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mardi 10 juillet 2018

Macron ou le congrès pot-pourri N°4523 12e année


Depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy et plus encore, à partir du mandat de François Hollande, la Présidence française se limite à deux choses : la réduction des acquis sociaux et la réforme sociétale. Pour la réforme sociétale, nous eûmes le mariage pour tous, avec Emmanuel Macron, nous aurons la PMA, son successeur n’aura plus que la GPA avant que des transgenres n’envahissent la scène.
Dans cette coquille vide qu’est devenue une Présidence de la République, le congrès conçu comme un acte de puissance politique devient une pièce de théâtre difficile à scénariser qui indiffère l’opinion publique déjà happée par le Mondial de football….
Le thème retenu par Emmanuel Macron était donc l’établissement d’un Etat-providence du XXIe siècle, où l’assurance sociale ferait place à une protection sociale. Jacques Chirac, le premier avait usé de la fracture sociale pour reconquérir des Français déjà blasés, et ce à quoi nous assistâmes à Versailles ne fut qu’une répétition de genre qui y croit.
Emmanuel Macron, mis sur orbite par une conjuration d’opulents, élu par défaut, doté d’une majorité elle-même très minoritaire en voix, sa Présidence est toute de cristal. Ayant passé une année à sillonner la terre à rencontrer celles et ceux qui comptent, les articles louangeurs du début de cette navigation présidentielle, sont désormais critiques son échec à l’international est patent, de même qu’en Europe, son axe politique majeur !
La popularité d’Emmanuel Macron est aussi faible que celle de son prédécesseur. Quant à la « croissance » source de toute une rédaction de propagande vantant ses miracles et aptitudes, il a eu un vent favorable. Si le climat des affaires a connu une embellie qui a, désormais atteint son point culminant, celui-ci n’a pas été nourri par des événements et des actes nous préparant à des matins moins radieux.
Emmanuel Macron sans adhésion ni nationale, ni sociale, jouissant seulement de la faiblesse et du désordre des oppositions, a connu ces mois de grâce ou d’apesanteur. Désormais, il amorce la descente et veut éviter l’avalanche.
Rebondir sur l’Etat-providence qui sent bon les idées socialistes d’il y a presque un siècle alors qu’Emmanuel Macron est un ultra-libéral ou mondialiste comme le conçoivent des cercles anglo-américains, est déjà une comédie. Son équipe a trouvé une expression de gauche qui ne rebute pas une partie de la droite, alors le Président entonne son toujours trop long discours. L’Etat-providence versus Macron se veut universel ce qui le rend moins crédible encore. Faute d’arguments, et parce qu’il fallait bien trouver une issue de sortie sur la question des immigrants ou migrants le Président n’a plus qu’à opposer les nationalistes aux progressistes dont il est, par la parole, le chevalier pourfendeur. Associer dans le même discours un Etat-providence qui n’assurerait plus mais protégerait seulement et la problématique migratoire, ne tient pas. Il occupe quelques instants, donne apparemment des gages sans modifier d’un iota un congrès très pot-pourri.


Jean Vinatier
Seriatim 2018

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