installation du bouclier anti-missile  américain sur son sol alors qu’Ankara et Téhéran gardent une diplomatie active : se résumerait-elle à leur seule « kurdophobie » commune ?
On ne discerne pas encore le sens véritable de la politique turque vis-à-vis des pays arabes : a-t-elle en vue de montrer à Washington mais aussi à Moscou et Pékin que la question d’Orient ne trouvera pas de nouveau passage sans elle  ou bien veut-elle mener une réelle politique pro-arabe dans une version laïque pour faire contrepoids aux évidentes ambitions des Etats de la péninsule arabique ? Elle n’axe pas, semble-t-il, non plus sa réflexion à partir des chiites et des sunnites, elle mesure le poids respectif de l’Iran et des pays Arabes : elle n’aurait pas  alors une démarche religieuse seulement géopolitique.
A priori et si l’on suit le cheminement d’Ahmet  Davutoğlu, la Turquie souhaiterait retrouver ses limites d’avant 1914 face à l’Iran par Irak interposé et aux puissances occidentales en prenant pied sur la côte  nord-africaine, base de départ idéale pour descendre le long de l’Afrique : les entrepreneurs turcs ne sont-ils pas déjà très actifs autour des Grand Lacs ?
Vis-à-vis de l’Union européenne la tension est patente : les Etats de l’Union affichent une réticence à l’égard de la Turquie tout en espérant l’amener à contrition en lui suggérant une série de réformes qu’elle n’entend pas suivre : dès lors pourquoi Ankara ne dirait pas officiellement qu’elle tire un trait sur une adhésion à terme ? Après tout, la Turquie incluant l’espace turcophone qui la conduit jusqu’en Asie centrale, n’est-elle pas une nation-monde et par sa politique énergétique  ne contrôle pas les gazoducs cruciaux pour les Européens ?
La Turquie dispose d’atouts majeurs face à des puissances qu’elle redoute autant qu’elle en cherche l’appui : Russie, Chine. Croit-elle qu’en ne quittant pas l’OTAN et en gardant une relation intime avec les Etats-Unis, elle jouira d’une protection durable ?
De même cherche-t-elle à devenir un membre à part entière des BRICS, acronyme forgé par un patron de Goldman Sachs ce qui induirait qu’elle se place résolument parmi les émergents : est-elle prête ?
La question est de savoir si une politique qui compte autant d’envers que d’endroits pourra se poursuivre longtemps.  

Jean Vinatier
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