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mercredi 6 décembre 2017

« L’islam djihadiste pakistanais : racines historiques, courants idéologiques et groupes terroristes par Julie Descarpentrie » N°4446 11e année



« C’est en 1747 qu’Ahmad Shah Durrani, un Pachtoune natif de Hérat, créa le premier royaume afghan souverain considéré comme l’Etat fondateur de l’Afghanistan moderne. Roi très aimé de ses sujets, il parvint à stabiliser les frontières et fonda le première entité politique pachtoune, mettant ainsi fin à plusieurs siècles de domination étrangère. Successivement désigné sous les noms d’« Aryana » de « Khorasan », puis d’ « Afghanistan » suite à la fondation de l’empire Durrani, ce pays d’Asie centrale a de tous temps été craint par ses voisins. Les Perses désignaient le pays de « Yaghestan », ce qui signifie « terre des rebelles » ou « royaume de l’insolence », désignant notamment l’insubordination de la population pachtoune.
Peuple fier dont les services peuvent être loués mais pas achetés, les Pachtounes sont réputés pour leur bravoure – réputation qui leur vient de l’application du code d’honneur appelé pachtounwali et qui, à l’image de la charia et de la nanawati1, fait figure de règles coutumières dont la légitimité est placée bien au-dessus des lois gouvernementales. Parce qu’ils habitent principalement dans les zones tribales du pays à la frontière de la Ligne Durand2, Kaboul dispose de peu de moyens pour contrôler ces populations qui, par conséquent, ne bénéficient d’aucune infrastructure et ne peuvent compter que sur les conseils tribaux, les tribunaux chariatiques et les notables (malik) corrompus pour les administrer ou rendre la justice. C’est dans ce contexte que les Pachtounes ont toujours témoigné une certaine méfiance à l’égard du pouvoir central. Aussi n’est-il pas étonnant de constater qu’au gré des luttes insurrectionnelles et anticoloniales, nombre d’entre eux ont fini par rejoindre les rangs des insurgés. Ralliement qui se fit néanmoins au prix de leur instrumentalisation successive par les services de renseignement pakistanais (ISI), les Arabes d’Al-Qaïda, les taliban et plus récemment, par Daech.
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2017

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