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lundi 21 décembre 2009

Louis XIII à Richelieu : « je vous protégerai contre qui que ce soit» -N°598- 3e année

Juin 1626, Louis XIII écrit au cardinal de Richelieu pour l’assurer de son soutien et lui rappeler par la même occasion que toute son ambition réside entre ses mains. Cette lettre exprime très bien le cadre dans lequel l’entente entre les deux hommes se posera jusqu’à la mort du cardinal en 1642.
Avant le siège de la Rochelle (1627) et la Journée des dupes (1630) Richelieu n’est pas encore le tout puissant ministre et Louis XIII garde une certaine prudence après avoir éprouvé successivement, outre sa mére Marie de Médicis, le maréchal d’Ancre (Concini), le duc de Luynes et affronte une première conspiration de la haute noblesse celle du comte de Chalais en 1625.
Les lignes ci-dessous contredisent, enfin, toute la légende bâtie au XIXe siècle tant par les historiens que par les écrivains (Dumas) d’un roi absent, amorphe et d’un cardinal se haussant au-dessus du souverain. En fait les deux hommes se mirent au service de l’Etat, une idée neuve à l’époque.

« Mon cousin,

j’ai vu toutes les raisons qui vous font désirer votre repos, que je désire avec votre santé plus que vous, pourvu que vous le trouviez dans le soin et la conduite principale de mes affaires. Tout, grâce à Dieu, a bien succédé depuis que vous y êtes. J’ai confiance en vous et il est vrai que je n’ai jamais trouvé personne qui me servît à mon gré comme vous. C’est ce qui me fait désirer et prier de ne point vous retirer, car mes affaires iraient mal. Je veux bien vous soulager en tout ce qui se pourra et déchargez de toutes visites, et je vous permets d’aller prendre du relâche de fois à autre, vous aimant autant absent que présent. Je sais bien que vous ne laissez pas de songer à mes affaires. Je vous prie de n’appréhender point les calomnies, l’on ne s’en saurait garantir à ma cour. Je connais bien les esprits, et vous ai toujours averti de ceux qui vous portaient envie, et je ne connaîtrai jamais qu’aucun ait quelque pensée contre vous que je ne vous le dise. Je vois bien que vous méprisez tout pour mon service. Monsieur et beaucoup de grands vous en veulent à mon occasion ; mais assurez-vous que je vous protégerai contre qui que ce soit et que je ne vous abandonnerai jamais. La reine ma mère vous en promet autant. Il y a longtemps que je vous ai dit qu’il fallait fortifier mon conseil ; c’est vous qui avez toujours reculé de peur des changements, mais il n’est plus temps de s’amuser à tout ce qu’on en dira ; c’est assez que c’est moi qui le veux. Au reste, si ceux que j’y mettrai n’ont habitude avec vous, ils ne suivront pas vos avis, principalement vous étant quelquefois absent, à cause de vos indispositions. Ne vous amusez point à tout ce qu’on dira ; je dissiperai toutes les calomnies que l’on saurait dire contre vous, faisant connaître que c’est moi qui veut que ceux qui sont dans mon conseil aient habitude avec vous. Assurez-vous que je ne changerai jamais et que, quiconque vous attaquera, vous m’aurez pour second. »

Jean Vinatier

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Source :
Pierre Grillon, Les papiers de Richelieu, Paris, E.Pedone, 1975, Vol. 1, pp.353-354

Note:

Lectures conseillées: Françoise Hildesheimer (Richelieu, Paris, Flammarion, 2004) et Jean-Christian Petitfils, Louis XIII, Paris, Perrin, 2008)


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samedi 19 décembre 2009

Copenhague : la fin du « monde de l’Ouest » - N°597- 3e année

La confusion qui a régné lors de la fin du sommet réuni à Copenhague est un fait incontesté. Cette réunion mondiale se termine donc par un échec et le simili brouillon rédigé, vendredi soir, à la hâte et cosigné par Barack Obama et Nicolas Sarkozy ne modifiera pas la donne. Au contraire, cette ultime tentative, certainement initiée par le Président français a réussi à choquer la quasi-totalité des délégations présentes ! Pourtant, la France avait essayé par deux fois de co-conduire deux groupes, le premier celui des pays amazoniens, le second celui des pays africains. Mais face à la Chine, l’Inde, l’Indonésie qui seront quasiment les seules puissances au monde à afficher, en 2009, une croissance insolente (avec in extremis le Brésil) ni la France, ni l’Union européenne qui vient de faire la démonstration de son inefficacité en raison des disputes d’ego, ne font le poids devant de telles locomotives. Aucune ne voulait se faire dicter quoi que ce soit par le « monde de l’Ouest »
Le Président américain a ignoré complètement l’Europe au profit des acteurs précités. Etait-ce une surprise ?Avait-il le choix ? Non. Barack Obama sauve la face en dernière minute ce samedi, en co-écrivant un texte avec le Président chinois mais à quel prix !
Et le climat ? Mais le climat avec tout ce qui l’entoure, n’est-il pas une bataille politique menée, notamment, par les acteurs officiels et officieux de l’économie, de la finance en face, les ONG pèsent beaucoup moins ?
Que conclure au terme de ces dix jours ?
Premièrement, le sommet de Copenhague est sans doute le dernier sur ce thème à se dérouler sur le sol européen, en toute logique le prochain se situera plus à l’Est ou au Sud.
Deuxièmement, ce sont désormais les pays émergents qui proposeront aux pays du Sud depuis l’Océan Indien jusqu’au Pacifique d’innovantes ambitions : le climat c’est eux ! L’Afrique dont il a été question, quoi qu’elle subisse, entre de plein pied dans ce nouveau monde et nul doute qu’en avril 2010, elle commérera à sa manière le cinquantenaire de la fin des empires européens sur son sol.
Les luttes vues à Copenhague sont le prélude à d’autres turbulences et à une accélération de l’Histoire.

Jean Vinatier

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jeudi 17 décembre 2009

Copenhague : assemblée caquetante, cénacles bannis -N596- 3e année

Pour être sûr de ne pas être déçu par une réunion mondiale, n’est-il pas de n’en rien attendre ? Sans vouloir jouer les Cassandre, les débats commencés depuis presque dix jours mettent plus en avant les points de concurrence et de divergence entre les Etats regroupés de façons diverses. Un jour nous avons la France et les pays africains du bassin du Congo (Cameroun, République centrafricaine, Gabon, République du Congo, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Tchad) qui semblent s’unir, un autre ce sont des pays émergents qui font front commun, une autre fois, nous assistons à l’opposition puis à une entente Chine/Etats-Unis. Au fil des jours, les prises de position mettent en évidence le véritable désordre du monde. Les ONG, elles-mêmes, ne présentent pas une ligne commune tandis que des centaines de hauts fonctionnaires planchent chaque jour et vont d’une réunion à une autre puis de débriefing en débriefing. Et cerise sur le gâteau, Nicolas Sarkozy interpelle Barack Obama rêvant que ce dernier s’avance dans l’arène pour un affrontement très people.
Le sommet de Copenhague est un sommet qui n’innove absolument pas : on est très étonné qu’à l’ère d’Internet et de tous les outils qui l’accompagnent, les gouvernements maintiennent toute la lourdeur d’organisation qui se justifiait, autrefois, faute de moyens de communication adaptés. Puisque l’économie de CO2 est l’objectif affiché, pourquoi ne pas avoir mis sur pied une réunion internationale sur le Net ? Bien sûr, au moment de la signature tous les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouveraient. Ne ferait-on pas une sérieuse économie de CO2 ? Les hommes ne verraient-ils pas que les Etats, pour une fois, seraient logiques avec les objets qu’ils évoquent ? Il y aurait adéquation !
Le sommet sur le climat ne doit-il pas nous préparer à la mise en place d’un nouvel ordre économique, politique, social et mode de vie mondial qui aurait très peu à faire avec les messages diffusés en continu sur le danger du réchauffement climatique ? Pour le grand public, la tâche n’est pas aisée de définir qui veut quoi. En effet les ONG et les Verts, par exemple, sont-ils véritablement sur une ligne identique ? Pour l’heure, nous regardons une assemblée technicienne caquetante, de temps en temps perturbée par des manifestations accompagnées d’arrestations qui laissent songeurs par leur brutalité.
Au fond, ce qui manque à tout ce tintamarre, c’est une philosophie commune au monde, la seule à même de permettre d’œuvrer à une fraternité humaine. C’est une utopie, me dira-t-on ? Oui, c’en est une. Nous déplorons qu’elle n’existe pas et surtout que les Etats n’en veulent absolument pas. Comment pourra-t-on faire des avancées, amplifier les prises de conscience sans évoquer une philosophie commune planétaire ?
Copenhague est un sommet laïc sans représentants des religions et des philosophies (p.e : le bouddhisme) Pas davantage les intellectuels ne sont présents. Il est quand même assez incroyable de voir l’intellect banni des enceintes de cette réunion mondiale sur un tel sujet ! En négligeant ce point, en écartant, au profit des seuls avis scientifiques, les intellectuels et les représentants des religions, les hommes se privent certainement d’une espérance et d’une volonté historique.
Parler du climat c’est dire notre environnement et donc la société que nous bâtirons demain. Prétendre l’accomplir en s’appuyant exclusivement sur des hauts fonctionnaires ou techniciens, des lobbies de toutes les industries, ne serait-ce pas laisser les orgueils des Etats en roue libre alors que beaucoup d’entre eux sont sous l’influence et même le diktat d’oligarchies financières ?
Le sommet de Copenhague risque, ainsi, d’apparaître, comme une faillite morale en tout point dommageable aux hommes.


Jean Vinatier

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mercredi 16 décembre 2009

Jean-Claude Paye : « Affaire swift : Un nouvel abandon de la souveraineté européenne » –N°595-3e année

Jean-Claude Paye publie un article dans Voltaire reproduit ci-dessous avec le lien vers le site (http://www.voltairenet.org/article163287.html) L’auteur remet en perspective l’affaire de cette société américaine de droit belge, Swift, qui avait transmis le plus illégalement aux Etats-Unis les millions de données personnelles de ses clients pendant leurs opérations financières. L’Union européenne, sans punir la société Swift a souscrit à toutes les demandes de Washington. Jean-Claude Paye explique cette attitude par la mise en place d’un marché Atlantique vers 2015 et par l’assurance que le droit américain ne rencontrera pas d’opposition sur le continent européen !

« Ces dernières années, l’Union européenne et les États-Unis ont signé un ensemble d’accords en matière de remise des données personnelles : informations PNR des passagers aériens [
1], données financières dans le cadre de l’affaire Swift [2]. Un projet de transfert général est en préparation. Il s’agit de remettre, en permanence aux autorités américaines, une série d’informations privées, telles le numéro de la carte de crédit, les détails des comptes bancaires, les investissements réalisés, les connexions internet, la race, les opinions politiques, les moeurs, la religion [3].
Progressivement, l’Union transforme sa propre légalité, afin de permettre au droit états-unien de s’appliquer directement sur son territoire. Chaque nouvel accord constitue un nouvel abandon de souveraineté des pays membres de l’Union européenne. Le texte qui vient d’être signé entre l’UE et les USA, en matière de saisie des données financières, en est un exemple éclairant.

L’affaire Swift

Ce 30 novembre 2009, le Conseil des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne a avalisé le projet d’accord établi par la Commission, qui permet aux autorités US de se saisir, sur les serveurs de la société Swift placés sur le sol européen, des données personnelles financières des citoyens des pays membres de l’Union. Cette ratification par le Conseil est la dernière étape du processus destiné à mettre fin au scandale de l’affaire Swift et à toute contestation du droit que se sont octroyé les États-Unis de se saisir des informations financières concernant les ressortissants européens.
L’affaire Swift avait éclaté lorsque, en 2006, la presse états-unienne avait révélé que cette société avait, depuis les attentats du 11 septembre 2001, transmis clandestinement, au Département du Trésor US, des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients. Swift, société américaine de droit belge, gère les échanges internationaux de quelques 8 000 institutions financières situées dans 208 pays. Elle assure le transfert de données relatives aux paiements, mais ne fait pas transiter d’argent.
Malgré la violation flagrante des droits, européen et belge, de protection des données personnelles, ce transfert n’a jamais été remis en cause. Au contraire, l’UE et les USA ont signé plusieurs accords destinés à légitimer cette capture.
Tous ont été justifiés par la lutte contre le terrorisme. La saisie par les autorités US était rendue possible par la particularité du système Swift. En effet, toutes les données contenues par le serveur européen, installé à La Haye, étaient également placées sur un second serveur placé aux États-Unis. Ce qui permettait aux douanes états-uniennes d’en prendre possession, le droit américain autorisant cette saisie.

Un nouvel accord UE-USA

Toutefois, depuis juin 2007, il a été prévu que les données Swift inter-européennes ne soient plus transférées aux USA, mais sur un second serveur européen. Cette nouvelle procédure s’avère formellement plus conforme au droit européen et supprimerait la possibilité des autorités états-uniennes de se saisir de ces informations. Ce nouveau serveur placé à Zurich est opérationnel depuis novembre de cette année.
Suite à cette réorganisation et contrairement à ce qui était affirmé lors des précédents accords, le Commissaire européen à la Justice Jacques Barrot a expliqué que les Vingt-Sept souhaitent donner, aux enquêteurs du Trésor américain, accès aux centres d’opérations européens gérés par Swift. Il a déclaré que « ce serait extrêmement dangereux à ce stade de cesser la surveillance et le contrôle de ces flux d’informations » [
4] et affirmé que les opérations américaines sur le serveur américain de Swift s’étaient révélées « un outil important et efficace ». Il a simplement repris les déclarations du juge Brugière, la « personnalité éminente » [5] désignée par la Commission pour « contrôler » l’utilisation américaine des dizaines de millions de données transférées chaque année. Ce dernier avait prétendu que cette saisie avait « permis d’éviter un certain nombre d’attentats ». Aucun exemple, permettant de vérifier ces allégations, n’a été avancé. L’énonciation du caractère indispensable de la capture des données financières devient la preuve du succès de cette politique dans la lutte contre le terrorisme. Une identité est établie entre le mot et la chose.

Des justifications en trompe l’œil

L’énonciation de la lutte contre le terrorisme suffit à justifier la capture des données financières. Cependant, la réalité nous montre que les attentats sont généralement sont peu coûteux et ne nécessitent aucun déplacement important d’argent. . La raison invoquée prend un caractère surréaliste quand on sait que la commission officielle d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 n’a pas voulu investiguer sur les mouvements de capitaux suspects, enregistrés les jours précédents les attentats. Pourtant, juste avant les attaques du 11 septembre, le 6, 7 et 8, il y a eu des options de vente exceptionnelles sur les actions des 2 compagnies aériennes [Americain et United Airlines] qui furent détournées par les pirates, ainsi que sur Merril Lynch, l’un des plus grands locataires du World Trade Center. Ces informations ont été révélées notamment par Ernst Welteke, président de la Deutsche Bank à l’époque, qui a aussi déclaré qu’il y avait beaucoup de faits qui prouvent que les personnes impliquées dans les attaques profitèrent d’informations confidentielles afin de réaliser des opérations suspectes [
6]. Tous ces éléments, le fait qu’un attentat terroriste ne nécessite pas d’importants transferts de fonds et la volonté politique de ne pas enquêter sur les transferts financiers suspects, nous indiquent que la capture des données financières des citoyens est bien un objectif en soi.

Souveraineté états-unienne sur le sol européen

La Commission a voulu d’abord signer un accord transitoire, qui a pris effet dès la mise en route du serveur de Zurich. Le processus de décision a été confié à la présidence suédoise et au Conseil, rejetant ainsi toute possibilité de décision partagée avec le Parlement. Cela a toute son importance car le Conseil suit quasiment toujours les positions des fonctionnaires permanents et ceux-ci, se révèlent, le plus souvent, être de simples relais des négociateurs américains. Le commissaire Jacques Barrot affirme réaliser un accord équilibré, mais il a dû reconnaître que le texte actuel n’inclut pas l’accès des autorités européennes aux transactions bancaires états-uniennes [
7].
À cet accord transitoire doit succéder un texte définitif, tout aussi unilatéral. Il s’agirait, après 9 mois, de « renégocier » ce qui a été accepté dans l’urgence. Cet accord devrait être avalisé par le Parlement européen, quand le Traité de Lisbonne, qui donne à cette assemblée plus de pouvoirs en matière de police et de Justice, sera d’application. La volonté affichée d’attendre la ratification du Traité indique qu’il s’agit de faire reconnaître, par le Parlement, un droit permanent des autorités américaines de se saisir, sur le sol européen, des données personnelles des citoyens de l’Union. Les nouveaux « pouvoirs » accordés au Parlement trouvent leur raison d’être dans la légitimation des transferts de souveraineté de l’UE vers les USA.
Cette position a le mérite d’être transparente, de présenter le Traité, non pas comme un texte constitutionnel interne à l’Union, mais comme un acte d’intégration de l’UE dans une entité supranationale sous souveraineté états-unienne. Ce nouvel accord qui permet aux autorités US de capturer, sur le sol européen et sans aucune réciprocité, des données personnelles des citoyens de l’Union, représente un nouveau pas dans l’exercice de la souveraineté directe des institutions étasuniennes sur les populations européennes.

Une structure impériale asymétrique

La capture US des informations sur les citoyens européens, surtout celles relatives à leur transactions financières, doit être replacée dans le cadre de la formation du futur grand marché transatlantique à l’horizon 2015 [
8]. Les accords, qui autorisent ce transfert vers les USA, ne constituent qu’une étape préparatoire, la condition préalable permettant l’installation d’un grand marché transatlantique [9], ainsi que la constitution d’une entité politique commune. Ayant pour base le droit états-unien, ce projet s’avérera être un grand marché des données personnelles, à travers lequel, ces informations confidentielles seront livrées au secteur privé. La transformation de la vie privée en marchandise va de pair avec sa surveillance policière, cette dernière étant la condition d’existence de la première. La capture des données par les autorités administratives étasuniennes constitue une nouvelle accumulation primitive capitaliste ayant pour objet l’installation de nouveaux rapports de propriété basé sur la fin de la propriété de soi.
Le caractère asymétrique de la capture des données personnelles : les autorités américaine ayant accès aux données européennes, sans qu’il soit question d’une quelconque réciprocité, nous révèle que au niveau du futur grand marché transatlantique, toutes les entreprises seront égales, mais certaines, les firmes US, le seront plus que d’autres.
L’utilisation par les autorités états-uniennes des données financières recueillies lors de « la lutte contre le terrorisme » a déjà commencé dans le cadre de « la lutte contre la fraude fiscale », dont les attaques contre la banque suisse UBS [
10] et l’instrumentalisation du G 20 du 1er et 2 avril 2009 [11] ont été les épisodes les plus médiatisés.
Jean-Claude Paye »


[
1] « L’espace aèrien sous contrôle impérial », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 13 octobre 2007.
[
2] « Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien », Réseau Voltaire, 28 avril 2008.
[
3] Council of the European Union, « Note from Presidency to Coreper, Final Report by EU-US Hight Level Contact Group on information sharing and privacy and personal protection », 9831/08, Brussels 28 mai 2008. Téléchargement.
[
4] « Partage de données bancaire : nouvelles négociations entre les 27 et les États-Unis », Le Soir, 28 juillet 2009.
[
5] « Jean-Louis Bruguière, un juge d’exception », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 29 avril 2004.
[
6] « Insider trading’ by terrorists is suspected in Europe », par William Droziac, Washington Post, 22 septembre 2001.
[
7] « EU wants to share more bank details with the US authorities », Edri.org, le 29 juillet 2009.
[
8] « Un nouvel ordre politique : le futur grand marché transatlantique », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 4 février 2009. « Résolution du Parlement européen sur l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis », Réseau Voltaire, 23 mars 2009.
[
9] « Un mercato transatlantico imperiale », par Jean-Claude Paye, Critica Marxista, 2009 n° 1
[
10] « Lutte contre la fraude fiscale ou main mise sur le système financier international ? », Réseau voltaire, 3 mars 2009.
[
11] « À qui profite la fin du secret bancaire ? Le G 20 : une hiérarchisation des marchés financiers », Réseau Voltaire, 9 avril 2009.


Jean Vinatier

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Afghanistan/France –N°594-3e année

NON AUX CHARTERS DE LA HONTE

Jean Vinatier

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lundi 14 décembre 2009

Berlusconi : frappe italienne –N°593- 3e année

Quinze jours ou peu s’en faut après l’impressionnante mobilisation des Italiens contre le maintien de Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement italien, ce dernier a été victime à Milan d’une agression : Visage ensanglanté, l’air hagard et choqué. Sa photo fait aujourd’hui la une de bien des médias.
Que penser de ce fait ? Est-il surprenant ? L’agression d’un élu est-elle quelque chose d’infamant ou non ? Peut-elle le renforcer ou bien l’affaiblir ? Un élu et plus encore pour celui qui occupe les premières charges d’un Etat qui subit un attentat fait toujours l’effet d’une bombe. C’est un trait de lumière soudain et violent qui éblouit et tétanise le citoyen. La femme ou l’homme visé peut avoir tous les défauts du monde ou bien toutes les qualités, un acte physique contre sa personne porte à son point culminant une tension. L’Italie, trop souvent négligée dans nos esprits, garde une vigueur et une virulence dans sa vie politique identique à celle en cours dans le Royaume-Uni. S’étonnera-t-on que ce soit dans ces deux nations phares des premières révolutions, communale pour la péninsule italienne, parlementaire pour l’Angleterre de la dynastie Stuart que les débats politiques prennent des proportions qui n’existent plus en France ?
A la veille d’élections italiennes, le pays est quasiment scindé en deux, les pro et les anti-Berlusconi. Il n’y a plus ni droite, ni gauche mais seulement l’admiration ou le rejet pour un homme porteur d’une réussite et d’un certain comportement public et privé. Ainsi, Silvio Berlusconi subjugue-t-il une partie des Italiens tandis que l’autre le voue aux gémonies. Il cavaliere s’enorgueillit de capter autant l’attention des gens, l’homme étant volontiers, vaniteux au langage cru mais il l’est bien moins que Nicolas Sarkozy auquel il manque, en plus, le courage. Car si le Président du Conseil cumule les critiques, il sait néanmoins ne pas s’étouffer au milieu de milliers de prétoriens et il ose le contact avec le peuple. Silvio Berlusconi ne fuit pas, ne se cache pas, il va au-devant. Et cette agression le déterminera à ne pas varier dans son comportement. Un politique anglais tel Gordon Brown procéderait de même, sauf, peut-être un Tony Blair.
L’élu à l’instar du souverain ou du Président de la République se doit assumer sa représentation conformément au mandat qui lui a été confié. Or, tout contact avec le peuple est source d’imprévu, la foule étant par nature imprévisible en raison de sa psychologie singulière bien analysée, notamment par Gustave Lebon.
L’agression ou l’attentat est une façon de se réapproprier l’élu, devenu un tyran, en lui infligeant une punition purificatrice. Longtemps les penseurs chrétiens ont réfléchi et publié de fort nombreux ouvrages traitant du tyrannicide, du régicide, certains le justifiant (On lira avec intérêt, le dernier ouvrage de Monique Cottret,
Tuer le tyran. Le tyrannicide dans l’Europe moderne, Paris, Fayard, 2009)
Pourquoi accorder autant d’attention à ce fait ? L’Italie tout comme l’Angleterre forment deux plaques tectoniques intellectuelles fondamentales de l’Europe. C’est à partir de ces deux nations que la démocratie moderne s’est construite, que les idées politiques y ont connu les débuts intellectuels incontestables. Aujourd’hui, ces deux peuples européens ont gardé une identité quasiment intacte, nullement brouillée par des questions, des interrogations autour de l’identité nationale. Si les Italiens se sont révoltés contre le « tyran » Mussolini, l’Espagne et le Portugal, deux autres nations latines, se sont abîmées pour longtemps en ne combattant ni le franquisme (après 1939) et ni salazarisme (du vivant de son auteur)
Retenons bien que quelques blogueurs italiens on suffit à faire descendre le peuple dans la rue, hors de tout parti et syndicat. Nous avons assisté, mais les médias ont pris soin d’en dire le moins possible, à quelque chose d’assez révolutionnaire d’une ampleur qui dépasse la révolte des jeunes hellènes de l’hiver dernier. Le visage tuméfié de Silvio Berlusconi est annonciateur d’autres événements et nous suggérons de regarder ce qui se fera de l’autre côté du Channel…ensuite, la France prendra le relais ou pas !



Jean Vinatier

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samedi 12 décembre 2009

Janvier 1768 : « Sire, cette manière de conduire les finances… »-N°592- 3e année

Quelques mois avant sa disgrâce le Contrôleur général des finances, Clément—Charles-François de L’Averdy, marquis de Gambais (1724-1793) adressa à Louis XV un rapport sur l’état des finances dont on pourra tirer des réflexions contemporaines.
Pendant le gouvernement du duc de Choiseul (1758-1770) le ministère L’Averdy (1763-1768) a tenté de réaliser plusieurs réformes dont celle des communes (1764) qui mit fin aux offices municipaux remplacés par des conseils municipaux élus, prélude à d’autres projets touchant à l’organisation administrative du royaume. L’Averdy, descendant d’italiens venus en France (Del’Averdi) et anoblis au XVIe siècle, était un magistrat janséniste et par conséquent hostile aux Jésuites. Très pieux, d’une grande rigueur morale et intellectuelle, il vécut de l’intérieur du gouvernement les fortes tensions entre le Roi, les Parlements et l’évolution d’une opinion publique de plus en plus critique qui allaient aboutir à la grande crise de 1770, la dernière avant la Révolution.
Retiré dans son château de Neuville (Gambais) il y sera arrêté pendant la Terreur puis guillotiné.
Détail people, Arnaud Montebourg, député socialiste et grand pourfendeur des abus, a pour épouse la comtesse de La Briffe descendante directe du ministre de Louis XV et propriétaire avec sa famille de cette magnifique demeure.

« Depuis longtemps, Sire, vos finances sont conduites avec le recours de palliatifs et de ressources momentanées non proportionnées à l’étendue du mal. Cette époque remonte au moins à la conclusion du traité d’Aix la Chapelle (fin de la guerre de Succession d’Autriche, 1748) La dépense depuis ce temps a toujours surpassé la recette tous les ans : l’Etat s’est arriéré par des emprunts ou par des dettes. Les dépenses énormes de la dernière guerre (guerre de Sept ans, 1756-1763) ont infiniment augmenté le mal ; et enfin les quatre premières années de la paix ont présenté une si énorme confusion qu’il est sensible qu’on ne pouvait pas y remédier pendant qu’on cherchait à constater tout et à y remettre de l’ordre. Lorsqu’il faut tous les ans des secours extraordinaires considérables, tout le monde s’en aperçoit ; le discrédit arrive à la fin, parce que l’effroi de l’abîme où conduit nécessairement une administration de cette nature, fait que chacun retire sa confiance et que la ressource extraordinaire ne réussit point ou du moins qu’avec beaucoup de peine. C’est ce qu’on commençait à éprouver en 1766 ; c’est ce qu’on a éprouvé en 1767. Et on est convaincu que le crédit ne pouvait pas produire des ressources complètes l’année prochaine parce que l’état des affaires a trop percé dans le public, qu’il sait trop bien calculer aujourd’hui et qu’il en conclut la faillite comme nécessaire.
Il est donc certain que la voie des palliatifs et des secours momentanés, mauvaise en soi, quoique quelquefois nécessaire, est d’ailleurs épuisée en bonne partie. Mais quand elle pourrait se soutenir encoure toute entière pendant quelque temps, il est sensible que ce ne pourrait être que pour un très petit nombre d’années, que la guerre, si elle survenait, détruirait toute existence et qu’ainsi les événements qu’on redoute, n’en arriveraient pas moins mais seulement avec un éclat plus considérable et plus funeste.
De plus, Sire, cette manière de conduire la finance est dangereuse en politique sous deux points de vue importants. En premier, elle enhardit l’ennemi qui voit l’état fâcheux du royaume sur lequel il veut envahir des possessions ou des branches de commerce. En second lieu, elle perd l’autorité royale. La défiance et la désapprobation enlèvent au gouvernement toute considération ; les besoins l’obligent de céder dans beaucoup d’occasions malgré le chagrin qu’il en ressent. La finance et l’autorité du prince sont comme le niveau de l’eau. L’histoire ancienne le démontre et ce qui se passe sous nos yeux en est la preuve. L’époque des atteintes qu’on a essayé de porter à l’autorité est précisément celle du moment où la dépense a surpassé la recette. Et les épreuves qu ‘on a faites depuis qu’on a cherché à rétablir cette autorité si nécessaire au bonheur et à la tranquillité de l’Empire, démontrent que sans une finance bien réglée ces efforts sont impuissants ; qu’ils produisent des convulsions sans arrêter les entreprises et que leurs effets, en tout cas, sont si lents qu’on peut pour ainsi dire les réduire à zéro.
Mais comment apporter des remèdes lorsqu’on voit un déficit de plus de 60 millions sans ce qui reste encore à payer de la dette arriérée et exigible. Il n’est personne qui ne soit justement effrayé du tableau et qui ne désespère du salut commun. Cependant l’Etat ne doit pas périr. Il doit avoir en lui-même et les ressources possibles et les voies de contrainte pour se les procurer tout à la fois ou successivement. Le tout est de le faire convenablement. Car quand même un grand Etat serait réduit à la nécessité dure et honteuse de faire faillite, il aurait encore à chercher et à trouver la moins nuisible de le faire et elle demanderait à être conduite avec une règle déterminée. Mais écartons cette idée aussi funeste. En s’appliquant aux maux de la patrie, on doit essayer tous les moyens possibles de sauver son maître avec les secours de son autorité et les citoyens malgré eux et malgré leurs plaintes. »




Jean Vinatier

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Sources :


Archives nationales, série K/885 n°4 : Rapport sur la situation des finances par M. de L’Averdy, Contrôleur général des Finances

Mireille Touzery : L’invention de l’impôt sur le revenu –La taille tarifée, 1715-1789, Comité pour l’Histoire Economique de la France, Paris, 1994, pp.216-217
Joël Felix : Finances et politique au siècle des Lumières – Le ministère L’Averdy, 1763-1768, Comité pour l’Histoire Economique de la France, Paris, 1999
Arnaud de Maurepas/Antoine Boulant : Les ministres et les ministères du Siècle des Lumières 1715-1789, Christian/Jas, Paris,1996, pp.333-336


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jeudi 10 décembre 2009

UMP/Elysée : Bristol pour le cirque ? -N°591- 3e année

La chute de Rome est-elle imminente ? Hier, le Chef d’Etat ironisait depuis le Bristol devant un parterre de grands donateurs sur sa fonction de DRH du parti socialiste puis de se moquer de Jacques Chirac. Au palais de l’Elysée lors de la remise de la légion d’honneur à Dominique Farruguia, éphémère patron de Canal+, Nicolas Sarkozy s’est lancé dans une diatribe contre…la chaîne cryptée et l’animateur Marc-Olivier Fogiel agacé par les attaques personnelles dont il serait l’objet ainsi que sa chère Carla ! Manifestement, il n’a pas digéré l’affaire de l’EPAD !
Aujourd’hui, nous regardons consternés la version piratée du lipdud des jeunes de l’UMP¹, un clip
« dégoulinant de bêtise » selon Luc Ferry choqué « vraiment que le show biz le plus médiocre puisse s'introduire dans la politique »² Effectivement, on voit tous les ministres danser de la manière la plus grotesque et indigne : c’est la cour qui s’amuse, qui prend du bon temps, s’éclate, se moque et disons-le nous dit d’aller nous faire voir ! Si on lit les sondages successifs, les Français se désesperaient de Nicolas Sarkozy et de François Fillon (il n’est donc plus un fusible) écœurés par les dépenses élyséennes et les salaires que s’octroient les membres des cabinets ministériels dont les effectifs explosent (+ de 7000 euros mensuels en moyenne) ainsi que ceux des conseillers du Président : Henri Guaino, Pierre Giacometti³ ! Quant à la facture du nouvel avion présidentiel, on sait que la somme tournera autour de 180/200 millions d’euros….
Un précédent clip de l’UMP avait été tourné aux Etats-Unis avec des figurants de ce pays. Nous, Français, existons-nous ? Ne sommes-nous pas gommés par touche successive ?
Est-ce tout ? Que nenni ! Eric Woerth, ministre du budget, se flattait de détenir la liste de 3000 contribuables français ayant un compte en Suisse. On apprend que cette liste a été constituée par un ex-salarié de la banque HSBC mais qu’en plus, certains gros donateurs de l’UMP pourraient y figurer ! A quoi pense-t-on immédiatement ? L’UMP a-t-elle reçu de l’argent caché…au fisc français?
En touche finale, voir Nicolas Sarkozy, Gordon Brown et Angela Merkel faire front commun pour taxer les bonus des banques, pouvons-nous les croire ? Dans un cirque, les numéros ne se succèdent-ils pas l’un derrière l’autre ?


Jean Vinatier

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Sources :

1-
http://www.20minutes.fr/article/370088/Politique-Le-lipdub-des-jeunes-de-l-UMP-devoile-avant-l-heure.php
2-http://www.lefigaro.fr/le-talk/2009/12/09/01021-20091209ARTFIG00497-posez-vos-questions-a-luc-ferry-.php
Note :

3-Pierre Giacometti a indiqué que la somme de 44000 euros ne lui était pas versée personnellement mais à sa société GiacomettiPéron et Associés : cherchez l’astuce !


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mercredi 9 décembre 2009

Grèce : la Chine en sauveur ? –N°590- 3e année

Alors que l’inquiétude grandit autour du sort de Dubaï world, deux agences de notation Standard & Poor’s puis Fitch, suscitent d’autres craintes en rétrogradant la Grèce de A- à BBB+ avec une perspective négative. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet et Christine Lagarde ont beau dire que la faillite de la Grèce est peu probable, leurs mines contredisent leurs propos.
Quid de la solidarité européenne ? Le ministre suédois des Finances Anders Borg a laissé entendre que les pays européens n'étaient pas disposés à venir en aide à la Grèce en pleine crise budgétaire, et a appelé le gouvernement actuel à
« enfin appliquer une politique budgétaire sérieuse » La raison de cette sévérité ? Le traité de Lisbonne (Cf Maastricht) interdit implicitement que des Etats de l'Union européenne transfèrent leurs dettes à d'autres. L’Union ne s’est donc pas dotée d’un instrument financier pour traiter une crise de financement de l’un des membres. Aujourd’hui, Athènes redoute que la BCE lui refuse, à court terme, des liquidités. La Grèce, membre du FMI, pourrait solliciter une assistance mais si cette démarche s’effectuait, l’Union européenne n’avouerait-elle pas sa faiblesse ?
La Grèce sombrera-t-elle ? Nul ne voudrait le penser si d’autres Etats de l’Union, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne¹ ou PIGS (acronyme d’un goût douteux pour désigner les 4 pays en question)- ne connaissaient pas des difficultés financières préoccupantes. L’Union européenne laissera-t-elle les PIGS trouver par leurs propres moyens une solution ? On a là d’une part, un exemple splendide et dramatique de la non-solidarité entre les vingt-sept et d’autre part, un risque de non-crédibilité pour la monnaie européenne.
Dans ces conditions, s’étonnera-t-on d’apprendre que le gouvernement socialiste grec essaie de trouver une solution auprès des banques chinoises à concurrence d’un prêt équivalent à 25 milliards d’euros. Pékin ne repousse pas la demande et guette l’occasion d’augmenter sa part d’investissement au Pirée.
Rappelons que la Chine a décidé l’été dernier de prendre en charge l’ensemble de l’économie moldave
(in Seriatim n°510 –7 août 2009)² en plein accord avec la Russie. Si la Grèce obtient de Pékin les aides demandées, le pays des Hellènes, après la Moldavie, relèvera-t-il du « voisinage proche » chinois ? Quels seront les contrecoups pour l’Union européenne ? Le gouvernement chinois a une occasion d’utiliser ses disponibilités financières et de s’immiscer dans l’économie d’un pays de la zone euro qui est, à plus d’un titre, un symbole de l’histoire européenne.
Compte-tenu des disponibilités financières chinoises, Pékin aurait la capacité de prendre sous sa coupe plusieurs économies de l’Union européenne avec un retour sur investissement considérable et forcément des conséquences géostratégiques.
Un vrai problème se pose à l’Union européenne pour venir au secours de ses membres. Restera-t-elle immobile?Il y va de sa légitimité.
En dépit du calme des médias et des « grands économistes » qui n’ont vu venir ni la crise subprime, ni la détérioration de Dubaï World, l’iceberg est sous notre nez.

Jean Vinatier

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Note :

1-Espagne : Standard & Poor's a abaissé mercredi sa perspective sur la note de la dette de l'Espagne de 'stable' à 'négative' en raison de la montée des déficits fiscaux du pays et des difficultés de son économie.

In Seriatim :

Moldavie : débarquement chinois
2-
http://www.seriatimonline.com/search/label/Moldavie


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mardi 8 décembre 2009

Deux articles : l’un ne va pas sans l’autre-N°589-3e année

Sherwood Ross :
L’essor des armées de mercenaires : une menace pour la sécurité mondiale
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15223

Eva Golinger :
Twitter-Facebook pour réaliser des coups d’Etat «soft»
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1907


Jean Vinatier

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lundi 7 décembre 2009

Bolivie : Evo Morales par-dessus les sécessionnistes -N°588- 3e année

« Qui s'intéresse aujourd'hui à la Bolivie ? Une poignée d'entreprises étrangères attirées par ses richesses naturelles et des altermondialistes fascinés par la charge symbolique du syndicaliste d'origine indienne » écrivait-on dans Le Monde le 22 novembre dernier ?
En faisant fi de cette remarque qui indique une profonde ignorance pour l’Amérique Latine en pleine révolution et qui fait l’impasse sur le fait que tout le continent sud-américain émergera dans les prochaines années, il faut se réjouir de la victoire du Président Morales.
Rappelons-nous l’année 2008 marquée par les tentatives sécessionnistes des provinces de l’Est bolivien où se trouvent les richesses du pays et les grandes familles « blanches » qui n’admettent décidément pas qu’un Indien soit Chef d’Etat¹ et l’opposition très forte aux réformes constitutionnelles qui furent approuvées par un référendum. Un an plus tard, Evo Morales triomphe en recueillant 63,3% des suffrages tandis que son parti, MAS (Mouvement vers le Socialisme) lui donnera, en plus de celle à la Chambre des députés, la majorité au Sénat. Aussitôt, les premières flèches sont décochées contre Evo Morales soupçonné de vouloir copier Hugo Chavez. Evo Morales a gagné aussi largement tout simplement parce qu’il a su, à travers la reconnaissance des Indiens, réunir, réconcilier une nation.
La Bolivie possède dans le désert d’Uyuni, la moitié du lithium (5,4 millions de tonnes) au monde en sus d’une réserve en gaz naturel la plus importante du continent juste derrière celle du Venezuela et le marché pétrolier a été nationalisé en 2006. Le gouvernement de La Paz tient bien en main les mannettes des ressources énergétiques à l’instar de la Russie. Le lithium suscite les convoitises les plus grandes² : si les constructeurs automobilistes passaient tous à la voiture électrique, ce minerai serait une source « d’or noir » qui pourrait servir autant à enrichir la Bolivie qu’à mettre en avant les Indiens, ceux de Bolivie et d’autres pays.
Que voudra accomplir Evo Morales ? Jouer en solo ? Cette politique ne sera pas celle de demain : pour se défendre contre des multinationales et des puissances ambitieuses, la Bolivie devra appartenir à des alliances régionales. D’ailleurs la Bolivie n’est-elle pas l’une des cinq signataires ( Equateur,Venezuela,Nicaragua, Cuba) le 16 octobre 2009 du traité du SUCRE ou Système unifié de compensation dont Jacques Sapir a souligné l’importance ?

« Ce traité est la première réponse coordonnée à la crise financière et bientôt monétaire qui s’est déclenchée depuis juillet 2007 [….] Cette initiative apparaît comme la première alternative réellement crédible au renforcement du FMI et de son organisme sœur, la Banque Mondiale.
[…]
Le SUCRE est un projet relativement complexe qui vise non seulement à protéger les pays
membres des fluctuations du Dollar mais aussi à fournir un cadre commun à des politiques de
développement coordonnées.
Si le SUCRE s’inscrit bien dans la logique des monnaies régionales, il en diffère cependant
sur deux points : d’une part, il s’agit d’une monnaie commune et non d’une monnaie unique
sur la zone considérée et d’autre part il s’accompagne de toute une architecture devant
permettre de procéder à des initiatives coordonnées de développement. En cela, il jette déjà
les bases d’une coopération internationale qui va à l’encontre de la logique de « guerre des
monnaies » que l’on peut redouter dans d’autres scénarii.
À cet égard, il est clair que le SUCRE représente la première tentative concrète pour formuler
une réponse aux désordres monétaires internationaux, qui constituent la toile de fond de la
crise actuelle. Il est particulièrement significatif qu’une telle initiative provienne de pays qui
sont en rupture avec la domination des Etats-Unis sur la région. »
³

Le second mandat du Président Morales sera à bien des égards décisifs : Alors que les nations de ce continent se regroupent et au-delà des sécessionnistes, de la question indienne, c’est le début de la seconde histoire du pays qui commence après celle inaugurée lors des guerres d’émancipation de la Couronne d’Espagne au début du XIXe siècle.
Force est de noter que l’Amérique Latine dispose d’une palette de Chefs d’Etat singuliers et audacieux, ceux-là mêmes qui n’existent plus en Europe.


Jean Vinatier

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Note :
L’adhésion de Cuba à ce traité du SUCRE indique, semble-t-il, que les normalisations entre cet Etat et les Etats-Unis ne seront guère aisées, Cuba prennant soin de participer à la mise en place d’une monnaie commune ou régionale. Pas sûr que La Havane redevienne un paradis pour Etatsuniens oisifs et mafieux comme sous Batista !

1-In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/09/patagonie-lunasur-au-nom-des-sud.html
http://www.seriatimonline.com/2009/01/bolivie-ici-et-aujourdhui-finit-letat.html
http://www.seriatimonline.com/2008/09/evo-morales-au-nom-des-amrindiens.html
http://www.seriatimonline.com/2008/05/bolivie-el-4-de-mayo.html

Sources :

2-
http://www.infoguerre.fr/matrices-strategiques/lithium-bolivie-strategie-energie/
http://www.liberation.fr/economie/0101593196-guerre-du-lithium-bolivien-premiere-victoire-de-bollore
http://economie-et-societe.over-blog.fr/article-29664174.html

3-
http://horizons.typepad.fr/files/sapir-091109-crise-monetaire-et-traite-sucre-1.pdf, pp. 1,9


http://www.prensaescrita.com/diarios.php?codigo=BOL&pagina=http://www.la-razon.com


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MediaPart : « Nous ne débattrons pas »-N°587- 3e année

Seriatim, après avoir signé la pétition initiée par MediaPart (n°1217), la relaie et vous invite à faire de même autour de vous. D’avance merci.

« Mediapart lance avec deux cents personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Nous souhaitons que cet appel soit à l'origine d'une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement. Vous pouvez en cliquant ici le signer en ligne.


Nous ne débattrons pas
Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.
Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.
Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.
La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples.

http://www.mediapart.fr/journal/france/021209/lappel-de-mediapart-nous-ne-debattrons-pas »




Jean Vinatier

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vendredi 4 décembre 2009

Monuments historiques : vers la fin du patrimoine ? –N°586- 3e année

L’historienne Françoise Choay s’insurgeait, justement, dans son dernier ouvrage, Le Patrimoine en questions, contre une muséification des monuments historiques. Dorénavant, elle se souciera plus encore : le transfert de l’ensemble des Monuments historiques aux Collectivités locales soit plus de 42 000 bâtiments !
Alors qu’une loi de 2004 prévoyait seulement le transfert de 176 monuments, l’article 52 de la loi de finance 2010 l’autoriserait en totalité¹. Un amendement voté au Sénat alourdit l’atmosphère: Toute collectivité locale, qui a obtenu la gestion d’un monument, mais qui souhaiterait ensuite le céder à un « tiers », devra avoir pendant vingt ans l’accord de l’Etat !
Monuments historiques, patrimoine : le gouvernement est-il lassé ? Sont-ce les économies qu’il escompte qui le décide à biffer d’un trait le monument historique ? Alors que la taxe professionnelle disparaît au profit d’une contribution incertaine, les collectivités locales (région, département, commune) auront-elles les moyens de gérer lesdits monuments ? Comment réagiront les populations lorsqu’elles apprendront que l’augmentation considérable des impôts locaux se justifiera, en partie, pour l’entretien des vieilles pierres ?
L’Etat, en plein débat, sur l’identité nationale, largue sans s’émouvoir les monuments historiques dans la nature. Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand ne dit rien, il exécute tout comme il refuse de revenir sur les réductions des effectifs des personnels des musés nationaux aujourd’hui en grève !
Sur le fond, la prise en charge du patrimoine par les régions ou les départements ou les communes heurterait nettement moins si ces dernières disposaient effectivement des ressources fiscales et de l’autonomie administrative. Or, le projet de réforme des collectivités territoriales ou locales réussit la gageure de ne pas supprimer le département et de ne pas considérer la région comme le référent. Le résultat : lourdeurs et coûts !
A terme, le transfert total des monuments n’entraîne-t-il pas la disparition du Service départemental de l'architecture et du patrimoine de celui, des architectes des bâtiments de France et le corps des inspecteurs des monuments historiques ? Ces administrations qui veillent à la fois à la sauvegarde du monument et à l’enregistrement de nouveaux.
Si l’amendement du Sénat et l’article 52 de la loi de finance ne sont pas modifiés, le gouvernement pourra se targuer de rayer d’un trait toute l’œuvre accomplie depuis Alexandre Lenoir (1795) jusqu’au début du XXIe siècle. Economie, économie, répéte-t-on dans les couloirs gouvernementaux. Au nom de cette logique comptable discutable, nous connaîtrons une désillusion pénible.
La France s’est dotée au cours des ans, d’une législation rigoureuse dont l’une date de Vichy (protection des abords des monuments historiques) qui est devenue une référence dans le monde entier.
Les défenseurs de ce transfert affirment que durant vingt ans, le ministère de la Culture devra être consulté. Question : Si pendant ce laps de temps, une commune en peine de ressources n’a d’autre choix la vente d’un ou des monuments dont elle a hérité: Que fera le ministère ? Des aides sont-elles prévues ?
Décidément, tout est logique dans ce gouvernement : la pédagogie et la mémoire nationales n’ont plus leur place alors que de tous ses discours sont favorables à l’industrie culturelle, à la marchandisation. Qu’adviendra-t-il de notre patrimoine véritable ciment patriotique facteur d’encouragement à la connaissance historique, grande et petite donc à la pérennité de notre identité ?
Dés lors, est-il surprenant que le ministre de l’Education nationale,
Luc Chatel, veuille supprimer l’histoire-géo comme matière obligatoire en Terminale S ?
Comment l’Elysée justifiera-t-il la création du musée de l’histoire de France ? Intéressant, il le situerait…à Fontainebleau, lieu d’adieux fameux !

Jean Vinatier

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Source :
1-
http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl1946.asp

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/09/hotels-lambert-et-de-la-marine.html


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jeudi 3 décembre 2009

Sarkozy et Londres : disputes ménagères dans la City –N°585- 3e année

Quelques mots lancés par Nicolas Sarkozy lors d’une intervention pour mettre en avant le poste confié à Michel Barnier, celui de commissaire pour le Marché intérieur, et hop! la City fulmine. La presse populaire britannique diabolise, se vautre dans la francophobie au risque du ridicule !
Rappelons les faits: au terme d’âpres négociations, le Royaume-Uni obtient pour la baronne Ashton le poste de Haut Représentant et accepte que la France prenne celui du Marché intérieur avec Michel Bernier, qualifié rapidement de gaulliste et qui ne brille ni par un franc caractère, ni par son charisme. Il sera entouré dans ses nouvelles fonctions par des Britanniques qui, n’en doutons pas, monteront la garde !
Pourquoi ce coup de gueule présidentiel : opposer le modèle européen (c’est-à-dire français) à l’anglo-saxon responsable de la crise de 2008 ?D’abord parce que nous sommes en période pré-électorale avec un Président en chute libre dans les sondages et empêtré dans les sables mouvants du débat, qu’il a lui-même initié, sur l’identité nationale. Ensuite, il s’agit de masquer aux Français le peu d’espace dont disposera Michel Barnier. Enfin, rappeler, et c’est le plus important, que tout commissaire qu’il est, Michel Barnier a été retenu par Nicolas Sarkozy et qu’à ce titre, il ne peut être que dynamique et provocateur s’il est besoin. Ainsi, Michel Barnier ferait-il, comme on le rapporte, de l’émergence de Paris place financière au détriment de la City, un cheval de bataille ? Malheureusement, dans un proche avenir, avec New York, ce sont les places financières asiatiques qui supplanteront celles de l’Union européenne….
Dans l’entourage de Barroso, un commissaire est d’abord Européen, sa nationalité disparaissant comme par magie. Quelle hypocrisie ! Les Britanniques se moquent bien de l’action européenne sauf quand elle conforte leurs assises ! De toute manière, expliquez-nous par quel miracle une femme ou un homme nommé à ces fonctions peut-il cesser d’être ce qu’il est ? N’est-ce pas, justement, sa nationalité qui le légitime ? Bien sûr que oui !
Nicolas Sarkozy a-t-il dénoncé les mœurs de la City ? Que nenni ! Il n’a fait que titiller un modèle…le même qu’il voulait installer en France, n’ayons pas la mémoire courte.
Le Président de la République, admiratif des Etats-Unis et fasciné par les scintillements de l’or, n’a eu de cesse de se démener pour le traité de Lisbonne, de déchirer notre référendum et de plaider longuement pour la candidature d’anglais en générale et de Tony Blair en particulier. Si les banquiers et les journalistes londoniens tournaient leurs langues avant de beugler, ils auraient plutôt souri de cette rodomontade. La chancelière allemande l’a compris depuis longtemps, il faut laisser Nicolas Sarkozy crier, ensuite, il rentre dans le rang en grommelant !
Concluons positivement : Nicolas Sarkozy plaide pour une régulation depuis l’Europe continentale et affirme à haute voix que la primature de l’Union européenne doit tout aux Chefs d’Etat et de gouvernement. Sur ce dernier point, il fait mouche et les Britanniques auraient dû l’applaudir !


Jean Vinatier

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mercredi 2 décembre 2009

Non à la fin de l'enseignement obligatoire de l'histoire-géo en Terminale S –N°584- 3e année

« Monsieur le ministre de l'Education Nationale
Rendre facultatif ou optionnel l'enseignement de l'histoire-géo en Terminale S fait courir un risque très grave. Est-ce un premier pas vers d'autres mesures qui priveront les élèves puis les étudiants du savoir penser, de l'esprit critique?
Voulons-nous des citoyens ou des êtres formatés?
Les meilleurs scientifiques ont été et le sont encore aujourd'hui des femmes, des hommes d'un grand savoir: ce sont des savants, des érudits non seulement dans leur domaine propre mais dans bien d'autres sujets. Citons, par exemple: Françoise Balibar, Louis de Broglie, les frères Claude et Gilles Cohen-Tannoudji, Pierre et Marie Curie, Pierre-Gilles de Gennes, Louis Leprince-Tinguet avec en plus Albert Einstein qui a écrit sur l'école.
Nous voulons que Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale, renonce à cette mesure.
Nous ne voulons pas entrer dans Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley.

Pour signer la pétition :

http://www.mesopinions.com/Non-a-la-fin-de-l-enseignement-obligatoire-de-l-histoire-geo-en-Terminale-S-petition-petitions-3e9718315f722eb1d1dcabdfd258c7c7.html

Jean Vinatier

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Minaret : querelle de clocher ? –N°583- 3e année

Les élections régionales se feraient-elles sur fond d’identité nationale ? On a rarement vu une consultation locale prendre une dimension hexagonale et c’est le gouvernement qui a donné le tempo en mettant la barre très haute, sans doute avec une grande imprudence comme Seriatim l’a rappelé à plusieurs reprises.
La réponse négative apportée au référendum intervenu en Suisse au sujet de l’édification de minarets supplémentaires aux quatre existants ne pouvait que rebondir chez nous. Pagaille dans les rangs de l’UMP, joie parmi les électeurs du FN, l’opposition se gardant bien d’afficher des différences. Le Chef de l’Etat, d’abord réticent à s’exprimer sur ce sujet, a finalement insisté, hier dans son discours, sur l’importance de l’identité nationale.
Pourquoi la question du minaret deviendrait-elle une querelle de clocher ? Ne sommes-nous pas dans un Etat laïc où toutes les croyances ont le droit de s’exprimer, où pas une ne peut supplanter l’autre ? Sur le papier, l’érection du minaret ne devrait susciter aucune polémique si la religion musulmane n’occupait pas les fantasmes d’un grand nombre de nos concitoyens. Doit-on leur rappeler que les terres d’Asie orientale abritent une foule d’églises depuis le Christ, de mosquées depuis Mahomet et bien avant des synagogues sans que les croyants de ces trois religions aient été jamais diabolisés ? Il y a, bien sûr le cas de l’Arabie Saoudite, terre wahhabite hostile à toute autre religion que l’islam mais cette partie sudiste est peu de chose comparée à l’ensemble du monde musulman !
De l’autre côté, l’Europe a renoncé officiellement à inscrire dans ses racines celles chrétiennes : aurait-on oublié les propos de Lionel Jospin, alors Premier ministre ? La religion musulmane n’est-elle pas la seconde de l’Union européenne ?
La France solide de plus de quinze siècles, succomberait-elle aux peurs et aux mensonges infondés ? Croire que le musulman, tout comme le juif, serait un soldat discipliné est une image fausse tant il affectionne sur tout sujet converser et controverser presque interminablement. Oublierait-on que l’église romaine s’est heurtée, par exemple, au protestantisme, à l’anglicanisme, au gallicanisme ?Oublierait-on les foules d’écoles coraniques jalouses les unes des autres ? Il n’y a pas un chrétien mais des chrétiens, idem pour les musulmans et les juifs. Rome comme La Mecque exerce un magistère spirituel, moral, ni plus, ni moins et cela est, non seulement considérable mais indispensable. L’humanité a-t-elle mesuré le danger d’avoir laissé détruire les monastères situés sur les pentes de l’Himalaya ?
L’important, n’est-il pas la solidité de l’identité nationale donc du citoyen ? Si, nous cherchons à découvrir des terreurs en regardant l’autre au nom d’un passé, n’est-ce pas d’abord parce que nous constatons l’affaiblissement de notre propre citoyenneté ? Ne sommes-nous pas bafoués et espionnés par notre propre Etat lequel ne distincte dans l'exercice de sa politique aucune croyance ?
La France est une idée née voilà bien des siècles pour permettre aux hommes francs de ne dépendre ni d’un empire temporel, ni d’un empire spirituel. Croyez ce que vous voulez ou ne croyez pas, la France reste maîtresse d’elle-même ! Hélas, des idées venues de cercles et de lobbies, pour certains étrangers, s’attachent à défaire notre modèle social au nom d’une liberté économique qui prend bien des formes autoritaires et brutales. Notre idéal national tomberait-il en quenouille alors les peurs s’engouffreraient, semant la zizanie ! Mais, il est exact que ce face-à-face minaret/clocher enclenchera des contrecoups : de quelle importance ? L’avenir nous le dira....
La Suisse n’est pas la France. Nous n’avons pas la même histoire bien qu’elles soient toutes les deux singulières. Le Suisse a un sacré caractère, c’est un soldat tout comme le Français. Et tout comme nous, le Suisse entend préserver son modèle qui n’est pas le nôtre. La France, par son essence se hisse au-dessus de tous les autels et de tous les totems, nous avons ce plus qui nous distincte de tous les autres, notre universalité.


Jean Vinatier

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mardi 1 décembre 2009

Palanquero : base nucléaire US du Prix Nobel de la Paix ?–N°582- 3e année

Barack Obama serait-il le prix Nobel de la Paix le plus cité dans les affaires militaires ? Hier, on évoquait son empressement à obtenir du Japon l’extension de la base américaine sur l’île d’Okinawa ; aujourd’hui, on apprend l’envoi de renforts considérables en Afghanistan avec en annexe l’attente d’un soutien physique de la France. Entre les deux, l’affaire de la base américaine de Palanquero en Colombie suscite les courroux les plus grands de la plupart des Chefs d’Etat sud-américains ; en août 2009, lors du sommet de l’UNASUR, ils n’avaient pas épargné le Président de la Colombie, Alvaro Urribe, au sujet de cet accord militaire.
Palanquero pourquoi ? En 2007, le nouveau Président équatorien, Rafael Correa, déclarait ne pas vouloir renouveler le bail à l’armée américaine pour la base de Manta qui compensait la perte de celle de Panama intervenue en 1999. Entre cette date et aujourd’hui, Washington et le Pentagone ont arrêté leur choix sur la Colombie pour y déployer une force militaire dont l’ampleur n’allait pas tarder à dépasser tout ce que l’on pouvait imaginer et ce, malgré, les dénégations d’Alvaro Urribe.
Officiellement, la guerre contre le narcotrafic et les FARC seraient à l’origine de la formulation américaine. En réalité, le gouvernement américain tient à protéger ses compagnies pétrolières et à maintenir une présence militaire importante sur le continent sud-américain comme partout ailleurs dans le monde. Les évolutions politiques intervenues récemment sur ce continent ne le rassurent absolument pas ; il appréhende un éloignement politique préjudiciable à sa base arrière, l’Atlantique Sud. Est-ce un hasard, lorsque l’amiral James Stavidris, actuel commandant en chef de l’OTAN (SACEUR) et précédemment à la tête du Southern Command reconstitue la IVe flotte en sommeil depuis 1950 ?
La base de Palanquero est pour l’état-major américain un élément clef de sa mobilité. Elle lui donnera accès à l’ensemble du continent sud-américain; permettra de grandir sa capacité à riposter rapidement en cas de crise, de s’assurer l’accès à toute la région en un rien de temps avec des effectifs qui compteront, précisons-le, autant de militaires que de mercenaires.
L’accord conclu entre Bogota et Washington autorisera l’accès et l’utilisation de sept places militaires colombiennes outre Palanquero, Malambo, Tolemaida, Apiay, Cartagena, Malaga et à « d’autres sites militaires » non précisés. Evidemment, la pleine immunité est accordée à tous les militaires, civils et industriels nord-américains en Colombie.
Ce déploiement américain permettrait, premièrement de réagir, alors, contre tout gouvernement perçu comme hostile; deuxièmement de déployer un armement nucléaire ! Ces dernières possibilités ont été évoquées par le journaliste britannique, Hugh O'Shaughnessy, dans un article publié le 22 novembre¹ et relevées par Philippe Grasset qui ajoute :
« De bases installées pour “lutter contre le trafic de narcotiques et la guérilla qui lui est liée”, on passe à des bases stratégiques de surveillance continentale, éventuellement équipées de nucléaire, de bases-relais vers d’autres interventions, y compris vers d’autres continents. » ²
Maintenant, écrit Guillaume Beaulande³ :
« La militarisation de la région andine est un processus qui s’auto-justifie en permanence faute de légitimité se décomposant en trois phases :
La dépendance technologique et financière de l’armée colombienne à l’égard des États-Unis basée sur un besoin de maintenance, d’équipement, de stratégie militaire.
Les opérations clandestines de la « guerre sale » effectuées par des paramilitaires et des mercenaires au long cours.
L’installation de bases militaires et d’équipements de télécommunications dépassant le budget du pays concerné et nécessitant donc la présence d’experts Nord-Américains et d’un effectif militaire conséquent
»

Devant les vigoureuses protestations, notamment du Brésil et du Venezuela, les Etats-Unis ont promis de ne jamais intervenir dans un pays qui leur serait hostile et ont précisé que l’armement nucléaire ne serait qu’une hypothèse. Or,l’évolution de la situation intérieure hondurienne peut-elle rassurer les présidents sud-américains ? C’est douteux.
L’affaire de Palanquero tout comme celle d’Okinawa révèle un Président Barack Obama en parfaite accointances, actuellement, avec les politiques de ses deux prédécesseurs, républicain et démocrate, Georges Bush II et Bill Clinton (établissement de Bondsteel, une ville-base U.S près de Ferizaj au Kosovo)
Barack Obama sera un prix Nobel de la Paix vraiment étonnant même s’il peut répondre que Henry Kissinger a reçu cette distinction pendant la guerre du Vietnam !
De toute manière, les Etats-Unis gardent une nervosité sans pareille, dépensant à pleines mains, dollar faible ou pas, pour maintenir prés de mille bases sur les cinq continents. Etats-Unis, puissance irénique ou belliciste ?


Jean Vinatier

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Carte
:

http://www.cipcol.org/?p=610

Sources principales :

1-Hugh O'Shaughnessy:
http://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-builds-up-its-bases-in-oilrich-south-america-1825398.html

2-Philippe Grasset (accès payant)
http://www.dedefensa.org/article-la_base_us_de_palanquero_colombie_une_epreuve_de_force_nucleaire_23_11_2009.html


3-Guillaume Beaulande :
http://www.npa2009.org/content/colombie-la-poudri%C3%A8re-de-l%E2%80%99am%C3%A9rique-latine-par-guillaume-beaulande

http://www.cambio.com.co/portadacambio/779/ARTICULO-WEB-NOTA_INTERIOR_CAMBIO-4234729.html

http://www.cadtm.org/IMG/article_PDF/article_a4987.pdf


Sources secondaires :

http://www.southcom.mil/appssc/pages/cdrBio.php

http://www.larepublica.com.uy/politica/288663-eeuu-ofrece-buenos-oficios

http://www.ufppc.org/us-a-world-news-mainmenu-35/9165-analysis-colombia-to-be-focus-for-us-military-build-up-in-south-america.html

http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR23/004/2004/en/3b72c85b-d63d-11dd-ab95-a13b602c0642/amr230042004fr.html


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